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GUIGUE,
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Les pas du compagnon se font de manière
différente selon que l'on évolue dans un système maçonnique dit Ancien (
escalier à vis et montée en tournant = spirale du devenir - difficulté d'avancer
à la rencontre de son Dieu ) ou dans un rite dit Moderne (Rite Ecossais Rectifié
- Français) où on les fait en restant toujours dans une ligne "droite" : on ne
tourne pas. Ceci correspond à 2 systèmes radicalement différents : maçonnerie
solaire (ancienne) ou maçonnerie trinitaire ( Jésus, Marie, St Jean
l'évangéliste) et donc chrétienne. La présence de l'évangile de Jean impose le
Nouveau Testament et caractérise le rite comme étant foncièrement religieux et
chrétien. Ce qui élimine de fait les membres d'autres religions. Le message est
: Soyez, c'est-à-dire découvrez qui et ce que vous êtes et vous saurez
que je Suis ! C'est toute la raison d'être du cheminement sur la voie
symbolique. Le symbolisme est la clef d'or du devenir dans la spirale des états
d'être et par conséquent la seule possibilité de pouvoir réaliser en soi, par
des théophanies successives, l'éternelle initiation. Le cheminement reste
difficile, impitoyable, voilà pourquoi on vous fait toujours redescendre
l'escalier à reculons : vous devez transcender l'instant présent pour
vous projeter dans un autre espace-temps non accessible usuellement aux humains
ordinaires, aux non initiables (voir marche à reculons dans
La Formation Maçonnique
de Christian Guigue)
Lorsque l'on vous donne des nombres, c'est en quelque sorte pour vous faire
comprendre que ce ne sont pas ces nombres qui sont importants mais ceux qu'il
vous appartient de découvrir. Vous avez 3 ans passés, ceci indique très
clairement que vous n'avez jamais eu, que vous n'avez pas 3 ans. Passés indique
que ceci est achevé, dépassé. Vous devez donc travailler sur le 4 et le 5. Le
compagnon n'a jamais par conséquent l'âge qu'on lui indique avec son nouveau
nombre passés. il en va de même pour le maître. Celui qui s'arrête à ces nombres
n'a rien compris, il est déjà définitivement perdu. Il est déjà mort
initiatiquement dans cette vie et il ne le sait pas. Lorsqu'on vous donne une
indication, cherchez ailleurs. Il s'agit souvent d'une piste destinée à vous
empêcher de chercher autre chose, ailleurs, et par conséquent ceci vous interdit
de pouvoir trouver : tel est le cas du tétragramme
Dans la science sacrée, rien ne peut vous être donné. D'ailleurs, pourquoi vous
serait-il fait des cadeaux ? Combien en faites-vous à vos semblables chaque jour
? Puisque vous ne donnez rien, pourquoi vous donnerait on quoi que ce soit ?
C'est par votre travail, non pas intellectuel mais spirituel via la voie
symbolique, et par les mérites involontaires que vous allez vous créer que vous
devez retrouver ce que l'on met à votre disposition. Est important ce qui nous
coûte. Nous laissons toujours aller ce qui reste facile et nous l'oublions tout
aussi rapidement. Il faut donc que sur la Voie vous puissiez payer le prix
correspondant à ce qu'une révélation, ce qu'une une réponse impliquent. Rien
d'autre ne vous sera révélé tant que vous n'aurez pas payé ce prix et si vous
refusez de le régler des choses importantes vous seront retirées, reprises et
confiées à d'autres plus méritants que vous. Celui qui ne se met pas en
situation de conformité demeure en danger. Une phrase d'un rituel (1778) d'un
rite magnifique le précise justement : "celui qui étant entré dans le chemin
de la Vérité n'a pas le courage de persévérer est cent plus à plaindre qu'il
n'était auparavant." Il vaut mieux ne pas se faire initier que d'avoir
franchi le seuil et de ne pas faire ce que la quête de l'initiation attend que
l'on fasse. La sanction sera terrible dans cette vie et dans les autres à venir.
La marche est importante car elle intègre ces difficultés et les changements
d'états d'être que cela implique. Lorsque le compagnon a achevé son travail, il
est devenu un maître et on le reconnaît comme tel en l'élevant et en le faisant
accéder à la chambre des Initiés, celle des maîtres authentiques, ceux qui ne
sont plus affectés par le mouvement ni par le temps car le milieu est actif sans
bouger. Le Compagnon est censé devenir un Homme Universel, sa condition n'est
plus celle des hommes de chair et de sang ordinaires. Le faire travailler sur le
5 et l'étoile, laquelle n'a jamais été figée à 5 raies car en maçonnerie on la
rencontre à 6, 7, 8 branches et davantage encore, reste un non sens inhérent aux
déviations modernes et à toutes ces modifications des rituels apportées par des
gens qui ne savent rien de la science éternelle. Que chacun cherche, travaille
et il lui sera donné de savoir ce qui peut l'aider et le fera avancer d'un pas
sur son chemin. Demandez-vous à quoi correspondent les nombres et les états
intermédiaires et vous saurez alors à quoi correspondent les marches et les
intervalles de chaque grade.
Demande : Compte tenu du prix énorme concernant la fabrication de l'anneau du grade, les 33eme du REAA et les CBCS du RER le portent-ils encore ?
Cette bague spécifique du grade se porte encore bien évidemment mais elle est rarement conforme à ce qu'elle doit être. Chacun de ces anneaux doit correspondre à une largeur précise, importante, il a donc un poids d'or conséquent. La bague de 33eme est un double anneau d'or fin à l'intérieur duquel on grave le nom du titulaire et la date de sa réception dans le Conseil. La bague de CBCS demeure complexe à réaliser car elle doit porter une pierre noire sur le dessus qui comporte trois initiales et des inscriptions en émail rouge à l'intérieur de la chevalière. Travailler l'émail sur l'or reste extrêmement délicat, il faut trouver un excellent spécialiste. On doit aussi y faire dessiner des chevrons en relief et en nombre réglementaire. En fabrication spéciale, cette bague peut coûter de 1500 à 3000 euros. Vous comprendrez pourquoi la plupart des Equites portent une bague très simplifiée et infiniment moins coûteuse à fabriquer. On note une étrangeté : le chevalier du Temple actuel devrait respecter la pratique ancienne. En ce cas, l'anneau de chevalier se porterait à l'index de la main gauche et non ailleurs.
Demande : Quel chapeau devrait-on porter à la loge Dom Pernety ?
Cette loge étant contemporaine de Willermoz, l'idéal est de respecter la pratique de ce temps. Il faudrait y porter un tricorne noir rigide. On peut s'en procurer à la SEPP - 105 rue Truffaut - 75017 Paris. Quand vous visitez une loge où tous les frères portent le tricorne, cela change des loges ordinaires. Le maniement du chapeau et celui de l'épée y prennent tout leur sens et toute leur beauté. Certes, elles sont très rares mais, heureusement, il y en a encore. La vraie maçonnerie ne s'accorde pas avec des gens qui ont peur de se décoiffer ou dont le complément capillaire risque de bouger en maniant le couvre-chef.
Demande : Je ne trouve rien concernant les devises latines des
grades au Rite Ecossais Rectifié.
Adhuc Stat est à double sens comme pour tout ce qui concerne le RER. Il se rapporte au Cherchant et aussi à l'Ordre templier qui fut abattu mais jamais terrassé.
La devise latine du grade découle de la langue latine qui était la langue officielle du Régime, le latin était alors la langue universelle des lettrés, ceci ne disparaîtra que dans le cours du 20eme siècle. Chez nous en France, en 14-18 mais aussi en 39-45, les gens ne parlaient pas ou très mal le français, ils parlaient majoritairement et essentiellement le patois local. Chaque village et chaque quartier des villes avait son patois spécifique. Le latin était le signe d'une bonne appartenance bourgeoise ou noble et par extension d'une bonne culture et éducation. Il était l'équivalent, en plus prestigieux et culturel, de l'anglais actuel au plan mondial qui n'est que la langue des affaires.
Les prières se disaient en latin au Chapitre. Il en allait de même pour les ouvertures et les clôtures du rituel utilisé dans l'Ordre Intérieur. La pratique actuelle, qui a fait traduire et dire en français ce qui se faisait en latin ( pour l'Ordre Intérieur ) du temps de Willermoz, n'est donc pas authentique ni traditionnelle. Il en va bien évidemment de même pour le rite de la messe catholique.
Dans les grades inférieurs, le latin reste présente par la devise du grade. Cette devise collective et personnelle prépare pour l'armement futur et l'adoubement de l'Eques.
Chaque devise du grade fait l'objet d'un développement symbolique dans Les Planches de l'Apprenti, Les Planches du Compagnon et Les Planches du Maître.
La Stricte Observance n'a jamais connu les rituels français et elle n'en voulait pas. Le Convent de Wilhelmsbad fut un échec retentissant à cet égard pour Willermoz qui repartit avec ses rituels sous le bras.
Pour comprendre cela, il faut se rappeler l'opposition des protestants germaniques aux catholiques romains français.
Le Rite Ecossais Rectifié porte une vénération particulière à la Dame que l'on vénère le plus. Cette Dame ( à qui l'on doit réserver une des trois paires de gants que l'on remettait alors à l'Apprenti : il ne reste plus qu'une paire sur ces trois aujourd'hui ! ) , c'est bien évidemment la Vierge Marie que les Chevaliers du Temple appelaient Madame Sainte-Marie. Au RER, la lune lui est dédiée car elle est la mère du monde terrestre et la réparatrice universelle (citation extraite des Sommeils transmis sous écriture automatique. Il s'agissait alors de la pratique du magnétisme introduit en France par Anton Mesmer et perfectionné par le Marquis de Puységur. Les magnétiseurs lyonnais avaient découvert que lorsqu'un sujet se trouvait en état d'hypnose, on pouvait obtenir plus d'informations, en particulier sur l'au-delà et sur les mystères du monde, que celles destinées à la seule réalisation d'un diagnostique médical. Ces Sommeils étaient des opérations dites somnambuliques.
Le soleil est affecté au Christ en tant que Sol invectus, le vénérable maître étant Saint-Jean l'évangéliste durant le travail. Comme lui, il rend témoignage, à la lumière qui est venue parmi les hommes, en désignant à la fin des Travaux ( lorsque pour perfectionner votre travail vous chercherez la lumière qui vous est nécessaire ... c'est là, seulement, que vous pourrez la trouver. ) le nouveau testament qui relate la vie et transmet le message salvateur de Jésus.
Le RER a discrètement intégré le trio chrétien et catholique romain : Jésus, Marie, Saint Jean. Les protestants germaniques ne pouvaient pas accepter la présence de Marie. Quand on compare les rituels germaniques et français, ils n'ont rien de commun. Il est donc absolument inutile d'aller chercher quoi que ce soit, relativement au RER et pour ce qui concerne le contenu de nos rituels, dans les sources germaniques.
Demande : Je travaille au RER. A l'ouverture des travaux, les apprentis et les compagnons doivent-ils eux aussi sortir leur épée la pointe tournée vers la terre ?
A lire tes questions, je suis très inquiet sur le niveau de compétence des frères de ta loge qui visiblement ne connaissent rien au RER.
OUI, TOUS les frères (toutes les soeurs, à la Grande Loge Féminine de France), donc les apprenti(e)s et les compagnon(ne)s aussi, tirent leur épée et la pointent contre terre de la main gauche, étant à l'ordre de la main droite. Le chapeau est passé dans la ceinture du tablier (pour les apprentis, du côté gauche de la taille) si on ne porte pas un ceinturon.
En entrant en loge après l'ouverture des travaux, le salut se fait-il en gardant la main à l'ordre puis on s'incline ou faut il quitter l'ordre avant de ?En entrant
dans la loge, on fait les pas requis selon le
degré des travaux du jour. On s'arrête, les pieds étant à l'équerre.
L'épée est dans son fourreau. Il ne doit pas y avoir de métal à l'air à
l'exception des épées du Maître des Cérémonies et du VM(au moment de
l'ouverture, clôture et des invocations). On salue le VM en faisant le
signe d'ordre complet. On reste à l'ordre et l'on attend ce qu'il va
dire.
Pour la sortie, et uniquement à ce moment-là, on fait le signe d'ordre en entier, l'épée étant au fourreau. On reste les deux bras le long du corps puis on s'incline lentement vers l'orient. On fait demi tour puis on sort.
Enfin à la fin de la chaîne d'union doit-on rompre la chaîne par trois ou non ? Ton avis nous est précieux.
Le rituel n'indique rien à cet égard. La pratique varie selon les loges. Dans certaines, on brise simplement la chaîne ; dans d'autres, on l'ébranle à trois reprises avant de la défaire.
Une observation : La rituélie est une opération identique à ce qui se pratique dans la "magie cérémonielle". Il en va de même pour la prière, pour la messe, etc. Tout doit répondre à des lois précises. On ne peut pas improviser, inventer des mots ou des gestes ou faire des déplacements indus. Le monde de l'initiation n'est pas le monde profane. Il faut en respecter les lois sous peine d'obtenir les effets inverses à ceux espérés. Il en va de même pour la chaîne d'union. Le VM ne doit pas lire la prière, il doit la savoir par coeur. Il doit concentrer son attention sur le rythme, sur la diction, sur la puissance vocale. En élevant le niveau de la voix, son souffle viendra du ventre et non des poumons, ce qui est capital !
Il importe de souligner ici que la manière dont nous la faisons aujourd'hui est très différente de ce qui se faisait aux 18 et 19e siècles.
Si on ne fait rien de spécial après avoir constitué la chaîne, on termine en défaisant simplement la chaîne sans aucun ébranlement.
L'ébranlement de fin ne pourrait exister que s'il y avait un ébranlement identique après avoir constitué la chaîne. Si cette manière de procéder avait existé, elle serait signalée dans le rituel. Comme le rituel n'indique rien à cet effet, la justesse implique que la rupture se fasse simplement et naturellement.
Demande : Quel intérêt Salomon avait-il à faire rechercher les meutriers d'Hiram ? Je dois traiter cela au 1er Ordre du rite Français.
Demande : J'entends dire autour de moi que le REAA est le rite le plus pratiqué au monde. Qu'en est-il véritablement ?
Christian
Guigue
a toujours signalé à ceux qui soutenaient cette affirmation
qu'il
s'agissait d'un fantasme typiquement français pour ne pas dire un
délire total. il importe de constater que ceux qui tiennent ce genre de
propos n'ont fait aucune enquête parmi les organisations concernées ni
ne connaissent la maçonnerie internationale. Il reste fort probable que
leur bagage maçonnique général réel relève du même ordre. Nous allons
vous communiquer les chiffres officiels pour les Etats-Unis qui nous
sont communiqués ce 19 janvier par le Director
of
Membership Development qui
nous écrit : "there
are 250,000 Scottish
Rite Freemasons in the Northern Masonic Jurisdiction of the United
States and 310,000 in the Southern Jurisdiction".
Ces chiffres
comprennent aussi des maçons qui travaillent à un autre rite mais sont
passés aux hauts grades du REAA. C'est-à-dire qu'il y 560.000 maçons au
REAA aux USA. Comme on compte un peu moins de 2 millions de maçons aux
USA, le REAA représente à peine un peu plus du quart seulement.
S. Brent
Morris, 33eme m'écrit ce 20 janvier : "Very few american "Blue" or
"Craft" (1°-3°) lodges work Scottish Rite rituals. Most of these are
in Louisiana (originally a French colony), with a few scattered around
the country. There are probably about 20 Scottish Rite Blue Lodges all
togeher. (Très peu de loges bleues travaillent avec les rituels
écossais. On les rencontre principalement en Louisiane - qui fut une
ancienne colonie française -... Il doit y avoir en tout une vingtaine
de loges bleues écossaises (pour le REAA). Pour les américains, le REAA
ça n'est qu'un système de hauts
grades dont on prend les seuls derniers et c'est tout. Il
n'est
pas inintéressant de noter que la baisse des effectifs de la maçonnerie
américaine coïncide avec l'apparition, dans certains états, de grades
intermédiaires au REAA. Beaucoup de gens venaient en maçonnerie pour
être 32 puis 33eme au plus vite. Attendre ne les intéresse
pas,
ils n'ont pas de temps à perdre avec des échelons intermédiaires.
Le
rite le plus pratiqué au monde est de
très loin ce qu'on appelle le
rite
Américain là-bas et aussi le
rite
d'York ailleurs. Bien
évidemment, nous corrigerons ces chiffres
à
partir des courriers reçus des deux Suprêmes Conseils pour la
Juridiction Nord et Sud des USA, s'il y a lieu. On observera que le
REAA est nettement mieux implanté dans le sud que dans les états du
nord. Ceci se trouve évidemment dû à l'extraordinaire travail que fit
Albert Pike - l'auteur de Morales & Dogme au REAA - au sein de
Suprême Conseil de la Juridiction sud. Il est tout à fait
remarquable de constater que les deux meilleurs auteurs américains Pike
et MacKey travaillèrent merveilleusement ensemble à l'enracinement du
rite dans les états du sud et que, plus d'un siècle après, personne ne
les a égalés où que cela soit dans le monde. Lorsque vous entendrez
quelqu'un affirmer, ou quand vous lirez sous la plume de certains
auteurs, prenant ce fantasme pour une réalité, que le REAA est le
numéro 1 dans le monde, vous saurez que ces interlocuteurs ou ces
auteurs ne figurent pas parmi les gens méritant votre attention. Devant
un tel manque de "sérieux", nous vous
recommanderions fort logiquement de vous tourner vers des personnes
plus dignes de confiance et aux connaissances plus sûres.
A
titre accessoire, rien n'indique avec
certitude que le REAA soit même le premier en France puisque plus de
50.000 maçons travaillent au rite Français (toutes versions (français
primitif, groussier, moderne français rétabli, 1801, etc.) et
organisations confondues (GO, GLNF : environ le tiers des effectifs,
LNF, GLISRU, etc.), et que le REAA globalisé (GLF + GLFF + DH + GLMF +
GLMU, etc.) doit se situer à
peu de choses près au même niveau sinon légèrement en dessous.
Actuellement, seuls le rite Ecossais
Rectifie (environ 15.000 maçons) et le rite Français continuent à se
développer en France. Le
REAA a besoin de maçons sérieux
qui le servent pas de spécialistes de pacotille. On n'oubliera pas dans
le décompe des effectifs par rite de lister l'Emulation,
Memphis-Misraïm, l'Opératif de Salomon, le Standard d'Ecosse,
le
Nova Scotia, l'Irlandais, etc.
Le 2nd surveillant n'a jamais disparu. Il n'a jamais existé au 4eme, ce qui n'est pas du tout la même chose. Il se passe au 4eme ce qui se répète au 33eme degré : "ce qui est en bas est comme ce qui est en haut ..."
Il y a lieu de souligner ici l'anomalie de certains suprêmes conseils qui composent des collèges d'officiers avec tout de même 2 surveillants qui officient en loge de maîtres secrets ! Il y en a d'autres pour qui le maître secret n'est plus un lévite, ce qui relève d'une énormité ou folie extrême car sans cela il n'y a plus de voie de perfection possible au REAA. Si le maître secret n'est plus un lévite, il n'y a plus de grade car il est vidé de son corpus. Dans ce cas, il devient inutile de perdre son temps dans une structure n'ayant rien à nous apporter.
Hiram ou Adon Hiram devraient être le même personnage. Adon Hiram = seigneur Hiram. Notons qu'Adon a également donné Adonis et ses Mystères.
Le rituel de 4eme a subi bien des vicissitudes depuis sa création dont l'élimination de Moïse. Or, comment pourra-t-on traiter des noms divins qui nous sont donnés sans qu'on fasse référence à Moïse qui les reçut ? Moïse fut éliminé du rituel vers la fin du 19eme siècle. On compense parfois cela en arguant de la parole perdue mais celle-ci ne le fut jamais puisque tous les maîtres la connaissaient étant donné qu'elle servait de mot de reconnaissance pour tous les maîtres et non pas uniquement pour Hiram.
Autre problème majeur : Hiram était un goy, un étranger puisqu'il était Tyrien, c'est à dire venant de Phénicie. Est-il imaginable qu'un non juif entre dans une synagogue et demande à recevoir les mots hébreux les plus sacrés ? Il se ferait sortir avec perte et fracas. Dans les temps anciens, il se serait immédiatement fait tuer ! Hiram le tyrien vénérait Melkart à qui on sacrifiait des enfants mais il en allait aussi dans les temps anciens du judaïsme et de la prostitution "sacrée" obligatoire avant le mariage qui n'avait pas complètement disparu du temps de Salomon où la prostitution masculine connaissait une ère florissante. Dans la continuité de sa trahison envers YHVH, Salomon élèvera aussi un temple à Melkart.
Dans la
société profane, on parlerait d'extrême incompétence et ces gens
perdraient immédiatement leur emploi ! Dans les organisations
actuelles, moins les gens ont de connaissances, plus on les
apprécie. Il est vrai qu'ainsi ils ne gênent personne.
En maçonnerie bleue, il y a 2 surveillants car il y a deux catégories de frères à former : les apprentis et les compagnons. Dans les hauts grades, il n y a qu'une seule classe à former puisque tous les frères du groupe sont censés posséder le même grade (à l'exception du mixage de la loge de perfection). Donc il ne devrait y avoir pour tous les degrés jusqu'au 33eme qu'un seul surveillant.
Une information capitale : à quoi correspond la clef d'ivoire au 4eme ? A la foi consciente et active ! Evidemment on peut comprendre que dans certaines organisations cela puisse déranger.
Demande : On me dit que dater 6006 à partir du 1er janvier constitue une erreur. Pourquoi cela ?
L'année maçonnique commence le 1er mars. Nous resterons donc en 6005 jusque fin février pour aborder 6006 à partir du 1er mars.
Demande : On me dit qu'il est impossible que le Suprême Conseil puisse fêter les 200 ans de sa fondation. Est-ce exact ?
Je ne sais pas qui vous a dit cela car il n'y a pas 20 personnes en France qui connaissent l'histoire réelle du Suprême Conseil de France. En effet, le Suprême Conseil actuel a été créé le 7 mai 1821. Il portait le nom de Suprême Conseil du Rite ancien et accepté pour la France et ses dépendances. Pour fêter son bicentenaire il faudra donc attendre l'année 2021. Il fut créé à partir des restes du Suprême Conseil d'Amérique dit de Pompéi, car il existait déjà un Suprême Conseil d'Amérique, auxquels se joignirent quelques rescapés du Suprême Conseil dispersé en 1814. La multiplicité des Conseils qui faisaient alors assaut de rivalité en France ne respectaient pas les Grandes Constitutions de 1786 qui n'autorisaient qu'un Conseil par pays. Celui fondé en 1804 par de Grasse-Tilly n'ayant pas vécu longtemps, on ne peut pas considérer que les Conseil rivaux en proviennent directement puisqu'ils se sont créés en concurrence directe. De même, si nous retenons le 2eme Conseil fondé par de Grasse Tilly, à son retour de captivité, sous le nom de Suprême Conseil d'Amérique n°2 dit de Pompéi, celui-ci n'avait pas de filiation directe avec celui de 1804, le seul Grasse Tilly ne pouvant pas y suffire.
La seule chose qu'on puisse fêter est l'importation en France du Rite Ecossais en 33 grades provenant des Etats-Unis.
Le rituel n'indique rien à cet égard, ce qui laisse la possibilité au VM de le poser où il veut. Néanmoins il faut prendre en considération que le chandelier doive se trouver près de la Bible ouverte au prologue de l'évangile de Jean. Celui-ci se situant en page droite de la Bible, il convient de poser de ce côté le chandelier. Si l'édition de la Bible comporte en page gauche le début du prologue, il conviendra alors de poser le chandelier à côté, donc à gauche.
La Bible se trouvant devant le plateau, la chandelier doit se trouver aussi sur le devant et non pas en arrière. Le chandelier évoquant la manifestation de la triunité divine est même en quelque sorte plus important que la Bible. Le poser en arrière de la Bible serait une faute et une marque de non connaissance.
La
majorité des
VM pose le chandelier à droite pour une raison de commodité dans le
travail - si l'on est droitier - les documents devant servir durant la
tenue étant posés à la gauche du VM. Une raison plus sérieuse
concourant à la pose à droite du chandelier tient au fait qu'on place
la truelle portant l'équerre et le compas à gauche de la Bible. Si l'on
place le chandelier à gauche - pour les raisons indiquées plus haut, il
conviendra de poser la truelle portant l'équerre et le compas à la
droite du VM. L'ensemble formant une trinité (bible portant l'épée du
Logos posée en travers du livre , chandelier à 3 branches et
truelle/équerre/compas). Numériquement, cela produit 3 (chandelier à 3
branches) fois 3 (truelle portant l'équerre et le compas) =
9, ce
novenaire incontournable dans toute la maçonnerie Templière (il ne
s'agit aucunement ici du temple de Salomon mais de l'Ordre du Temple)
La Bible et l'épée du Verbe-Lumière ou Logos comptent pour 1. 9 + 1 =
10, c'est la Totalité ou la manifestation rendue possible.
Demande : "Faut il être cultivé pour être maçon ?"
Tout dépend par ce que l'on entend par le terme "cultivé" et si on limite ce terme à la culture intellectuelle. On sait très bien que l'intelligence ne se limite pas à l'intelligence abstraite ou conceptuelle. Il existe 6 autres formes d'intelligence.
Par ailleurs, il n'existe aucun texte ou document maçonnique authentique définissant des conditions de culture ou de savoir ou de diplômes pour entrer en FM.
Faut-il être cultivé pour être chrétien ou juif ou mahométan ou bouddhiste ? Cela n'a aucun sens en soi.
Dans le monde de l'initiation, l'intelligence abstraite crée une barrière infranchissable car la raison domine en empêchant le sensible de s'exprimer et par conséquent de recevoir. Les plus mauvaises planches sur les Nombres sont faites par des mathématiciens qui restent incapables de s'intéresser au caractère ésotérique et magique qui ne les passionne pas ou dont ils ne comprennent rien car cela leur échappe puisque ceci ne répond en rien au côté cartésien du savoir.
Les livres sacrés eux-mêmes avertissent que les textes doivent être éclairés, "sentis", lus et découverts avec l'esprit et le coeur et non avec la raison. Mahomet indiquait à cet effet que le Coran recèle 70.000 niveaux de lecture, ce qui est une façon allégorique d'indiquer qu'ils sont sans limite. Le Christ indiquait : Heureux les coeurs purs, Heureux les Humbles, Heureux les Miséricordieux, Heureux ceux qui ont faim et soif de Vérité, Heureux les doux, etc. Heureux ceux qui prennent la vie comme elle vient, heureux ceux qui sont fraternels envers leurs proches, etc. Il dénonçais les cultivés du Sanhédrin qui se servaient au lieu de servir l'Eternel !
L'initiation est pour les simples, les purs, les "gentils", elle ne sera jamais accessible aux partisans de la seule raison ou d'une forme d'intelligence forcément limitée à son seul domaine spécialisé.
Les manuels sont des hommes intelligents puisqu'ils possèdent cette intelligence pratique, manuelle, qui fait cruellement défaut aux conceptuels qui ne savent pas réparer leur machine à laver, réparer leur toit, vidanger le moteur de leur voiture, etc. Quelle intelligence semble-t-elle la plus précieuse au quotidien ? La forme dite "manuelle" car c'est la plus utile à titre individuel et collectif. Demandait-on aux maçons opératifs d'être bacheliers ou de savoir lire et écrire ? Bien sûr que non. Ils ne savaient ni lire ni écrire mais curieusement ils savaient compter et cela leur suffisait amplement.
<>A-t-on jamais demandé aux génies de la peinture ou de la sculpture s'ils excellaient dans l'approche conceptuelle et abstraite des choses ? Cette attitude serait en elle-même anti-artistique or la capacité à créer est une forme d'intelligence elle aussi. Dans la danse, l'intelligence spatiale permet d'obtenir la maîtrise et l'harmonie donc la beauté et la grâce du déplacement des corps dans l'espace.Il n'existe aucun document maçonnique authentique pouvant avancer une telle proposition ou une affirmation aussi anti-maçonnique. Heureusement ! Car s'il fallait éliminer tous ceux qui, dans les hauts grades, ne savent toujours rien de capital malgré 30 ou 40 ans de maçonnerie, il ne resterait plus grand monde.
Chaque
individu
recèle en lui des dons, des potentialités et des capacités qu'il
ne soupçonne même pas. Toute la richesse et l'admirable transformation
qu'opère le Maçonnerie sur ses membres est de les amener, sans même
qu'ils s'en rendent compte, à travers le travail symbolique à accomplir
sur soi, à se construire et à se développer spirituellement,
humainement et socialement.
Les planches qui sont demandées lors des changements de grade n'ont pas
pour finalité d'apprécier le niveau d'érudition de tel ou tel frère ou
telle soeur mais d'observer de quelle manière ce frère ou cette soeur
ont
changé depuis leur entrée ou leur grade précédent et ce qu'ils ont
découvert des mystères de notre Art symbolique. D'ailleurs cette
exigence de présenter une planche est strictement française et par
extension francophone car, malheureusement, nous exportons nos défauts
et nous l'avons même fait jusque dans les pays hispaniques et latins.
On ne planche pas dans les loges anglo-saxonnes, on fait du rituel. 80%
des maçons dans le monde ne font pas de planches ni en loge symbolique
ni dans les hauts grades. Les speeches
(de 3, 5, 7 minutes) se présentent aux agapes mais pas en loge.
Demande : On me demande de travailler pour mon prochain accès au 30eme degré sur : "On ne peut pas parvenir à la Connaissance pure, c'est à dire à la contemplation de l'Absolu si l'on n'est pas devenu AMOUR."
Réponse : Sur le chemin de l'initiation, la première étape est l'atteinte de la Sagesse. Sans elle, rien n'est possible. La Sagesse permet l'accès à la Beauté, à la découverte de ce qu'est vraiment la Nature et la Création dans tous ses aspects. La Sagesse permet de comprendre le plan divin (ce qui est manifesté par le travail sur la planche a tracer du maître). Celui qui sait comment se met en branle la puissance divine est excessivement armé et fort (c'est cela la vraie considération de la force dévolue au Compagnon mais que la FM affecte mal, à un mauvais moment du parcours, du moins dans les rites dits anciens). Au rite Ecossais Rectifié, la Force est affectée au Maître écossais de St André, équivalent au 18eme du REAA. Seul le sage a l'accès à la Réalité et par extension à l'Absolu. Ceci reste interdit, inabordable à tous les autres.
La sagesse, la beauté, la compréhension du grand plan divin produisent des transformations capitales dans l'état spirituel du nouveau "saint" car seul celui qui devient saint (c'est la raison du travail sur la perfection de soi que nous impose l'Ordre) peut obtenir des révélations essentielles pour son devenir et sa mission ici-bas.
Le 18eme degré - de loin le plus important de toute la maçonnerie - fait entrer dans la Voie du Sacrifice. On n'existe plus pour soi. On n'a plus aucune espèce d'importance sinon celle de se fondre mystiquement en Dieu, dans son nom ou sa parole. C'est cette fusion mystique qui est l'Amour véritable. L'amour n'est pas cette pulsion qu'un homme éprouve pour une femme, ni une mère pour son enfant - ceci n'est qu'une illusion, qu'une caricature de l'amour véritable - d'ailleurs ce faux amour se défait, s'estompe, s'étiole avec le temps et se transforme en règlements de compte et en haine quand l'Amour absolu est flamme, exaltation, ravissement permanent de l'âme en soi.
Réfléchissez sur cela et bon balustre.
Demande
: Voila
j'ai
pris ma décision je quitte la FM, je suis apprenti depuis un an et demi
au rite REAA. Au
début
c'est tout beau on t'accueille, on
t'embrasse, bref on peut voir que les personnes qui vous entourent sont
simples, sans préjugé et puis après, au bout de quelques mois, plus
rien, on ne vous appelle plus au téléphone. Vous venez aux tenues et
vous regardez et écoutez comme un apprenti quoi. On vous parle de Q
pendant les agapes, vous voyez également qu'il y des clans, bref comme
le monde profane !
Si
je suis amer, j'ai eu ce soir un
message par le frère trésorier.
Devinez pourquoi il m'a appelé. Pour prendre de mes nouvelles ? Et non
! Perdu. Pour que je paie ma capitation ou cotisation comme vous
voulez. Le message : "bonjour mon frère, j'espère te voir la semaine
prochaine à notre tenue et surtout n'oublie pas ton chéquier, je
t'embrasse". C'est cool comme message, c'est cela la fraternité ?
Non,
je suis vraiment déçu par la FM,
je ne fais pas une généralité car
je suis certain qu'il y a des loges mieux que celle où je suis (elle a
3ans) mais le problème c'est que je ne peux pas aller à une autre loge
car je ne suis pas maître mais apprenti . Il peut y avoir une autre
solution aller vers une autre obédience le GO mais ce qui ne veut pas
dire que les loges sont aussi parfaites.
Je
constate au moins deux choses
depuis que je suis maçon : beaucoup de
frères font semblant au niveau de la fraternité et la FM te demande de
payer et encore payer je ne pense pas que la FM soit cela je pense que
je suis mal tombé dans cette loge et à cause de cela je suis écoeuré et
c'est pour cela que je vous demande à qui je dois envoyer ma lettre de
démission au VM directement par email ?
Car
je ne donnerais pas un sou pour la
cotisation de l'année 2004,
d'ailleurs ils ne peuvent pas me radier car c'est au bout de deux
années de suite qu'ils le peuvent mais je ne ferai pas cela car je
préfère être clean à mon niveau !
Réponse : Il importe de souligner immédiatement une erreur colossale : vous n'êtes pas déçu par la FM mais par certains frères qui vous entourent dans votre loge. Ce n'est pas du tout la même chose ! La FM ne demande pas de cotisation ou de capitation. Ce sont les organisations qui l'exigent pour pouvoir faire face à leurs frais de fonctionnement. Etre maçon, ce n'est pas porter un tablier et des gants voire un chapeau et une épée et se limiter à jouer un rôle quatre à cinq heures par mois en loge, chapitre, aréopage ou conseil suprême. Est véritablement maçon celui qui élève des temples à la Vertu et combat tous les vices et défauts humains. Est maçon celui qui fait face à toutes les obligations et à tous les devoirs librement acceptés lors de son entrée en maçonnerie. Le devoir de pratique de la tolérance et celui de la fraternité interdit à tous les frères de s'occuper des affaires ou du comportement d'autrui. Celui qui critique, médit, jalouse, celui-là n'agit pas en maçon puisqu'il ne respecte pas les termes de son serment. Se comporter comme une hyène ricanante n'est pas une attitude digne de la condition humaine. Violant son serment, il ne peut en aucun cas être un maçon ! Des grands-maîtres, des 33emes, des CBCS violent et ont violé à de multiples reprises (il est vrai que les meilleurs spécialistes objecteront que les hauts grades ce n'est plus de la maçonnerie) leur serment mais ceci ne nous regarde en rien ! Vous réagissez toujours en profane et donc en apprenti qui n'a pas encore commencé son parcours. Par ailleurs, vous semblez manquer souvent en loge sinon vous ne demanderiez pas qu'on vous téléphone et le Trésorier ne serait pas dans l'obligation de le faire en espérant vous voir à la tenue suivante.
La maçonnerie n'est pas une famille de remplacement ni un microcosme idéal ou parfait à cause des hommes qui la composent et la représentent. La FM est parfaite en elle-même par ses valeurs et la propagation de l'initiation, les hommes restent toujours des animaux pensant avec tout ce que cela implique de défauts et de limitations au regard de la perfection vers laquelle doit tendre le maçon.
Un vrai maçon n'a pas à observer, juger, critiquer ce que font ses frères y compris les autres hommes et femmes dans sa vie de tous les jours. Il ne doit s'occuper que de lui-même, devant travailler à éliminer la poutre qui est dans son oeil au lieu de s'attacher à considérer la paille dans l'oeil de son voisin. Malheureusement pour vous, vous agissez et réagissez ainsi très "épidermiquement" sans même avoir la notion du grand plan et du jeu divin. Chacun en ce monde doit passer par des étapes et des difficultés particulières voire même par des souffrances intolérables liées à des blessures morales ou physiques. Celles-ci font terriblement mal mais elles procurent des avancées considérables dans le domaine de l'évolution de l'état d'être ; c'est la souffrance qui fait accéder à la lumière, c'est-à-dire à la vision pure de la Réalité, de l'Absolu. Aucun grade ne fait avancer vers cette lumière, la souffrance, oui ! S'il arrive à quelqu'un de se trouver dans votre situation, qui n'est pas mauvaise à proprement parler car vos reproches sont véniels, (on ne vous a pas encore calomnié par des bruits de couloir, par des "on dit que" ou des sous-entendus, on n'a pas cherché à vous régler votre compte parce que vous dérangez tel dignitaire ou grand maître ou délégué fédéral ou vénérable dés lors que vous ne faites plus ce qu'on attend de vous)-, il ne peut pas s'en prendre à ses proches mais uniquement à lui-même puisqu'il ne fait pas le travail sur sa pierre. La règle de l'aspirant à l'initiation véritable est : "sois impitoyable envers toi-même, infiniment tolérant et indulgent devant les faiblesses de tes semblables" !
Parler de Q comme vous le dites, utiliser des expressions graveleuses ne prêtent pas à conséquence quand on agit justement (Saint Augustin disait fort à propos :' il vaut mieux se voir repris par les grammairiens que de rester incompris des gens du peuple", c'est-à-dire : il faut utiliser les mots que les gens comprennent fussent-ils graveleux), c'est-à-dire dans le cadre de la Justice : tous les apprentis et tous les maçons devraient le faire dans le cadre du commencement du périple car on ne peut pas évoluer ni avancer sans ce travail. Il importe de signaler ici que les rites qui font accéder aux vertus théologales sans avoir fait transiter le Cherchant dans les degrés antérieurs par les vertus cardinales ne reposent sur rien sinon sur le sable de l'incohérence la plus grave. Parler de Q ne prête pas à conséquence si l'on agit en sage, en juste, en chevalier du devoir !
Voyez l'abbé Guy Gilbert, l'aumônier des délinquants, des voyous, lui qui parle aux loubards en faisant parfois le coup de poing avec une "droite évangélique". Il parle comme un charretier. Il jure et pourtant son message est lumineux, cristallin. Il dit fort justement : "la seule chose qui puisse sauver l'homme, c'est l'amour véritable, c'est la miséricorde et le monde manque cruellement de miséricorde" Je vous recommande de lire ses livres. Parler de Q et de couilles n'empêche pas l'accès à la grandeur de l'Homme et à la sainteté lorsque l'on agit en Juste. Bien évidemment, l'amour véritable n'a rien à voir avec celui d'un homme pour une femme puisqu'il finit toujours par s'étioler ou disparaître pour s'achever en divorce ou guerre de séparation. Ce qui rapprochait un homme et une femme n'était pas l'amour véritable mais une illusion née des ambitions masculine et féminine (avoir un enfant, donc se marier ou former un couple), ce n'est pas du tout comparable.
Les questions que je vous poserai, mon TCF, sont les suivantes :"Où est votre amour pour les hommes, pour vos frères ?" "Pourquoi passez-vous votre temps à vous occuper de ce que font les autres ? Votre vie manquerait-elle d'intérêt à ce point ? Pourquoi perdez vous un temps précieux à ne pas travailler sur vous-même car qui sait si vous ne devez pas mourir dans les mois ou les semaines prochaines ? La vie est trop courte pour jouer un jeu vicié et vicieux, ressaisissez-vous car le vrai problème est en vous et non dans les autres.
Comme apprenti, vous aurez les pires difficultés pour trouver une autre loge. Un apprenti qui démissionne est terriblement suspect et aucune loge ne prendra le risque de récupérer un "canard boiteux". Sur le chemin de l'initiation la règle est : Chacun pour soi et le Grand Architecte pour tous. Personne ne peut faire votre chemin à votre place, personne ne peut payer ce que vous devez payer dans cette incarnation qui vous a été donnée. Celui qui ose vouloir contempler la lumière, la Vérité, l'Absolu, celui-là doit le faire sans aucune aide ni aucune facilité. Il doit seul en payer le prix, s'il en est capable. Dans le cas contraire, il ne parviendra jamais à réaliser la Voie.
Mon conseil : payez votre cotisation ce qui vous permettra d'être en règle vis à vis de l'obédience et de rester maçon. Visitez un maximum de loges différentes. Lorsque des frères maîtres de votre loge vont visiter une loge amie, demandez à les accompagner. Peut-être découvrirez vous une loge où vous vous sentirez mieux. Quoi qu'il en soit, passez vos grades là où vous vous trouvez mais surtout faites le travail que vous devez faire sur vous-même. Cela vous fera le plus grand bien. Tous les vrais maçons traversent cette crise que vous rencontrez et tout le monde doute une voire plusieurs fois. Où serait la foi véritable sans le doute ? Vous avez une chance exceptionnelle : celle de la vivre au grade d'apprenti, c'est fabuleux ! Vous avez une chance extraordinaire, alors saisissez-la à pleines mains, à plein coeur et rebondissez. Je vous souhaite bonne chance.
Pour quitter sa loge, on doit envoyer sa démission par lettre recommandée avec accusé de réception faite au nom du vénérable.
Demande : Je suis compagnon et j'ai souhaité plancher sur les limites de la maçonnerie. J'ai choisi ce sujet après un évènement survenu dans mon atelier (demande d'exclusion d'un F officier) par un F de la loge mère. Aujourd'hui mes réflexions et lectures m'entraîne naturellement vers l'homophobie que nous élargissons a l'endroit des personnes handicapées, homosexuelles, bien que... mais aussi aux limites de la réflexion humaine qui font que la maçonnerie mourra si on ne réagit pas aux anomalies anti-fraternelles qui se généralisent de plus en plus dans nos loges.
Réponse : Je te mets en garde. Si un maçon de ta L. a demandé l'exclusion d'un f. Pour des raisons xyz, tu vas t'en faire un ennemi si tu évoques cet incident et son action. Il te causera les pires difficultés pendant des années. Ces gens-là calomnient dans les coulisses en faisant filtrer de faux bruits (il paraît que ... j'ai entendu dire que ...). Cela fait un mal terrible mais on souffre tellement qu'on évolue très rapidement dans la véritable initiation et, à certains égards, finalement on finit par remercier cet ennemi acharné car sans lui on ne serait jamais devenu celui que l'on est aujourd'hui. Comme quoi le pire génère aussi le meilleur. Je connais les problèmes d'homophobie et d'handicap depuis près de 25 ans déjà (avec la pseudo règle des 3 b - pas de bègue, borgne et boiteux en loge) depuis longtemps. A cela il faut répondre que la fraternité nous interdit de critiquer qui que ce soit et de nous occuper de choses qui ne nous regardent pas. Nous avons déjà tellement de choses à faire pour oeuvrer à notre propre perfectionnement que nous n'avons guère de temps pour nous attacher aux faux pas de nos prochains. L'homme, le maçon n'ont ni à juger ni à critiquer ni à ricaner quand un des nôtres faiblit ou tombe sur sa route. Personne n'a à s'occuper de ce qui peut distinguer les hommes qu'ils soient noirs, jaunes, rouges ou blancs, religieux ou non religieux, spirituels ou pas, handicapés ou différents pour une raison ou une autre.
Certains veulent partir en croisade comme les homosexuels ? Savent-ils que Cambacérès, 1er Grand Maître Adjoint du Grand Orient de France, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France pour le REAA était homosexuel ? Ceci ne l'empêcha nullement d'être un remarquable serviteur de la Maçonnerie. Savent-ils que notre soeur Joséphine de Beauharnais , qui devint l'impératrice Joséphine après avoir épousé Napoléon Bonaparte, était bisexuelle ? Cela ne l'empêcha nullement de devenir Grande Maîtresse des loges écossaises de France. Il en fut de même pour la princesse de Lamballe qui préférait les femmes aux hommes et dont sa relation intime avec Marie-Antoinette fut célèbre. Elle devint Grande Maîtresse des loges écossaises de France, elle aussi. Je cite ces exemples car on ne peut parler que des morts. Ceux qui attaquent les homosexuel(le)s et les bisexuel(le)s feraient bien de se méfier car on en compte un certain nombre parmi les dignitaires actuels de toutes les organisations (dignitaires de Grande Loge y compris à la GLFF, Suprême Conseil, Grand Collège des Rites et Grand Prieuré inclus) et ils (elles) ne manqueront pas de régler leur compte à leurs détracteurs quand l'opportunité se présentera, et en particulier lors d'une demande d'admission à certains hauts grades. Ceux qui s'occupent de la vie privée de leur voisin n'agissent pas en maçon ; ils sont même indignes de porter les vêtements des maçons car ils sont toujours profanes par leurs actes et leur mentalité. Mais nous n'avons pas à nous occuper de cela non plus ; il nous faut les plaindre en toute fraternité et les aider, si nous le pouvons, à revenir sur le vrai chemin. Le reste n'a aucune importance.
Pour
ton
information : ce n'est pas parce qu'un frère demande une exclusion à
l'encontre d'un autre frère que cela deviendra une réalité. Cette
demande peut être refusée par le vénérable au titre que le demandeur
agit en contravention de tous les devoirs et principes maçonniques.
Elle peut se trouver rejetée par la loge des Maîtres en vote officiel,
auquel cas le dossier ne viendra jamais devant la première instance
disciplinaire. Mais ces comportements vicieux font tellement de mal que
celui qui en devient la victime finit rapidement par donner sa
démission. Il est vrai qu'on manque cruellement de vrais et bons
vénérables - la plupart éludent les problèmes en espérant pouvoir les
refiler à leur successeur; Ils jouent la montrer - , de vrais et bons
maçons. Alors on finit par rencontrer le
pire quand on venait chercher le meilleur.
Demande : je dois travailler sur les métaux. Pouvez-vous m'aider ?
Réponse
: jEn fait
vous avez à traiter le thème de
l'entrée dans la simplicité. Il fait écho à la phrase du Christ : "que
celui qui veut me suivre abandonne ses biens, les vende et les
distribue aux pauvres".
On ne peut pas entrer dans la Voie de l'initiation si l'on ne renonce
pas au monde de l'avoir et des choses périssables avec tout ce que cela
implique de progression sociale personnelle, de recherche de la fortune
ou de l'accumulation des biens si l'on souhaite entrer dans le monde de
l'être. Pour les plus exigeants envers eux-mêmes, cela entraîne un
retrait du monde et l'entrée dans la vie érémitique, la vie solitaire
des moines. C'est dans le silence et le désert qu'on découvre le monde,
ce qu'il est vraiment, qu'on comprend quelle est la signification de ce
qui semble être le jeu de la vie et de la mort. A quoi sert de vivre
dans un corps de chair si on est condamné à mourir à tout moment ? Cela
serait démentiel s'il n'y avait pas le sens originel et fondamental
qu'il appartient à chacun de retrouver.
On comprend que, dans ce cadre existentiel, ce que nous désignons par
le terme des métaux en maçonnerie ne trouve pas de place. Mais
qu'est-ce que ces métaux et que recouvrent-ils ?
Le rituel nous indique lors de la cérémonie de réception dans l'Ordre
de retirer tous ce qui comporte une partie métallique chez le candidat
: ceinture, boucle de chaussure, stylo, argent, bague, gourmette ou
chaîne en or, épingle à cravate, etc.
Pourquoi faut-il retirer ces métaux ? Parce qu'il ne doit pas y en
avoir ni dans le temple maçonnique ni dans aucun autre temple
religieux. C'est en fonction des exigences liées au jeu des vibrations.
Il ne doit y avoir aucune onde électrique ni électromagnétique, donc
aucun métal. Ceci fausserait le service cultuel et la rituélie mise en
oeuvre. A titre exceptionnel, et parce qu'il faut bien que les
accessoires liés à la mise en oeuvre du rituel puissent agir
efficacement, on tolère les objets en or. Pourquoi l'or ? Parce qu'il
est le métal offrant la plus faible résistance et par conséquent
réaction. Quand le coeur s'arrête de battre, qu'est-ce qui peut le
faire repartir ? Des décharges électriques dont on détermine la
puissance en joules. L'électricité c'est la vie ou la mort. Si on lance
de l'électricité sur du fer, ou un autre métal, cela détruit au lieu de
donner la vie. Le métal dévie l'onde qui devrait baigner le candidat,
le faire entrer dans une vie nouvelle. ceux qui ont reçu ces décharges,
qui sont revenus de la mort, ceux-là n'ont plus rien de commun avec
celui qu'ils étaient avant leur accident. Ils sont "éveillés" à un
autre plan de conscience.
Dans cette perspective, il convient de signaler une anomalie
considérable dans nos loges : L'interdiction du métal en loge entraîne
à retirer de même tous les outils en fer ou acier, y compris l'équerre
et le compas présents sur l'autel. De même les épées devraient y être
interdites. A quoi sert de défaire le candidat de ses métaux si c'est
pour le placer sous l'influence d'autres létaux tout aussi néfastes ?
Voilà pourquoi on rencontre si peu de vrais initiés dans nos loges, la
rituélie étant devenue totalement inopérante du fait de la non
appréhension de ces réalités éternelles. Un rituel met en oeuvre un
processus magique qu'on le veuille ou non. Si on n'en respecte pas les
exigences, on récupère le contraire de ce qu'on attend ou espère. Un
seul détail suffit pour renverser une rituélie : un objet qui
n'est pas dans la matière préconisée, un mot ou une
phrase
dite en avance ou en retard, un geste mal fait, le moindre détail a son
importance. C'est d'autant plus stupide qu'il suffit d'une équerre et
d'un compas faits en bois pour travailler efficacement et selon les
normes éternelles. Il y a tellement d'anomalies graves en maçonnerie,
le drame réside dans le fait que cela n'intéresse personne !
Mais
revenons aux
METAUX.
Le rituel nous indique que les métaux sont aussi figurés, c'est-à-dire
que cette expression concerne aussi ce qui ne se limite à être d'une
fabrication en matière de fer, cuivre, bronze, acier ou autre. Que
recouvrent donc les métaux figurés ?
On peut dire que cela englobe tout ce qui ressort de l'avidité de
l'homme. L'homme a soif de reconnaissance, de distinction personnelle.
Il espère briller, avoir une réputation, sortir de la masse. Pour cela,
il lui faut se hisser dans la hiérarchie sociale, bénéficier de
promotions de toutes natures, parvenir là où le commun des mortels
n'accède pas, posséder ce qui va le classer au-dessus des autres
hommes. Pour beaucoup, tous les moyens seront bons à utiliser pour y
parvenir quitte à dénigrer ses voisins, ses collègues, ses frères. Vous
connaissez tous l'adage populaire : "calomniez, calomniez, il en
restera toujours quelque chose". C'est-à-dire assez pour "couler" un
concurrent, un rival, quelqu'un qui gêne. C'est dire à son chef qu'un
collègue ne fait pas son travail, qu'il n'a pas fait telle chose
lorsqu'un client l'a appelé au téléphone et le client est mécontent, il
part à la concurrence. A la longue, on finit par prendre la place de
celui qu'on n'a pas forcément calomnié puisqu'il a fait cette erreur,
mais on dévoile une erreur dont on aurait pu ne pas faire état. C'est
le problème de la poutre dans l'oeil du voisin quand la poutre ... vous
connaissez la suite. Les métaux constituent un poison qui se distille
jusque dans chacune de nos fibres et le pire est qu'on ne s'en rend pas
compte tellement cela fait partie de nous.
Comment puis-je avoir une notion juste de ces élans de la nature
propres à l'homme si je veux les combattre pour en avoir la juste
connaissance puis les atténuer et enfin les éliminer ? En mettant en
pratique l'adage antique : "connais-toi toi-même et tu connaîtras
l'univers et les dieux."
Se connaître soi-même, voici le grand travail, le grand principe propre
à toutes les sociétés initiatiques. Comment puis-je me connaître
moi-même ?
En oubliant ce que je sais, en oubliant ce que je suis. En reprenant
tout depuis le début de mon entrée en maçonnerie. Je ne sais rien, ni
lire ni écrire mais à peine épeler. Comment saurai-je quoi que ce soit
d'important dans le monde de l'initiation ? En regardant cette pierre
brute, cet emblème de mon imperfection. Imperfection, certes, mais
cette pierre n'est pas perdue ni à jeter puisqu'elle fut sélectionnée
comme pouvant devenir parfaite après travail. Elle possède donc des
vertus qu'il faut faire éclore, se révéler. Cela suscite de l'espoir et
l'espoir fait vivre, il augure d'un avenir prometteur. Le maillet,
générateur de vibrations et de lumière, va permettre le réveil de ce
qui sommeillait en attente, en latence, et va enfin monter à la surface
sous ses coups judicieusement appliqués.
Continuez ainsi,
Demande
: J'ai
une planche à faire sur le thème : temps et initiation. Merci de me
donner des pistes.
Réponse : Le maçon échappe au temps usuel au monde profane. Pour celui qui cherche la véritable initiation, la vie demeure le vaste champs de la quête et de la transformation personnelles. Par conséquent, ce temps ne se compte plus en terme de secondes, minutes, jours et années mais il se trouve représenté par cet espace qui s'étend de la naissance à la mort corporelle. Comme personne ne sait sur quelle durée sa vie va se trouver établie, il faut agir avec sérieux, circonspection. On ne peut rien considérer à la légère si on imagine qu'il nous reste à peine quelques mois à vivre. Il meure chaque jour sur la route ou par maladie des jeunes qui auraient dû vivre encore des dizaines d'années. Quand sonnera notre heure, mes frères ? Pourtant, il meure toujours quelqu'un à chaque seconde qui passe, qui sera le prochain ?
Celui qui avance dans la voie de l'initiation a la conscience claire de ce caractère précieux et privilégié de la vie corporelle qui lui est accordée. Dans ce cadre-là, on ne peut pas jouer ou faire semblant de prendre les choses au sérieux. C'est pour nous faire comprendre immédiatement que la mort nous frôle sans cesse que le candidat à la réception dans l'Ordre se trouve enfermé dans le cabinet de réflexion. Le sablier, le crâne, la pénombre évoquent le tombeau et de fait, par le coq qui se trouve sur le tableau - il est utile de préciser ici que le coq dans les pratiques anciennes était toujours sacrifié lors d'un décès pour annoncer l'arrivée de l'âme du défunt dans l'autre monde, ce coq qui annonce la mort du candidat qui arrive. C'est important car tout initié est un "deux fois né", c'est-à-dire quelqu'un qui est mort à une forme de vie pour pouvoir accéder à une autre état d'être. Cette frontière des monde se trouve matérialisée par le porte de la loge. (développer ici le symbolisme de la porte),
Continuer votre développement dans cet esprit, si cela vous convient. Bon courage,
Demande : JJ'ai un travail à préparer chez les Maîtres Secrets du REAA, dont le titre est : "Pourquoi ne peut-on entrer dans le Saint des Saints ?" Une piste pour démarrer serait la bienvenue. Merci d'avance.
Réponse : Même le Grand Prêtre ne pouvait entrer dans le Saint des Saints du temple de Jérusalem qu'une fois par an. Pourquoi y avait-il accès ? Parce qu'il connaissait le secret de la vocalisation du Nom de Dieu ! Ceux qui ne savent pas ce secret ne peuvent pas entrer dans le Saint des Saints. Les lévites doivent donc rester dehors. Dans la réalité, les lévites officiaient à l'extérieur du temple et non dedans.
Qu'en est-il en maçonnerie puisqu'elle ne prend malheureusement que trop rarement en compte au REAA les données réelles ? Ceci constitue une anomalie colossale car le symbolisme part toujours du réel ; ne pas prendre en considération ce qui est ou ce qui fut conduit à sortir du cadre symbolique et de tout ce qu'il implique de Réel et de vivant !
Il n'y a pas que l'entrée dans le saint des Saints mais aussi l'entrée dans le Temple. Les anciennes Instructions indiquaient qu'on ne pouvait entrer dans le Temple qu'en passant sous terre. Que voulait dire cette expression ? Qu'on était mort et enterré. En fait, c'est la mort qui fait entrer dans le temple absolu. Il en va de même pour l'expression : entre l'équerre et le compas, entre terre et ciel. Mais pour parvenir entre terre et ciel il faut être mort ou être devenu un véritable initié réalisé, un mystique pur. Il convient de ne pas confondre ici les temples de pierres - fut-ce celui de Salomon - avec le temple de l'Eternel qui n'a que faire des temples de pierres. La Bible le précise bien : tu ne passeras point ton outil sur la pierre car tu la profanerais. Ce qui élimine de fait la plupart des outils maçonniques comme le ciseau ou le levier et même l'équerre et le compas puisqu'ils sont faits en métal impur. C'est la raison pour laquelle tous les temples seront détruits et le furent de fait, celui de Salomon comme celui de Zorobabel. L'Eternel veut des temples de chair. puisqu'ils viennent de lui et qu'il appartient à l'homme de les maintenir divins par leur travail ici-bas. Dieu ne veut rien qui ait été modifié par la main de l'homme.
On méconnaît aujourd'hui que les Juifs furent horrifiés par ce fameux temple de Salomon qui n'était rien qu'une sorte de copie des temples, en plus pauvre, élevés par les goyims pour les dieux des autres populations sémites. Les prophètes vitupéraient : " le temple d'YHVH ! le temple d'YHVH ! Comme si la réforme de sa conduite n'était pas plus salutaire que ce temple barbare."
En réalité, Salomon n'avait que faire de ce temple qui l'ennuyait profondément lui l'homme des plaisirs et des passions. Il avait besoin de frissons. C'était un joueur invétéré qui ne se contenait plus dés qu'il voyait une jolie femme, voulant la mettre immédiatement dans son harem. Si l'on veut avoir une vision juste de ce qu'était son pays en ce temps, on pourrait l'assimiler à un pays comme la Tunisie actuelle comparée à ce que sont les USA dans le monde. Ce qui correspond à la puissance américaine militaire, économique étant alors le fait de Babylone, de l'Egypte, de l'Assyrie, de la Phénicie, (ou royaume de Tyr qui était alors la formidable puissance navale et commerciale en Méditerranée quand les Juifs avaient peur de s'aventurer en mer) de la Perse et quelques autres encore.
Pour lui, le temple ne fut qu'un prétexte pour s'emparer du pouvoir politique et religieux éparpillé jusque-là entre les douze tribus. Par la suite, non seulement Salomon trahit son pays, pour payer ses dettes, en donnant 20 villes d'Israël à un roi étranger, ce qui constituerait dans tous les pays du monde un acte de haute trahison passible de la peine de mort. L'affaire fut étouffée avec la complicité des Lévites qu'il avait "achetés" en leur donnant un salaire annuel et des avantages en nature à prélever sur les offrandes et les sacrifices. Les Lévites furent ainsi les premiers fonctionnaires au monde ! Pour mieux s'assurer leur assistance, Salomon donna aussi quelques villes à la tribu de Lévi. Imaginez que le président de la république, pour payer les dettes de la France, donne Rennes, Bordeaux, Strasbourg, Nice, Lille, Limoges, Montpellier, Nîmes et 12 autres villes à un émir des pays arabes. Accepteriez-vous cela ? Que penseriez-vous des prêtres et des évêques s'ils vous mentaient pour étouffer cette affaire ? C'est cela la réalité salomonienne et pas une autre. Ce roi, qu'on nous présente comme un admirable exemple en maçonnerie, fut aussi coupable de trahison envers son dieu YHVH puisqu'il préféra adorer Moloch, le dieu de la reine de Saba et qu'il alla même jusqu'à élever des autels ou temples à quelques autres dieux étrangers. Cerise sur le gâteau, il devint un tel tyran pour son peuple qu'Israël fut disloqué à sa mort qui fut une libération pour tous.
C'est cet admirable exemple de sagesse incarnée chez un homme que représentent les vénérables des rites anciens (dans les rites modernes, comme le Français ou l'Ecossais Rectifié, le VM représente Saint Jean et non Salomon) et le Trois fois Puissant chez les Maîtres Secrets du REAA.
Demande : J'ai un travail à faire sur le perfectionnement. Sur quoi peut-il porter ? Merci de m'aider.
Réponse
: Le
perfectionnement de l'homme porte sur le plan moral, comportemental et
spirituel.
Il ne peut y avoir aucune limite d'autant que nul ne sait où se situe
la perfection : on se trouve obligé de persévérer plus avant dans tous
les domaines en épurant ses attitudes, ses façons de voir le monde,
l'homme, la société. Plus on affine son avancée sur le chemin plus cela
aboutit tout de même à une mise en retrait de la société qui ne nous
concerne plus vraiment. Celui qui pense qu'il va mourir perd tout
intérêt subitement pour toutes les choses courantes, ordinaires,
futiles. Seul compte ce qu'il va devenir et comment il va franchir et
vivre auparavant sa mort. Le reste s'écroule comme un château de
cartes, plus rien n'a de sens en dehors de cela.
On peut être milliardaire, ou vivre sous les ponts, tous vivent la même
peur panique, sauf les vrais initiés mais il y en a si peu ...
On peut considérer que la perfection n'est pas humaine mais divine,
donc le perfectionnement de l'homme est une illusion en soi. Dans la
réalité, l'homme diminue son imperfection. L'homme va
chercher à
atteindre cette perfection, mais essayer d'atteindre, ce n'est pas
réussir à y parvenir. Il y a un tout un monde d'écart entre ces deux
choses. Mais dans le fond, l'important n'est pas la réussite totale,
mais la constance, la sincérité, la foi réelle et consciente, que
l'amour pour la divinité devienne fort, réel en soi, le reste importe
peu.
L'idéal consiste même à vivre ses devoirs sans penser à rien.
Demande : On me demande de faire une planche sur le miroir. Que me conseillez-vous comme lectures ?
Réponse : S'il existe un grand nombres d'ouvrages en maçonnerie, ceux qui sont véritablement utiles et présentent une matière de qualité immédiatement utilisable pour le travail symbolique se comptent sur les doigts d'une main. Nous ne pouvons que vous recommander le livre Les Planches du Compagnon de Christian Guigue. Il comporte un travail sur le miroir.
SIGNALISATION : Des envois nous reviennent avec les mentions destinataire absent - Non réclamé - Retour à l'envoyeur. Avant de faire une réclamation , contactez votre Bureau de Poste. C'est le cas pour : Grégoire BLAIN - 5415 Avenue L - Brooklyn - NY 11234 - Gérard POLLAS aux USA et d'autres en France et en Belgique -1) ou Suisse (1). Merci de nous contacter.
Demande : Je dois travailler sur les 3 grandes lumières au Rite Ecossais Rectifié : le Vénérable Maître, le Soleil et la Lune et je ne sais par quoi commencer. Pouvez-vous me conseiller ? Nicolas.
Réponse : Votre demande est intéressante car elle souligne un point capital en Maçonnerie : il n'existe pas de système de grandes lumières qui soit universel. Par conséquent, si l'on se comporte en chercheur et en maçon objectif et honnête, on ne peut pas dire que la Bible, l'Equerre et le Compas soient les 3 grandes lumières de la Franc-Maçonnerie. Dire ou écrire cela c'est leur accorder une place et une valeur qu'elles ne possèdent pas dans l'absolu. Cela ne prend de valeur que pour certaines formes de travail comme les workings anglo-saxons de culture protestante, ou les rites dits anciens. Tous les rites modernes, comme le rite Ecossais rectifié ou le rite Français et bien d'autres, ont pour trois grandes lumières : le Vénérable Maître, le Soleil et la Lune.
Le drame de la Maçonnerie : c'est l'inculture quasi généralisée et le désintérêt pour le symbolisme y compris dans les ateliers supérieurs. Chacun se persuade que son rite est le plus beau et le plus parfait du monde, ce qui n'existe pas. Lorsqu'on étudie un rite, on ne peut manquer de noter les anomalies ou les contradictions présentes dans les rituels ou les Instructions. Dire que tel ou tel rite est le meilleur, cela n'a pas de sens en soi. En quoi serait-il meilleur ou moins bon ? Dans le meilleur des cas il peut apparaître plus cohérent dans sa globalité et son déroulement ou répondant mieux à une sensibilité personnelle. On ne peut pas comprendre qu'un nombre anormalement élevé de frères érigent en vérités absolues des éléments inexacts, limités à un système, ou circonstanciels. Heureusement on rencontre ça et là quelques maçons, "hors norme" mais avides de comprendre et de savoir, qui n'hésitent pas à travailler sur les textes anciens en ne se limitant pas à leur seul rite. Ceux-là savent que les rites dit anciens sont obligatoirement établis sur l'Ancien Testament, les rites modernes sur le Nouveau Testament, ce qui en change radicalement la perspective et les données. Il ne peut pas y avoir de mélanges ni d'emprunts d'un système à un autre sous peine de dénaturer et fausser tout le rite.
La particularité au RER, c'est que le Soleil correspond au Christ et la Lune à la Vierge mais très très peu de maçons savent cela. Le V.M. personnifie les deux saint-Jean. Il est Jean le Baptiste lors de son entrée rituelle en loge quand, précédé du chandelier à trois branches, il annonce la lumière qui vient éclairer le monde et par conséquent nos travaux, et il devient Jean l'Evangéliste lors de la fin des travaux, en particulier lorsqu'il dit : "mes frères., lorsque pour perfectionner vos travaux, vous chercherez la lumière qui vous est nécessaire, souvenez-vous qu'elle se tient toujours à l'orient et que c'est là - à ce moment-là il désigne la Bible ouverte à l'évangile de Jean - seulement que vous pourrez la trouver". Au rite Français, il en va de même bien évidemment.
La distinction entre les systèmes anciens et modernes s'avère capitale, vous devez l'intégrer dans votre travail.
Dans
la religion
catholique, la lune fut de tous temps l'emblème de la Vierge Marie, la Ma
dame sainte Marie des Chevaliers
du Temple. Elle est la Dame à qui
sont destinés les gants qu'on nous remet lors de la cérémonie de
réception dans l'Ordre. La distinction entre Dame et femme demeure
capitale. La dame qu on estime le plus ne peut en aucun cas être
humaine sinon le rituel aurait indiqué la femme que vous estimerez le
plus. Dans l'ésotérisme de la Science secrète tout est subtile, en
nuances ; on vous indique une piste, ce qui est déjà précieux. Celui
qui ne doit pas savoir ne mérite pas qu'on lui donne davantage
d'indications : elles ne lui seraient d'aucune utilité puisqu'il se
désintéresse de ce qui est capital dans l'ordre spirituel et divin.
C'est la raison pour laquelle l'évangile indique :"il ne faut pas
donner de perles aux pourceaux !"
Demande : Je cherche une planche sur LA MARCHE A RECULONS. mailto:JeanneretG@aol.com
Réponse : Il n'existe aucun tracé sur la marche à reculons. Seul Christian GUIGUE l'évoque, dans son livre La Formation Maçonnique, à l'article AIR puisqu'il s'agit aussi d'une transcendance spatiale, mais cela ne prend que quelques lignes. Si vous devez faire un travail sur ce thème, vous devez traiter la marche normale en premier et le nombre correspondant (ex : les 3 pas de l'apprenti + le nombre 3). La marche à reculons ne se fait pas à l'initiative de l'homme, elle lui est imposée par une volonté extérieure à la sienne. Elle implique un retour dans un état antérieur. C'est une sorte de purification nécessaire, un dépassement de sa condition, avant que se produise une entrée dans un nouveau plan ou nouveau domaine. On lave les morts avant de les incinérer ou de les brûler. Toute entrée dans un nouveau plan de vie fait l'objet d'une purification voire d'une réintégration dans un état ancien si celui-ci était meilleur que l'état d'être (état spirituel) qui est le sien actuellement.
Demande : Je cherche de la doc pour ma planche au REAA : "GLOIRE AU TRAVAIL". Merci à tous pour votre aide.
Réponse : Il y a deux thèmes à traiter dans votre tracé : 1- le travail profane qui permet d'obtenir son indépendance matérielle puisqu'il fait gagner sa vie. Il permet à l'homme qui trouve ainsi sa place et un rang dans la société d'accéder à la dignité. Un homme qui travaille est un homme utile, un homme qui ne fait rien est un fainéant et un égoïste qui ne soucie que de lui puisqu'il ne produit rien d'utile aux autres.
- le travail maçonnique et initiatique qui doit faire parvenir le Cherchant à l'état de perfection qui doit devenir le sien pour accéder au statut d'Homme Universel, celui qui sait toutes les réponses aux mystères qui nous interpellent. L'Homme Universel n'est plus vraiment un homme limité dans son incarnation et dans son corps, c 'est toute autre choses qui dépasse la simple condition humaine. Le travail initiatique comporte deux axes plus importants que tous les autres : celui sur les symboles et celui de la pratique de toutes les vertus et de tous les devoirs imposés par l'Ordre (tolérance, pratique de l'assistance, égalité de considération pour tous les hommes, etc.). La tradition l'impose depuis toujours. A la question :"Que venez-vous faire en loge ?", la réponse : "Elever des temples à la Vertu et creuser des tombeaux pour les vices". Par loge, il faut considérer le monde tout entier et pas simplement le groupuscule dans lequel on évolue. L'instruction le précise bien, le maçon doit évoluer sur les cinq continents... Le maçon doit être un modèle de vertu, impitoyable envers lui-même, envers ses erreurs et ses fautes, envers ses écarts quotidiens. Il ne doit jamais se soucier ni même s'intéresser à ce que font ou ne font pas les autres hommes ou les frères. Les pipelettes avides de cancans ou de pseudos affaires ou de faux bruits n'ont pas leur place en Maçonnerie. Il y a tellement de travail à accomplir sur soi durant toute sa vie, à chaque heure de son existence et cela jusque sa mort, qu'on ne peut pas avoir d'autre préoccupation si l'on veut réellement avancer sur la Voie et parvenir à cet état de perfection qui commence avec l'atteinte de l'entrée dans la sagesse. Celui qui aspire à la sagesse et à la lumière ne peut pas regarder ses pieds, il doit avancer en levant la tête vers le ciel. Ce qui relève de la médiocrité des hommes ou de leurs humeurs restent du domaine de ces passions que l'Ordre a imposé aux apprentis d'éliminer au plus vite en travaillant leur pierre. Comment celui qui privilégie les passions et la médiocrité peut-il devenir capable d'élever son temple à la vertu s'il n'a pas la moindre idée de ce que cela recouvre ? Resté profane, - car il ne suffit pas d'être reçu dans l'Ordre pour être un maçon véritable ce serait trop facile, il faut concrétiser tous les devoirs et toutes les obligations qui en découlent-, sa seule présence en loge, dans cet univers sacré durant le travail qui s'inscrit de midi à minuit, le rendra profane en en annulant tous les effets. Voilà pourquoi tant de loges vivent tant de problèmes de toutes natures ainsi que leurs membres dans leur vie personnelle. Dans le monde de l'initiation, nul ne peut faire semblant sans en payer le juste prix. Ainsi, selon le propos de Thomas d'Aquin : "Une chose n'est pas juste parce que Dieu le veut, c'est parce qu'elle est juste que Dieu le veut". En Maçonnerie, on appelle cela :"recevoir le juste salaire que le travail (ou que l'absence de travail) nous a mérité" ! L'Ancien testament nous a tous averti : '"Oeil pour oeil, dent pour dent", ce que vous ferez à autrui ou direz de lui vous sera réservé à votre tour et au centuple, ce qui s'exprime par le ration 7 fois 7 comme pour tous ceux qui se réclament de la lignée de Caïn et donc de Tubal-Caïn. Rien n'est aboli, l'ancienne loi demeure omniprésente pour tous ceux qui ne veulent pas en sortir en changeant de comportement, de valeurs et d'intérêts. C'est pour nous en protéger que l'Ordre nous fait entendre durant la cérémonie de réception :" Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit" dans le présent ou dans l'avenir, et qu'il nous indique la Voie des Vertus.
Demande : J'ai un tracé à faire sur le Maître des Cérémonies. J'ai besoin de votre assistance.
Voir la Formation Maçonnique - édition de 826 pages - article : Maître des Cérémonies.
Demande : J'ai une question. Comment expliquer "je ne sais ni lire, ni écrire, je ne sais qu'épeler" ? Merci. Gina.
Réponse : Cela ne s'explique pas et n'a pas de raison de l'être même si on donne souvent à tort ce thème à traiter car les maîtres de l'atelier seraient fort embarrassés si on leur demandait de le faire. Au-delà du simple élément de discrétion dans la communication du mot qui sert de mot de passe pour les apprentis, et de l'apprentissage de ce qui se rapporte à toutes les disciplines maçonniques, en même temps que l'on procède au travail régulateur et ordonnateur sur soi en vue de l'édification de l'homme parfait - ce qui dans le monde des initiés correspond à l'état de l'Homme Universel, lequel n'est plus simplement un homme, on veut vous faire prendre conscience de l'importance non pas des noms ou des mots mais surtout de celle des LETTRES. Le vrai nom de Dieu est dans certaines lettres et non pas dans des noms ou dans des mots ni dans des applicats. Mais qui s'en soucie parmi tous ceux, bien trop nombreux, qui se désintéressent du symbolisme et par extension de tout ce qui contribue à une véritable initiation et à l'accès aux connaissances qui s'y rapportent ? Qui sait que l'ensemble des lettres se trouvent contenues dans le seul A ou alpha ? Pourtant cette clef reste considérable dans ses effets.
Demande : La symbolique du 12eme.
Réponse
: la
symbolique du 12eme, non seulement cela ne veut strictement rien dire
et cela ne peut pas exister. Un grade n'a jamais été un symbole
!
Il convient de faire très attention avant de formuler un titre de
planche. Il faut formuler quel est le contenu particulier du 12eme
degré. Le contenu n'est pas non plus un symbole. De même, la
symbolique des grades de Perfection, cela ne veut rien dire.
Demande : "Etablir le plan" au 12eme degré.
Réponse : on rejoint tout simplement le symbolisme de la planche à tracer du grade de maître. Il convient de prendre enfin conscience que rien dans les ateliers supérieurs n'est vraiment nouveau en soi. Tous les hauts grades reprennent toujours quelque chose existant à tel ou tel degré symbolique. L'étoile flamboyante, la pierre cubique à pointe et bien d'autres choses des premiers grades reviennent souvent, ce qui implique que les soit disant hauts grades n'apportent rien de vraiment nouveau. Pire encore, leur explication symbolique demeure souvent plus pauvre que ce qu'on trouve chez le Compagnon d'autres rites que le REAA ! Evidemment ou malheureusement, on ne le découvre que trop tard, c'est-à-dire après avoir reçu tous ces grades et les avoir soigneusement étudiés. De trop nombreux degrés dits supérieurs sont même inqualifiables en s'avérant totalement anti-maçonniques (comme ceux qui font venger la mort d'Hiram - ce qui est une violation da la loi de tolérance, de celle de la pratique de la fraternité, de la Beauté et de la Sagesse, de l'obligation de pratiquer la Vertu et de combattre les Vices, etc. L'homme qui se comporte en monstre assoiffé de vengeance est indigne de la condition humaine ; il est même inférieur aux animaux puisque dans le règne animal la vengeance n'existe pas.) !
Etablir
le plan
au 12eme ne peut en rien s'avérer différent du travail de
l'établissement du plan sur la planche à tracer au 3eme. Que
feriez-vous pour passer du temple de pierres au temple de chair ?
Quelle analyse feriez-vous ? Quelles décisions prendriez-vous ? Voilà
ce qui vous permettra d'établir votre plan personnel. n'oubliez jamais
qu'un tracé doit se trouver établi à partir de votre vécu ; il doit
prendre en compte vos aspirations les plus vitales. La mort approche :
elle frappera sans prévenir. Le Cherchant doit donc se préparer en
permanence à partir pour l'orient éternel. Aucun haut grade ne vous
aidera à franchir le seuil ni même à affronter la maladie, le cancer,
seule la véritable initiation, si vous l'avez réalisée en vous, vous
permettra d'affronter la Mort avec sérénité. Aucune fonction, aucun
grade, aucun honneur ne vous sera de quelque aide à ce moment là !
Alors que dans les grades symboliques, vous avez travaillé avec la Bible ouverte au Nouveau Testament - ce qui est une anomalie capitale dans un rite "ancien" -, voici que depuis le Maître Secret vous êtes revenu en arrière en travaillant à l'Ancien Testament. C'est une hérésie totale car on ne peut jamais revenir en arrière dans l'ordre spirituel et initiatique. On commence avec l'Ancien puis on progresse naturellement vers le Nouveau en parfaite cohérence de l'évolution des états d'être. On quitte la "loi du talion" - l'ancienne loi, pour entrer dans la "loi d'Amour", la nouvelle loi. On ne peut pas abandonner l'Amour pour revenir à la vengeance. C'est un peu comme si vous demandiez à ce que votre baptême religieux ou votre initiation maçonnique n'aient jamais eu lieu. C'est proprement impossible, nul ne peut revenir en arrière ni défaire ou refaire ce qui fut.
La même anomalie se retrouve au rite Français, rite moderne, qui revient en arrière avec les Quatre Ordres supérieurs empruntés au rite de Perfection (et non pas au REAA comme certains l'imaginent à tort !). Il reste vrai, qu'avec la suppression de la Bible au Français du G.O., ce problème est réglé.
Les seuls rites parfaits à ce plan sont le rite Ecossais Rectifié - moderne du début à la fin -, et le rite Emulation - ancien jusqu'à l'Arche Royale. C'est vers le rite Emulation qu'il faut diriger les profanes de confession juive, et vers aucun autre, ainsi travailleront-ils avec l'ancien testament de l'apprenti jusque l'Arche Royale. Le REAA ne permet pas cela puisqu'il les obligerait à travailler avec le Nouveau testament en loge bleue, puis au 18eme degré, le rite Français non plus. D'autres workings anglais possèdent la même cohérence.
Demande : Bonjour à tous. Je cherche de la doc pour ma planche au REAA sur le tablier de l'Apprenti (historique précis, symbolique). Merci pour votre aide.
Réponse
:
Il n'existe rien d'historiquement précis à ce propos. Il faudrait
manquer singulièrement de
sérieux pour oser affirmer qu'il en va autrement.
Pour le symbolisme : le tablier d'apprenti est le plus BEAU de tous les
vêtements pouvant exister en F.M. tous grades confondus puisqu'il est
le seul vêtement maçonnique absolument pur, virginal. Dès que les
couleurs envahissent le tablier, c'est l'imperfection et l'illusion
(par opposition au Réel intemporel) qui se manifestent. Mais les
apprentis, généralement plus soucieux d'une progression rapide dans les
degrés que dans l'initiation et donc dans la connaissance, ne s'en
soucient guère. On peut indiquer à leur décharge qu'ils ne sont jamais
- ou très exceptionnellement - pris en charge et éveillés par un vrai
Maître.
Demandez-vous pourquoi il est blanc, immaculé, donc pur ! Aucun autre
vêtement ou décor ne présente plus cette pureté même dans le dernier
degré du rite ! Qui représente-t-il en vertu de la loi
de
l'attribut usuelle et qui
perdure elle aussi en maçonnerie ? Voir
article Vêtements maçonniques
dans le livre La
Formation
Maçonnique
Demande : Le symbolisme des lieux sacrés.
Réponse : Pourquoi pas le symbolisme du sucre ou de la glace à la vanille ? Soyez sérieux ! On ne peut pas faire signifier aux lieux ce qui relève des mystères ou des lois de l'univers même si certains d'entre eux possèdent des vertus ou propriétés particulières, énergétiques, thérapeutiques, etc. Trop de personnes disent n'importe quoi à propos du symbolisme qu'ils ne comprennent pas tout simplement parce qu'ils ne sont pas en situation de percevoir ce qui ne relève pas de leur niveau d'état d'être. Pour espérer percevoir ce que signifie un symbole il faut le rendre vivant, se projeter en lui, ce qui constitue la finalité du travail qu'on vous demande d'opérer sur cette pierre emblème de votre existant corporel et vital. Celui qui ne fait rien ne saura jamais rien : c'est la juste récompense du non travail accompli. Etre parvenu au 33eme degré ne changera jamais rien à cela si l'on ne sait rien et le saint Empire comporte un nombre incroyable de Souverains Grands Inspecteurs généraux du 33eme degré qui sont incapables de vous apprendre quoi que ce soi !. Si les symboles profanes ne sont que des signes conventionnels, il en va tout autrement dans l'Ordre du sacré et de l'initiation véritable où chaque symbole correspond à un mystère de la divinité, correspondant en fait à une Loi de l'univers.
Demande : Merci de me donner matière sur l'historique du langage et de la musique maçonnique.
Réponse : Vous souhaitez des informations sur des matières qui n'ont aucune histoire réelle et qui de surcroît varient selon les époques et les pays. On rencontrera bien des esprits peu scrupuleux ou vilement flatteurs pour tenter de démontrer le contraire, comme il en existera pour avancer que les degrés dits administratifs sont initiatiques, ce qui ne sera jamais le cas puisque cela ne relève pas de leur spécificité, mais cela ne peut revêtir aucune valeur pour un chercheur sérieux.
L'introduction de la musique en Maçonnerie est somme toute récente et découle de la spectacularisation intervenue dans des loges dites "galantes" de cour à la fin du 18eme siècle et aussi comme celle des 9 Soeurs à l'orient de St Germain en Laye. La présence des femmes en loge sous la maçonnerie d'adoption et le libertinage qui s'ensuivirent y contribuèrent grandement, le seul travail maçonnique restant alors trop ennuyeux. Il en fallait bien un peu, on ne venait pas là que pour cela mais essentiellement pour figurer dans une assemblée choisie entre gens en vue et s'amuser surtout le mieux du monde. La loge Les 9 Soeurs connut même les pires excès à une certaine époque en faisant venir un orchestre de plusieurs dizaines de musiciens, ce qui mit alors le quartier en émoi !
Au contraire de ce que beaucoup de nos amis imaginent, il n'y a pas de musique maçonnique. Les spécialistes, les musicologues et les critiques de la musique classique sont tous d'accord sur ce point : il n'existe pas de genre ni de style de composition ou d'harmonie qu'on pourrait considérer comme maçonniques et donc différents de tous les autres. Lorsqu'un maçon fait la vaisselle, la vaisselle du jour n'est pas maçonnique pour autant. Ce sont les maçons qui, manquant d'honnêteté intellectuelle, considèrent comme maçonniques toutes les musiques faites et composées par des maçons. Cela se veut facile mais ne veut rien dire en soi. Il y a lieu de distinguer la musique et les textes ou livrets qui eux pourraient avoir un caractère maçonnique. Mais le texte n'a rien à voir avec l'univers de la musique même s'il l'accompagne. La valse dont la spécificité rythmique se trouve basée sur 3 temps n'a jamais été considérée pour autant comme maçonnique. Au contraire, elle se trouve assortie d'un caractère frivole et par conséquent non compatible avec le devoir d'élever des temples à la vertu et de creuser des tombeaux pour les vices, tâche prioritaire chez tout vrai maçon soucieux de respecter les termes de son serment.
Il existe des rites authentiques et anciens comme le rite Ecossais rectifié, datant de 1773, où toute musique reste traditionnellement interdite, tout devant s'accomplir dans le silence le plus total. Seuls ceux qui ne connaissent pas bien le rite introduise une musique qui n'y a guère sa place. Dans ce rite mystique, seul importe ce qui se passe dans le coeur et l'âme des Cherchants, Persévérants et Souffrants.
Notez qu'il n'existe aucun rituel ancien et authentique prescrivant l'utilisation de la musique, le recours à telle ou telle oeuvre pour tel ou tel degré. Cela n'existe pas. Encore moins pour le REAA dont les vrais rituels "bleus" firent leur apparition suite à l'affaire du maréchal Magnan, soit seulement sous Napoléon III ! Les déviations ont fait jour et se multiplient depuis le 19eme siècle, période réactionnaire suite aux excommunications papales, ce qui donna lieu à toutes les dénaturations. Les Landmarks précisent bien que la Franc-Maçonnerie n'a pas à s'adapter aux modes passagères ni aux caprices des hommes qui se succèdent ! Elle doit rester ce qu'Elle est : le vecteur de l'initiation en Occident et du corpus des connaissances traditionnelles qui l'accompagnent. Il apparaît essentiel de souligner ici qu'on ne peut pas tenir pour authentiques les rituels modifiés tous les 10 ans par telle ou telle organisation, comme c'est devenu le cas ces quarante dernières années, ou pour permettre à l'une ou l'autre de se différencier de ses concurrentes. La maçonnerie "business" n'a rien à voir avec la Maçonnerie authentique et traditionnelle.
Demande : Les Agapes.
Voir La Formation Maçonnique : agape, loge de table.
Demande : Le thème de ma planche est La Gnose du Compagnon. merci de m'aider..
Réponse : Voilà une hérésie colossale qui démontre la totale absence de connaissances chez celui qui vous l'a confié. C'est un peu comme si on vous demandait de traiter la Kabbale du compagnon, on pourrait en mourir de rire si ce n'était pas aussi affligeant. Pourquoi pas la kabbale de l'épicier du coin de la rue ? Soit vous traitez le sujet LA GNOSE en développant l'importance qu'elle revêtit chez les gnostiques du temps de Valentinien et en expliquant ce qu'elle englobe et pourquoi elle perdure encore soit vous passez à autre chose. Il n'existe aucune autre gnose, ni celle du boucher, ni celle de l'avocat, ni celle du maçon ni celle du compagnon. La Gnose (gnosis) ne se réduit pas à ce qu'en donne la traduction du mot en français, de même que le septentrion n'est pas du tout la désignation géographique du nord en loge, il s'agit de tout autre chose. Le livre des gnostiques est la Pistis Sophia dont je vous recommande la lecture. On trouve facilement ce livre chez les bons libraires.
Un sujet qui s'avère envisageable - et j'ose espérer que votre surveillant a malencontreusement exprimé son idée en utilisant le mot Gnose - serait celui : "Ce que le Compagnon doit savoir". Si dans le monde profane, on recrute en fonction des compétences nécessaires pour tenir un emploi - et aucune entreprise ne durerait sans cela -, en Maçonnerie - et cela la tue doucement - on met en place des cadres ( vénérable, surveillant et ça continue à tous les niveaux dits supérieurs ...) qui n'ont aucunement le minimum des connaissances symboliques, rituelles, historiques, ni les compétences requises en terme de communication, développement et de management. Le drame de la FM, c'est que les organisations ne sont plus capables de se doter des cadres compétents. On fait semblant ; on agit comme si tout allait merveilleusement bien dans le meilleur des mondes. Les organisations françaises privilégient aujourd'hui la Communication médiatique sur la transmission de l'Initiation. Le résultat ? Ceux qui aspirent de tout leur être à une véritable initiation sont obligés d'aller la chercher ailleurs.
Une nouvelle organisation mixte vient de se créer. Voici son adresse de correspondance : La Grande Loge des Maçons Réguliers Francs et Acceptés - 91, rue du Faubourg Saint-Honoré - 75008 Paris.
Demande : Je dois traiter au 12eme le thème suivant : "Etre zélé, fidèle, désintéressé". Merci à tous pour votre aide.
Ce
sont des
qualités qu'on doit rencontrer naturellement chez un Apprenti ! Il n'y
a rien de nouveau à ce degré.
Demande : Je suis à la GLFF. Lors de la cérémonie pour le passage au grade de Compagnon, nous avons 5 marches de couleurs : une noire, une bleue, une verte, une rouge et une transparente. Je cherche quelle peut être l'origine de ces marches. J'ai trouvé, au Rite Opératif de Salomon, trace de 3 marches au grade d'Apprenti et de 5 marches au grade de Compagnon (la seule différence étant que la dernière marche est blanche alors qu'elle est transparente chez nous). Pourrais-tu m'apporter quelques lumières sur l'introduction de ces marches dans certains rituels ? Merci d'avance.
Réponse : Les marches n'ont aucune couleur. Il s'agit là d'ajouts "modernes" n'ayant aucun sens comme tel puisque la seule couleur qui compte reste celle de la loge symbolique. Que l'on soit apprenti, compagnon ou maître, la maçonnerie symbolique - celle des loges usuelles- est dite "bleue". Le rouge sera réservé pour certain atelier capitulaire.
Les
marches
existent et figurent sur tous les tableaux de loge depuis le 18eme
siècle pour les rites existant depuis cette époque. Elles sont en
pierre donc ne portant aucune autre couleur que celle de la pierre
utilisée.
Les rituels "bleus" du REAA datent de la fin du 19eme siècle, soit plus
de 100 ans plus tard et donc infiniment plus jeunes. Avant Napoléon III
quasiment tous les maçons travaillaient en loge bleue du rite français
puisque toutes les loges (99,9%) relevaient du Grand orient de France.
La loge était française aux trois premiers grades puis
écossaise
ensuite, expression signifiant qu'elle travaillait aux hauts grades
écossais. D'ailleurs, au début du 19eme siècle, on pouvait passer
directement de maître à 18eme ou 30eme. Ce qui existe toujours en
Angleterre et reste conforme à la tradition maçonnique authentique.
ceci évite le problème des oppositions de contenu ou d'incompatibilité
avec telle religion. Aux USA, on passe directement de maître à 32eme en
prenant tous les grades en un week-end, ce qui fait l'économie des
cotisations spécifiques aux hauts grades et des décors correspondants.
En France, les hauts grades sont devenus une affaire économique pour
personnes ayant des moyens financiers appréciables.
Demande : Un problème s'est déroulé hier soir dans une loge dans une tenue d'élection entre le vénérable en chaire et un ex-vénérable, les deux ont le 33ème degré. L'ex-vénérable insulte le vénérable en exercice et le traite en loge de "démolisseur de loges". Toute cette histoire n'a d'autre but que celui de reprendre l'office de Vénérable en divisant les frères, ce qui sera plus commode pour les manipuler. La tenue s'est interrompue et l'élection a été remise à une date ultérieure. Ma question : Est ce que le V:. en chaire a le droit de licencier le l'ex Vénérable et faire cesser ses fonctions suivant le code de la F:.M:. universelle ? J'attends impatiemment ton avis. Alain G.
Réponse : En cas d'incident de quelque nature que ce soit le vénérable peut, il a tous pouvoirs pour cela en accord avec l'obédience. Il peut très bien interrompre les travaux quand il le souhaite et ne pas conduire la tenue à son terme (qu'il s'agisse d'une tenue d'obligation courante ou autre), ou faire conduire un frère sur les parvis (manière élégante de lui faire quitter les travaux), voire même de l'interdire de présence dans l'atelier en attendant la décision éventuelle de la Commission de discipline de la loge s'il y a lieu, ou de celle de l'obédience ou régionale (ceci variant selon le rite et l'obédience).
Les guerres pour reprendre le pouvoir et le vénéralat sont tellement fréquentes qu'on les compte plus. Ceci ne se limite pas uniquement aux loges bleues et cela se retrouve dans les ateliers supérieurs surtout au reaa ou au rer. Je connais plusieurs frères qu'on a descendus de charge pour y mettre quelqu'un qui voulait la place. L'office de passé maître est d'invention récente si on peut dire (moins de 200 ans en Angleterre et seulement 130 ans en France) et il n'a pas grande importance en tant que telle. Il nuit même à la pratique traditionnelle ancienne dans laquelle un surveillant tenait l'office de V.M. en cas d'absence de ce dernier. Avec la création de l'office de passé maître, on a mis en place la cérémonie dite de maître installé qui viole l'usage ancien de remplacement du vénérable par un des deux surveillants (et non forcément par le 1er) et aussi des landmarks qui impliquent qu'aucune innovation ne puisse se trouver introduite en maçonnerie. Les organisations administratives ont verrouillé le système. Si le V.M. est absent ce sera donc au passé maître de le remplacer. Que fait-on si les deux sont malades ? Il n'y a plus de tenues possibles puisque personne ne peut tenir le maillet d'orient. Alors certains font des tours de passe-passe en allant chercher quelqu'un qui a été vénérable il a 15 ou 25 ans dans l'atelier, ou en allant chercher un vénérable en chaire dans un atelier voisin et ami ou en faisant tenir le maillet par le conseiller fédéral. Cela devient le domaine de la non maçonnerie. Après cela d'aucunes s'étonnent que des centaines de départs aient lieu chaque année dans chaque grande obédience ou que les anciens ne viennent plus en loge ou qu'il y ait 28 obédiences aujourd'hui en France : c'est le record du monde absolu et inégalable. Pourquoi cela ? Parce qu'on trouve dans les petites organisations une maçonnerie qui tend à disparaître dans les grandes organisations trop préoccupées d'économique et non plus d'initiation ni de réalisation personnelle.
Demande : Mon surveillant me demande de traiter le dernier voyage de Compagnon comme planche d'augmentation de salaire en vue de mon élévation à la maîtrise. Pouvez-vous m'aider ?
Réponse : On assiste trop souvent à cette anomalie de confier un travail sur tel ou tel voyage, ce qui n'a aucun sens en soi. Soit on vous demande de travailler sur les cinq voyages, soit on vous confie un autre sujet. Les 5 voyages forment un tout dont on ne peut rien retrancher sinon on vous ferait accomplir seulement une ou deux voire trois pérégrinations mais non les cinq rituelles. Puisque ce nombre des circumambulations demeure obligatoire pour la cérémonie de passage au grade de Compagnon (exception faite pour le Rite Ecossais Rectifié), rien ne permet à votre surveillant d'annuler les quatre précédentes en vous demandant de ne traiter que la dernière ! C'est la marque qu'il n'a pas la culture ni la connaissance du rite et du symbolisme qui sont incontournables pour l'exercice de la charge de Surveillant. Non seulement celui qui ne sait rien ne pourra rien transmettre mais pis, encore, il introduira des incohérences et donc des déviations dans la pratique, dans la compréhension du rite comme à celle des symboles.
C'est
tout
le drame de la maçonnerie actuelle : celui de ne point avoir les hommes
possédant une base "technique" suffisantes en terme de connaissances
pour tous les degrés ni les structures humaines compétentes à tous les
niveaux de la hiérarchie. Dans le monde profane on exige des
compétences pour répondre aux exigences de tel emploi ou poste dans une
entreprise. Je me souviens de la phrase d'un de mes apprentis, André
S., alors directeur chez Renault, qui trouvait anormal
et même
scandaleux qu'il n'y ait aucune formation dans les loges et que les
connaissances, que les compétences manquassent cruellement. C'est à
toi, cher André, que je dois d'avoir écrit ces livres pour former mes
apprentis et compagnons mais aussi les maîtres non encore totalement
perdus pour l'Ordre. Quant aux autres, beaucoup font semblant
de
jouer au maçon sans jamais le devenir véritablement sur le fond
puisqu'ils ne savent même pas ce qu'est la vraie Maçonnerie, ce qu'elle
contient ni vers quoi elle tend et comment le pourraient-ils s'ils se
désintéressent du message signifiant des symboles soumis à leur
perception non intellectuelle ?
Pour votre travail : vous devez impérativement traiter le nombre du
grade, puis chacune des étapes spécifiques de la cérémonie de passage
en tenant compte du cartouche correspondant. Le dernier parcours fait
sans outil correspond à la deuxième partie de la vie, celle où l'homme
véritable va distiller la totalité de ses qualités pour le service des
hommes et de la société. Il ne les utilisera pas pour se servir, pour
sa promotion personnelle sociale ou professionnelle sinon où en serait
la grandeur et le mérite ? Il sait qu'il est seul sur la
terre,
face au monde, face à l'univers et qu'il doit conduire sa mission à son
terme. Dans l'univers des Initiés, c'est chacun pour soi et le Grand
Architecte pour tous. Personne ne peut effacer ce que vous "avez
à payer" ni le faire à votre place, encore que cela ne soit
pas
impossible dans certaines conditions limitées et très particulières,
mais ceci ne regarde pas les non initiés. Celui qui donne sans compter
finit par accéder au statut d'Homme véritablement réalisé. Il devient
sans le savoir le vecteur de l'Amour incarné ; en donnant, il transmet
des étincelles d'Amour autour de lui. Il apporte un peu de joie, un
répit pour celui qui désespère, qui souffre dans sa chair ou qui se
demande ce qu'il fait sur cette terre. Sans le savoir il devient
parfois un modèle sur lequel d'autres prendront appui et auquel ils
voudront ressembler. N'oublions jamais de ne pas nous laisser aller au
jeu redoutable des illusions. Tout ce qui brille n'est ni or ni diamant
et les plus modestes des hommes, que beaucoup, chez ceux qui ne se
fient qu'aux statuts sociaux établis, méprisent aujourd'hui, seront
"puissants" demain. La sentence : " les derniers seront les premiers"
n'est pas une vague et puérile affirmation religieuse désuète et sans
aucune valeur, ceux qui pensent cela n'ont véritablement aucune
connaissance initiatique sinon ils en mesureraient toute la dangerosité
pour leur vie actuelle ici-bas comme pour leur mort et forme de mort à
venir, sans parler de ce qui les attendra ultérieurement. Les grands
patrons des entreprises internationales le savent bien, eux qui seront
tous un jour, chacun à son heure, vilipendés, jetés aux orties et à
l'opprobre publique, mais ce sort guette tout un chacun.
Montrez à votre surveillant que vous au moins savez traiter un sujet sérieusement sans rien en retirer. Voyez le livre Les Planches du Compagnon. Vous y trouverez une planche et de la matière sur le nombre 5. Voyez aussi Les Voyages du Compagnon, cela vous sera utile si vous ne disposez pas du rituel intégral du degré.
Demande : J'interprète les mots sacrés des premiers grades comme un processus d'acquisition de la parole conçue comme principe créateur. Comment faire le lien avec ceux du quatrième ? que signifie Ado... et Iv... ?
Réponse
:
Il n'existe pas de lien direct entre les mots dits ou considérés comme
sacrés en Maçonnerie. Par ailleurs, on ne peut pas s'y référer car de
nombreux mots ont été altérés avec le temps voire purement supprimés.
De plus les mots hébreux utilisés, en d'autres grades du REAA, ne
peuvent avoir de sens et même de contenu que pour des Juifs
spécialistes de l'ésotérisme pour qui la continuité est importante, ce
qui n'existe plus en maçonnerie et continue à se perdre de nos temps.
Pour des Chrétiens orthodoxes au sens plénier du terme, ils n'en
possèdent aucun et cette présence même les dérange.
Il
convient d'aborder les noms ou mots sacrés
avec la plus extrême prudence car diverses variations orthographiques
et par conséquent des prononciations différentes selon les peuples se
rapportent en réalité à la même chose, ce qui réduit tel mot ou telle
prononciation quasiment à néant puisqu'il en existent d'autres se
rapportant aux mêmes valeurs et puissance d'action. Voir notre livre Les
Planches du Maître. cliquer
sur le lien ci-dessous.
www.guigue.org/guigl04-1.htm
1er
mot : Iod
- 2eme mot : Adonaï
qui provient de Adonis et
non l'inverse. Signifiant
: mon seigneur, mon maître. On ne dit jamais le nom de Dieu dans la
religion juive, des applicats en tiennent lieu : le tout puissant,
l'Eternel, le saint béni soit-Il, etc. 3eme mot : Ivah
(contraction de Jehova). Ivah
est parfois remplacé -
selon les versions des rituels - par Iah
(Je Suis). Il s'agit
en quelque sorte d'une décomposition selon la méthode de travail propre
à la kabbale de Jehova,
qui n'est par ailleurs pas exact sous
cette représentation et formulation cachée comme le tétragramme n'est
pas l'initiale du nom de Dieu. Le vrai nom de Dieu se décline non par
mot ou nom mais par un ensemble de vocalisations, le tétragramme en
indiquant le nombre réel mais sous une forme cachée puisque ne
correspondant aucunement à 4 (puisque 4 lettres). Il s'agit d'une
artifice destiné à vous induire en erreur et vous égarer mais pour
celui qui sait, ce n'est pas totalement inexact dans le fond bien
qu'étant faux dans la forme.
Demande : Je suis à la recherche de documentation ou de précisions pour un travail sur "le passage de la porte et Janus".
Réponse
:
Observation : Janus est le dieu des portes mais non celui des gonds qui
dépendent de la déesse Carna qu'il a violée et qui se venge en
l'empêchant de pouvoir faire ce qu'il veut. Ainsi Janus ne peut pas
ouvrir ou fermer les portes si Carna n'y consent pas puisqu'elle est la
maîtresse des gonds et qu'elle peut les empêcher de fonctionner
interdisant ainsi l'ouverture ou la fermeture. Voir Janus in
Les
Planches du
Maître.
Trop
de maçons aborde le
sujet Janus sans posséder même les rudiments de la religion romaine,
que voulez-vous qu'ils sachent d'utile et puissent communiquer ? Rien
d'intéressant..
Demande : je suis à la recherche d'éléments pour établir une planches sur l'apprenti-profane. Merci de m'aider.
Réponse : Une observation capitale : l'apprenti ne peut pas être confondu avec un profane. Par extension un Apprenti profane cela ne peut pas exister. Par contre, on peut tout à fait concevoir le travail de l'Apprenti dans le monde profane, bien que, devant se "construire" lui-même, cette mission relève davantage de la maîtrise ou à la rigueur du compagnon mais il peut amener ceux qui l'entourent à prendre conscience de leur égoïsme et de leur imperfection personnels.
Demande
:
Pour
une planche au
14eme, dont le titre est : Le Centre de l'Idée. Merci de
m'aider
à démarrer
Réponse : Pour nous ce thème n'a pas de sens en soi. Une idée, fut-elle considérée au sens platonicien du terme, n'a ni bord, ni centre. Elle forme un monde en soi, un tout cohérent dans une dimension donnée : celle de son action. Soit vous considérez le centre mais cela nous ramène à la Chambre du Milieu, soit vous évoquez l'idée maîtresse du 14eme : la lame triangulaire cachée sous le ... Ceci peut constituer une idée : pourquoi faut-il cacher la lame d'or ? On peut reprendre les éléments du rituel pour commencer le travail et développer. Cette incohérence du centre de l'idée rejoint l'inexacte mention : le centre de l'union. Soit il y a union, soit séparation et distinction, donc une absence d'union mais en aucun cas on peut traiter l'extérieur ou la zone médiane ou le centre de l'union. Trop de rituels des degrés supérieurs comportent des dizaines d'anomalies et monstruosités de ce genre.
Demande : Je cherche des documents sur la coupe d'amertume.
Réponse : Le calice d'amertume est l'emblème des illusions liées aux plaisirs matériels. A celui qui ne sait pas dépasser ce niveau bassement pulsionnel et animal, la mort réservera des surprises en proportion bien plus désagréables que ce qu'ont pu générer les menus et modestes plaisirs goûtés.
Le
plaisir se
produit dans l'instant mais il passe aussi rapide que l'éclair, ensuite
il n'en reste rien sinon un sentiment mêlé voire confus ou nuancé de
regret, des problèmes de santé, des difficultés professionnelles ou
matérielles ou affectives à venir et d'autres encore.
Ce n'est pas par la quête ou l'obtention d'un plaisir immédiat que l'on
accèdera jamais à ce que recouvre la Sagesse, la Force et la Beauté.
C'est par la renonciation à ces illusions qui égarent et dispersent
l'être et l'esprit.
N'oubliez pas d'établir un distinguo entre la coupe et le calice. Voir la nouvelle La Formation Maçonnique de 826 pages (articles coupe, calice).
Demande : Je dois présenter une planche dont le sujet est : La profession de Foi du CHK (30°). Je ne sais comment l'aborder, pourriez-vous m'aider ? Merci d'avance
Réponse : Ce travail à présenter au Conseil Philosophique pourrait se trouver abordé comme suit :
La profession de foi : qu'est-ce ? Qu'est-ce qui la motive, la rend nécessaire, indispensable ? On peut faire mille choses sans se trouver en situation de faire une profession de foi. Mais elle se traduit par une engagement public, donc irréversible. Elle devient analogue au contenu d'un serment pris devant la divinité. A l'instar du non respect du serment ou de l'obligation prise, toute non réalisation fut-elle partielle de ce que comporte la profession de foi entraîne la pire des sanctions dans ce monde-ci comme dans celui de l'éternel orient.
Qu'est-ce que le CHK ? Reprendre le rituel et l'Instruction. Quelle place tient-il dans le souverain tribunal ? A quelles fins ? N'oublions jamais que l'Aréopage est le tribunal des dieux. Il vous faudra traiter aussi ce que recouvre la Vertu de Justice. Il ne peut pas y avoir de tribunal, souverain ou non, sans qu'on y excelle dans l'approche de la Justice. Ce n'est pas si simple qu'il y paraît puisque la Bible énonce : Tu ne jugeras point ton prochain. Par conséquent appréhender la vertu de Justice n'entraîne pas systématiquement sa pratique mais la connaissance des effets sur soi et son devenir dans tous les plans de création et transformation. Par cela même, la Justice est de très loin la plus importante de toutes les vertus cardinales et théologales incluses. Voir le livre Les Planches de l'Apprenti (www.guigue.org/guigl02-1.htm) qui comporte ce thème pour le Rite Ecossais Rectifié, rite templier. Aucun apprenti-Chevalier ne peut avancer s'il ne connaît pas les effets de la Justice. Ce que le Rite Ecossais Rectifié traite au premier degré, le CHK doit le développer au 30eme.
Quels sont les devoirs obligatoires et spécifiques du Kadosch ? Ces devoirs qui vont composer les degrés ou la trame de la Profession de Foi se déclinent avec les 7 niveaux blancs et les 7 niveaux noirs de l'échelle mystique. La conclusion porte sur l'universel bien évidemment.
Que ce plan vous aide à faire un bal..... qui intéressera le ... fois P....... et tous les FF. CC.......... de votre C.......
Demande : J'aimerais avoir quelques explications sur L'Equerre, qui est à la fois le bijou du VM et symbolise par ailleurs une des trois grandes lumières. Pourquoi celle du VM a des branches inégales, et celle posée sur le VLS des branches égales ?
Réponse : Il faut savoir que les grandes lumières changent selon les systèmes maçonniques. Dans les formes dites à tort "anciennes" puisqu'elles sont historiquement plus jeunes, donc moins anciennes, que les firmes dites modernes : il s'agit de la bible, de l'équerre et du compas. Les rites modernes reconnaissent comme trois grandes lumières : le vénérable maître, le soleil et la lune.
Vous
appartenez donc à un système dit ancien. L'équerre ne symbolise pas une
des trois grandes lumières, elle est une des trois, ce qui n'est pas la
même chose. Dans votre système, on ne veut pas connaître d'autre
équerre que celle de valeur 345 soit à branches inégales. On la
retrouve de même comme bijou du passé maître immédiat. L'équerre à
branches égales posée sur le VSL constitue une grave erreur qui
démontre une méconnaissance totale des fondements et caractéristiques
de votre rite de la part de ceux qui vous dirigent. Autre erreur
générale, l'ouverture de la Bible au prologue de l'Evangile de Jean,
totalement inacceptable dans un rite ancien. Cette anomalie résulte
souvent du fait que le vénérable est 18eme, alors par sentimentalité,
il introduit quelque chose qui n'a pas sa place au REAA avant le 18eme
mais en aucune manière en loge symbolique.
Demande : j'ai choisi comme sujet de ma troisième planche d'apprenti : le doute, le questionnement, l'interrogation. Pourriez vous me donner quelques pistes de réflexion car ce sujet se révèle pour moi plus difficile qu'il n'y paraissait lorsque je l'ai choisi..
Réponse
: Ce
n'est pas un bon sujet pour un apprenti qui ne peut pas se laisser
aller à douter, à se questionner, ou à s'interroger ce qui revient au
même, etc. Votre parrain, votre surveillant sont là pour vous éviter
cela. Quant à vous, il vous appartient de vous laisser aller, guider en
toute confiance. Si des doutes surgissent, c'est que quelque part
quelque chose ne va pas en vous. Vous restez habité par des valeurs et
considérations profanes n'ayant aucune place dans la loge. En
conséquence, c'est vous qui ne vous montrez pas conforme à ce que vous
devriez être. Ce qui se dit et passe autour de vous ne présente aucun
intérêt en soi. Vous n'êtes pas venu en maçonnerie pour vous occuper de
ce que disent ou font ou ne font pas tels ou tels frères. Leur
responsabilité, leur échec, leur trahison éventuelle vis à vis de
l'Ordre et des principes et devoirs maçonniques ne sont pas les vôtres.
Chacun pour soi et le GADLU pour tous, telle est l'impitoyable loi des
Chercheurs d'Eternité. Les considérations morales ou profanes ne
changeront rien à cela.
Vous n'avancez pas aussi vite que vous le souhaiteriez ? Mais pourquoi
avanceriez vous vite ? Cela n'a pas de sens. Si vous voulez vous
questionner utilement, demandez-vous pourquoi vous vivez dans ce corps
de chair, si cela a un sens d'être condamné à mourir sans savoir à quel
âge ou à quel moment ! Pourquoi on vous confie la pierre brute, le fil
à plomb et le maillet et le ciseau. Mais le bon apprenti ne se pose
même pas ces questions ; il fait le vide en lui et se contente de faire
ce que son maître lui demande de faire. Rien de plus, rien de moins.
Demandez-vous pourquoi on vous soumet des initiales et non des mots
entiers.
Demande : Je recherche des éléments pour une planche " je pense car j'ai une main". Pouvez-vous m'aider ?
Réponse : Ce thème est provocateur et non compatible initiatiquement par sa formulation. Pourquoi ne considérerait-on pas que l'on pense parce qu'on a un poil dans le nez ou un sexe puisque certains ont fait du sexe le but de leur existence ? Ce qui revient à dire que je suis totalement incapable de penser puisque je dis de telles énormités. Le matériel et le concret ne sont en aucune manière compatible avec le monde de l'abstraction, donc celui des idées au sens platonicien du terme et par extension de l'initiation et de la spiritualité. Pour développer votre travail, même si le sujet demeure incohérent en soi, il faut démontrer cette anomalie ou la contredire. Vous devez :
1 - traiter ce qu'est la pensée.
Je pense - ce qui n'est pas le cas de la majorité des hommes et des femmes - ne se résume à se dire intérieurement : "tiens il fait beau aujourd'hui", ou " "quelle belle voiture" ou encore "si j'allais vivre dans une autre région ?". Les grands penseurs mondiaux ne s'intéressent jamais à ce genre de choses. Leur travail porte sur ce qu'est l'homme, sa place dans le monde et dans l'univers, ce qu'il peut devenir dans la chaîne des évolutions de la création. Leur pensée va se prolonger par l'enseignement direct sous la forme orale, forme privilégiée en orient, ou par l'intermédiaire de l'écrit en occident. Notons ici qu'un penseur écrit rarement, ce sont ses disciples qui recueillent ses enseignements. Dans les sociétés industrielles, on n'a même plus besoin de la main pour écrire : on utilise des logiciels de reconnaissance vocale. La pensée s'avère donc philosophique, c'est l'entrée dans la sagesse - sofia étant la sagesse absolue. L'accès à l'état de Sagesse est à ce point capital que rien dans l'évolution spirituelle et initiatique de l'homme ne peut s'accomplir tant que cet état ne se trouve pas réalisé. C'est la raison pour laquelle les rites modernes (basés sur le Nouveau Testament) utilisent le triptyque Sagesse, Force et Beauté, quand les rites dits anciens (Ancien Testament), moins avancés du fait de leur système hiérarchique comportant des dizaines de grades dont, anomalie supplémentaire, les 2/3 ne sont pas pratiqués, privilégient le cheminement inverse Beauté, Force et Sagesse. La sagesse devient le point, le commencement du vrai cheminement vers la lumière car elle seule permet l'accès à la Réalité ou Vision juste et réelle de ce qui Est. L'homme se berce tellement d'illusions qu'il refuse presque toujours de voir le monde, la nature et les étapes de la vie sous leur véritable aspect. Il veut les voir à travers le prisme déformé des choses auxquelles il veut accéder, c'est-à-dire uniquement sur la base de ses intérêts ponctuels et fluctuants. Voilà pourquoi on soumet dans certains rites, à certains grades, un miroir au candidat. Pour qu'il puisse se voir vraiment tel qu'il est et non pas comme il cherche ou joue à se voir. pour qu'il prenne conscience qu'il est "déformé" et non conforme à ce qu'il est. Le miroir produit une image inversée dont non conforme à la réalité. Le miroir comprend aussi trois distances, chacune d'elle correspondant à un "monde". Intéressez vous au symbolisme et vous découvrirez tout cela.
2 - Aborder ce qu'est le concret et le matériel.
Pourquoi l'homme ne veut-il pas voir le monde, la vie tels qu'ils sont dans leur finalité éternelle ? Parce qu'il a peur de la mort. Pourquoi a-t-il peur de la mort ? Parce qu'il ne pense pas au sens philosophique et par extension religieux du terme. Alors il cherche à oublier ce qui lui fait peur, à s'oublier lui-même. Par quoi cela se réalise-t-il ? Par la fuite dans le matériel, donc par ce que l'on fait dans ses actes et ses gestes. Le monde du concret devient celui de la fuite. Il suffit de visiter les cimetières pour mesurer la peur des défunts qu'on peut apprécier à partir des sépultures établies pour défier le temps ou qu'on veut toujours fleuries. L'homme se rassure à travers ses créations. Ce qu'il fait, ce qu'il fabrique le rassurent. Il a l'impression d'exister puisqu'il voit ce qu'il est capable de produire. Pour lui, la main devient l'outil capital par lequel il s'imagine être. Il baigne dans l'erreur et l'illusion les plus totales car tout ce qui sera façonné de main d'homme est condamné à disparaître. Voilà la raison de la disparition de tous les temples, celui de Salomon comme de Zorobabel.
Interrogez-vous par rapport à tout cela. Mettez sur le papier ce que vous en pensez, cela formera la trame de votre travail. N'oubliez pas que seul le cerveau conçoit et commande aux organes du corps dont la main. La main obéit aux injonctions du cerveau, rien de plus.
Demande : Je vais quitter mon poste d'Orateur et j'ai un travail à présenter pour informer mon successeur de la tâche qui l'attend. Comme vous êtes le seul auteur à vous occuper de ce qui nous concerne et à y répondre directement, je me permets de vous solliciter en recherche de matière. Marc. Lille.
Réponse
:
ORATEUR : étymologie. Le mot apparaît vers 1180 dans la langue
française. On en trouve trace pour la première fois dans La vie de
Saint Evroult, sous la forme méridionale
ouratour. C'est
Bersuire qui en 1355 utilisera le premier le mot orateur tel que nous
le connaissons encore de nos jours. Vient du latin : orator,
lui-même dérivé de orare,
dans le sens de "parler". L'orateur
est donc celui qui parle.
Peut-il parler comme n'importe qui ? NON. L'orateur parle car il a un
message à transmettre. A cette fin, il doit exceller dans les arts
libéraux, en particulier ceux qui composent le trivium formé des
"voces" ou arts de la voix : la grammaire, la rhétorique et la
dialectique. Les arts libéraux se répartissaient en deux cycles : le trivium,
comprenant la grammaire, la rhétorique et la dialectique, et le quadrivium,
groupant les quatre branches des sciences dites mathématiques
(arithmétique, géométrie, astronomie et musique). Dans la pensée
chrétienne telle que la formule saint Augustin, la connaissance des
arts libéraux fut considérée comme l'étape préalable et indispensable
pour l'étude de la théologie fondée sur l'Écriture sainte, qu'il
importait de comprendre et d'interpréter justement. Les moines de ces
temps avaient encore la conscience que la voix, le Verbe comportaient
une importance l'emportant sur les sciences. Lorsque, après le déclin
dû à la chute de l'empire romain et aux diverses invasions barbares, la
culture se réveilla en Occident sous l'influence carolingienne puis
celle de Saint Eloi, l'enseignement de ces disciplines,
particulièrement de celles composant le trivium,
reprit dans
les scholies monastiques et les cathédrales. Il fallut attendre la fin
du Xe siècle pour que l'enseignement des sciences mathématiques
composant le du quadrivium se généralise à tous les centres, comme
celui de Reims sous la direction de Gerbert, de Chartres sous la
direction d'Abélard et bien d'autres. La période de construction des
cathédrales fut propice à la culture des Arts libéraux dont l'étude fut
stimulée par l'introduction dans les bibliothèques des oeuvres de
Platon et d'Aristote comme celles des scientifiques grecs traduits en
latin. Quand se formeront les universités, les arts libéraux qu'on
nommera les « sept colonnes de la sagesse », renforcées par la
philosophie et les sciences de la nature, constitueront le fondement de
tout enseignement.
L'office d'Orateur ne figure pas à l'origine dans les offices capitaux
de la loge puisqu'il suffisait que 7 maîtres se réunissent pour tenir
et former la loge. La loge fonctionne à partir du VM, des SSurv., d'un
MDC, d'un Couvreur faisant aussi office d'Expert et d'un Tuileur qui ne
participait jamais aux tenues puisque sa place était la garde du temple
à l'extérieur de la loge. On ajoutait accessoirement un Secrétaire dont
le travail consistait surtout à enregistrer les réceptions et
changements de grade qui souvent se faisaient le jour même car on était
souvent au 18eme siècle apprenti, compagnon et maître le même soir.
Prends
les extraits se rapportant à l'Orateur
figurant dans La
Formation Maçonnique et
dans le Code
de Lyon en fin du Rite
Ecossais Rectifié - Rituel pour le Travail en loge de Compagnon.
L'Orateur
par définition est devenu le gardien de
la Tradition, ce qui pose de fait de nombreux problèmes. Comme rempart
devant empêcher toute déviation et dérive rituelle ou traditionnelle,
il doit s'opposer aux exigences et ordres émanant de l'obédience
lorsqu'elles ne sont pas conformes aux usages anciens de la Maçonnerie,
donc aux Landmarks. Il doit empêcher de changer fut-ce une virgule dans
un rituel, ce que les anglais considérerait comme inadmissible mais que
les français ne se gênent pas de faire en particulier au REAA où les
rituels qui existent par dizaines de versions sont revus tous les 20-25
ans selon les obédiences. Il doit empêcher la radiation d'un frère pour
non paiement de cotisation car ceci est une violation du devoir de
fraternité auquel tous les maçons sans exception sont astreints sous
peine de violer leur engagement et leur dignité. Il doit en la
circonstance rappeler aux frères leur devoir et, pour ceux qui
critiqueraient en arguant de telle erreur ou irresponsabilité des
frères négligents et impécunieux, rappeler que la tolérance est le
deuxième grand devoir. Où serait notre mérite de maçon si nous n'avions
jamais d'effort à faire sur nous-mêmes ? Au RER, les frères ont une
obligation complémentaire à laquelle chacun a librement consenti lors
de son admission dans l'Ordre, c'est de se soumettre à la Justice
divine en renonçant à juger qui que ce soit. Chacun doit faire plus que
cela puisque il demande la Clémence et que à chaque instant de sa vie
il convient de la pratiquer en renonçant à tout grief, tout motif
d'opposition envers qui que ce soit quoi qu'il puisse faire ou avoir
fait. Le maçon
est un homme de concorde,
de paix, de fraternité. Nous devons tous aller vers notre prochain même
si cela nous dérange dans notre confort, dans nos certitudes, dans
notre quotidien. Et si cela nous perturbe, c'est que nous restons bien
imparfaits sur la Voie. En conséquence, nous n'avons pas à blâmer ou
critiquer notre voisin mais à nous interpeller nous-mêmes face à notre
miroir devant cette imperfection qui est toujours en nous. Vous
souvenez- vous de la paille dans l'oeil du voisin ? N'oubliez jamais la
poutre qui vous rend aveugle, inconscient, égoïste et donc monstrueux
puisque pour reprendre la phrase du rituel : "Celui dont le coeur ne
s'ouvre pas aux besoins et aux malheurs des autres hommes est un
monstre dans la société des Frères."
L'Orateur n'est pas seulement le gardien des usages et traditions de
l'Ordre, il est aussi la conscience de la loge et le miroir devant
lequel il doit nous renvoyer si nous manquons à nos devoirs. Nous ne
sommes pas venus en Maçonnerie pour échanger des idées, il y a
tellement d'associations profanes intellectuellement plus compétentes
et spécialisées pour cela, mais pour percer les mystères de la vie, de
la mort et ceux du devenir même si nous n'en avions pas alors
pleinement conscience. Personne n'étant venu nous chercher nous devons
nous conformer strictement aux obligations librement consenties et en
vigueur parmi les maçons sous peine de ne jamais mériter cet état ni ce
qualificatif. Agir et vivre en parjure n'ayant jamais figuré parmi les
vertus de l'Ordre, ce n'est pas parce que certains empruntent cette
voie qu'il nous faut les suivre. Un maçon demeure quelqu'un qui agit en
redresseur des carences, des faiblesses et des injustices de toutes
natures même s'il doit se dresser seul contre tous les autres, y
compris contre ceux de sa loge ou de son obédience s'ils dévient. Nous
agissons dans cette vie en préparation de celle qui doit venir après
notre mort dans ce corps de chair. Nous ne pourrons nous présenter dans
l'éternel orient que si nous avons accompli tous nos devoirs sans
lâcheté, sans compromission ni défaillance mais en ayant toujours agi
en homme d'honneur et de probité, en chevalier du devoir. Ce n'est pas
sur nos médailles, sur nos titres, sur nos grades ou fonctions que le
Grand Architecte nous jugera mais sur ce que nous avons fait pour Lui,
pour la Maçonnerie et pour tous les hommes sans distinction d'état, de
race ou de condition en ayant volontairement renoncé à demander quoi
que ce soit pour nous. Rien d'autre n'a d'importance. (extrait de La
Formation Maçonnique -
copyright juin 2002)
Demande : J'ai besoin d'aide pour deux travaux au 30eme, la documentation manquant cruellement à ce sujet. 1 - L'âge du Chevalier Kadosch. 2 - Planche : "Si vous voulez savoir, osez !".
Réponse : L'âge varie selon les rituels et époques : cent ans et plus, je n'ai plus d'âge, etc. les âges font intervenir des données importantes auxquelles personne ne s'arrête ou si peu. 100 et plus et je n'ai plus d'âge font intervenir le même contenu. Je n'ai plus d'âge, c'est-à-dire : je me situe au-delà du temps des hommes et par extension des problématiques et intérêts usuels aux hommes. 100 = 10 x 10 mais aussi 1 + 0 + 0. 10 ramène toujours à l'unité, au 1 mais avec l'accomplissement d'une circonvolution ou le parcours intégral d'un monde ou plan particulier et l'acquisition des connaissances supra humaines correspondantes. 100 ans et plus ou un siècle et plus impliquent le parcours de deux mondes et l'entrée dans le troisième qui n'est ni le monde des hommes ni le monde intermédiaire où matière et esprit ne se trouvent pas totalement disjoints mais en correspondance pour un temps indéterminé et indéterminable l'un par rapport à l'autre. Le 3eme monde, celui de l'esprit fait entrer dans l'univers spécifique de la divinité, ce qui reste en rapport avec les points du 30eme se rapportant au Souverain tribunal et à la Justice céleste ou/et divine.
- "Si vous voulez savoir, osez". La formulation reste problématique par l'ordre : Osez. Ce n'est pas parce qu'on veut accéder à la Connaissance et à la Lumière, laquelle n'est rien d'autre que la recherche de la révélation et l'espoir d'une théophanie ou contemplation de la divinité qui se révèle par une grâce spéciale, que cela se produira même si l'on ose tout. Oser, c'est encore la résultante d'un acte mental. Ce n'est pas par le mental que la foi, que la connaissance des symboles, que les mystères du monde se révèlent. C'est par la renonciation et l'abandon et par ce que l'on éprouve pour et par la Vie et les Hommes dans son quotidien. C'est par sa mise en conformité avec les Lois supérieures à l'homme, c'est par le résultat produit par l'ensemble de ses actes dans cette vie, lesquels restent à mettre en parallèle avec les engagements pris avant cette incarnation et qui doivent trouver leur concrétisation et donc réalisation dans le cours de cette existence corporisée. Osez, peut se concevoir dans la démarche prophétique, celle du sacerdoce, celle du sacrifice personnel. J'ose renoncer à tout ce qui est moi, à tout ce qui m'est réservé de bon, de grand, de lumière et de perfection J'ose abandonner par avance ce que le Grand Architecte lui-même veut me réserver. Je lui demande de donner tout cela à un autre. Dans ce cadre-là, oui, on peut oser. Il me semble que seul cet acte-là peut justifier la notion et la volonté d'Oser.
Demande Certains frères de ma loge parlent du Conclave des passés maîtres. Je cherche un livre traitant de ce sujet. Merci. Marie-Françoise (Suisse)
Réponse : Il n'existe jamais de livre traitant de points de cet ordre. Ce que vos amis appellent improprement ainsi, car on y rencontre certes des PMI mais en nombre infime, se rapporte à la "loge des maîtres installateurs" devant installer le nouveau vénérable élu dans la chaire du roi salomon. Ce "conclave" peut porter ce nom car personne ne plus entrer ni sortir durant cet acte installateur. Il s'agit en fait d'un "moment" de la tenue. L'ancien vénérable interrompt les travaux les mettant ainsi en "récréation". Tous les frères non vénérables en chaire en exercice ou passés ou ex-maîtres sortent. La porte est cadenassée pour qu'on puisse procéder à la partie dite secrète d'installation d'un nouveau maître de loge. On la rouvrira lorsqu'il aura pris officiellement ses fonctions et tenant désormais le maillet pour conduire les travaux. Tous les frères reviendront à leur place et les travaux continueront selon l'ordre du jour établi et la manière accoutumée parmi les maçons.
Cette partie dite secrète reste controversée car elle fait fi de la Tradition maçonnique qui veut qu'une loge soit indépendante et libre et donc non tributaire de quelques autres structures administratives ou non que ce soit. De plus un VM tient sa légitimité du vote émis par les membres de sa loge et non par une autorité administrative extérieure seule habilitée à le valider et à l'installer par son représentant (délégué ou conseiller fédéral ou grand maître provincial). Enfin cette pratique moderne n'est pas pratiquées par toutes les organisations maçonniques. Comment font les loges qui n'ont pas de liens relationnels avec les autres - cas des loges étrangères ? Elles installent leur VM sans concours extérieur, geste parfaitement et authentiquement respectueux des usages anciens.
Demande : Ma première planche en loge de perfection est : Le Symbolisme du Maître Secret. J'aimerai que vous me donniez quelques pistes de réflexions . Je suis complètement perdu sur le sujet . Merci et accolades fraternelles.
Réponse : Comme pour tous les grades, il faut savoir en extraire le message ce qui malheureusement n'est pas réservé au plus grand nombre tout simplement parce que cela ne les intéresse pas foncièrement. Le maître secret est un lévite, c'est-à-dire un homme consacré au service religieux et divin... Le tablier porte l'emblème de deux plantes considérées comme funéraires : je vous conseille d'en parler car seul celui qui sait ce qu'est la mort et l'au-delà de la mort accorde la priorité à tout ce qui n'est pas l'exclusivité des passions matérielles et charnelles qu'il relègue au profit des vertus et connaissances spirituelles. Le maître secret va beaucoup plus loin que cela par cette mission qu'est le sacerdoce qu'il prend en charge pour éclairer les hommes. Le laurier correspond au plan des hommes et l'olivier au plan divin. On faisait brûler l'huile d'olive qui fut le premier "parfum" offert aux dieux antiques.
Un des particularités du grade de maître secret est la prise de conscience comme ce fut le cas avec le retour de Babylone du peuple hébreu que Dieu et son service divin ne sont pas inaccessibles, éloignés des hommes par une peur qui les tient à distance et prisonniers de prêtres qui les utilisent pour leur promotion sociale et position dans la hiérarchie des hommes, mais au contraire qui restent accessibles à chacun d'entre nous, ce qui entraîne la remise en question des temples de Salomon et de Zorobabe qui doivent être détruits car ce n'est pas dans le temple que se situe la divinité mais dans la Nature et la Création tout entière qui constituent Son temple universel. C'est la mission du lévite-maçon, prêtre moderne dans l'universel, d'abandonner l'horizontabilité pour privilégier la verticalité et la relation directe avec le Créateur pour apporter la lumière religieuse aux Cherchants. Il ne faut pas se montrer hypocrite toutes les initiations sont religieuses qu'on le veuille ou que cela nous déplaise. Le mot universel est important car il fait fi de telle ou telle religion particulière pour les fondre toutes en une seule.
Pour votre travail vous devez partir de la maîtrise pour arriver au maître secret. Montrer ce qu'est le maître, ce que la maîtrise comporte et comment elle se développe dans ses applications parmi les hommes avec les devoirs que cela implique : c'est ce que soulignent en certains aspects les hauts grades soit dans une finalité de fusion dans le collectif des hommes soit dans la finalité personnelle de fusion en Dieu : c'est la voie mystique du rose-croix. Voyez le livre Les Planches du Maître, vous pourrez y puiser à travers les diverses planches des données utiles pour votre travail. visible à www.guigue.org/guigl04-1.htm
Demande On me donne comme travail Sic Transit Gloria Mundi. merci de m'aider en me donnant des pistes de réflexion. Marcel.
Réponse : Cela signifie :"ainsi passe la gloire du monde." Pendant que le V.M. prononçait ces mots, le 2eme surveillant envoyait des flammes aussi rapides que l'éclair au moyen de la pipe à lycopode. Cela se rapporte bien évidemment à l'illusion et au choix capital que l'homme doit faire dans cette vie. Soit il privilégie le monde de la chair, des biens matériels, celui des passions humaines avec tous les malheurs qui en découleront, soit il cherche à découvrir ce qu'il est est véritablement, à comprendre pourquoi il existe dans ce corps de chair et ce qu'il doit faire : c'est-à-dire comprendre d'où il vient, où il va et ce qu'il doit faire de sa vie dans ce laps de temps limité qui lui sert d'incarnation. Je vous incite à mettre en parallèle cette formidable maxime dont le contenu ne sera révélé qu'aux plus hauts grades des autres rites : l'homme est l'image immortelle de Dieu, mais qui pourra Le reconnaître s'il lé défigure lui-même ?"
Demande : On m'a confié le sujet : VITRIOL. J'avais choisi de traiter la terre et les outils propres à l'Apprenti mais ma Surveillante me conseille de m'attacher à l'aspect révélateur, alchimique de la Formulation. Je me sens un peu perdue, merci de me conseiller ? Chantal.
Réponse : Avant de traiter le VITRIOL, je vous conseille de parler du cabinet de Réflexion puisque c’est là qu’il se trouve indiqué.
Quelques infos sur le VITRIOL : En alchimie, le VITRIOL était les sulfates de fer, de cuivre ou de zinc. L’huile de vitriol était l’acide sulfurique.
VITRIOL : visita interiora Terrae rectificando invenies occultum lapidem veram medicinam (véritable médecine)
Cette invitation à visiter l’intérieur de la terre, et en rectifiant, de trouver la pierre cachée, symbolise la quête du Soi, celle de sa nature véritable conforme à son origine car chaque Homme est un nouvel Adam. Celle qui se révélera quand on aura combattu et éliminé tous les conditionnements familiaux, éducatifs, scolaires, sociaux, religieux, professionnels, etc. L’homme est un composé artificiel, façonné par diverses influences et impératifs sociaux. Il faut tout éliminer, il faut se détruire pour découvrir ce que l’on est véritablement ce qui entraînera une vision de l’univers, de l’homme et du monde complètement révélée, nouvelle, autre.
Ce qui permettra aussi de découvrir quelle est notre mission individuelle en ce monde car notre naissance est la conséquence d’un impératif, d’une nécessité qui nous dépasse.
Le VITRIOL est la synthèse exprimée des opérations de transformation considérées au niveau des métaux ou de l’être humain. Dans ce cas, il s’agit bien évidemment de se reconstruire soi-même en surmontant et brisant les divers degrés ou niveaux d’inconscience et de préjugés qui nous habitent, à partir de quoi l’homme pourra passer de l’état d’une ressemblance plus ou moins déformée à l’image véritable - voilà pourquoi on indique déjà ce travail essentiel dès la réception dans l’Ordre en présentant le miroir à l’apprenti -, c’est-à-dire qu’il doit oeuvrer sur la pierre jusqu’à ce qu’il y découvre la présence immanente et transcendante de DIEU en SOI.
Demande : Je recherche quelles sont les différences entre loge sauvage, loge indépendante et loge dissidente. Quels sont leurs rapports avec les obédiences dites libérales (non reconnues par la Grande Loge Unie d'Angleterre).
Réponse : En fait il n'y a aucune différence si la loge n'intègre aucune organisation nationale reconnue ou non reconnue. Une loge peut très bien relever d'une organisation siégeant dans un autre pays. Il en existe dans des pays étrangers (Afrique, Amérique du Sud, USA, pays de l'Est, etc.) qui appartiennent à la GLNF, au G.O ou à la GLF, au D.H. ou encore à d'autres organisations. On a le cas des Loges de Marque qui appartiennent à une organisation anglo-saxonne bien que travaillant sur le sol français en langue anglaise. Une loge est dissidente quand elle quitte une obédience pour partir vers une autre, comme ce fut le cas de la loge Théba (ancienne loge de René Guénon dont il avait démissionné) partie pour la G.L.N.F. (puis reformée à la GLDF), mais elle ne reste pas isolée. En théorie, toutes les loges sont censées agir souverainement, donc en toute indépendance en vertu du principe traditionnel maçonnique : "un maçon libre dans une loge libre". En théorie seulement car les obédiences, à travers leur Suprême Conseil maison, les tiennent avec les hauts grades et comme les hommes sont bassement serviles et orgueilleux ...
Demande : Je dois faire un travail d'élévation sur le thème : "Pourquoi Hiram doit-il mourir ?" Merci de m'aider.
Réponse
:
Si nous suivons la légende hiramite : - soit il donne aux mauvais
compagnons les mot et signe qu'ils exigent de lui, et en ce cas il
n'est pas digne d'être maître puisque 'incapable de garder le secret
fut-ce au péril de sa vie. Cette lâcheté personnelle le rendrait
traître à sa vocation. Il lui serait impossible de diriger les maçons
qui travaillent dans le chantier à la construction du temple universel
( noter ici que le secret porte uniquement sur les éléments du tuilage
comme pour tous les rites. On peut publier les rituels de tous les
grades, cela n'a aucune espèce d'importance en soi si l'on ne révèle
jamais ce qui doit rester secret. Noter aussi que tous les FF. parvenus
au dernier grade de la hiérarchie sont relevés de leur engagement car
étant considérés comme dignes de prendre la décision qui s'impose en
n'importe quel cas de figure ! On ne pourrait là encore rien leur
reprocher puisqu'ils ont été relevés de cette obligation.) ;
- soit il garde inviolablement le silence et meurt avec dignité en
parfaite harmonie avec ce que la qualité de Maître et la notion de don
total de soi qui en découle comporte.
La maîtrise implique l'entrée dans la voie du sacrifice. Ainsi au rite
Ecossais rectifié, le maître deviendra Souffrant. C'est la souffrance
qui révèle ce qui doit être connu. Tout a un prix dans l'existence : ce
qui est capital coûte cher, il faut en payer le juste prix par la
souffrance, la renonciation, la solitude, l'abandon de quelque chose
d'important, en l'un de ces aspects parfois mais parfois avec tous ces
éléments-là conjugués.
Le maître n'a pas peur de mourir puisqu'il est immortel. Ayant vaincu
la mort, il est au-delà dans l'universel permanent : la lumière,
l'énergie, la vibration. Porteur de lumière dans le monde des hommes,
il sera lumière dans le monde du sans forme.
Demande : Mon parrain me dit que le devoir essentiel d'un maçon est de faire des maçons. Je ne comprends pas ce qu'il veut dire. Thierry.
Réponse : Si vous êtes parvenu à entrer en Maçonnerie, c'est que quelqu'un s'est dévoilé et a accepté de vous prendre en charge d'une manière ou d'une autre pour que vous puissiez accomplir les démarches usuelles. Sans que vous vous en soyez aperçu, il vous a testé pour s'assurer de la force de ce désir, de la réalité de vos qualités et des possibilités inhérentes d'amélioration personnelle en vue de fortifier l'oeuvre commune. Il a accompli son devoir de guider un Cherchant vers la lumière, vers le temple. L'aide qu'on vous a apportée, vous devez en faire bénéficier tous les autres et les guider à votre tour vers la porte d'occident. Ceux qui se comportent en poltrons ou en lâches en ayant peur de se dévoiler et en refusant par cela même leur aide aux aspirants à l'entrée en FM ne sont pas des maçons puisqu'ils ne se comportent pas comme tels. Etre un maçon, ce n'est pas porter le tablier de tel ou tel grade ou arborer tels bijoux prestigieux, c'est agir comme tel 24h sur 24 h et durant toute sa vie. C'est se comporter en gentilhomme comme le stipule le rite Français ou en chevalier du devoir comme l'exige le rite Emulation ou en maçon aimant tous les hommes sans en excepter aucun comme le précise le rite écossais rectifié. Celui qui refuse d'aider un Cherchant, un aspirant à l'entrée, celui-là n'aime personne. Et s'il ne sait pas ce que c'est qu'aimer, comment pourrait-il dés lors être un maçon ? Le devoir d'un maçon est de guider vers la lumière tous ceux qui la cherche comme celui d'un prêtre est de donner les sacrements à tous ceux qui veulent les recevoir. Un prêtre qui refuserait de donner les sacrements serait-il un prêtre ? Non, bien évidemment ! Il en va de même pour les maçons dont le devoir capital consiste à fortifier la loge sur ses bases en la rendant plus forte pour qu'elle traverse le temps sans incidents. Il en va de même pour l'obédience et pour l'Ordre. Un maçon qui ne recrute pas met l'Ordre en péril. Il n'est pas admissible de se dire les autres feront mon travail. Ce n'est pas la peine que je le fasse : on voit ce que cela a donné dans une certaine élection présidentielle.
Demande : Des questions sont présentes dans mon esprit depuis de nombreux mois, et j'ai besoin de connaître ton point de vue. Marque les en gras et réponds dessous.
Réponse
:
Lorsqu'on
énonce une création en
terme de "journées", il ne s'agit pas du tout des jours de 24 heures
que nous connaissons mais de "temps" symboliques ou phases de création.
La Lumière a été créée au
premier jour de la Genèse. Au
quatrième jour, Il créa le Soleil et la Lune. Par conséquent, la
Lumière originelle n'est pas celle du Soleil. Le
4ème jour
est marqué par soulignement particulier du nombre 4 = lumière du monde
créé ou manifesté en relation avec la matière.
Cette Lumière Originelle
aurait-elle l'éclat de l'Emeraude ? L'émeraude
est un objet matériel : elle ne peut en rien se rapporter à ce qui ne
ressort ni de sa condition ni par extension de son statut dans le monde
terrestre. Elle est un emblème d'un monde à venir, d'où la symbolique
de l'espérance qui lui est affectée. La lumière originelle n'est pas
une lumière visible assimilable à celle d'une lampe, du soleil ou de
tout producteur de lumière physique. Elle est cette fameuse lumière
"noire" non accessible par les yeux ni par le mental, seulement
perceptible par le coeur et l'âme.
La Lumière recherchée par
le F.: M.: est-elle cette Lumière
originelle ? Il serait
présomptueux et terriblement
inconscient de vouloir accéder à cette vision car tout désir, restant
une manifestation des scories inférieures habitant l'homme imparfait,
aboutira à l'échec. Seul l'abandon du désir rend les choses et les
évènements possibles. Le désir demeure une "tension", un enfermement
sur soi. Tant que l'on reste "fermé", on ne peut rien recevoir. La
lumière cherchée par les membres des véritables sociétés initiatiques
est celle de la révélation, celle qui va faire passer de l'état
d'incrédule ou mécréant à celui de croyant en total état de conscience,
celle qui procure l'avènement d'une foi révélée et désormais consciente
par rapport à une foi artificielle ou inculquée. Voilà pourquoi les
sociétés initiatiques qui sont toutes religieuses dans leur finalité
utilisent les mêmes symboles et allégories que les grandes religions.
Il s'avère essentiel ici de reconnaître que toute la terminologie
maçonnique provient du monde religieux : frère, soeur, temple,
vénérable (qualificatif donné à l'abbé qui dirige), chapitre, convent,
ainsi que les mots de passe et noms sacrés issus de la Bible et
pratiquement tout le reste à quelques détails infimes près (compas,
delta, soleil, lune, pélican, aigle, etc.). Ce qui pose par ailleurs le
problème de la non universalité des rites. Si la FM est universelle,
les rites ne peuvent pas l'être ni se trouver acceptables en l'état par
un bantou, un hindou, un chinois, bref par tous ceux qui ne relèvent
pas d'une religion abrahamique et même pour celles-ci, il demeure des
incompatibilités à cause des derniers hauts grades qui sont tous
foncièrement chrétiens. D'ailleurs comment pourrait-on être un
chevalier et servir le Saint-Ordre sans être chrétien, ce ne serait
plus de la Maçonnerie mais un pastiche, un ersatz n'ayant rien de
commun avec une société initiatique authentique et traditionnelle. Pour
espérer pouvoir bénéficier d'une théophanie, il faut se préparer, se
mettre dans l'état qui rendra possible ce qui arriver : c'est la raison
du travail de perfection sur soi qu'impose l'Ordre à travers la voie de
pratique des Vertus. Comprendre ce que sont la Beauté, la Force, la
Sagesse (ou le dans l'ordre inverse selon que le rite soit ancien ou
moderne : la sagesse est l'état liminaire permettant l'accès à la
condition de l'Homme véritable par opposition à l'homme animal ou
instinctif satisfaisant ses pulsions, ses instincts, ses ardeurs de
toutes natures ; la beauté marque l'achèvement de l'oeuvre individuel
du travail sur soi, elle révèle dans la vision objective Ce qui est
dans l'absolu très éloigné de ce que l'on croit voir ou connaître, ces
marques de la non vision ou non compréhension du monde, de la nature,
de ce qu'est l'homme et quelle est sa finalité.) complétées par le
cheminement à travers les vertus cardinales sans lesquelles les vertus
théologales resteront non compréhensibles et à jamais inaccessibles.
Demande : J'ai assisté à une tenue de Grande Loge qui se tenait au troisième degré et un visiteur étranger, grand maître de son obédience, portait un tablier d'Apprenti. Certains frères ont trouvé cela remarquable mais cela me paraît anormal et pour le moins surprenant. Ai-je raison ou non ? Jacques-Henri.
Réponse
: Dans
l'univers maçonnique les anomalies et irrégularités de toutes natures
se multiplient à l'infini et plus personne ne réagit ou s'étonne. C'est
la juste conséquence de l'extrême lacune en matière de formation ou
d'un bagage maçonnique en terme de connaissances proche du néant. Les
Maîtres ne sont même plus de bons Apprentis, donc lorsqu'ils deviennent
Surveillant ou Vénérables, ils n'ont rien à transmettre puisqu'ils ne
savent rien de ce qu'ils devraient posséder.
Bravo, à vous mon Frère, pour votre réaction. Vous avez tout à fait
raison car, un maçon pour participer à une tenue au troisième degré
doit obligatoirement porter le tablier de maître-maçon et, s'il y a
lieu, répondre au Tuilage correspondant. Il est strictement interdit
d'y participer avec des décors de grades inférieurs non admissibles à
ce niveau Le fait qu'il s'agisse ici d'un grand maître aggrave la
situation car il devrait être le premier en l'occurrence à montrer
l'exemple et à agir en défenseur de la tradition maçonnique. Arborer un
tablier d'Apprenti dans une tenue d'un grade supérieur n'est nullement
la marque d'une modestie ou humilité de bon aloi, c'est tout à fait le
contraire et la marque d'un orgueil inouï ! Car si ces personnages
affichent un tel tablier, ils oublient de démontrer les particularités
de ce degré parmi lesquelles figure l'obligation de silence. Comme
Apprenti, on ne peut pas participer à des travaux de degré plus élevé
et on doit rester silencieux sur sa colonne. Avec leur tablier
d'Apprenti, ces visiteurs de la Loge de Maître siègent à l'orient, et
non sur la colonne du nord, et ils discourent à l'infini violant ainsi
l'obligation du silence usuelle dans ce grade. Elément aggravant :
étant invités, ils devraient se conformer à l'usage de la structure
recevant pour éviter tout impair et surtout de choquer. L'Orateur de
service aurait dû intervenir, lui qui est censé agir comme le défenseur
de l'Institution et garantir le respect des usages, de même que le
Tuileur avant lui. Il est évident que si un grand maître prend autant
de libertés avec les usages et la tradition maçonniques, l'obédience et
les frères qu'il représente risquent de ne guère valoir mieux que ce
qu'il fait ! Ceci constitue une preuve supplémentaire démontrant que le
profane, la hiérarchie sociale comme l'argent ou le pouvoir envahissent
les temples et sont, de plus en plus, privilégiés sur tout le reste.
Demande
: Je recherche de l'aide pour ma planche de Compagnon : "L'équerre et
le compas entrelacé", au REAA.
Réponse
: Notez,
mon TCF, qu'il ne peut
y avoir de variation dans le domaine du symbolisme selon les rites ou
les degrés. Seuls ceux qui restent très éloignés de ce qu'est
véritablement le symbolisme et la véritable Franc-Maçonnerie peuvent
imaginer qu'il puisse en aller autrement. La variation de position de
l'équerre et du compas au fil des grades est spécifique des formes
maçonniques dites "anciennes", parce que basées sur l'ancien testament
bien que par non connaissance, et aussi parce que les V.M., étant au
moins au 18eme grade, ils ont une sensibilité personnelle à ouvrir la
Bible au prologue de l'évangile de Jean, ce qui est strictement
interdit dans les rites anciens sauf à vouloir les dénaturer en y
introduisant des irrégularités.
L'équerre, c'est la terre, le monde matérialisé, ce qui correspond à
tout ce qui va et doit disparaître. Le compas, c'est la divinité, le
GADLU, ce qui échappe à l'homme et lui est imposé. L'entrelacement se
rapporte à la non perfection de l'homme, à celui qui n'a pas réalisé
l'Homme universel, but du travail normal du Compagnon censé avoir
réalisé la pierre cubique à pointe et devenant par cela même un Maître
réalisé. Ayant atteint cet état, on le fait naturellement parvenir dans
la Chambre du Milieu qui bien évidemment n'a rien à voir avec un local,
atelier ou chambre particulière au contraire de ce qu'imaginent ceux
qui ne connaissent pas le symbolisme traditionnel et universel.
L'entrelacement se rapporte bien évidemment à l'état naturel de l'homme
depuis la chute adamantine et à la perte de l'état édénique ou
paradisiaque. L'enfer en loge, c'est l'occident puisque c'est l'aire
par laquelle Adam et Eve furent chassés du Paradis par l'ange au glaive
de feu (épée flamboyante naturelle). Pour votre travail, vous allez
devoir rappeler la perpendiculaire, le niveau avant d'évoquer
l'équerre, le compas, la pierre cubique à pointe, le pentagramme et le
nombre 5. Je vous recommande vivement le seul livre qui puisse vous
dépanner : Les
Planches du Compagnon.
Bon
courage
et bon tracé.
Demande : On me donne comme thème de travail pour mon augmentation de salaire : "Comment le profane ose-t-il venir ici ?" Pouvez-vous me conseiller, m'aider ?
Réponse : Cette question a si peu de sens que si aucun profane n'osait venir en loge, les loges seraient vides : il n'y aurait plus de maçon !
Je dirai plutôt : "Pourquoi ose-t-il venir ici ?" Parce qu'il est un
gentilhomme, un homme de bien, d'honneur et de probité. Un citoyen
modèle soucieux du bien général avant de se préoccuper de son devenir
et de son salut initiatique. Il n'est pas parfait certes mais il n'est
pas dans la nature d'aucun homme de le devenir un jour. On l'espère
riche de ces ferments qu'il porte en lui mais dont il n'a pas
conscience. Il est une pierre rare, car belle, mais qui comme le
diamant demande à se trouver valorisée, travaillée, illuminée car c'est
la lumière qui révèle la Beauté absolue. C'est parce que le groupe sent
qu'il porte en lui de grandes potentialités que le candidat se trouve
admis. Pourquoi a-t-il osé venir ici frapper à la porte ? Parce que
quelque chose le porte vers les entreprises les plus grandioses :
vouloir se connaître soi-même est assimilable à l'un des douze travaux
d'Hercule, c'est dire si l'entreprise est téméraire et parsemée
d'embûches. Vouloir découvrir les hommes et le monde tel qu'il est
réellement n'est-ce pas là une tâche absolument insensée puisque cela
ne sert à rien au plan de l'utilité immédiate ou économique ? Et pour
quelle récompense ? Celle de se taire pendant toute la durée de son
apprentissage sur la colonne du nord, celle de trimer dans la loge, d'y
accomplir les basses besognes : nettoyage, service à table, vaisselle,
etc. Faut-il être dérangé à ce point pour accepter de se voir réduit au
rang, au niveau des plus démunis, des plus humbles quand on se situe à
de tous autre niveaux sociaux dans la hiérarchie des situations ?
Demande : Je vais assister pour la troisième année au mois de juin à notre fête de la Saint-Jean. (GLFF- REEA). A quoi correspondent les offrandes du blé, du vin et de l'huile.
Réponse
: 1 - on
ne peut en aucun cas introduire ces éléments en loge puisqu'ils ne font
pas partie de notre rituélie. Il s'agit-là d'éléments profanes devant
rester dans leur milieu.
2 - On peut les considérer néanmoins par rapport aux usages archaïques
en vigueur dans les sociétés anciennes. Soulignons ici que le terme
archaïque porte en lui les plus hautes valeurs au contraire de ce que
la considération des hommes lui attribue. La réponse se trouve dans
l'étude symbolique de ces éléments. Celui ou celle qui connaît le
symbolisme universel a la clef de la compréhension de toutes les
traditions initiatiques et donc religieuses, les deux caractères
restant totalement indissociable l'un de l'autre. Il n'existe pas de
voie ni de tradition initiatique non religieuse. C'est tout le problème
de la déviation de la Maçonnerie depuis le début du 19eme siècle.
Le blé et la mort se trouvent indissolublement liés. On le comprend à
l'examen des pratiques anciennes dont celle d'y lâcher un coq au moment
de faucher les blés. Evidemment le coq doit être tué par la faux et son
sang doit se répandre sur la terre qui a porté le blé à maturation.
Ceci peut paraître barbare à ceux qui ne savent pas mais ceci répond en
quelque sorte à notre pratique du don du sang lors de la cérémonie de
réception dans l'Ordre. Il s'agit-là d'un échange particulier que les
profanes ne connaissent ni ne comprennent plus. L'huile, c'est l'huile
d'olive bien évidemment. or l'olivier fait partie au même titre que
l'acacia, le palmier, le cyprès, le myrte et bien d'autres, des
arbustes, arbres et plantes funéraires (voir le livre Les
Planches du Maître
à ce propos). La vie et la mort se rejoignent. Si le blé évoque aussi
la plénitude dans la vie, l'huile au niveau religieux se rapporte au
symbolisme de la lumière puisqu'on s'en servait dans les temples pour
éclairer les cérémonies dans lesquelles le grand prêtre devait
intervenir une ou deux fois dans l'année ancienne. La lumière se
rapporte nécessairement à la réalisation religieuse, à sa plénitude, à
la compréhension des mystères qui échappent aux hommes ordinaires. Le
vin, c'est le sang de la terre, donc le suc de la vie naturelle et
naturante : allégorie qui sera développée par le Christ disant : "ceci
est mon sang." Donc ceci est ma vie et par extension la Vie infinie. On
pourrait faire un volume sur le symbolisme de ces trois éléments en les
analysant séparément puis en relation les uns des autres.
Demande : Deux membres de ma loge ont des points de vue différents sur le mensonge. L'un dit que l'on peut mentir dans sa vie sans que cela porte à conséquence, l'autre soutient que cela est indigne d'un maçon. Qu'en pensez-vous ? Claudine.
Réponse
:
Le sujet dont vous faites état est infiniment profane et ne concerne
nullement les initiés qui ne se mêlent ni ne s'occupent jamais des
affaires d'autrui. Seul compte ce que l'on fait soi-même dans sa propre
vie, les autres n'ont aucune espèce d'importance au regard de votre
évolution et de votre devenir. Faites votre ce hâddith
islamique
: "les chiens aboient, la caravane passe."
Qui a tort ? Qui a raison ? Cela importe peu. L'Ordre impose parmi les
devoirs des maçons l'obligation de tolérance et celui de fraternité. Ce
qui veut dire que même si quelqu'un ne se comporte pas comme untel ou
untel le souhaitent, ni même comme le modèle du maçon - mais
rassurez-vous il en est si peu que tout le monde devient un jour
critiquable à tel ou tel égard - voire même s'il se trouve en
infraction avec la loi (tous ceux qui se "débrouillent" fiscalement
seraient à ranger dans la même catégorie des citoyens escrocs et des
maçons non modèles comme ceux qui ne paient pas leurs contraventions
dans l'attente de l'amnistie présidentielle du mois de mai prochain,
etc.), tous les maçons doivent se comporter vis-à-vis de lui en toute
fraternité et sans esprit de critique.
Ceux qui voudraient le critiquer seraient les premiers à blâmer pour
non pratique du devoir de tolérance et de fraternité ! Ils ne seraient
pas dignes pour ce fait d'être maçons puisqu'ils ne se comporteraient
pas comme ils doivent le faire. Vous voyez qu'on a toujours tort et que
l'on peut se trouver critiqué à un niveau particulier. Que les autres
se trompent, s'égarent ou se fassent "avoir" par zèle ou naïveté - il y
a tant de manipulateurs en FM qui vous demandent de faire telle chose
et ensuite soutiennent le contraire en clamant haut et fort que vous
êtes un menteur - c'est leur affaire, mais le vrai maçon s'occupe
seulement de son cheminement et cela nécessite toute sa vie, toute son
attention et un travail sur soi quasi constant. Les autres dans tout
cela ? Chacun pour soi et le GADLU pour tous, telle est la sévère et
implacable loi des initiés. Nul ne peut rien pour personne ; votre
chemin ne sera jamais celui de votre voisin comme votre devenir ne le
concernera jamais en rien. Chacun est seul face aux épreuves, à la
transformation obligatoire et à la mort. Chacun aura de ce fait la mort
que ses actes dans cette vie lui auront mérité. Seuls les profanes, les
inconscients, les fous sont surpris de ce qui leur arrive et crient à
l'injustice. Les initiés savent et agissent en conséquence.
Puissiez-vous figurer parmi ces porteurs de lumière, c'est la grâce que
je vous souhaite.
Demande: Compagnon de la Sainte Arche Royale de Jérusalem, je trace une planche dont le thème est "l'Echelle de JACOB". Je serais ravi de recevoir des information sur le symbolisme de ce passage de la Genèse.
Réponse : L'échelle en général, c'est le thème de l'ascension et par extension celui de la descente. Lorsqu'on désire évoquer le double mouvement on utilise souvent une échelle double comme celle des Kadosch. Dans le cas de Jacob, on note un caractère particulier : celui de la prise de conscience du caractère omniscient de la divinité. Dieu est partout et non pas uniquement dans son temple ou sa demeure selon la conception antique. Autre fait intéressant : Jacob lève une pierre établissant ainsi un autel dans la campagne en action de grâce. Voir à ce sujet la planche Le Temple in Les Planches du Maître.
Demande: Mon Surveillant insiste sur le fait que le papier sur lequel on écrit porte le nom de planche à tracer et que quand on écrit cela signifie : tracer une planche. Marie de Paris (GLFF).
Réponse : Votre surveillant manque tout simplement de culture maçonnique traditionnelle. Rassurez-vous, il n'est pas le seul et cela se retrouve au plus haut niveau de la hiérarchie du rite ; la plupart des frères du 33eme degré ou CBCS n'en savent guère plus sur le symbolisme. Dans la maçonnerie opérative, on sculptait sa pierre. On traçait les lettres en les "quarrant" à angle droit avec l'équerre ou à l'aide du fil-à-plomb et du niveau. On burinait ou on gravait les lettres dans la matière. La Maçonnerie spéculative a vu d'importants changements dans les pratiques puisque le Métier avait quasiment disparu devenant "spéculatif". Il ne s'agissait plus de travailler une pierre dans un chantier d'oeuvre mais de travailler directement au perfectionnement de soi, ce qui était déjà le cas au Moyen-Age mais à un second degré car la maîtrise du geste dans le chantier d'oeuvres implique une totale maîtrise comportementale et donc gestuelle. De buriner ou graver sa pierre, expressions qu'on doit continuait à utiliser dans les rites opératifs ou anciens (REAA, Emulation, Opératif de Salomon, par exemple.), on est passé pour les rites modernes (Français, Ecossais Rectifié) à une formulation plus adaptée au temps et à l'écriture qui se faisait au 18eme siècle avec une plume d'oie qu'on épointait : on traçait des lettres sur le parchemin puis le papier.
Originellement, la planche tracée était le tableau de loge. Cette expression est conservée dans les pays anglo-saxons qui nomment le tableau de loge : tracing board. Cette mention est importante car elle révèle que cette planche n'est pas un simple élément dévolu à l'écriture mais qu'elle se rapporte à des lois et connaissances révélées supérieures à l'homme. D'ailleurs, un Compagnon peut écrire et la planche à tracer ne figure pas parmi les éléments de son grade. Lorsque le secrétaire rédige le compte-rendu des travaux de la dernière tenue, il écrit et ne rédige pas une planche tracée pour autant. Il grave ou burine ou trace la pierre des travaux de la dernière tenue tout simplement. Ecrire se dit donc : graver ou tracer une pierre. Dans l'acceptation actuelle relative au mot planche, il s'agit d'un travail symbolique ou philosophique qui doit nous apporter quelque chose d'utile dans notre démarche de Cherchant sur la Voie ou une connaissance susceptible de nous faire changer notre vision et notre compréhension de l'homme, du monde, de la divinité. Ce qui élimine par extension tous les sujets de nature profane qui n'ont pas besoin de la Maçonnerie pour être abordés et sont infiniment mieux traités dans les associations spécialisées. Quand on écrit on ne trace pas systématiquement une planche symbolique pour autant. Je vous conseille de lire le travail sur La Planche à Tracer qui figure dans Les Planches du Maître, vous verrez qu'il s'agit de quelque chose d'infiniment plus important que le simple fait d'écrire ou de tracer.
Demande: Je recherche des informations sur la loi d'amour. Pouvez-vous m'aider ?
Réponse : Ceci vous oblige à traiter en première partie TUBALCAIN, parler de la loi du Talion et de la vertu La Justice (in Les Planches de l'Apprenti). Voir la planche sur Tubalcain dans notre livre Les Planches du Maître. Que signifie le passage de l'ancienne à la nouvelle loi ? Quelles en seraient les conséquences en cas de faillite ou défaillance ? On ne peut pas non parler de la Loi d'Amour sans évoquer la loi du sacrifice (Pélican du 18eme degré), cela va ensemble. N'entre vraiment dans la nouvelle Loi que celui qui se sacrifie lui-même totalement, qui renonce à tout ce qui attire ses semblables !!! Les autres ne sauront jamais ce que cela recouvre véritablement sans cette renonciation aux biens de ce monde. N'oubliez jamais qu'on n'approchera jamais de l'Amour si l'on n'a pas franchi les états liminaires et les vertus cardinales puis la Foi et l'Espérance, la Charité n'étant pas de l'ordre humain. Deus caritas est : c'est Dieu qui est charité, en aucun cas l'homme ne peut l'aborder car la charité évoquée ici n'est pas cette inclination morale à faire le Bien ou l'aumône. Il s'agit de tout autre chose. Par ailleurs, l'Amour absolu n'a rien à voir avec le pseudo amour d'un homme pour une femme ou celui d'une mère pour ses enfants. Celui-ci est illusion, d'ailleurs il se défait si souvent qu'il ne s'agit que d'une illusion ou caricature de l'Amour véritable.
Demande : Le sujet de ma première planche en loge de perfection est la clef. Merci de me communiquer quelques pistes pour ce travail.
Réponse
:
En symbolisme il ne peut
jamais y
avoir de différence d'interprétation en fonction du rite ou alors ce ne
serait plus du symbolisme. Par conséquent la clef aura toujours la même
signification dans tous les grades et dans tous les rites, tant au REAA
qu'au rite Emulation ou dans telle autre forme maçonnique. La véritable
clef des connaissances ésotériques et initiatiques, c'est le symbole et
rien d'autre. C'est lui qui permet l'universalité du langage dans
toutes les religions.
La clef, comme celle de Saint Pierre (clef d'argent pour le monde
terrestre, clef d'or pour celui du ciel), n'est rien d'autre qu'un
outil qui doit permettre un accès. La clef ouvre une serrure fermée.
Mais ce n'est pas parce qu'on tourne une clef dans une serrure que
la porte s'ouvre pour autant. Encore faut-il en tourner le
loquet
et pousser la porte pour en franchir le chambranle. Cette porte qui
constitue un obstacle entre soi et ce qui nous est inconnu ou
inaccessible. Mais la clef ne suffit pas si l'on n'a pas le courage
d'oser aller vers l'inconnu ni celui d'affronter ce qui peut se trouver
de dangereux de l'autre côté ! Ce qui reste important est la porte
fermée et interdite par la serrure. S'il n'y avait pas d'accès à
interdire, de passage à empêcher, on n'aurait guère besoin de serrure
et donc de clef ! Il importe donc ici de se demander pourquoi cet
obstacle existe-t-il pour nous et pas pour d'autres ?
Par ailleurs, accéder à une "terre inconnue", à une connaissance
nouvelle ne seront utiles que si l'on est en mesure et capable de
l'exploiter, d'en appréhender toutes les subtilités, toute la substance
ésotérique. Celui qui mérite d'accéder à la connaissance nouvelle
pourra tourner la clef et en obtenir l'accès, les autres pourront
disposer de la clef mais l'ouverture ne se fera jamais pour eux.
Travaillez votre planche dans ce sens, ce sera intéressant.
Nous avons le même problème avec Janus qui ne pouvait pas ouvrir ni fermer les portes puisqu'il n'avais pas la maîtrise des gonds sur lesquels régnait la déesse Carna que Janus avait violée. La déesse s'étant plainte à Jupiter, Janus fut condamné à se trouver contrôlé par Carna qui décidait si elle allait accepter d'ouvrir ou fermer les portes.
Demande : J'occupe le poste d'Hospitalier depuis peu. je cherche de la documentation et des témoignages sur le tronc de la Veuve dans le but de faire une planche sur ce thème. Merci pour votre aide.
Voir la planche Le devoir de Fraternité in Les Planches du Maître de Christian Guigue.
Demande : Ma première planche porte sur la lumière, pouvez vous m'éclairer et me donner des axes de réflexion ? Sincères remerciements.
Réponse : Il conviendrait de traiter le travail en commençant par évoquer les pierres de foudre dont la plus célèbre est la "pierre dite d'Abraham" que les musulmans vénèrent à la Kaaba de La Mecque, qui blanche à l'origine devint noire par la suite, puis le tonnerre attribut de Zeus et de Thor qui le faisait tonner par son marteau le mjölnir. Le feu tombé du ciel occupa une place prépondérante dans toutes les traditions archaïques (au sens noble du terme). Les aérolithes ou bétyles tombés du ciel fournirent le premier minerai météorique, premier matériau dont se servirent les ancêtres du forgeron, maître du feu et par conséquent assistant du Créateur dans son rôle de civilisateur social. Le feu, c'est la lumière dans tous ses aspects. Feu brûlant, il détruit ou régénère et purifie. La foudre est un aspect du feu éliminateur dans sa perfection. Le feu sanction, c'est la lumière du glaive de l'ange chassant Adam et Eve du Paradis dont la conséquence reste la chute de l'esprit de la substance originelle dans la matière et l'avènement de la mort. L'épée de l'ange figure en loge : c'est l'épée flamboyante du vénérable maître qui formalise la mort de l'état "spirituel" censé correspondre au degré précédent mais qui peut aussi créer dans un état nouveau. En fait ces deux aspects restent indissolublement liés car il ne peut y avoir de progression sans une nouvelle mort. C'est le but assigné aux maladies ou aux déceptions ou échecs graves qui nous frappent à titre d'épreuve, d'avertissement ou de réorientation de notre vie dans le cadre spirituel bien évidemment.
Le feu froid peut être mat ou brillant : il correspond alors à deux états spirituels. Le feu froid correspond à la lumière mais celle-ci reste diverse dans ses implications car il n'existe pas qu'une seule sorte de "lumière" : elle varie selon l'état spirituel de l'individu et les formes de sa manifestation. Lorsque la divinité veut se manifester par une théophanie à une de ses créature, elle le fait en empruntant un support igné ou une lumière d'une vivacité inimaginable au point qu'elle rend définitivement aveugle celui qui voudrait la regarder, les conséquences peuvent s'avérer plus graves encore car "nul ne peut voir Dieu face à face sans mourir". La lumière peut être "glaciale" au point de pouvoir congeler celui qui lui ferait face : c'est la lumière froide. Seul l'initié absolument réalisé peut la supporter en raison du haut degré d'échauffement intérieur dans lequel il peut se mettre par sa concentration. L'initié peut devenir totalement brûlant comme s'il sortait d'un brasier. Les aspects mat et brillant correspondent encore à d'autres données trop longues à développer ici. Ensuite il y a la vraie et fausse lumière, l'exotérique ou visible et sensible, l'ésotérique ou intellective, non visible. Il y a aussi la plus belle de toutes : la lumière noire qui, elle aussi, possède le caractère mat et brillant. La lumière noire, c'est celle de l'Apocalypse qui illumine et transforme les ténèbres jusque dans leur coeur. La vraie lumière ne sera jamais la lumière blanche et visible ; celle-ci est juste un indice donné pour apprendre au même titre que les lettres confiées à un enfant qui apprend à lire ne sont ni le texte d'un livre ni le secret des secrets du moins au sens où nous l'envisageons ici car les lettres dans l'ordre ésotérique revêtent elles aussi une importance capitale, en particulier le A qui contient toutes les autres en lui, les autres ne développant qu'un aspect limité, comme le grade d'Apprenti contient tous les autres en lui.
Demande
: Mon vénérable me soutient que
Tubalcain abordé au REAA et au Rite Français ne peuvent pas avoir la
même signification. Cela me surprend beaucoup. A-t-il raison ? André
J. Paris
Réponse : Vous pouvez féliciter votre vénérable. Pour une fois que quelqu'un a de réelles connaissances cela mérite de se trouver souligné. En effet il a parfaitement raison. Ces deux systèmes maçonniques sont radicalement différents puisque le REAA est ancien, alors que le Rite Français est moderne, ce qui change tout. Les rites modernes privilégient le Nouveau Testament et le caractère johannite du rite. Les rites anciens privilégient l'Ancien Testament et l'ancienne loi mosaïque quand les rites modernes se trouvent établis à partir de la nouvelle loi du Christ, ce qui s'avère fondamentalement différent dans toutes les perspectives. Pourquoi croyez-vous qu'on change la position du soleil et de la lune selon le rite ? Ce n'est ni pour s'amuser ni pour faire différent mais bien parce que cela correspond à un monde qui n'a rien de commun avec l'autre. Voyez la signification de la position du Soleil et de la Lune dans le livre La Formation Maçonnique, cela vous apprendra ce que peu savent. Les rites anciens placent Tubalcain assez tardivement dans leur système bien que ceux-ci manquent de cohérence vu que l'ensemble des grades ne sont plus pratiqués qu'à raison de 1 sur 3. Les rites modernes commencent directement par lui pour éliminer définitivement ce qui constitue les "scories" d'un monde révolu. Ils travaillent à tous les degrés de leur hiérarchie. Dans cet ordre, les rites modernes sont plus initiatiquement plus "avancés" que les rites anciens.
Demande : Qu'est-ce qu'un rite ? Sarah, Villepinte.
Réponse : Un rite est un système maçonnique qui greffe sur la base des trois grades symboliques (Apprenti, Compagnon, Maître), un système dit de degrés supérieurs ou hauts grades. Les systèmes anglais comme l'Emulation, le Stability, le Nigerian, le Bristol, et bien d'autres, ne sont pas des rites mais des workings. Un working est une forme ou un style de travail. Pour les anglais, la maîtrise étant parfaite en elle-même et les degrés dit "plus élevés" n'étant rien d'autre qu'une reprise et un développement particulier d'un élément déjà présent - sous une autre forme - dans l'un des trois grades symboliques, rien ne peut se trouver supérieur à la maîtrise. Les autres degrés ne sont rien d'autre que des compléments satisfaisant tout au mieux telle ou telle sensibilité particulière. Pour eux, il n'y a pas de hauts grades mais des side degrees, c'est-à-dire des degrés "latéraux" puisque situés dans le même plan de valeur absolue. En Angleterre, il est ainsi possible de passer directement 18eme si on le souhaite. Le circuit dit de la Marque et de l'Arche royale n'est pas une obligation. Cette pratique est parfaite car il en allait ainsi il y a encore 150 ans. On ne peut pas vous obliger à prendre un grade qui ne vous intéresse pas sous prétexte qu'il faut transiter par lui pour parvenir à celui qui vous intéresse, cela n'a pas de sens. On n'évolue plus dans un univers initiatique progressant mais dans un business-system non acceptable pour tout véritable Cherchant sur la Voie. Au 19eme siècle on prenait, après la maçonnerie symbolique, le ou les grades que sa foi religieuse permettait de recevoir en fonction de leur compatibilité. Certains grades en maçonnerie ne sont pas compatibles avec telle ou telle sensibilité religieuse, il faut avoir le courage de le dire à haute voix. Si on a affaire à des personnes peu sincères et peu scrupuleuses qui ne voient que la réception à tel degré pour passer à tel autre, cela s'opère en douceur. Mais il en va tout autrement avec des frères qui s'investissent totalement en maçonnerie, comme ils le font dans leur religion, et là les problèmes existent réellement. J'ai connu le cas d'un frère de confession juive, très croyant, qui lors de sa réception au 18eme degré a interrompu la cérémonie en refusant d'aller plus avant. Il a refusé le contenu de ce degré incompatible pour lui avec sa religion. Cela a fait un scandale et il a fait l'objet de mille critiques, mais il avait parfaitement raison. Je connais aussi le cas de frères catholiques très mal à l'aise dans les degrés salomoniens tels qu'ils sont traités dans certains rites. On a pu les "sauver", car ils allaient arrêter la FM, en les orientant vers le Rite Ecossais Rectifié où ils se sont épanouis avec bonheur, car dans les degrés salomoniens de ce système ils ont travaillé sur les vertus cardinales conformes à leur religion. Si la Maçonnerie est universelle dans ses principes et ses objectifs, les rites n'ont en soi aucun caractère universel, ils sont tous des formes particulières. Il n'y aura d'harmonie que si la recherche particulière de tel frère correspond à l'orientation particulière de tel rite. Il ne faut donc pas se tromper lorsqu'on fait entrer un candidat en FM car il pourra éprouver d'énormes difficultés s'il ne se trouve pas dans le rite qui serait le meilleur pour lui.
Demande : J'ai un travail à faire sur la Colonne d'harmonie. Pouvez-vous m'aider ? Merci par avance.
Réponse
: La colonne d'harmonie n'existe pas dans
tous les rites. Au Rite Ecossais Rectifié, tout doit s'accomplir dans
le silence le plus total, y compris lors des voyages au cours des
réceptions dans tel ou tel grade. Dans certains workings
anglais, il
n'y a pas de musique non plus ; on la remplace par des chants très
brefs. Elle commence à faire son apparition mais il s'agit d'une
insertion moderne.
La
colonne d'harmonie est née dans ce que l'on a
appelé la maçonnerie de cour au 18eme siècle. Il n'y avais pas de
télévision ou autre, les loisirs de ce temps se limitaient au théâtre
ou l'opéra encore assez rares et peu fréquents ou à fréquenter des
cercles littéraires qu'on nommaient alors des "salons". Une grande dame
recevait des amis choisis pour leur intellectualisme dans son hôtel
particulier. A cette époque la FM prit un essor considérable car elle
donnait lieu à des soirées animées. On tenait loge puis on passait la
soirée en agréable compagnie, les loges d'adoption féminines se
développèrent alors pour satisfaire la curiosité de ces dames pour
agrémenter ces soirées par leur mixité. Certaines loges furent réputées
pour leurs excès comme L'Impériale
des Francs-Chevaliers mais
il y en eut des dizaines d'autres. La mixité des moeurs se donnait
libre cours entre hommes et entre femmes ou les deux, la bisexualité
était fréquente en ces milieux. Cambacérès lui-même était affublé d'un
sobriquet (Elle)
bien connu dans les soirées privées où la
débauche l'accompagnait à ravir. On venait en loge comme on allait au
spectacle. La loge Les 9 Soeurs,
à l'orient de Paris, fut
célèbre pour ce caractère visuel, distrayant puis politique dans les
étapes ultérieures. Pour faire plaisir on faisait du spectacle. Un soir
où une réception étant prévue et la candidate ayant renoncé, il fallut
trouver une "volontaire" pour la remplacer. Le Ministre de Cour (le
préparateur) ayant eu des attouchements intimes avec cette demoiselle
qui n'avait jamais encore sacrifié aux plaisirs charnels fit un grand
scandale. Evidemment, il fallait de la musique pour rendre le spectacle
plus plaisant et ceci donna lieu à des concerts très profanes dans une
enceinte maçonnique peu protégée. Il y eut comme toujours en ce cas des
excès : un orchestre au grand complet s'étant réuni dans un hôtel
particulier réveilla tout le quartier par ses prestations "maçonniques"
lors d'une tenue. Certains, aujourd'hui, confondent loge maçonnique
avec antichambre ou annexe ou association musicale, la musique
constituant l'unique but de leurs travaux au détriment du symbolisme et
de l'art royal. Si nous voulons revenir à l'origine, la plus belle
musique naturelle reste le chant, la voix, expression du Verbe. Lorsque
nos frères anglais le privilégient, ils reviennent sans le savoir à la
source originelle, naturelle, la plus belle de toute, celle où tout
s'opère sans accessoire ni artifice.
Demande : Comment aborder un profane que nous pouvons pressentir comme un futur initié sans se dévoiler ?
Réponse
: Futur
initié semble fort comme
expression, disons un futur candidat à la réception. La seule approche
consiste en des conversations sérieuses sur ce qui le motive dans son
existence, sa façon de concevoir la vie, le monde, l'homme, la
spiritualité, la société. Cela commence parfois au travail lorsque les
collègues sont partis manger et qu'on se trouve à deux, cela peut se
produire en allant prendre un verre ensemble. Ceci permet un
tête-à-tête plus propice à des conversations plus personnelles. Il faut
provoquer une occasion pour se trouver seuls et pour pouvoir espérer
évoquer des aspects et considérations personnelles s'il souhaite en
parler bien évidemment.
Une sollicitation en candidature peut s'engager discrètement sans se
dévoiler mais elle implique nécessairement aussi qu'on révèle sa
qualité à un certain stade de la démarche. On ne peut pas rester
anonyme à cet égard durant toute la "procédure", cela ne paraît pas
"sain" et pourquoi aurait-on peur de se dévoiler ? Pour ne pas devenir
le parrain du candidat pressenti et assumer la responsabilité morale
qui en découle ? Cela n'aurait pas de sens.
Celui qui démarche doit s'assurer au préalable que la personne
"pressentie" possède toutes les qualités personnelles requises, il
devient à cet égard le premier des enquêteurs. Il doit s'assurer du
sérieux, de la stabilité professionnelle, maritale et financière du
futur candidat, ainsi que de ses projets professionnels (et risque de
départ pour la loge) pour le proche avenir. Ce n'est qu'après que tous
ces points se sont trouvés respectés et s'avèrent conformes aux buts de
l'Ordre, que l'on peut envisager de parler de la FM au "pressenti" pour
tester dans un premier temps sa réaction au seul énoncé de FM et ce que
cela déclenche chez lui.
Vous pouvez lui conseiller aussi de venir sur ce site si la FM
l'intéresse. Nous recevons plusieurs demandes chaque année que nous
orientons voire faisons suivre, si elles nous paraissent "motivées",
vers l'obédience qui intéresse le postulant. Cependant il paraît
autrement plus intéressant pour tous que le demandeur rencontré sur le
terrain devienne ce parrain naturel qui va suivre son filleul ,durant
toute sa formation maçonnique, devenant l'assistant incontournable du
Surveillant.
Demande : J'ai un travail à faire sur l'itinéraire du Compagnon. Merci de m'aider de vos conseils.
Réponse
:
Dans l'absolu, l'itinéraire du Comp. ne fait que continuer celui
d'Apprenti. Pour votre travail, vous devez :
1
- faire le rappel du travail que doit accomplir
l'Apprenti en donnant des extraits du rituel et de l'Instruction du
grade.
a : respecter les termes des devoirs compris dans le serment.
b : vaincre ses passions, soumettre sa volonté.
c : abandonner les métaux ou victoire sur l'orgueil et le matériel.
d : comprendre les symboles du degré comme le nombre du
grade,
travailler la pierre brute, dans le silence et sous l'égide du fil à
plomb qui indique le ciel et donc la direction spirituelle à suivre.
Participer aux séances d'instruction.
e : apprendre le tuilage, l'histoire du rite.
f : pratiquer les devoirs fraternels, l'entraide envers ceux qui vivent
seuls et sont malades, qui ne peuvent plus faire leurs courses seuls,
etc.
Développer tout cela.
2 - Reprendre tous ces points en les adaptant au Compagnon :
a :
travail
sur le nouveau nombre, l'étoile flamboyante, la lettre G, la pierre
cubique à pointe, la lettre de la colonne du grade. Acquérir des
connaissances complémentaires sur l'histoire du rite, son corpus, celle
de son obédience.
b : Développer ce que l'on a compris du Niveau lié à la
Perpendiculaire, c'est-à-dire du travail dans le plan de l'homme
(niveau) et du plan céleste et divin (fil à plomb), etc.
c :Signaler quels sont les progrès effectués dans les connaissances,
les changements dans la manière de penser et de se conduire, les
acquis. Dire en toute franchise ce qui continue à vous peiner dans vos
faiblesses et vos défauts.
Le
Compagnon doit devenir un Maître avant qu'il
ait fini son temps. C'est parce qu'il est devenu un Maître qu'on
l'élève à la Maîtrise ; on ne doit pas agir de manière inverse, ce qui
se produit trop souvent au REAA. Certains disent : "Il s'améliorera
dans les hauts grades". En fait, lorsqu'on a mal commencé un périple,
on ne pourra rien améliorer si la base au niveau d'Apprenti n'a pas été
bonne, c'est-à-dire ce qu'elle doit être. Aucun maçon ne bâtira une
maison sur une dalle qui ne présente pas un niveau parfait, elle
s'écroulerait un jour ou l'autre ! De même qu'on ne peut pas guérir un
malade si l'on n'a pas diagnostiqué la maladie, qu'on ne peut pas
réparer une voiture si on le la mène pas au garage, on ne fera jamais
un maçon réalisé de quelqu'un qui fait semblant en permanence et qui
triche dans le système. Il faut le renvoyer à la case "départ" pour
qu'il reprenne tout à zéro. Au lycée, à la Faculté, un élève qui ne
possède pas le minimum des connaissances requises redouble son année.
En Maçonnerie on donne une promotion à ceux qui ne savent rien sous
couvert qu'ils ont parfois une belle position sociale ou qu'ils sont de
bons courtisans, ce monde devient fou ou alors qu'on américanise le
système ! La bas, on considère normal que chaque maçon devienne 33eme
puisqu'il sert son rite par sa fidélité et son assiduité, et tous le
deviendront. En France, on fait état de considérations profanes pour
faire monter à la tête du client, ce qui ne trouve aucun argument
maçonnique sérieux.
Problème : que faire s'il est 4eme, 18eme ou 33eme et ne sait pas grand chose ? Cela ne sert plus à rien. Il est "perdu" pour lui-même et pour l'Ordre, et de plus ces frères malheureux, car il faut les plaindre avant, tout pervertissent le système en introduisant dans les structures supérieures les scories du monde "profane", là où la perfection est censée régner. A cause de ces frères, les "bons" maçons s'éloignent et finissent par quitter leurs structures ; ceux qui ne veulent pas renoncer se battent et fondent de nouvelles obédiences. Bientôt, on comptera 30 obédiences en France ! Un maçon a de nombreux devoirs à accomplir ; s'il les oublie et y manque continuellement, il ne sera jamais un vrai maçon digne de ce nom fut-il 33eme !
Ces
considérations sont faites pour vous faire prendre conscience que vous
devez travailler sérieusement, le plus possible, car votre avancée sur
la Voie en dépend. Ce que font les autres ne présente aucune espèce
d'importance, il suffit de les éviter ; c'est ce que l'on accomplit
soi-même, ici et maintenant, qui compte. Au moment de mourir, vous ne
pourrez pas tricher. Les grades, les fonctions, les honneurs
maçonniques ne serviront strictement à rien : vous serez seule face à
la mort même s'il se trouve 20 personnes au bord de votre lit. Vous
emporterez avec vous ce que les symboles vous auront révélé et la
lumière qu'ils auront distillé en votre centre, dans votre coeur et
votre âme. Ceci dépendra aussi de ce que vous aurez donné de meilleur
aux autres sans jamais rien attendre en contrepartie. Voilà pourquoi
l'Ordre nous enjoint d'élever des "temples à la Vertu" et de pratiquer
la Fraternité la plus accomplie. Notre vie n'a de sens que pour ce que
nous pouvons donner autour de nous parce qu'il nous appartient de
réparer les injustices de toute nature, de contribuer à notre mesure à
la constitution d'un monde moins imparfait et par conséquent meilleur.
Celui qui s'occupe de soi, de sa carrière, de ses honneurs est perdu.
Sans le savoir, il a choisi le nadir, le monde inférieur. Chacun reste
libre de ses choix, mais il vient un moment ou tout " se paie" car
toute erreur implique réparation.
Demande : Je cherche de la matière sur le thème : le serment maçonnique. Merci pour vos commentaires et votre aide.
Réponse : Voir la nouvelle La Formation Maçonnique de 826 pages.
Demande : J'envisage de faire un travail sur l'Ecoute. Pouvez-vous me conseiller ?
Réponse
: Nous
avons évoqué ta demande en Comité de gestion du site et les avis sont
très partagés. L'écoute a été considérée sous l'angle exclusivement
initiatique en faisant abstraction de toutes considérations profanes.
Pour certains, il n'y a pas d'écoute à assurer car chacun est
responsable de ce qu'il fait et de ce qu'il est. S'il ne se prend pas
en charge lui-même, c'est qu'il refuse, pour des motifs qui nous
échappent, de porter sa pierre et de faire ce qu'il doit assumer.
En vertu de l'axiome, chacun pour soi et l'Eternel pour tous, qui est
la dure réalité et loi du Cherchant, personne n'a à porter son fardeau
car écouter, c'est, qu'on le veuille ou non, prendre sur soi ce qui
doit être porté et vécu par l'autre. C'est un transfert naturel qu'on
rencontre dans toutes les disciplines où on allège le fardeau d'autrui
en "agissant" pour lui (magie, magnétisme, etc.). C'est une raison qui
veut qu'au plan psychologique on ne fait jamais de mélange entre des
gens "malades" quand, dans le domaine de la dépression par exemple des
malades veulent aider d'autres malades de même nature. Un professionnel
doit prendre en charge un patient et lui-même doit se "protéger" en ne
s'investissant pas totalement et en ne confondant pas sa vie privée et
sa vie professionnelle, sinon il ne tiendra pas le coup. Il doit y
avoir une frontière, une distanciation entre le thérapeute et le
patient, dixit notre Soeur psychiatre.
Pour d'autres, il ressort des spécialistes de se lancer dans ce travail
( personnels médicaux, travailleurs sociaux, etc.). Or nous ne sommes
ni l'un ni l'autre et, comme maçons, nous devons avancer sur notre
chemin. Le temps qu'on perd ne se compense jamais et nous ne savons pas
si nous serons pas morts dans les 24 heures à venir. Il meurt des
hommes et des femmes à chaque seconde qui passe, chacun doit donc
penser à son salut initiatique et spirituel de façon permanente.
En loge, l'écoute générale doit être de rigueur. En fait, l'écoute
intervient comme un élément secondaire du Silence. Elle doit constituer
la première phase, la méditation ou la réflexion en devenant la
suivante. Beaucoup de frères et de Soeurs veulent à tout prix prendre
la parole lors de la présentation d'un tracé, cela n'a pas de sens.
L'attitude juste consiste à reconnaître comment l'on se situe par
rapport à l'expérience qui vient d'être énoncée au moyen de la planche
et à ne pas intervenir dans une expérience qui concerne certes celui
qui en parle mais ne nous concerne en rien dans notre cheminement
propre. Son expérience ne peut en rien devenir la nôtre car nous ne
situons pas au même niveau d'état d'être et ce qu'il vit lui dans sa
vie de tous les jours ne nous concerne pas. Comme l'expérience de l'un
ne peut de ce fait nullement servir aux autres, il n'y aucun besoin
d'en parler. De plus, évoquer ce que l'on vit ou l'on fait alimente
l'Ego, le Je, le Moi et fait remonter tout ce qu'il y a de ténébreux en
soi. Moins on parle, plus on travaille sur soi.
Chez certains officiers comme le Vénérable, l'Hospitalier, les deux
Surveillants et le Parrain, elle doit s'avérer permanente car ils sont
des guides, des formateurs et comme tels responsables de ce que peut
devenir celui qui quémande des conseils ou des avis. Il faut donc
l'écouter pour connaître les difficultés qu'il rencontre et pouvoir le
conseiller utilement, quitte à le brusquer pour l'aider à reprendre ses
esprits, voire à l'orienter chez un thérapeute en cas de nécessité s'il
rencontre des difficultés dans la vie au quotidien. Méditez ceci : "
Celui qui n'est pas solitaire ne peut pas se taire. Qui ne se tait pas
n'entend point celui qui parle... Que ma terre se taise en ta
présence." Guigue II le
Chartreux : Méditations.
Demande : Je suis bibliophile et amateur d'ouvrages de qualité. On m'a dit qu'il vous arrivait de proposer vos livres dans une qualité de fabrication pour bibliophiles avertis. Est-ce exact ?
Réponse : En effet. Il nous arrive de rencontrer des amis qui souhaitent posséder une édition exceptionnelle et faite sur mesure pour eux, l'ouvrage devenant alors unique puisqu'il s'agit d'une fabrication spéciale. Il s'agit de reliure - que nous faisons faire sur votre demande spéciale - en pleine basane vernie ou plein chagrin ou plein veau, ou demi basane, demi chagrin et demi veau. Vous pouvez choisir la couleur de peau et les fers ornant le dos. Les prix n'ont plus rien à voir avec l'édition mécanique et commerciale. En fait cette demande résulte de passionnés de livres, comme vous, qui recherchent des livres importants pour eux et possédant de plus une valeur ajoutée (édition originale et quasiment unique, dédicace ou envoi, etc.). Nous avons même fait fait fabriquer des fers spéciaux pour nos amis du régime Ecossais Rectifié et REAA. Le prix de reliure varie selon le cas de 250 (demi peau) à 400 euros hors taxe (pour une pleine peau). Ce prix est calculé avec le relieur pour que les frais puissent passer dans la gestion d'une activité professionnelle. Nous consulter en ce cas.
Demande : Les initiés de la Kabbale disent que l'illumination ne peut pas intervenir sans que plusieurs étapes de souffrance ou de douleur aient été franchies. Il y a une souffrance que je peux comprendre, c'est celle qui résulte de mes défaillances, de mes échecs ou des erreurs que j'ai commises mais quel sens peut bien revêtir cette souffrance qui permet l'accès à la lumière. Je ne parviens pas à comprendre cela.
Réponse : La Kabbale est réservée aux purs, à ceux qui lui consacrent leur vie et qui seront autorisés à passer de l'autre côté du miroir. Pour les autres, cette souffrance que l'on ne parvient pas à comprendre nous dépasse, nous déstabilise en nous inquiétant. L'homme, habitué au plaisir et à la facilité, supporte tellement mal toutes les formes de cette douleur, qui nous semble toujours à titre personnel non qualifiée et non "méritée", qu'il ne nous paraît pas utile pour progresser sur la voie de subir une voire plusieurs souffrances (départ du conjoint, décès d'un être cher, d'un emploi, accident brutal, échec à un examen important, maladie brutale, etc.).
Cependant, si l'on a reçu un minimum de connaissances et d'initiation, en ayant compris le sens du changement de nom dans chacun des degrés, ce qui demeure hautement capital, on ne s'étonnera plus de devoir passer par des épreuves et donc subir des bouleversements mentaux lesquels vont produire des modifications comportementales et surtout des changements d'état d'être qui n'existeront jamais sans ces épreuves ni sans cette douleur. Ainsi toute souffrance nouvelle imposée, se caractérise-t-elle comme le signe, la marque bienveillante que l'Ordo céleste et la divinité nous réservent en nous reconnaissant parmi les enfants créaturels justifiables et déjà en voie de justification.
Les souffrances, les épreuves nous sont imposées pour des motifs variables selon les individus. Isaac et Abraham furent récusés par YHVH pour la délivrance de la Thora parce que leur enfant avait mal tourné. Jacob le fut aussi pour la raison qu'il avait douté de l'Eternel. Moïse proposa alors : "Que nos enfants soient le garant du respect de la Thora." C'est-à-dire : "Que le futur absolve le passé et que nos enfants sauvent Isaac, Abraham et Jacob. Qu'ils sauvent et rachètent les actes et donc la vie de leur père et grand-père". Ainsi une vie, une incarnation ne peuvent advenir que pour cette seule raison : racheter le ou les actes d'un père ou d'un grand-père. Si ce rachat ne s'accomplit pas parce que celui qui doit le faire s'y refuse, il connaîtra les pires tourments puisque sa vie ne sert à rien et qu'il n'accomplit pas ce auquel il s'était engagé avant la descente de son âme dans un nouveau corps de chair. Cette vie pourra donc lui être reprise à tout moment.
Voilà pourquoi dans l'inconscient de l'humanité, la relation grands-parents/petits-enfants prend une place et une valeur très particulières. Quant à la souffrance, elle est la clef par laquelle se révèle ce que nous méritons d'obtenir et par laquelle nous accèderons à ce qui nous est promis si nous ne dévions jamais. Le Christ lui-même eut à la connaître et la vivre, cette entrée dans la Souffrance et la Voie du sacrifice est le travail auquel doivent se consacrer les Chevaliers Rose-Croix et les Souverains Princes Rose-Croix et tous les maçons du Rite Ecossais Rectifié qui sont tous des "Cherchants, Persévérants et Souffrants".
Demande : Christian Guigue recherche le tome I (comportant l'Astrologie et Sciences Occultes) de La Révélation d'Hermès Trismégiste de A-J. Festugière. Les Belles Lettres. Paris 1990. Merci pour votre aide. mailto:guigue@guigue.org
Demande : Je dois faire une planche symbolique sur le Levier et une philosophique sur la Force en vue d'une élévation à la maîtrise. Je cherche des pistes. Merci pour votre aide.
Réponse : nous ne comprenons pas cette distinction de travail symbolique et travail philosophique pour des thèmes symboliques qui comprennent obligatoirement, qu'on le veuille ou non, des aspects à caractère philosophique, la philosophie ne poursuivant comme seul but que la recherche de la Sagesse. "La vraie philosophie, selon Jean Scot dit l'Erigène, n'est autre que la vraie religion et, réciproquement la vraie religion n'est autre que la vraie philosophie". Ainsi s'éclaire le propos devenu fameux du Commentaire sur Martianus Capella : " Nul n'entre au Ciel, si ce n'est par la philosophie". Le distinguo malheureux symbolique ou philosophique se rencontre souvent dans des structures peu initiatiques, leur méconnaissance de ces éléments aboutissant à cette confusion.
Travailler sur la Force pose un énorme problème car elle intervient comme la dernière, c'est-à-dire la 4ème des vertus cardinales. Comment peut-on oser vouloir traiter la dernière des vertus cardinales (ou vertus humaines) quand on n'a jamais abordé les précédentes qui sont la Justice, la Tempérance, la Prudence ? Non seulement cela n'a aucun sens mais c'est renverser tout le cheminement symbolique. On retrouve la même anomalie lorsque parvenu au 18eme degré on vous demande de traiter les vertus théologales (vertus divines) quand vous n'avez jamais dans les grades précédents oeuvré sur les vertus cardinales. C'est comme si on vous demandait de courir les 24 heures du Mans sans avoir jamais conduit une voiture ; cela s'avère totalement ahurissant et démontre de graves hiatus et anomalies dans le développement des grades du rite comme dans l'affectation des thèmes de planche. Il n'y a qu'un seul rite qui ne commette pas cette gravissime erreur : le Rite Ecossais Rectifié qui oblige les Apprentis à travailler la vertu de Justice, les Compagnons sur la Tempérance, les Maîtres sur la Prudence, etc. Voilà un système parfaitement cohérent ! Mais ceci résulte du fait que ses rituels restent quasiment conformes à ceux de son origine au 18eme siècle et que personne n'oserait se permettre de les modifier comme c'est malheureusement le cas pour le REAA où ils se trouvent "adaptés" tous les 20 ou 30 ans et par chaque nouvelle obédience qui se crée, aucune ne voulant travailler avec la même version qu'une autre organisation concurrente. Comme on compte 27 obédience actuellement, et que certaines d'entre elles utilisent même plusieurs variantes, vous imaginez ce nombre de changements incalculables dont le résultat se traduit par le fait que plus aucun rituel du REAA n'est identique à celui de sa création (création des rituels bleus bien évidemment) en 1863-1865, il y moins de 140 ans.
Lorsque l'on évoque la Beauté, la Force et la Sagesse en loge, on ne les sépare jamais ; elles restent toujours groupées. Il ne peut en aller autrement car il s'agit d'une triade. D'ailleurs on les utilise toutes les trois ensemble dans le grade d'Apprenti lors de l'Ouverture des Travaux quand on procède à l'allumage des trois Piliers. Si la Force se trouvais exclusivement dévolue au Compagnon et la Sagesse aux Maîtres, il ne pourrait en être fait état au grade d'Apprenti. Notez enfin que cet ordre se trouve totalement inversé d'un rite à un autre (Sagesse, Force et Beauté pour les rites Modernes, au lieu de Beauté, Force et Sagesse pour les rites Anciens), ce qui en modifie la portée et le sens..
La formulation Sagesse, Force et Beauté n'est ni traditionnelle ni ancienne puisqu'elle a succédé à l'ancien Union, Force et Salut de la fin du 18eme siècle.
Ce qui peut se trouver confié à un Compagnon devant plancher est le thème : "Dans la Force", formulation fréquente du nom de la colonne affectée au second degré. Mais là encore il convient de se montrer prudent car certains spécialistes de l'hébreu contestent cette traduction de B--- qui ne serait pas exacte, B--- serait un nom propre, ce qui changerait tout le sens de la formulation J----- B--- Cela ne serait plus donc "dans la force, il établit" mais "Dupont ou Martin ou Lefebvre - en remettant le nom oriental original en place bien évidemment - établit".
Quant au levier, il est une chose importante à prendre en considération. La pierre que le levier doit faire bouger pour la mettre en place c'est vous-même qui devez devenir un "morceau" du temple en y intégrant sa "nature". Par conséquent, vous ne pouvez rien faire par vous-même, étant statique et immobile. L'impulsion doit donc venir de l'extérieur pour que vous puissiez vous "élever" au sens figuré comme au sens propre. Demandez-vous aussi comment vous pouvez aider votre prochain à devenir lui aussi un pan de ce temple en y retrouvant sa place. C'est fondamental !
Demande : Je me demande si le péché originel est vraiment lavé par le baptême sinon pourquoi l'homme si animal devrait-il tendre vers sa perfection et pourquoi, à travers les différents changements de grade, doit-on toujours revenir en arrière ?
Réponse : Le baptême fait entrer dans une fraternité spirituelle mais être baptisé ne suffit pas en soi pour accepter la réalité et les devoirs spirituels qui en découlent, de même que avoir reçu l'initiation maçonnique ne fait pas de vous un maçon à part entière si vous ne respectez pas les devoirs et ne vous engagez pas à privilégier l'exercice des vertus religieuses, humaines et sociales dans chacun de vos acte et à chaque instant de votre vie. Ne rien faire, ou faire semblant de jouer un jeu dans un système en se comportant en hypocrite ne permet ni de se dire maçon ni de se croire chrétien. A ne rien faire, au bout du compte, on n'est rien. Ainsi être baptisé ne fait pas de vous pour autant un chrétien réalisé.
Lorsqu'on s'intéresse aux textes sacrés, on ne manque de se trouver interpellé par certains éléments. Si l'on étudie la parole perdue, on doit privilégier le Nom par lequel l'Eternel se nomme et qui est : "Je Suis" (qui deviendra le Ego Sum latin ). Il ne faut pas confondre le Nom avec des épithètes faisant office de désignation (L'Eternel, le Tout Puissant, le Saint béni soit-Il, le Miséricordieux, les Très Grand, Seigneur, etc.). Lorsque le Christ dit :" Je Suis avant qu'Abraham fut", le rappel de sa nature divine devient incontestable et ceci se rapporte de même à l'homme qui peut retrouver cet état dans le cadre de la méditation profonde ou l'abandon de soi.
Le péché originel, toujours renouvelé à chaque naissance, existe et se perpétue parce que l'homme fait de sa relation à la réalité du "Je Suis" primordial un "moi, je suis moi" et cela change tout en inversant les données. Lorsqu'il s'affirme : "moi, je suis moi et je ne veux rien changer à cela", non seulement l'homme annihile toute relation avec le Divin mais sans qu'il s'en doute ou s'en rende compte, il altère gravement le lien ténu qui le relie à la Vie absolue et s'en coupe et s'en retranche totalement préférant se créer une réalité personnelle, tellement subjective qu'elle n'a rien de "réel".
Il est dommage que l'homme ne comprenne pas le vrai sens du "moi" parce que celui-ci n'est pas un tabou dans l'ordre spirituel. Ainsi le Christ n'hésite pas à l'énoncer : " Personne ne pourra venir au Père (Je Suis) si ce n'est à travers Moi (Je Suis" également)". Ce Moi qu'il formule est important et même essentiel car ce moi se trouve en chacun de nous et se trouve commun et en prise direct avec la Vie, et l'acte de création ici symbolisé par le Père, mais chacun doit retrouver le sens profond de ce moi et ne pas le dénaturer en le rendant égotique, égoïste et désacralisé, c'est-à-dire en le rendant finalement contraire à sa "nature". Le but de tout chrétien, et de tout vrai maçon spirituel, et de se conformer à cet avertissement : " il faut que vous me trouviez en vous-même et alors vous pourrez vous-même vous sentir fil de Dieu." Phrase dont on retrouve un rappel dans la première maxime, la plus formidable de toutes, formulée dans le rituel de réception de la Maçonnerie Templière du Rite Ecossais Rectifié : " L'homme est l'image immortelle de Dieu mais qui pourra la reconnaître s'il la dénature lui-même ?" Que sont les maçons ? Des Fils de la Lumière ou des Enfants de la veuve, c'est-à-dire dans l'absolu des enfants de la vie éternelle qui ne connaissent plus la mort. Pourquoi les maîtres doivent-ils retrouver la parole perdue comme rassembler ce qui est épars ? Tout simplement parce que nous sommes ce que nous avons perdu de fondamental et qu'il appartient à chaque homme, et non pas uniquement pour chaque maçon, de retrouver ce que nous avons volontairement abandonné et nous nous sommes aliénés à nous-mêmes. Notre existence en ce bas monde n'a pas d'autre but, c'est là le sens profond du cheminement initiatique. Voilà pourquoi il devient capital de remonter le temps a contrario. Voilà le sens des cérémonies initiatiques qui nous projettent dans un "autre" temps, un autre lieu, nous ramenant à l'état qui fut le nôtre avant la "chute", avant le divorce d'avec le Céleste et le divin. Voilà pourquoi l'homme est une pierre et que de cette pierre il doit faire une église, c'est-à-dire un lieu "saint", parfait, conforme à ce qui fut avant la chute. Il aura abandonné le chaos pour rétablir l'Ordre universel. Ordo ab Chao.
Demande : J'ai un travail à faire sur la Sincérité. Pouvez-vous m'aider ? Merci.
Réponse
:
Le fait que l'on vous donné
ce sujet nous inquiète.
Seriez-vous peu sincère ?
La sincérité est impérative et de circonstance bien évidemment, comment
pourrait-on avancer sur la Voie si l'on se ment à soi-même et aux
autres ? Mais s'agirait-il seulement de cela ? La sincérité ne
comporterait-elle pas d'autres éléments en elle ?
Je pense qu'elle implique de fait d'autres obligations comme le respect
d'autrui et celui des religions et institutions religieuses et par
conséquent initiatiques car toutes les religions sont initiatiques, il
n'y a que les mécréants, c'est-à-dire les mauvais croyants à l'ignorer.
Ceci passe aussi par la nécessité de connaître ce qui s'avère
authentique et traditionnel comme universel. Que vaudrait une sincérité
qui reposerait sur l'erreur d'interprétation, de connaissance et de
croyances ? Par conséquent ne peut être véritablement sincère que Celui
qui Sait parce qu'il connaît la réalité absolue des choses et ne se
limite pas ou ne se conforme pas à un aspect limité ou réduit à un
intérêt particulier personnel ou collectif. Toute forme d'intérêt
direct altère fréquemment la pureté, la qualité d'un acte comme d'une
intention. Nous devons donc considérer que la vision comme l'action
"objectives" ne peuvent exister que dans le cadre d'un "non intérêt"
personnel ou collectif. N'étant pas directement concerné ou intéressé,
étant donc distant par rapport à un fait ou un évènement, je puis voir
les choses avec neutralité. Mais si ceci suffit pour être objectif,
pour quelques instants, cela suffit-il pour être sincère ? Le fait que
l'homme tende toujours vers un but, vers un désir, et que ce but et ce
désir deviennent omniprésents en lui en le rendant étranger ou aveugle
ou sourd à tout le reste, le fait qu'il se mette de temps en temps à
l'écart en devenant neutre pour quelques heures ne suffit pas à faire
disparaître tous les bandeaux qu'il porte devant les yeux, bandeaux
qu'il s'est façonné en se créant lui-même des dizaines d'illusions et
fausses visions ou conceptions des choses, des hommes, du monde. S'il
n'est pas apte à voir les êtres, la vie, la mort, la création et la
nature selon leur vraie nature et donc leur réalité, il demeure
aveugle. S'il est aveugle les yeux ouverts et donc incapable
d'appréhender la réalité du monde comment pourrait-il s'avérer sincère
? Les bonnes intentions ne suffisent en aucun cas et l'histoire des
hommes démontre continuellement que les meilleures intentions
produisent souvent les résultats les plus catastrophiques, les guerres
constituent un exemple significatif à cet égard. Sur la voie de la
sincérité surgissent donc de multiples obstacles dont le plus
redoutable reste celui de l'ignorance volontaire ou non. Ainsi un maçon
qui ne travaille pas véritablement le symbolisme ne pratiquera pas non
plus les devoirs ni les engagements pris lors de son obligation ou
serment. Tout refus de surmonter une difficulté ponctuelle devient la
marque d'une lâcheté personnelle, d'une défaillance inadmissible, ce
que la sagesse populaire énonce par l'expression : " ce n'est pas un
homme !". S'il n'est pas digne d'être un homme comment pourrait-il se
trouver digne d'être un maçon avec tout ce que cela comporte de
grandeur et de valeur ?
L'illusion peut aussi se manifester chez des individus qui paraissent
"droits", authentiques. Comment peut-on la déceler ? Au fait qu'ils
tendent vers un but. S'ils aspirent à la réalisation ou à la
concrétisation d'un objectif personnel, ils expriment encore des
scories, manifestant par cela même autant de marques d'une imperfection
manifeste. Ils n'ont pas "renoncé" et s'ils n'ont pas encore renoncé,
ils demeurent "tendus", crispés sur eux-mêmes même s'ils donnent
l'impression de la vertu ou de la piété les plus élevées. Etant "faux"
par rapport à celui qu'ils sont réellement à l'intérieur d'eux-mêmes
comment pourraient-ils être sincères ? Au mieux, c'est-à-dire pour le
pire, ils jouent à la sincérité en étant faux...
Vous avez un magnifique sujet de méditation sur la nature de l'homme et
de ce qu'il peut être ou véhiculer, je vous invite donc à vous laisser
aller et à poser un autre regard sur les hommes et le monde. C'est le
but auquel vous astreignent nos travaux symboliques. Que le vôtre donne
à réfléchir à tous vos frères. Bon courage et bon tracé.
DEMANDE
: REAA. Nous utilisons le rituel de 1802 encore appelé rituel
de
Saint Jacques.
Réponse
: Les loges bleues du REAA en France
n'existent que depuis Napoléon III et la guerre entre Viennet,
Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil et le Maréchal Magnan,
Grand maître du Grand Orient. Pour les ateliers supérieurs, les Suprême
Conseil recrutait les maîtres des loges du rite Français du
GO,
il n'y avait donc aucune loge bleue REAA. Une loge était dite française
pour les grades bleus et chapitrale ou écossaise pour les hts grades.
Le Suprême Conseil de France lui-même n'existant que depuis 1804, ce
rituel de 1802 est au mieux une curiosité mais en aucun REAA dont les
premiers rituels officieux datent de 1862 et les premières versions
officielles doivent dater de 1863. Il y eut des centaines de rituels
utilisés en France par des loges isolées dans des rites ayant
aujourd'hui disparu, on ne peut pas les réutiliser pour autant. Il
semble que ce soit en effet le cas pour ce rituel dont vous faites état.
Etant
donné ce caractère non REAA, il y a peu de
chance que votre obédience valide son utilisation dans votre loge. Vous
devez vous maintenir aux rituels autorisés.
DEMANDE : Je voudrais faire un travail sur le chandelier , en effet lors d'une cérémonie d'élévation à la maîtrise (au RER) j'ai été frappé par la présence d'un chandelier à sept branches.
Réponse
: Il ne peut en aucun cas, au Rite Ecossais Rectifié, en loge
de
Maître, y avoir d'autre chandelier que celui à TROIS branches. Il
s'agit là d'une irrégularité très grave car il s'agit d'une déviation
totale du rite qui se trouve totalement "faussé" ( par ce "mauvais"
nombre) et ne peut plus à cause de cela être considérable comme du RER.
Notez que le nombre du Maître, à ce rite, n'est pas ce nombre précis
mais qu'il commence au
delà ce qui se trouve
souligné
expressément par la mention : "x ans Passés".
DEMANDE
: Je souhaite travailler sur le nombre 45 qui pour moi symbolise la
solidarité cosmique qui s'exprime dans la vie de tous les êtres. "Un
compas ouvert à quarante-cinq degrés indique que la matière n'est pas
complètement dominée : il n'y a pas équilibre parfait entre les forces
de l'esprit et la matière." Jules Boucher.
La
Symbolique maçonnique.
Réponse
: Si vous
vous référez à Jules Boucher, vous entrez dans l'univers du non
symbolisme et du non initiatique. Il y a de quoi faire un long texte de
correction sur la fausseté de cette affirmation non connaissante par
ailleurs. La valeur du compas ne peut pas changer foncièrement en
variant son angle d'ouverture. Un symbole se rapporte toujours à une
loi ou à un principe de l'univers. Changer le métal du compas, sa
taille ou l'angle d'ouverture des branches ne changera rien à cet ordre
de valeur. Vouloir lui affecter une valeur changeante, c'est le
"fausser" et le réduire à néant. Un tel agissement constituerait la
"preuve" de la non connaissance symbolique et initiatique de son
auteur. Vouloir qu'il y ait un équilibre parfait entre les forces
spirituelles et celles de la matière reste caractéristique d'un non
savoir. Le livre dont vous faites état a eu pour conséquence la
"création" de quelques générations de maçons ne sachant rien du vrai
symbolisme et propageant des inexactitudes graves. On trouvait
pourtant, à la même époque, des livres extrêmement sérieux, ceux de
René Guénon et d'autres auteurs mais très difficiles d'accès et non
réservés par cela même à la masse de ceux qui se désintéressent du vrai
symbolisme.
45
ne peut en
rien se rapporter à quelque solidarité que ce soit puisque 4 + 5 = 9.
Or les nombres "humains" cessent à 7. 9 est le nombre des
"séparations", donc celui de la dissolution des choses, donc des
matières et des "essences" en vue d'un nouvel avancement dans la chaîne
de la vie. La dissolution passe par la pourriture ou le pourrissement
des matières ; être mangé par le ver ou le cancrelat, cela participe à
la vie universelle. Rien ne se perd, tout se transforme. Il n'y a pas
de solidarité mais complémentarisation ou intervention d'un élément
extérieur pour que s'opère ce qui doit se trouver détruit.
Notez le rapport entre la destruction de la chair et des essences et
celle du temple de Zorobabel. Car TOUS les temples doivent se trouver
détruits et disparaître : c'est le grand enseignement du 4eme. D'où le
Z, la dernière, l'ultime lettre selon l'occident. Au delà, il n'y a
plus rien ! Le fait que le "z" soit déguisé sous Ziza
ou Zizon selon
les rituels et les pays ne change rien à l'affaire.
DEMANDE
: le symbolismes des vitraux de cathédrale et plus particulièrement les
rosaces.
Réponse
: Les vitraux furent considérés comme des
livres d'images pour enseigner l'histoire religieuse - à travers
l'ancien et le nouveau testament - à la population qui ne savait ni
lire ni écrire. L'ancien testament fut affecté à la zone nord, le
nouveau à l'aire sud.
La rosace se trouve à généralement à l'occident, aire du Purgatoire,
puisque ce fut par l'ouest qu'Adam et Eve furent chassés du Paradis par
l'ange à l'épée flamboyante.
Le symbolisme de la rosace n'est rien d'autre que celui du cercle et
par extension du compas avec tout ce que cela comporte en terme de
temps affecté à une incarnation, et donc à une vie plus ou moins
limitée. Circulaire, elle est à rapprocher de la coupole (semi
sphérique elle) qui intervient elle comme une préfiguration du Paradis,
de même que l'échelle du rite Emulation à condition qu'elle ne soit pas
double comme celle des kadosch. Il reste vrai que c'est essentiellement
dans des ouvrages d'architecture religieuse que vous trouverez de la
matière et non ailleurs. Voir le livre d'Emile Male - L'Architecture
religieuse aux 12e et 13e siècles.
DEMANDE : Je dois traiter pour mon accès au quatrième, le nombre du grade de Maître. Merci pour vos conseils.
Réponse :Vous devez traiter le symbolisme spécifique de l'âge du grade qui n'intervient en aucun cas comme un nombre de perfection, anomalie qu'on entend dire par des gens qui ne connaissent absolument rien au symbolisme. Il s'agit d'un nombre de globalité ou de totalité, ce qui n'est pas du tout la même chose. Son caractère fondamental, qui n'est pas connu puisque les maçons ne s'intéressent guère au vrai symbolisme traditionnel, est d'être en rapport avec la mort, ce qui lui confère une nature mortifère et donc un changement de nom, c'est pour cela que le maître a perdu le Nom ou la Parole qu'il a remplacé par une "parole" de substitution momentanée. Ceci explique pourquoi, lorsqu'on lui demande s'il est maître, il doit répondre : ---- m'est connu ou deux initiales, mais en aucun cas par un nom ou mot de passe ou quelque chose qui pourrait y ressembler. Ce nombre demeure de ce fait un nombre d'achèvement ; il marque la limite de la vie et de la mort. Tous les autres nombres qui le suivent ne concernent plus l'homme mais le GADLU ou DIEU maniant son compas qui amorce la transition d'une existence qui s'est achevée vers un autre état. Bon courage.
Voyez la planche sur le Nombre du grade de Maître dans Les Planches du Maitre de Christian Guigue.
DEMANDE : On m'a confié comme thème de Planche " Le Plan" en vue de mon accès prochain au 14ème degré. Pouvez-vous m'aider ?
DEMANDE : Je cherche à me fournir vos livres à la librairie L'Acacia de Melun qui me signale qu'ils ne parviennent plus à les avoir.
Réponse : Nous avons suspendu nos livraisons à L'ACACIA de MELUN qui n'a toujours pas réglé nos factures malgré quatre rappels.
Si un libraire vous dit : "le livre est épuisé" ou "nous ne pouvons pas l'avoir" Commandez-le nous directement en cliquant sur ce lien : www.guigue.org/commande.htm De toute façon, à compter du 1er janvier 2004, nous ne servirons plus les commandes des librairies comportant moins de 5 livres. Si votre librairie ne travaille pas régulièrement avec nous, il ne pourra pas disposer de l'ouvrage que vous recherchez, sauf s'il commande 5 volumes en panachant éventuellement les titres.
Aucun libraire ne vous dira qu'il n'est pas en mesure de régler ses factures et que c'est pour cette raison qu'on ne le livre pas.
DEMANDE : Le thème : "Les mystéres rituéliques" pour préparation d'une planche au 1er degré du REAA. Merci de me conseiller des ouvrages abordant ce sujet.
Réponse
: Certains thèmes peuvent faire sourire,
dont malheureusement celui-ci. On trouve tellement peu de spécialistes
du symbolisme et de la rituélie dans les loges qu'en effet on ne peut
que trouver étrange ce genre de sujet. Lorsque de surcroît, on le
confie à un Apprenti qui n'est pas censé pouvoir "parler", et n'a pas
encore percé ni le sens de la perpendiculaire ni celui de la pierre, on
ne peut que s'étonner de voir évoquer tous les mystères inclus dans les
rituels, dont il faut encore avoir conscience, et que de trop nombreux
maîtres seraient incapables de traiter car ils n'en ont aucune idée.
Nous vous conseillons d'opter pour un sujet de votre grade en
privilégiant les symboles du degré.
Par ailleurs une erreur usuellement généralisée consiste à vouloir traiter tel sujet au 1er ou 2eme ou à tel autre grade dit "supérieur", dénomination tout aussi anormale car il n'y a ni degrés inférieurs ni grades supérieurs. Tout ceci n'a aucun sens. Soit on traite vraiment le sujet soit on ne le traite pas ! Un symbole ne varie jamais de sens en fonction de tel ou tel grade, cela ne sera jamais possible car il répond à telle loi ou tel "principe" universel. Imaginer qu'il peut en aller autrement démontre en la matière que l'on ne connaît absolument rien du symbole en particulier et du symbolisme en général. Si l'on s'amusait à faire traiter le fil à plomb, la pierre brute ou cubique à pointe ou le niveau par des 33ème, 30ème ou 18ème, on verrait qu'ils n'en savent guère plus finalement que la plupart des apprentis ou des compagnons.
DEMANDE : Je cherche des informations sur le nombre des pas et le chiffre 9.
Réponse
:
Qu'il s'agisse de 3 ou quelque autre nombre de pas à faire, ce n'est
pas le pas qu'on analyse mais le nombre à mettre en oeuvre pour
lui-même.
Le nombre 9, c'est la dissolution, la disparition du corps de chair.
C'est pour cela que les nombres qui s'appliquent à l'homme vivant vont
de 3 à 7.
Lorsque dans les hauts grades, nous rencontrons des nombres apparemment
plus complexes comme "âge" du degré, il convient toujours d'examiner le
rapport incriminé (projection au carré ou au cube) ou s'il n'y a aucun
"rapport" possible - ce qui serait par ailleurs une anomalie rituelle
grave mais les rituels en comportent tellement puisqu'ils ont été
remaniés tant de fois depuis leur création et même depuis les années
2000 -, il faut alors les ramener au nombre d'origine. Exemple : 81 ans
= rapport au carré (car 9 x 9 que nous réduiront de fait ainsi : 81= 9
(8+1=9). Un rapport "au carré" indique que les effets de ce nombre se
situent dans le plan terrestre, celui de la matière car symboliquement
le carré, c'est la terre, le monde limité des hommes.
DEMANDE
: Pour le 14eme degré. Je cherche de la matière concernant le premier
temple et les raisons de sa destruction.
Réponse
: Ce thème n'est pas adapté à ce degré
car vous avez eu connaissance depuis longtemps du second temple de
Zorobabel, lequel fut détruit lui aussi. Pourquoi voulez-vous revenir
en arrière quand votre travail consiste à assimiler les éléments pour
avancer plus loin ?
L'enseignement énoncé par le second temple, c'est que tous les temples
seront détruits puisqu'ils sont faits de la main des hommes. Il ne peut
y avoir de valide que ce qui émane de l'Eternel et sera continué ou
repris par Lui.
Le 14eme marque la limite ultime du monde de la matière, vous devez
vous préparer à entrer dans la Voie du renoncement et du sacrifice, non
pour vous conformer aux textes mais pour vous mettre en accord avec ce
que vous devez accomplir dans votre vie et dans ce qui va se profiler
au 18eme degré.
DEMANDE
: A l'heure de la communication via Internet, de l'information à
outrance, quel secret pouvons-nous encore garder ? De nombreux livres
ont été publiés, de nombreuses émissions ont été diffusées. Ne
vaudrait-il pas mieux lever le voile plutôt que de laisser des
personnes mal intentionnées ou mal informées diffuser des informations
plus ou moins justes ?
Vous
vous trompez si vous pensez que les
livres écrits par des maçons considérés comme importants en leur temps
comportent d'importants éléments révélés. Leurs ouvrages n'étant même
pas conformes au véritable symbolisme universel et traditionnel, et ne
dépassant jamais de ce fait le niveau d'un mauvais apprentissage, que
pouvaient-ils révéler puisqu'ils ne savaient rien ? Il en va de même
pour la plupart des auteurs maçonniques écrivant aujourd'hui dans le
domaine du symbolisme. Ceci s'aggrave encore pour les hauts grades.
Alors la télévision, la presse, ne changeront rien à cela. Quant aux
personnes mal intentionnées envers l'Ordre, ne soyez pas inquiet, il y
en eut par le passé au cours de la seconde guerre mondiale (Mgr Jouin,
etc.) et on en trouvera toujours. Voir certain parti d'extrême droite
et d'autres.
Pour Internet, ce vecteur reste encore plus pauvre dans ce domaine que
le livre et c'est naturel. Les textes qu'on y rencontre sont de piètre
niveau et très éloignés de la vraie Maçonnerie et du vrai symbolisme.
Ne rêvons donc point. Les chercheurs de haut niveau qui ont voué leur
vie au travail et à la recherche ne vont pas diffuser gratuitement sur
la toile le résultat de travaux ayant nécessité tant d'efforts et des
dizaines d'années. L'amateur sérieux peut se référer à leurs ouvrages
s'il souhaite découvrir le fruit de leur quête. Pourquoi les Chercheurs
feraient-ils - en publiant leurs travaux gratuitement - ce que les
maçons ne font même pas avec leurs modestes planches ? Sur le
Net, puisqu'on ne trouve rien de réellement valable et sérieux sur le
symbolisme, il faudrait se montrer bien inconscient pour oser espérer y
trouver quoi que ce soit d'important ou objectivement " réel "
concernant la Voie et les Mystères.
Les
Evangiles avertissent : 'il ne faut pas donner de perles aux
pourceaux". Ce qu'il faut traduire par : il ne faut jamais donner des
connaissances importantes à des hommes qui, par leur état d'être
spirituel ne les comprendront pas et ne les méritent donc pas.
D'ailleurs, à quoi cela leur servirait-il puisqu'ils ne seront
pas quoi en faire ?
DEMANDE
: On me confie comme sujet de planche : "La recherche du devoir et la
ferme volonté de l'accomplir".
Réponse
: Nous n'avons pas à rechercher quel bien
peut bien être notre devoir puisque les termes du serment prononcé lors
de la réception au grade d'Apprenti le précisent en trois axes :
1. devoirs envers Dieu,
2. devoirs envers les hommes,
3. devoirs envers soi-même.
Il
suffit donc de
les développer.
Nous n'avons nullement besoin d'une ferme volonté, il suffit simplement
de suivre la voie que l'Ordre nous indique, laquelle passe par le
travail sur la pierre brute, dans l'axe de la perpendiculaire, puis sur
le Niveau, en pratiquant les vertus et en renonçant aux vices.
Tout ceci passe donc par la nécessaire élimination des Passions et donc
des Métaux. Le Silence doit nous permettre de nous retirer du monde
pour comprendre cela.
Ce travail semble démontrer que vous ne donnez pas satisfaction à votre Surveillant soit par votre absentéisme, votre manque de travail ou d'intérêt pour le symbolisme sinon il vous aurait confié un sujet traditionnel. Si, en effet, vous ne savez pas en quoi consiste ce que vous devez accomplir ni pourquoi vous devez le faire, il y a effectivement un sérieux problème.
DEMANDE
: Le rôle du compagnon en loge et de son travail pour l'édification du
temple ? Qu'en pensez-vous ?
Réponse
: Cette formulation nous intrigue car le
Compagnon n'a pas de rôle à tenir en loge puisque n'étant pas Maître il
ne peut assumer aucune fonction d'officier par exemple. Or, seuls, en
loge, les Officiers ont un rôle découlant de la fonction à assumer.
N'oublions pas que, comme la loge n'existe que par la réunion des
frères pour la durée du travail dans le temps symbolique circonscrit de
midi à minuit, le Compagnon ne peut que se tenir à une place de sa
Colonne comme les Maîtres non officiers.
Son travail pour l'édification du temple ?
Il ne sait pas ce qu'est véritablement le temple puisqu'il ne peut pas
siéger dans la Chambre du Milieu. Il n'en a donc qu'une vue exotérique
ou "extérieure", la loge des Compagnons se tenant théoriquement sur les
parvis, c'est à dire à l'extérieur du temple. Noter ce fait important :
la loge et le temple de Salomon sont orientés inversement l'un par
rapport à l'autre. La loge est "orientée" : occident vers orient. Le
temple de Salomon est "orienté" lui de l'orient vers l'occident, soit
tout le contraire de la loge.
En pratique, le Compagnon ne peut même pas parvenir jusqu'au parvis puisqu'il lui faudrait pour cela pouvoir monter l'intégralité des marches de l'escalier conduisant au temple, or, il ne peut monter que le nombre de marches correspondant à l'âge du grade. Vous voyez toute la complexité de l'affaire !
Le travail du Compagnon ne consiste donc pas à édifier le temple, ce
serait présomptueux à ce niveau du parcours, mais à commencer à mettre
en oeuvre ce qu'il a découvert et compris des symboles jusqu'à ce jour
dans le plan des hommes. L'édification
du
temple se décline à plusieurs niveaux dont le premier passe
obligatoirement par la perception personnelle (j'édifie Mon
temple = la marque ou la projection d'un Ego encore omniprésent) mais
dans l'absolu, ce travail, loin d'être exclusivement personnel, doit se
confondre dans une oeuvre qui ne peut être que collective. Le Compagnon
doit s'astreindre au travail de sa pierre cubique pour la rendre
parfaitement polie et lisse et brillante, donc "lumineuse".Cette pierre
personnelle devra ensuite se confondre dans la construction commune, en
perdant ainsi ce caractère personnel et indicatif pour se fondre dans
l'universel et l'absolu.
DEMANDE : Je suis au R.E.R. et je prépare un travail sur les maximes. J'ai pas mal lu mais le sujet n'est guère traité dans les livres soit disant spécialisés. Peux tu m'apporter des idées ? Pourquoi les maximes au R.E.R et pas dans les autres rites, est-ce lié au caractère chevaleresque du système ?
Réponse
: Vous
allez pouvoir faire un bilan en reprenant les maximes du premier et du
second grades.
Le Rite Ecossais Rectifié est un rite templier, gnostique et
chevaleresque qui a conservé son corpus et sa cohérence à travers les
siècles, ce qui n'est plus du tout le cas d'autres systèmes, qui ont
modifié leurs rituels en réaction contre les excommunications papales
au 19e siècle, et qui se trouvent "adaptés" environ tous les 25 ans au
gré des circonstances et des variations de mentalité. Au REAA, on
trouve aujourd'hui plus de 20 versions différentes des rituels, chaque
grande loge ayant modifié les siens pour qu'ils ne soient pas
identiques ni comparables à ceux des obédiences concurrentes. Ce fut
aussi l'une des conséquences des guerres que se livrèrent certaines
grandes loges et certains suprêmes conseils parisiens.
Pour en revenir au Rite Ecossais Rectifié, chaque Apprenti, chaque
Compagnon, chaque Maître est un futur Chevalier en puissance, voilà
pourquoi vous portez le chapeau et l'épée en loge.
La plus
formidable maxime de tout le système est la première : "l'homme est
l'image immortelle de Dieu mais qui pourra la reconnaître s'il la
défigure lui-même ?"
Voilà esquissé la trame gnostique du Régime et le travail que tout
Cherchant se doit d'accomplir pour espérer recouvrer sa nature
primordiale, ce qui dans le rite se trouve évoqué par le tableau avec
la colonne brisée : Adhuc
Stat.
Observez
aussi que certaines maximes moins
"capitales" se rapportent à certains devoirs fondamentaux comme : "Celui
qui rougit de la religion ..."
(obligations religieuses du
Cherchant car la voie initiatique s'avère obligatoirement "religieuse",
même si elle peut s'accomplir hors système religieux comme pour les
Soufis qui recherchent le face à face avec Dieu sans aucun
intermédiaire - Notez à ce propos que toutes les initiations antiques,
égyptiennes, grecques, etc., furent conférées dans des Temples donc par
des religieux) ou encore : "L'homme
dont le coeur ne s'ouvre pas au
malheur et aux besoins des autres hommes est un monstre
dans la société des frères"
(obligation d'assistance fraternelle
envers tous les hommes - et pas uniquement envers les maçons car nous
provenons d'une souche commune et non limitativement de nos mère et
père putatifs comme certains l'imaginent encore! ). Comment un maçon
peut-il réparer les injustices sociales et humaines s'il refuse
d'élever des temples à la Vertu, s'il traverse sa vie en restant un
égoïste forcené, en demeurant pour toujours un profane pire que les
autres puisqu'il se pare du masque de l'homme qui joue à faire semblant
d'être un maçon ? Comment même pourrait-il véritablement devenir un
maçon puisqu'il oublie de pratiquer à chaque seconde de sa vie, les
devoirs de tolérance en acceptant que les autres agissent et se
comportent avec différence et se trouvent même en concurrence avec lui
pour certaines choses ou ambitions, s'il passe sa vie en critiquant les
autres et en s'érigeant en juge, sans se rendre compte qu'en agissant
ainsi, il se minore chaque jour davantage lui-même s'enfonçant de plus
en plus dans la condition d'homme de torrent", d'homme-animal, quand le
but du travail de tout Cherchant consiste à devenir un "homme de
désir", la charité devenue chair, l'Homme Universel absolu,
c'est-à-dire quelqu'un qui n'est plus tout à fait un homme. Le vrai
maçon, le vrai Cherchant va tolérer ces "monstres", je reprends le
terme de la maxime rituelle, ces frères "déviants", parce qu'il a de la
compassion, de la tristesse à les voir se comporter ainsi, parce qu'il
a aussi devant lui, en permanence, l'image de ce qu'il ne faut jamais
faire ni devenir. Chacun aura la mort qu'il mérite et qui le frappera,
voilà pourquoi tout Initié devient triste quand des hommes se
"perdent". Voilà pourquoi aussi les vrais initiés s'éloignent de ceux
qui veulent rester profanes envers et contre tout, parce que le monde
de l'illusion n'est plus le leur.
Les
diverses maximes soumises à chaque voyage, et
chaque degré, ont pour but de vous avertir des dangers mais surtout de
vous indiquer l'axe, la route, pour que vous deveniez un homme
d'harmonie en parfaite correspondance avec l'ineffable beauté du monde,
avec les exigences attendues d'un Cherchant véritable, pour que vous
puissiez progresser continuellement sur la Voie en vous élevant dans la
spirale du devenir des états d'être.
La Maçonnerie templière fut et reste la maçonnerie la plus "exigeante" qui soit. Ce n'est pas sans raison qu'on y trouva toute l'élite européenne (Mozart, Goethe, et tant d'autres), qu'elle refusa de dévier de ses fondements et principes et de modifier ses rituels devenus les plus anciens d'Europe (même ceux du Rite Suédois ou de Schroeder, non modifiés eux aussi depuis des siècles, sont plus "jeunes"), par conséquent les seuls qui soient restés intacts, et "traditionnels", c'est à dire conformes à la Tradition, et toujours pratiqués en l'état. Bonne chance et bon tracé.
DEMANDE
: Je suis Maître des Cérémonies et nous avons deux questions pour
lesquelles notre rituel RER n'apporte pas de réponse claire :
1) l'épée doit-elle être portée à droite ou à gauche ?
2) quand par extraordinaire une des étoiles s'éteint, quelle conduite
tenir pour la rallumer ?
Réponse : Il est dommage de constater que vos questions manquent malheureusement de précision car on ne sait pas de quelle étoile ni de quel(s) porteur d'épée il s'agit.
1. Seul le vénérable peut allumer le chandelier à trois branches et les trois grands flambeaux ou piliers. Si une de ces étoiles centrales s'éteint, le MDC va le chercher et le VM allume la bougie malencontreusement éteinte. La tenue ne peut pas continuer si une seule bougie vient à s'éteindre, le novenaire "actif" à travers les neuf lumières d'Ordre réglementaire n'existant plus.
Les bougies du Secrétaire comme celle des Surveillants doivent être allumées au pilier qui leur correspond. Si l'une d'elle s'éteint, le MDC va chercher l'officier concerné et le conduit au flambeau (côté orient pour le Secrétaire, nord-ouest pour le 2nd Surveillant, sud-ouest pour le 1er Surveillant), où l'officiant la rallume lui-même. Personne ne peut rallumer une étoile à la place de l'officiant concerné. Le MDC accomplit son office en alertant le VM, après avoir demandé la parole, selon les formes accoutumées, sur l'incident constaté. Rien n'autorise le MDC à s'adresser directement au vénérable maître ni à rallumer une bougie lui-même. Le V.M. doit interrompre les travaux par un coup de maillet, lesquels travaux reprendront force et vigueur selon les formes requises, lorsque tout sera rentré dans l'ordre et que la loge se retrouve en situation régulière pour l'accomplissement de son travail.
Si une bougie du chandelier à trois branches s'éteint sur l'autel, le vénérable la rallume lui-même.
2. Port de l'épée : tous les frères sortent l'épée du fourreau et la tiennent en la pointant contre terre de la main gauche lors de l'ouverture et de la clôture des travaux, étant à l'ordre de la main droite. Le fourreau doit pendre du côté de la cuisse gauche. Noter que le vénérable aussi tient l'épée de la main gauche lors de l'invocation d'ouverture, le MDC aussi à ce moment là. L'épée se tiendra de la main droite à certains moments des cérémonies de réception au premier, second et troisième degré. Ne pas oublier l'inversion de tenu de l'épée, ou changement de main, à chacun des voyages usuels lors des cérémonies de réception, passage, etc.
Cet élément s'avérant important, il figure dans la nouvelle édition du livre La Formation Maçonnique de Christian Guigue.
DEMANDE : Le rituel d'élévation au troisième degré relate comment 3 mauvais compagnons résolurent à pénétrer dans la Chambre du Milieu de gré ou de force. Ceux-ci ne possédaient pas le mot des Maîtres Maçons et l'on dit qu'avec la mort d'Hiram s'est perdue le mot des Maîtres (nécessaire aux ouvriers Maîtres pour percevoir leur salaire en chambre du Milieu). Le Nouveau mot des Maîtres communiqué lors de l'élévation est considéré parfois comme une parole substituée au mot figurant dans le tétragramme juif "JHVH", l'ineffable nom de Dieu. Il me semble qu'il y a une contradiction à dire qu'avec la Mort d'Hiram la parole s'est perdue. En effet si les autres Maîtres se faisaient reconnaître à Hiram avec ce mot, comment se fait il qu'avec sa mort, l'ensemble des Maîtres qui étaient en possession de ce mot l'ait également perdu ? Demande formulée par internet.
Réponse
:
Votre question est très intéressante et elle démontre comment on peut
rapidement dévier.
Une confusion extrême s'établit entre mot
ordinaire et parole,
un mot
ne pouvant pas être une "parole". Ou alors il ne s'agit plus d'un mot
mais d'un symbole. N'oublions pas que la première fonction du symbole
(signe) est justement de se trouver utilisé comme élément de
reconnaissance. Chaque individu donnant ou traçant une moitié du signe
sans oublier cependant que ce signe représente toujours quelque chose
de capital. C'est aussi l'une des raisons d'être de l'utilisation des
initiales dans les textes sacrés, initiales qui se trouvent le plus
souvent associées à des signes de ponctuation - ou système de
points-voyelles - ayant pour finalité d'établir des "rythmes" ou
"durées vibratoires". Il en va de même pour les lettres du tétragramme,
chacune dessinant une "initiale". C'est pour cela que la Maçonnerie met
l'accent sur les lettres à épeler et qu'il faudra plus tard rassembler
ce qui est épars, c'est-à-dire reconstituer l'ensemble, s'il nous a été
donné d'en recevoir la clé et la compétence ou la capacité, pour
pouvoir procéder à la juste invocation du Nom ou des noms.
Changer le mot à la mort d'Hiram : pourquoi l'avoir fait puisque les
autres maîtres le connaissaient ? Parce qu'il y avait un risque
toujours possible qu'Hiram l'ait communiqué et comme il était mort, et
qu'aucun témoin n'était présent, nul ne pouvait absolument être certain
de cette non communication. Hiram avait aussi pu le formuler avant de
rendre l'âme en un dernier appel ou une dernière invocation à
l'Eternel, comme chacun se doit de le faire avant de mourir s'il en
possède encore la capacité physique, et que le Compagnon l'ait donc
entendu.
Si
certains peuvent toujours contester l'aspect
légendaire hiramite, mais alors ils s'éloignent de la Maçonnerie
spéculative qui en a fait l'un de ses fondements, une chose reste
certaine : YHVH n'est pas le "vrai" nom de Dieu pas plus que celui de
Jehova. Il s'agit là de formulations détournées pour égarer le
Cherchant, formules que connaissent bien nos amis Juifs qui ne Le
désignent que par des épithètes ou des caractéristiques comme : Le Tout
Puissant, etc.
Le vrai nom de Dieu ne peut pas se formuler comme on prononce n'importe
quel mot car celui qui le reçut fut Moïse, or Moïse ne pouvait rien
prononcer normalement car il était bègue sa langue ayant été gravement
brûlée en terre d'Egypte ! Le vrai nom de Dieu ne répond donc pas au
rythme quaternaire indiqué par les quatre lettres Iod, Hé, Vaw, Hé. Il
répond à un rythme différent en n'étant pas vraiment un "nom" qui se
lit mais une vocalisation incantatoire.
On retrouve la même problématique avec la Parole retrouvée au 18eme
degré, qui n'est plus le Nom des quatre lettres évoquées au troisième
degré, car nous nous trouvons devant le même phénomène de camouflage et
donc de prononciation. Seuls de vrais initiés peuvent utiliser ces
"éléments" car on entre dans le domaine de la théurgie ou magie divine
et cela présente de réels et très graves dangers. Les vrais "initiés"
ne les utiliseront jamais, c'est d'ailleurs pour cela qu'ils reçoivent
comme une grâce personnelle cette inestimable "communication".
DEMANDE
: J'ai choisi de travailler sur la Justice Maçonnique et je n'en vois
pas la fin. Pouvez-vous me faire part de vos avis ?
Tu
t'es en effet fourvoyé
toi-même à moins que tu aies une thèse personnelle à développer sur la
non justice maçonnique.
La justice maçonnique est un non sens car elle vient en contradiction
des devoirs de tolérance et de fraternité auxquels TOUS les maçons se
trouvent obligatoirement astreints. Il n'est pas dévolu à l'homme de
pouvoir agir en créateur ni en juge, d'ailleurs les livres sacrés des
religions n'y dérogent pas puisque la Bible elle-même stipule : "Tu ne
jugeras point".
Les maçons ont d'ailleurs d'autant moins de raison de vouloir juger
leur semblable qu'ils sont censés être des initiés et savoir ce qui va
s'accomplir sans que l'homme ait à intervenir dans ce domaine. L'homme
n'est et ne pourra jamais devenir le GADLU. Laissons donc au GADLU ce
qui lui appartient et aux maçons les devoirs qu'ils doivent assumer.
Dans ces pseudo affaires de règlements de compte maçonniques, toutes
les parties ont commises des erreurs et les torts se trouvent de fait à
partager. Les pseudo juges cherchent souvent à éliminer quelqu'un qui
dérange le système ou gêne un groupe de frères en les empêchant de
faire ce qu'ils veulent. Si un Frère commet une "erreur", non seulement
nous n'avons pas à le "pénaliser" mais il est du rôle de tout vrai
maçon de l'aider à recouvrer la raison et de le remettre sur le chemin.
Dans les Evangiles, celui qui s'égare et se trompe peut devenir la
brebis préférée lorsqu'il se rend compte de son égarement et revient
sur la voie de perfection. En tant que maçons, nous devons agir à
l'identique en donnant nous-mêmes l'exemple de la juste attitude, de la
mansuétude à l'égard de celui qui faiblit, se trompe ou s'égare, de la
compassion altruiste et fraternelle. Personne n'est parfait ni ne le
deviendra car il n'est pas dans la nature de l'homme de pouvoir
atteindre cet état consciemment. Si un frère autour de nous s'est
égaré, nous en portons tous la faute et la responsabilité car nous
n'avons pas su déceler sa faille ou sa fragilité et nous n'avons rien
fait pour l'aider à se fortifier ou à s'en sortir. Certaines "erreurs"
découlent souvent de "pressions" diverses et celui qui se trouve seul,
et ne pouvant ou ne sachant pas résister, finit par chute ou par
faillir, c'est naturel. Mais s'il s'est retrouvé seul dans la
difficulté, c'est que ses frères se sont défaussés et l'ont lâchement
abandonné à lui-même. Comment pourraient-ils ensuite avoir le culot de
lui reprocher des griefs qui doivent se retourner contre eux ? Mais,
comme selon le propos de Thomas d'Aquin : "Une chose n'est
pas
juste parce que Dieu le veut mais Dieu le veut parce que c'est juste",
la vraie justice, celle du GADLU les frappera dans leur vie maçonnique
et privée dans les mois et dans les années à venir parce qu'ils doivent
payer pour le non accomplissement d'un devoir auquel ils se sont
librement astreints lors de la prestation de leur obligation
d'Apprenti. C'est la raison pour laquelle tant de loges, tant de frères
subissent tant de problèmes dans leur vie. Ils paient pour leur lâcheté
et pour leurs carences en n'ayant pas réagi ou manifesté leur soutien
pour un ou plusieurs Frères qui en avaient besoin et subissaient une
injustice. Mais certains ont peur des représailles émanant de
dignitaires locaux, lesquels pourraient empêcher leur progression vers
tel ou tel haut grade, vers le vénéralat, voire d'être l'objet de la
justice maçonnique à leur tour, il y a tellement de faux maçons dans le
système qui privilégie le nombre pour garantir la trésorerie la plus
florissante sur les qualifications réelles ou aptitudes à l'initiation.
Alors ils se taisent et se font complices de l'Injustice, ils
deviennent l'injustice même. Mais dans le grand jeu de l'Ordo
universel, ils fraudent en fonction de leurs intérêts personnels non
avouables et ils deviennent des acteurs de l'iniquité. Le précepte
divin "Oeil pour Oeil, dent pour dent", c'est-à-dire "ce que tu as fait
d'indigne te sera réservé", leur sera appliqué avec tout la rigueur
divine.
Quant aux effets d'une justice maçonnique dérisoire, ils restent nuls.
Il y a 26 obédiences maçonniques en France dont chacune se moque
totalement de ce que fait sa voisine. Il y aura bien au moins 20
obédiences prêtes à accueillir chaleureusement tout frère ayant eu un
problème avec son ancienne loge ou son ancienne organisation nationale
qui se trouvera de fait ridiculisée. Les maçons radiés pour non
paiement de leur cotisation (pour RMI, chômage, divorce, etc.)
pourraient à leur tout attaquer les frères de leur loge voire même leur
obédience pour non solidarité et non fraternité, pour non respect des
préceptes et des devoirs traditionnels de l'Ordre. Tous ceux qui sont
brutalement "vidés" de leur charge dans certains hauts grades, pour
qu'un poste devenu soudainement vacant puisse se trouver attribué à un
"ami du système", pourraient sans doute, en faire autant ?
C'est à cause de tous ces errements, autrement plus graves que
certaines pseudo affaires maçonniques, car ils deviennent très
fréquents, que des démissions se produisent par centaines chaque année
et que, dans certaines organisations, les départs deviennent plus
importants que les nouvelles recrues de l'année. Ce sont ces frères et
ces soeurs qui créent ainsi de nouvelles obédiences en permanence, à
moins qu'ils choisissent de fonder une nouvelle loge avec des frères
choisis parmi d'autres ateliers de leur obédience.
DEMANDE : Pourquoi nous demande-t-on de nous intéresser au symbolisme ? C'est plutôt ennuyeux et pas clair du tout. Sert-il à quelque chose ? Anonyme.
Réponse : Votre question nous laisse tout simplement sans voix. Si le symbolisme ne vous intéresse pas, vous n'avancerez jamais car la pratique des vertus de Sagesse, Force et Beauté que l'Ordre privilégie ne vous motivera guère davantage. On peut se demander pourquoi vous êtes venu en FM, des associations humanitaires ou philanthropiques comme le Rotary, le Lion's Club, la Table Ronde et d'autres encore vous auraient peut-être mieux convenu. A moins que l'humanitaire et la philanthropie ne vous intéressent pas non plus.
Le symbole correspond à une réalité universelle ; il a de plus une fonction : celle de faire s'élever l'homme en le conduisant à se dépasser. C'est pour cela qu'on vous place sous l'égide du fil à plomb dès votre entrée dans l'Ordre, car, comme lui, le symbole a pour fonction de relier la terre au ciel en établissant entre Celui qui se trouve à l'origine de l'incarnation et l'homme une relation telle qu'ils deviennent "conjoints" l'un à l'autre. Aussi, non seulement, ainsi que le souligne Mircéa Eliade, "le symbole prolonge une hiérophanie ou qu'il s'y substitue", mais que son importance vient de ce "qu'il peut continuer le processus d'hiérophanisation et surtout parce que à l'occasion, "il est lui-même une hiérophanie", c'est-à-dire qu'"il révèle une réalité sacrée ou cosmologique qu'aucune autre manifestation n'est à même de révéler". L'étude et le travail effectif sur les symboles permet de se projeter en eux et de vivre une expérience, une approche de l'universel et par conséquent du divin que rien ne peut remplacer. Pour celui qui n'entre pas dans le coeur de chaque symbole, la lumière et toute possibilité de parvenir à quelque connaissance que ce soit resteront impossibles. Si l'Ordre maçonnique nous soumet progressivement à des symboles différents, c'est qu'il existe une gradation, une échelle des symboles en rapport avec toute la gamme des possibilités hiérophaniques, toujours en relation avec la sacralité bien évidemment, mais y parvenant par des voies différentes, exotériques ou ésotériques, par l'extérieur à partir de la forme ou par l'intérieur, à partir du "coeur", à partir du message signifiant révélé.
Demandez-vous pourquoi vous vivez et si votre existence, jusqu'à maintenant, vous a apporté ce que vous souhaitiez. Si vous voulez découvrir le sens de la vie et celui du devenir, recommencez tout à zéro. Replacez-vous sous la perpendiculaire en faisant le bilan de votre vie ; ceci pourra peut être vous aider. Bonne chance.
DEMANDE : Je serais désireux d'avoir des renseignements sur la signification du banquet d'Ordre, devant faire une intervention sur ce thème le 16.10. Quelle est son origine, sa signification. Pourquoi doit il être tenu lors d'une saint Jean ?
Réponse
: Les
deux fêtes traditionnelles de l'Ordre (maçonnique) sont les 2 saint
Jean. Ces dates étant "dangereuses" pour les cérémonies d'accès dans un
grade furent spécialisées depuis toujours dans l'installation du VM et
du Collège des Officiers qui peuvent se trouver installées à l'une ou
l'autre fête de Saint Jean sans distinction aucune.
Les 2 St Jean étant devenus les deux patrons que l'Ordre vénère, une
"fête" est tenue en leur honneur en cette circonstance qu'un nomme le
banquet d'Ordre. Le banquet d'Ordre n'est pas une simple agape. On y
tient ce que l'on appelle une Loge de Table. C'est-à-dire que tous les
frères y participent vêtus des décors maçonniques, les officiers y sont
installés à la même place - si possible et en fonction des possibilités
géographiques qu'offre le local - qu'ils occupent en loge, le VM
présidant à l'orient. On y pratique un travail rituel, dit de table,
avec ouverture, tenue et clôture de la loge. La planche de rigueur
porte naturellement sur la Saint-Jean.
Cette pratique du Banquet d'Ordre est empruntée au Rite Ecossais
Rectifié, forme française de la Maçonnerie Templière, pour qui le terme
Ordre rappelle l'Ordre Maçonnique mais aussi et surtout l'Ordre
novenaire Templier.
Rite le plus ancien actuellement pratiqué en France, le Rite Ecossais
Rectifié a influencé considérablement la Maçonnerie française. Le
rituel d'ouverture du REAA pratiqué à la GLDF a largement puisé dans le
rituel d'Apprenti du Rite Ecossais Rectifié, ce qui n'est pas anormal
en soi quand on sait que la loge Les Trinitaires, loge la plus ancienne
de la GLDF, s'appelait antérieurement "Les Chevaliers bienfaisants de
l'olivier écossais" et travaillait alors au RER. Ce seul nom est
spécifique du Rite Ecossais Rectifié dont le grade de Chevalier
Bienfaisant est le plus haut degré de l'Ordre.
DEMANDE : J'ai un travail imposé à présenter dans mon Aréopage, au 30ème. Le thème : "il est du devoir du Chevalier Kadosch de respecter et d'observer les lois morales de la Chevalerie." Ma question est la suivante : peut-on sortir des sentiers battus ?
Je ne sais pas ce que vous entendez par cette expression non précise de "sentiers battus" car ceci peut varier à l'infini selon que vous vous trouvez digne au plan de la réalisation spirituelle ou non méritant le grade que vous détenez, selon votre parcours initiatique ou du fait que, malgré l'acquisition de multiples grades, vous pouvez fort bien ne pas avoir accompli le moindre pas sur la Voie, selon le degré de compréhension et donc de perception du symbolisme universel, etc.
Le CHK n'est pas un nouveau Chevalier, vous avez transité par un autre grade autrement plus fabuleux, celui de Souverain Prince Rose-Croix. Pour un Chevalier authentique, il n'y a pas de plus beau niveau que celui-là. La question que vous pouvez, et devez même vous poser, peut se résumer à cela : "Y a-t-il une différence entre être Chevalier ou Souverain Prince Rose- Croix ou Chevalier de l'Aigle Blanc et Noir ou Illustre Chevalier du Temple et Grand Elu Chevalier Kadosch ?"
En réalité, il ne peut y en avoir car tout ce qui se trouvé évoqué au 30ème degré et même au 33ème est obligatoirement de mise au 18eme qui, par son corpus particulier, se trouve autrement plus "avancé" que les degrés dits supérieurs et finaux de la hiérarchie du rite. Em---nuel s'avère autrement plus important que tout le reste si l'on est un "initié", un Chevalier réalisé, c'est-à-dire au sens ancien de la Pax Militia Christi, ayant la connaissance de ce qu'il peut ou doit en faire.
Un de mes amis qui, fut autrefois Lieutenant Grand Commandeur, privilégiait l'armement du Kadosch, celui-ci devant "être bien armé pour son combat et pour la vengeance de ses ennemis". N'échappant pas au paradoxe, il n'hésitait pas à reconnaître que Kadosch impliquait d'être "séparé", élu, purifié, vivant comme un saint et se consacrant à la seule Vérité. Ces qualités personnelles restent obligatoire déjà pour l'accession au 18eme degré, il n'y a donc rien de nouveau ici. Par ailleurs, celui qui véhicule des idées de rancoeur ou de mesquinerie ou de vengeance personnelle demeure indigne de tout accès à la Chevalerie. N'étant même pas digne d'accéder au statut de Maître comment pourrait-il espérer avancer plus loin ?
Ces propos visent à vous faire sentir que l'on ne peut pas agir ou devenir autre chose que ce que la Chevalerie, avec ses idéaux et ses vertus les plus élevées, représente et exige de ses membres. Celui qui demeurerait un homme ordinaire ne pourrait que la souiller et l'avilir, en se souillant et s'avilissant en même temps. Etre hors des sentiers battus, c'est ne pas se comporter en Chevalier et par conséquent agir en violation des devoirs inhérents à tout Eques.
Notez que, à l'origine, les grades de Souverain Rose-Croix et celui de Chevalier de l'Echelle ou KH n'étaient pas considérés comme supérieurs ou inférieurs l'un par rapport à l'autre. On pouvait, selon son choix, recevoir l'un ou l'autre voire les deux. Le REAA n'existait pas mais ces grades oui.
Suprême cocasserie, les premiers, en France, à les avoir introduits puis pratiqués furent les maçons de la Maçonnerie Templière française (branche française et cousine de la Stricte Observance germanique à laquelle appartinrent les maçons les plus éminents du monde comme Mozart ou Goethe), les frères du Rite Ecossais Rectifié de la région de Lyon et de Strasbourg.
DEMANDE : Je suis à la recherche de documents sur "droits et devoirs" pour une planche au premier degré. Merci pour vos messages et vos avis. Sabine.-
Réponse : Le plan de ton travail doit s'articuler sur la définition puis ce que recouvrent les devoirs puis les droits en vigueur dans la société profane.
Développe la partie " devoirs (collectifs et individuels) ", puis la partie " droits (collectifs et individuels)". Une petite synthèse de la partie "Profane" établira les interactions. Ceci constituera la première moitié de ton travail que tu peux introduire puis développer en posant la question : " Les droits et les devoirs, que la société et les hommes édictent depuis des siècles, possèdent-ils une valeur ou un contenu immuables ou sont-ils susceptibles de variations et donc d'adaptation en fonctions des intérêts ponctuels ? " Les devoirs de la Nation envers le peuple restent-ils identiques à ceux des hommes composant comme devant défendre et assurer le bon fonctionnement de la société ? Les devoirs des hommes de pouvoir ou de direction restent-ils identiques à ceux des assujettis ? Mais d'autres options restent possibles, à toi de les choisir en fonction de ta vision de la société et de l'homme.
Exemple de devoir collectif : La Nation avait pour devoir primordial de permettre aux citoyens de travailler car la dignité de l'homme n'existe qu'à partir du moment où celui-ci peut subsister par lui-même en faisant vivre sa famille. La République a donc le devoir capital de fournir du travail à ses enfants. Il en fut ainsi au 18ème et jusque vers le milieu du 19ème siècle. Pour éviter le chômage l'Etat avait créé les Ateliers Nationaux, leur fermeture et la remise en cause de ce devoir de l'Etat envers les citoyens fut la cause d'une nouvelle révolution.
Les devoirs (donc les obligations) de l'Etat, énoncés à travers la devises républicaine "Liberté, Egalité, Fraternité" se sont trouvés modifiés par leurs représentants à travers les époques pour aboutir à une situation de "non responsabilité" actuelle : l'état a toujours raison. Nous sommes aux antipodes de la démocratie athénienne ou tout mandat pouvait se voir révoqué immédiatement si l'homme politique n'agissait pas dans la plus parfaite représentation des demandes et des attentes du peuple. Les hommes politiques actuels qui représentent et défendent les intérêts de leur parti et non plus les attentes de leurs mandants auraient tous disparu sous l'Athènes antique.
Exemple significatif de ce que l'on pourrait considérer comme une violation du principe d'égalité relatif au droit entre les politiques et le peuple : les hommes politiques - à travers le Parlement - décident en votant les lois de tout ce qui concerne le peuple : les impôts, les régimes de retraite, etc. S'ils décident pour nous de ce que nous devrons payer en impôts et taxations diverses, ils s'arrangent entre eux pour s'exempter de ce qu'ils nous imposent (sous prétexte qu'il s'agit d'indemnité et non pas de salaire, voilà une belle hypocrisie !) alors qu'ils devraient être les premiers, en tant que représentants de la Nation, à donner l'exemple. Un retraité bénéficiant d'une retraite modeste ne peut pas exercer une activité complémentaire dont il a pourtant grand besoin pour vivre alors qu'un politique peut cumuler les indemnités et avantages divers sans limitation d'âge quand le citoyen lambda sera d'office mis à la retraite dès qu'il aura atteint l'âge maximum déterminé. Il y a deux poids et deux mesures en France ! La mise à la retraite des hommes politiques, entre plusieurs autres nécessités d'alignement des usages, doit suivre celui en vigueur dans la société du travail, voilà une marque du respect de ce que doit être l'Egalité républicaine. De même lorsqu'ils votent les 40 annuités de cotisations pour bénéficier d'une retraite à taux normal, ils s'abstiennent bien de faire valoir qu'ils bénéficient d'une rente dès la fin de leur première législature (soit cinq années seulement durant lesquelles ils cotisent pour deux années en une) s'ils ne sont pas réélus à leur siège. Au lieu de devenir des chantres du respect de la vertu d'Egalité, ils se comportent en champions de l'injustice sociale. Avant de réformer les régimes de retraite et autres spécificités sociales, il faudra commencer par abolir les privilèges accordés à tous les hommes politiques et que tous commencent par payer l'impôt sur les sommes perçues au titre de leurs divers mandats sans en oublier les avantages en nature (voiture de fonction, etc.). A côté de cela notre Etat inégalitaire et injuste veut taxer les salariés bénéficiant d'avantages dans leur entreprise (carte bleue gratuite pour les employés de banque, électricité pour les personnels d'EDF, peut-être aussi sur les timbres-poste que ne reçoivent pas les postiers mais dont ils auraient pu bénéficier ? , etc., etc..). Courteline nous ferait rire si cela ne s'avérait pas aussi dramatique.
Les devoirs deviennent vite un domaine variable à l'infini selon la situation sociale personnelle, nous le vérifions entre les hommes politiques et le peuple.
Cette inégalité se retrouve entre l'Etat et les citoyens : tous ceux qui attaquent la puissance publique en réparation d'un préjudice personnel ou collectif en savent quelque chose. L'Etat triche puisqu'il est à la fois juge à travers les tribunaux administratifs et le Conseil d'Etat et partie puisqu'une action se trouve exercée contre lui. La Cour de Justice de l'Union Européenne vient le remettre devant ses devoirs et obligations ; elle devient l'ultime recours incontournable qui condamne sans exception tous les Etats défaillants.
Si tu traites ce genre de problème, tu vas passionner les frères et les soeurs de ta région.
Deuxième partie : les Devoirs et les Droits en Maçonnerie. Ils sont évoqués dans l'Obligation ou Serment. Revois les termes de l'engagement que tu prêtas lors de ta cérémonie de réception. Tu y noteras l'obligation d'assistance et la pratique de la Fraternité et de la Tolérance envers tous les frères et toutes les soeurs, etc. Note que ce devoir fait lui aussi l'objet de trop nombreux non respects parmi les maçons. Exemples : jalousies voire même calomnies de tous ordres entre des frères voire des soeurs, critiques lors de la désignation des Offices, guerre lors de l'élection au vénéralat entraînant parfois la scission de la loge, refus de payer la capitation des frères en difficulté ou en chômage de longue durée pour ne pas les radier, etc.
On pourra y trouver quelques devoirs complémentaires édictées par le Règlement général de l'obédience voire par le Règlement Intérieur de la loge. Reprends tous les textes et analyse-les.
DEMANDE
: Je suis 2e Surveillant à la Souveraine et Parfaite Loge Chevalier
de Saint Georges N° 949, à
l'Orient de BasseTerre. 1 - Je
souhaiterai savoir s'il existe des recueils de gestuelle du Rite
Ecossais Rectifié aux trois premiers degrés.
2 - Une question qui s'est posée récemment dans notre atelier, lors de
l'entrée en loge, tous les Frères ont ils bien leurs épées sorties,
aussi bien les Maîtres que les Compagnons et les Apprentis ? Peux- tu
nous apporter un éclairage sur ce sujet. Merci de me répondre à
l'adresse :
Simone.
Réponse
: 1
- Non, il n'existe pas de cahier détaillé authentique et historique
relatif à toutes les gestuelles ni au RER ni pour les autres rites. On
trouve parfois des cahiers dits "du maître de cérémonie" mais ne
comportant aucune garantie d'authenticité rituelle ni de validation par
une autorité conventuelle.
2 - Lors de l'entrée en loge collective, tous
les
frères (Apprentis, Compagnons et Maîtres) doivent porter leur épée
personnelle dans le fourreau
à la condition que chacun dispose
de son épée personnelle avec fourreau et ceinturon, ce qui n'est
malheureusement pas la majorité des cas et introduit de ce fait un
élément d'irrégularité rituelle dans le travail maçonnique au Rite
Ecossais Rectifié, maçonnerie templière oblige ! Certaines loges
possèdent des épées sans fourreau qu'elles mettent à la disposition des
FF. qui n'en possèdent pas à titre personnel ; ceci présente
l'inconvénient de ne plus permettre la pratique du maniement de l'épée
rituel au RER et d'introduire du métal en loge à des moments où il ne
doit pas s'en trouver.
L'épée
n'est sortie du fourreau que
lorsque le V.M. lance le commandement : " à
l'ordre, mes FF.
" Les FF; la tiennent de la main gauche pointe basse contre terre.
Seuls, le VM la dirige - de la main gauche - pointe vers le haut,
poignée posée sur l'autel, et le Maître des Cérémonie qui la tient
aussi de la main gauche, pointe dressée aussi vers le ciel, main droite
à l'ordre. Les mouvements VM - MDC sont toujours
complémentaires.
Pour la chaîne d'union, comme il ne peut pas y avoir de métal "à nu", elle doit rester dans le fourreau. Si l'on n'en possède point, on la pose sur son siège, mais là encore on altère la rituélie en introduisant un élément métallique là où il ne doit surtout pas y en avoir.
DEMANDE : J'ai une planche à faire sur les métaux argent, cuivre, fer pour les voyages faits au 2ème degré du Rite Ecossais Rectifié. Pouvez-vous m'aider ? Auto Service
Réponse : Votre demande comporte une sérieuse erreur , vérifiez dans le rituel la nature des trois métaux évoqués.
DEMANDE : je recherche des idées pour une planche sur " la croix latine et la rose mystique ".
Réponse : Pour la croix, je te conseille d'éviter Le symbolisme de la croix par René Guénon.
Le
rouge de la
rose se rapporte au sang et par conséquent à la Passion, pas la passion
amoureuse et profane, comme l'indique le langage des fleurs qui s'avère
une déviation et par conséquent un langage dégénéré, mais la Passion du
Christ, c'est-à-dire les humiliations, le chemin de croix et l'agonie
sur la croix, parfaites illustrations des étapes parachevant l'entrée
dans le Voie du sacrifice.
Tout Souverain Prince Rose-Croix, ou Chevalier Rose-Croix, doit
devenir, par ses mérites spirituels avérés et sa réception dans ce
grade, un nouveau Christ qui doit lui aussi se "sacrifier" car nul ne
peut accéder à la Connaissance et à la libération de la chair ou des
formes s'il ne se donne pas à l'Universel en renonçant à lui-même et à
tout ce qui ressort de la matière et de la matérialité. Le Christ s'est
sacrifié, Hiram s'est sacrifié volontairement lui aussi plutôt que de
révéler ce qui ne devait pas l'être (le mot du maître étant en fait une
allégorie du nom secret de Dieu, devenu la Parole perdue que les hommes
ne doivent pas connaître, seul celui qui s'est "sacrifié" en ayant la
révélation car il ne l'utilisera jamais). La Rose devient par extension
un emblème du grand Secret lié à la communication des révélations et
des conditions de "réalisation" qui s'y rattachent.
DEMANDE : Le compas et l'équerre au grade de maître. Merci de m'aider.
Réponse
:
Selon les rites, la position du compas et de l'équerre peut varier
(comme au Français ou au REAA) ou ne jamais changer (comme au Rite
Ecossais Rectifié, ce qui demeure plus "vrai") en fonction du degré des
travaux du jour.
Comme la très grande majorité des maçons ne comprend pas le symbolisme,
chacun imagine des variations à l'infini dans les interprétations. En
réalité un symbole ne peut jamais changer de message signifiant, il
possède toujours la même valeur. De trop nombreux maçons pensent qu'un
symbole possède des sens différents ; en cela ils se trompent
lourdement. Etant imparfaits sur la Voie, se situant à des niveaux de
réalisation initiatique personnelle variant du zéro à l'infini, ils ne
peuvent percevoir que ce qui correspond à leur état d'être. S'ils ont
la conscience de cette compréhension imparfaite et non qualifiante, ils
resteront silencieux et prudents mais il n'en va pas ainsi pour tous.
Ce que recouvre le compas - donc le cercle - demeure non accessible à
l'homme qui en subit les effets et les conséquences, comme le don de
l'incarnation et celui du retrait de sa vie, c'est-à-dire sa mort mais
ceci concerne aussi les effets relatifs à la conséquence de ses actes.
L'équerre - ou plan du carré, car l'équerre a pour fonction de "rendre
carré" - correspond au plan d'évolution dans lequel se meut l'homme,
c'est-à-dire tout ce qui se trouve condamné à disparaître à un moment
ou à un autre.
Ceci ne variera jamais même si l'on modifie le placement des outils sur
le plateau du V.M.
Si nous voulons savoir ce que recouvre le compas placé au-dessus de
l'équerre, il faut revenir à la notion de ce qu'est véritablement un
Maître et de la "mission" qu'il doit réaliser dans sa vie. Si un Maître
n'a pas dépassé le niveau d'un apprenti, s'il n'a aucune conscience de
ce que représente chacun des degrés et donc des étapes dans la
connaissance de l'homme et du monde, qu'il aurait du franchir avec
bonheur, il n'aura jamais aucune perception ni compréhension de quelque
symbole ou emblème que ce soit. En l'occurrence, le compas et l'équerre
lui resteront une énigme puisqu'il n'est pas digne d'en percevoir les
lois ou "principes" qui seraient par ailleurs dangereux pour lui.
Pour un vrai Maître réalisé, la connaissance des lois et principes qui
régissent la vie, l'homme et les effets de transformation liés à la
"mort" restent claire et éclairants. Céroféraire, il assume sa mission
de guider et mettre sur la Voie celui ou ceux qu'il rencontrera sur sa
route, et ceci ne se limite pas à la maçonnerie ou aux quatre heures de
tenue mensuelles. Le Maître réalisé dispose d'une "puissance "
nécessaire pour l'accomplissement de sa mission, cette "puissance"
trouve sa correspondance dans le compas ou "plan" d'en haut dont le
maître devient le corollaire dans le "plan" d'en bas.
Ce plan d'en haut comme celui d'en bas demeurent capitaux, voilà
pourquoi parmi les rares éléments soumis au maître figure la Planche à
tracer. Seul un véritable initié, un maître absolu peuvent "recevoir"
et communiquer avec l'en haut parce qu'ils Savent ce qu'ils peuvent
accomplir et ce que signifie : "Il
n'y a de Lui que Lui, il n'y a
de Toi que Toi, il n'y a de Moi que Moi"
car "Qui se connaît
connaît son Seigneur." Et qui
connaît le Seigneur ...
DEMANDE : Je pense préparer un travail sur le thème de la Parole Perdue au 30ème. Y a-t-il des aspects spécifiques à prendre en compte ?
Réponse : La Parole perdue est "établie", si l'on peut retenir cette expression, depuis la Maîtrise et le 4eme Ordre ou Souverain Prince Rose-Croix qui est censé l'avoir retrouvée = passage de la condition humaine à l'angélisme. Un "Nom" divin et secret lui a même été confié : Em----uel.
Reprendre la Parole perdue dans l'Aréopage n'a pas de sens puisque tous les Kadosch sont censés l'avoir déjà retrouvée depuis longtemps en en maîtrisant toutes les "puissances". On pourrait par contre évoquer la Justice divine et ses accomplissements par la Parole ou le Logos et, bien entendu, les conséquences d'un mauvais emploi du langage et du Verbe et toutes les déviations pouvant en résulter (magie, etc.).
DEMANDE : Je recherche des éléments sur la compréhension du 14ème REAA, notamment sur le sens des Séphiroth.
Réponse
: Il
demeure pratiquement impossible de t'aider car on ne peut pas savoir ce
que recouvrent les sephiroth
sans consacrer sa vie à l'étude
la Kabbale : c'est un peu comme si on voulait parler toutes les langues
du monde avec seulement trois mots.
Les sephiroth
ne s'appréhendent pas une par une mais par par
combinaisons entre elles, ce qui ouvre des perspectives quasi
illimitées et en modifie radicalement le message. On n'est pas
contraint d'entrer dans ce système si l'on n'est pas d'obédience
judaïque, ce qui est le cas pour des chrétiens ou des
musulmans
ou des asiatiques "orthodoxes" et par conséquent puristes qui disposent
d'autres voies.
L'anomalie
du
REAA, au travers des impositions des administrations modernes, est de
contraindre à passer obligatoirement par un ensemble de grades qui
passent en revue - sans approfondissement aucun - divers courants
"religieux" (alchimie, gnose, kabbale, mystique, etc.), quand chacun
d'entre eux mérite qu'on y consacre toute une vie d'étude et de travail
spirituel.
La pratique ancienne - mais c'est encore le cas dans de nombreux pays
anglo-saxons - permet qu'on prenne tel ou tel grade, en laissant les
autres, ceux qui peuvent causer des problèmes de conscience ou de non
convenance par rapport à sa religion personnelle. On doit revenir à
cette juste pratique en France. Noter que les inconvénients évoqués
posent le problème de la non universalité des rituels et de leur
contenu. Si ces éléments ne répondent pas au critère d'universalité,
les grades qui les utilisent ne le peuvent pas non plus !
DEMANDE : Je recherche des éléments d'information sur le thème des voyages au Rite Ecossais Rectifié (1er grade).
Réponse : Les points importants à traiter sont : le tour fait autour des plateaux des Surveillants - bien que certaines loges ne le pratiquent pas soit du fait de l'exiguïté des locaux soit parce qu'elles en méconnaissent l'importance et dont l'origine remonte à la rituélie Pasqualinienne, - l'inversion du porter de l'épée (changement de main) et du sens de déplacement en loge selon les voyages, les trois éléments (feu - eau - terre) que l'on ne peut pas traiter comme les simples éléments des autres rites, noter à cet égard qu'il n'y en a pas quatre mais seulement trois lesquels se rapportent à la création, à la vie, à la transformation que les alchimiste aborderont par le moyen du sel, souffre et mercure. mais le RER n'est pas fondamentalement alchimiste, Willermoz lui-même condamnant l'alchimie, ses dangers et ses égarements.
Il convient d'analyser aussi la Clémence et la Justice ainsi que chaque maxime, dont la première est la plus formidable de tout le Régime : "L'homme est l'image immortelle de Dieu mais qui pourra la reconnaître s'il la défigure lui-même ?". Cette seule maxime constitue un redoutable thème de planche sur "l'image et la ressemblance".
Bravo, tu ne crains pas la difficulté parce qu'il faut avoir de très sérieuses connaissances pour ne pas dévier de l'esprit du corpus originel du Rite Ecossais Rectifié dont la presque quasi totalité des membres du RER ne soupçonnent ni la richesse ni la perfection.
DEMANDE : Je travaille actuellement sur le Sablier et je recherche des informations relatives à ce thème ou sur le Temps. Merci pour votre réponse.
Réponse : Je profite de cette occasion pour rappeler qu'on ne doit jamais traiter un thème pour lequel on n'a pas les connaissances requises. Si le Conférencier ne possède pas son sujet, que va-t-il apporter aux membres de la loge ? Il vaut mieux en ce cas ne rien faire plutôt que de proposer une esquisse malhabile.
Le thème du sablier est celui de la fugacité du temps qui passe inexorablement et qui souligne la fragilité de la vie. Celle-ci n'étant qu'une poussière, et même "rien" au regard de l'infini sinon une illusion, doit faire prendre conscience à l'homme qu'il dispose de très peu de temps pour accomplir ce qui doit justifier son existence ici-bas, la Veuve (la Mort) pouvant l'emporter à tout moment. C'est un thème très initiatique - et je te félicite pour son choix - mais il convient de l'aborder avec justesse. Il faut traiter de concert l'Illusion (correspondant au Bandeau) qui égare et perd celui qui se trompe ; n'oublions pas que celui qui respecte et met réellement en pratique dans sa vie, à chaque heure, ici et maintenant, les recommandations et les préceptes de l'Ordre, les Vertus, le travail sur les Symboles en percevant leur réalité éternelle ne peut pas s'égarer. Sur la Voie, il n'y a ni honneurs, ni offices, ni grades, et il arrive parfois qu'un Apprenti soit mille fois plus avancé que les CBCS ou les 33eme de sa loge (je pense à toi, mon cher André T qui rejoint l'exemple d'Eliphas Levi) ; ceux qui ne comprennent pas cela, ou que cette considération dérange, démontrent malgré eux qu'ils n'ont pas avancé d'un pas sur le Chemin même s'ils ont 30 ou 40 années de maçonnerie, l'avancée ne se mesure pas en terme d'années de présence mais dans la pratique permanente de l'abnégation, de l'humilité, en refusant tous les honneurs. "Celui qui, étant entré sur le chemin de la Vérité, n'a pas le courage de persévérer est cent fois plus à plaindre qu'il n'était auparavant". Maxime du Rite Ecossais Rectifié. Préférer les avantages humains de la matérialité, de l'ego et des honneurs revient de fait à sortir du chemin de la Vérité.
Le symbolisme du sablier fait intervenir la notion d'écoulement du temps et à cet égard on y inclue bien évidemment les âges du Kali-Yuga et la notion des Cycles. Le sable qui s'écoule de plus en plus rapidement, - et non pas toujours à la même vitesse - au fur et à mesure qu'il se rapproche de la fin, illustre bien le principe des Ages allant s'amenuisant et s'accélérant ; comme si l'écoulement des grains de sable représentait toutes les possibilités, incluses dans un cycle de manifestation, et qui n'ayant pas été utilisées en vertu de leurs possibilités et potentialités, avaient hâte que ce Temps particulier prenne fin.
DEMANDE : Quel est la bonne manière d'avancer sur le chemin ou plutôt quelle attitude doit-on adopter pour progresser véritablement ? Nos rituels, nos instructions étant sibyllins en la matière, j'ai besoin d'aide.
REPONSE : Tout d'abord, permets-moi de te "féliciter" pour ta remarque et la justesse de ton désir bien que des félicitations et l'annonce d'un désir ne soient pas des marques que l'on doive rencontrer sur la voie.
Nos rituels nous prescrivent de Se connaître soi-même au travers du travail sur la pierre. Se connaître soi-même, ce n'est pas savoir que l'on mesure 180 pour 72 kilogrammes, ni que l'on a les cheveux bruns et les yeux noirs et que l'on est orgueilleux ou frimeur ou coureur de jupons. Non, se connaître soi-même, c'est Etre, ce qui nous ramène à oublier tout ce que l'on s'imagine être ou que l'on cherche à paraître. L'Eternel a dit en se manifestant à Moïse : "Sois en paix, connais que je suis YHVH, ton dieu tout puissant". C'est ce que toutes les religions considèrent comme Etre, c'est reconnaître la réalité du dispensateur de vie quel que soit le nom qu'on veuille lui donner. Selon les écoles ou les milieux spirituels, on trouve des variables comme : Soyez en Paix ou Soyez dans la Paix du Seigneur, Connaissez que Je Suis ; voire encore Je suis Celui qui Est (Sum ego sum). Connaître, c'est Etre et inversement. Connaître apporte la paix, la détente, la sincérité vis-à-vis de soi et des autres. A ces évidences Maître Eckhart, le grand mystique rhénan faisait écho disant : "Dieu fait que nous le connaissons, et sa connaissance est son Etre, et l'acte par lequel il me le fait connaître est identique à ma connaissance, de sorte que sa connaissance est mienne."
Pour pouvoir progresser sereinement, nous devons adopter une double attitude : celle de renoncer à être ou de devenir quelque chose ou quelqu'un dans tel ou tel milieu (profane ou initiatique) pour pouvoir espérer éveiller l'esprit sans l'appuyer sur quoi que ce soit ; celle de dissoudre enfin toutes les identités créées depuis sa jeunesse. Nous ne détaillons pas ce point pour que vous fassiez vous-même ce travail de recherche à rebours dans le temps, pour que vous identifiez vous-même tous ces personnages et attitudes qui furent les vôtres jusqu'à maintenant et que vous les "détruisiez". Vous n'avancerez jamais sans avoir procédé à cette "destruction" du moi.
DEMANDE : Est-il vrai que la loge soit une figure ou une représentation du Cosmos ? Mes deux Surveillants ne sont pas d'accord sur ce point. Bernard, V.M.
REPONSE : En effet, toutes les loges de Saint-Jean sont bien une représentation du Cosmos bien qu'on ne puisse pas les assimiler symboliquement à la "caverne". La figuration des "dimensions" reste très précise en la matière : la longueur va "de l'orient à l'occident", la largeur s'étend du "nord au midi" , la hauteur s'élève "de la terre jusqu'au ciel" et la profondeur "de la surface de la terre jusqu'à son centre". Le tuilage traditionnel comporte, parmi les éléments de "reconnaissance", la réponse : "Elever des temples à la vertu et creuser des cachots [variante : des tombeaux] pour les vices. Ces deux notions "d'élévation" et de "descente", par l'acte de creusement", sont importantes car elles correspondent aux deux notions incluses dans l'axe vertical du fil-à-plomb : hauteur et profondeur, que l'on exprime par la formulation " du zénith au nadir". Elle indique le double choix possible : s'élever vers le Céleste et le Paradis (par la voie du temple que l'on va édifier pour la Vertu) ou chuter dans les profondeurs de la matière et l'Enfer (le cachot).
DEMANDE : J'envisage une planche au 18 eme du REAA sur le thème " Emmanuel". Ce thème m'attire précisément parce que je ne dispose que de très peu d'informations le concernant à l'exception de quelques versets bibliques. Pouvez vous m'aider dans ma recherche ? gibelin
REPONSE
:
Ce mot de passe Em---uel apparaît à des grades qui aujourd'hui ne
correspondent pas : Chevalier(7è) ou Souverain Prince Rose-Croix (18è)
, selon qu'il s'agit du rite français ou reaa. Au RER, on le retrouve
au plus haut niveau, celui de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte,
considéré - par certains à tort - comme équivalent du 33eme car le CBCS
est un degré hautement initiatique (le 6eme du RER), ce qui n'est
absolument pas le cas pour celui de 33eme. D'ailleurs, au 18eme siècle,
ce grade était celui de l'aristocratie maçonnique dans toute l'Europe
continentale à travers les 9 provinces templières de la Stricte
Observance alors que le grade de 33eme n'existait pas encore.
"Em---uel" ne se limite pas à une simple traduction en français. Il y a
le même univers de décalage entre "Dieu avec nous" et "Em---uel"
qu'entre ce que recouvre le terme "Gnose" et sa traduction
"connaissance". Voir à ce propos ce qui s' y rapporte à la rubrique
Courrier.
Les noms se terminant par "el" ont une puissance particulière. Les
archanges, les anges ont tous un nom finissant de la même manière. Par
conséquent Emmanuel ne doit pas se traduire. Il ne faut pas répéter
l'erreur commise par par de trop nombreux maçons qui disent et répètent
des non vérités du style de celles qui se rapportent à la lettre G. En
France, on dit G = God et les variantes Géométrie et autres; les
anglais et américains disent que G provient de la pratique française.
Difficile d'être plus approximatif dans tous les cas de
figure.
Ne répétons pas la même erreur avec Emmanuel dont la fonction est
cérémoniellement "magiquement opérative".
Un
rituel met en oeuvre des "opérations"
particulières ; il en va de même lors d'une cérémonie religieuse qui ne
se trouve pas réglée et codifiée sans des intentions et actions
spécifiques qui échappent à la compréhension des hommes, des simples
fidèles.
Il en va de même pour le Chevalier Rose-Croix, n'importe qui ne peut
pas utiliser l'invocation "Em---uel" - ni le faire sans danger -s'il ne
possède pas le degré de qualification ou d'état d'Etre requis pour cela.
Lorsque ceci se produit avec des FF. qui déclarent que le grade n'est
pas chrétien mais "christique"avec un sourire entendu, on se trouve
dans un contexte "défavorable". Avec un tel état d'esprit, il demeure
évident que personne ne pourra jamais savoir ce que recouvre
véritablement, non pas seulement Emm---el mais aussi le signe d'ordre
particulier du grade et, tout le corpus du degré en fait.
Pourquoi se met-on dans la position typique d'un ange accomplissant une
certaine mission et dispose-t-on de ce nom très "opératoire" ? Voilà
qui devrait constituer le travail de base de tout Chevalier et
Souverain Prince Rose-Croix comme de tout Chevalier Bienfaisant de la
Cité Sainte.
Vu la non appréhension du corpus du degré, on ne s'étonnera plus que
certains ouvrages censés apporter des "révélations" sur ce grade
merveilleux ne dépassent pas le niveau de l'Apprentissage. C'est
dommage pour le REAA.
COURRIER : Voilà environ un an, je vous avais écrit au sujet de mes recherches pour entrer en maçonnerie. Comme j'étais déjà martiniste, vous m'aviez conseillé le RER. Lundi dernier, j'ai été initié à la Grande Loge de France, après un an de démarches. Je pense que je dois au moins en partie mon entrée en maçonnerie à vos encouragements. Je tenais donc par ce message à vous remercier sincèrement. Vous m'aviez donné des preuves de tolérance et de justice dont j'ai su me souvenir. Bien fraternellement, Phil
DEMANDE : Je souhaite faire un travail sur la fraternité dans le temple et hors du temple. Pouvez-vous m'aider ?
REPONSE
: Il n'y
a pas de fraternité sélective que ce soit à l'intérieur ou à
l'extérieur de quoi que ce soit. Il y a une pratique ou un exercice de
la Fraternité ou il n'y a pas du tout de fraternité. Or ce devoir de
fraternité est souvent inscrit dans les termes du serment prononcé lors
de l'entrée en loge. Ainsi au Rite Ecossais Rectifié, il est indiqué "je
jure d'aimer et de chérir tous mes frères..."
; le devoir de
fraternité se trouve très clairement énoncé. Il en va de même pour les
autres rites au travers d'autres formulations mais comme de trop
nombreux maçons se dépêchent vite d'oublier les termes de leur
engagement, on ne doit pas s'étonner que la tolérance et l'exercice de
la fraternité manquent de réalité sur le terrain ; on passera
"pieusement" sous silence les "guerres" et les "règlements de compte"
existant souvent lors de certaines élections au vénéralat qui
constituent autant de marques de cette non-fraternité.
Par ailleurs, une église ou un temple ne sont pas des lieux d'exercice
de cette fraternité mais des lieux de prière, de recueillement et de
communication du Soi ou de l'Etre avec les "éléments" de la création,
et en particulier avec le Créateur ou le GADLU lui-même. Il en va de
même pour le "travail" rituel opéré en loge, c'est-à-dire opéré entre
terre et ciel, entre midi et minuit, dans ce temps hors du temps qui
circonscrit le travail de tous les maçons.
OBSERVATION : J'ai été apprenti. Je pensais découvrir un univers spirituel de grande envergure. Déception. Qu'ai-je trouvé ? Alcoolisme, débauche sexuelle, méchanceté, course effrénée au grade supérieur, familles déchirées, forte tendance à l'occultisme. Déception. Je me suis mis en sommeil. Je précise également que c'est pour les riches. on met souvent la main au porte monnaie. Alors quand je lis que le travail en loge maçonnique se présente comme une école de libération de la personne humaine, permettez-moi d'en douter.
REPONSE
: La
particularité du cheminement initiatique réside dans le fait qu'on ne
doit aucunement faire attention aux autres. Qu'importe ce qu'ils
peuvent faire s'ils souhaitent se comporter comme des hommes régis par
leur seul instinct animal.
Cheminer, c'est se trouver seul face à l'Univers et aux mystères de la
vie et des hommes.
Abandonner et se retirer, c'est se comporter comme eux en privilégiant
leurs valeurs. Vous êtes ceci ou cela ; c'est critiquer, juger,
sanctionner en manifestant encore une pulsion animale indigne d'un Cherchant.
Le sentiment naturel face à ces constats, la juste attitude doit
s'exprimer par la compassion. Comment pourrait-on ne pas se sentir
triste devant un tel gâchis qui se trouve d'autant plus amplifié qu'il
résulte de personnes censées accomplir une quête initiatique ?
Ces déviations sont souvent la conséquence d'une mauvaise sélection de
candidats faite pas des Survts non préparés et par conséquent non
compétents. Ceci marque aussi les limites du système français. Les
enquêtes n'existant pas dans les pays anglo-saxons, on coopte : deux
parrains présentent un candidat en se portant garant pour lui et cela
produit de bien meilleurs résultats. En France, les parrains ne
"garantissent" rien du tout.
On prend beaucoup de coups en F.M. Infiniment plus que dans la vie
profane. D'aucuns pourraient juger, se récrier, critiquer : cela ne
leur apportera rien. D'autres en tirent le "sel", le juste enseignement
; toutes les épreuves font avancer infiniment plus vite vers la
réalisation que celui qui ne rencontre aucune difficulté. La souffrance
demeure épouvantable à traverser, mais celui qui la surmonte en toute
sincérité connaîtra de belles avancées vers la lumière et de grandes
révélations. Une phrase du Zohar reste à méditer : "l'Eternel
ne réserve les plus grandes épreuves qu'aux enfants qu'il chérit tout
particulièrement".
Il veut les tester tout leur réservant
une épreuve toujours proportionnée à la capacité de réaction du Fils
chéri. Rien ne s'obtient sans rien et ce que vous gagnerez dans la
victoire sur la souffrance que vous pourrez rencontrer sera un million
de fois plus extraordinaire que toutes les richesses de la terre.
N'oubliez jamais que lorsque vous partirez pour l'au-delà, les dorures
et le standing comme les propriétés resteront là et ne vous aideront
nullement dans les heures "délicates" de la maladie, de la souffrance
contre le mal et de la mort, tandis que la richesse issue de la
réalisation spirituelle vous fera passer les épreuves dans l'harmonie
et dans la paix. Essayez d'imaginer la joie de celui qui rentre enfin
chez lui après 40 ou 60 ou 80 ans passés dans une terre étrangère loin
de son univers et des siens. Vous ne pourrez jamais véritablement
savoir ce que c'est mais tentez de l'imaginer tout de même !
Malgré votre abandon du travail en loge, quelque chose continue de
travailler en vous, sinon vous ne seriez pas venu sur ce site
maçonnique. Essayez de faire un point en vous demandant pourquoi vous
continuez de chercher parmi le milieu de la FM. Votre désespoir n'est
pas aussi dramatique puisque quelque chose continue de travailler en
vous ; reconnaissez le ; demandez vous pourquoi cela vous travaille
encore au point que vous cherchez les sites FM sur Internet et reprenez
tout depuis le commencement.
QUESTION : Je recherche des renseignements sur les valeurs de la couleur rouge.
REPONSE
: On
trouve dans le commerce des livres énonçant des divagations sur les
nombres, les symboles, parfois sur les couleurs et les pierres.
Ouvrages pour bazars, ils ne valent généralement pas grand chose aux
yeux du chercheur puisqu'ils comportent rien de véritablement sérieux.
Le grand public, trouvant ennuyeux les livres fondamentaux et de
référence, se complaît naturellement dans une littérature facile et
profane qui n'apporte rien.
Il n'existait que deux ouvrages sérieux sur les couleurs : celui de
Delacroix, le peintre et celui de Goethe. Mais on ne les trouve plus
dans le commerce depuis des dizaines d'années.
Vouloir traiter du rouge implique que l'on procède aussi à l'analyse
des valeurs chromatiques le composant car le rouge que l'on aborde en
symbolisme est un rouge-sang qui en réalité est légèrement "orangé" ;
il comporte donc une part essentielle de jaune. En fait il se trouve
composé de 100 % de jaune et de 100% de rouge. On lui donne le
nom de "warm red" ; c'est celui de l'arc-en-ciel, le rouge de la
Passion et par extension celui de la croix utilisées par les Ordres de
chevalerie. il est le rouge des Souverains princes rose-croix, celui du
33eme degré, etc. Cette explication vous est donnée pour vous faire
prendre conscience que l'apparence ne correspond pas à la réalité.
Le rouge absolu des hommes est quelque peu différent ; il s'agit plutôt
d'un rosé très foncé.
Prenons un rouge-sang, ajoutons lui du bleu, retirons lui du jaune, et
il vire au rouge violacé, couleur cardinale, ce qui le change en le
faisant entrer dans un nouvel univers symbolique. Il perd de sa
carnation, il devient moins charnel, moins en relation avec le monde de
la matérialité, il se trouve épuré des éléments de la "passion"
Traiter le rouge, c'est nécessairement aborder toutes ses variantes et
significations en passant par l'analyse intrinsèque des apports et
des retraits chromatiques, ainsi le rouge-sang implique qu'on traite et
présente aussi le jaune, ce qui oblige à développer leur symbolique au
passage en expliquant pourquoi on a procédé à ce mixage particulier des
valeurs chromatiques et des symbolismes particuliers pour aboutir à une
nouvelle double valeur.
Vous vous engagez dans un travail présentant le plus haut intérêt mais
que peu d'occidentaux pourraient véritablement traiter en rétablissant
les vraies associations avec les niveaux de réalisation initiatique et
spirituelle que toutes les variations chromatiques impliquent.
Ce travail peut être l'oeuvre d'une vie car il comporte des vérités
sublimes. Je vous félicite pour ce choix.
QUESTION
: Je recherche, planche,
travaux, documentation sur le solstice d'été et la Saint Jean.
Fraternellement.
REPONSE
: Voir le livre LES
PLANCHES DU
MAITRE . Quand
on évoque la St Jean encore faut-il savoir de quoi l'on veut parler
sinon on pourrait écrire un livre de 300 pages sans épuiser le sujet.
Ce qui s'avère important pour cette époque reste la position du Cancer
et le rôle tenu par l'astre lunaire.
Les messages symboliques et les traditions populaires ne sont pas
perpétués durant des millénaires - hors chrétienté - sans une
motivation particulière. Les bains, ablutions rituelles y tinrent une
place essentielle et ce n'est pas sans raison non plus que le baptême
des adultes se fit à cette époque dans de nombreuses régions de France,
récupérant ainsi la tradition populaire des bains du solstice en les
faisant s'immerger totalement dans ces baptistères que l'on multiplia
partout.
L'eau est capitale ... Le feu joua un rôle de plus en plus présent mais
plus tardif ... On doit considérer de même la systématisation des
mythes de fertilité et fécondation auxquels on ne manqua pas d'ajouter
les rites de guérison. On oublie - parce qu'on les méconnaît - les
pèlerinages séculaires qui s'accomplissent toujours de nos jours lors
de cette période de l'année en des lieux très particuliers et
catalyseurs d'une "énergie" qui ne se manifeste qu'à ce moment là et
durant la nuit sous l'influence de la lune.
La christianisation de la Saint Jean et sa récupération religieuse ne
peuvent rien contre cela. Par conséquent, vouloir envisager cette
période exclusivement sous l'angle de la religiosité - comme certains,
voire certaines, tendent à le faire dans nos loges - conduirait
inévitablement à une non appréhension de ce que ce "point" solsticial
recouvre véritablement. Autre erreur : on ne peut pas traiter la
Saint-Jean Baptiste de la même manière que la Saint-Jean l'Evangéliste,
leurs contenus diffèrent.
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