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CHRISTIAN

G U I G U E

Instruire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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C'est une haute tâche que celle de donner aux autres les convictions qui dirigent notre vie. Avant d'en assumer la responsabilité considérable,  celui qui doit enseigner ne peut faire autrement qu'examiner avec minutie, d'une part, l'enseignement qu'il veut répandre et, d'autre part, ses propres facultés afin de savoir s'il est vraiment en état d'affirmer que ce qu'il dit est Juste et qu'il est digne d'en répondre. Faute d'accomplir ces deux actes préliminaires, bien des instructeurs se sont vus contraints ou d'interrompre brusquement une instruction dont ils n'étaient plus capables, ou de se dédire sur des points importants, apercevant tout à coup qu'ils avaient choisi leur voie avec plus d'ardeur et d'engouement que de science et, par conséquent, de conviction véritable.        

 Déjà, dans le cours ordinaire de la vie, c'est une responsabilité immense de suggérer à quelqu'un le changement de sa vie et de ses desseins. Ce qui nous paraît juste et raisonnable, qui l'est à notre égard, est-il en conformité avec le tempérament, l'intelligence, les facultés de celui qui nous demande un conseil, qui l'attend de nous, et qui, peut-être, aura tort de suivre l'avis que nous lui aurons donné en notre âme et conscience.

 Nous avons déjà dit qu'il est difficile de juger avec impartialité,  sans se  laisser influencer  par  nos idées  préconçues. Mais, pour celui qui veut instruire, la portée de l'acte entrepris est infiniment supérieure à celle d'un conseil ou d'un jugement.

 Sans vouloir se donner l'aspect d'un apôtre en possession de la vérité absolue, tout être qui veut enseigner doit être profondément, intimement convaincu de l'utilité, de la rectitude de ce qu'il enseigne. Comment, s'il n'estimait pas qu'il fait oeuvre bénéfique, l'instructeur oserait il affirmer sa haute pensée ? Comment demanderait-il même à un petit enfant d'encombrer sa mémoire de paroles illusoires ?

 C'est chose grave qu'enseigner. Suggérer à un être le chemin qu'il doit prendre pour diriger toute sa vie, modeler sa pensée à recevoir la nôtre, c'est une tâche merveilleuse, mais qui demande réflexion et qui exige aussi de hautes qualités, un dévouement à toute épreuve, une patience inlassable. Malheureusement, parmi les instructeurs de carrière, le souci de la carrière entrave quelquefois la pensée du sacrifice nécessaire de l'initiateur à l'initié. On imagine que, des enfants seulement étant en cause, on peut prendre quelque liberté à l'égard de sa tâche et, l'instruction devenant seulement un enregistrement phonographique de notions mal digérées, les races les meilleures perdent de leur vigueur, de leur sagesse, de ce bon sens même qui fut la plus jolie des qualités latines. Et, cependant, c'est une joie grande et puissante de voir s'ouvrir à des pensées que l'un sait justes des cerveaux jadis réfractaire à ou de voir fleurir dans des regards jeunes une intelligence qui s'éveille toujours plus féconde et plus riche.

 C'est une merveilleuse joie de répandre les idées, de semer les lois qui feront l'avenir meilleur, plus lumineux, plus ouvert à ce vent du large qui nous apporte des lointains horizons le ferment des choses nouvelles, l'espoir de découvertes, de nouvelles formes de vie qui renouvelleront le monde, lui rendront la foi, le spiritualisme, lavette puissance de vivre, de s'élever vers la Lumière.

 Si de telles pensées sont susceptibles de soutien dans la besogne la plus fastidieuse de son ministère le professeur, l'instituteur, combien elles sont plus puissantes encore sur celui qui apporte au monde les certitudes d'une  initiation dont il connaît la force et les bienfaits, puisque cette Initiation se rattache, à travers tous les siècles, à cette Haute Science qui est à la base de toutes les sciences, à cette Science primitive qui est à la base de toutes religions 8.

 Celui qui forme des adeptes dans une semblable vue se doit à lui-même, autant qu'il le doit aux autres, de posséder pleinement les connaissances dont il parle. Il ne faut pas qu'un doute s'élève dans l'esprit troublé de l'élève sans qu'il puisse l'élucider; il ne faut pas qu'une question puisse lui être posée et demeurer sans réponse. Il ne faut pas que lui-même, embarrassé par des questions ainsi posées, puisse rester court, troublé par une objection qui ne lui était pas venue. Il ne peut devenir le maître des autres que s'il est, par avance, le maître du savoir qu'il veut communiquer.

 Mais, quand il a franchi ce stade, quand il est certain d'avoir motivé la Lumière, avec quelle Joie l'adepte la livre aux regards de ceux qui sont capables de l'accueillir ! Il voudrait la donner à tous, il voudrait se donner lui-même avec plus de profusion encore qu'il l'a toujours fait. Son seul regret, c'est la limite apportée à son zèle fraternel par les possibilités de ceux qui l'entourent et qui ne sont pas tous en étal de recevoir l'enseignement qu'il serait si doux de leur accorder.

 Il faut à ce travail une sorte de tact maternel. De même que, selon l'âge et le tempérament, la nourriture des enfants doit être surveillée et modifiée en temps utile, la nourriture spirituelle doit être dispensée avec prudence et discernement. C'est en méconnaissant cette nécessité que l'on perturbe les idées et les facultés des nouveaux adeptes qui, tantôt, s'épuisent en expériences au-dessus de leurs forces actuelles, tantôt perdent courage et se détournent de la recherche parée à leurs yeux des résultats qu'ils n'obtiendront pas de si tôt, car on ne peut se livrer à des exercices de gymnastique difficile alors qu'on fait ses premiers pas.

 Ce choix des aliments spirituels, qui semble plus ennuyeux encore que délicat et difficile à ceux qui n'ont pas l'amour de l'enseignement, est peut-être au contraire ce qui passionne les esprits prédisposés par complexion à l'enseignement sous toutes ses formes. Ils y apportent une consciencieuse recherche, une patiente investigation qui les tait pénétrer jusqu'au fond des âmes qu'ils veulent former. Avec douceur et souplesse, ils  savent selon les besoins de chacun ce qu'il leur est loisible de dire et de taire. Comme Elie quand il ressuscita le fils de la veuve de Sarepta, ils se rapetissent à la taille des débutants pour leur infuser une vie nouvelle.

 Tu le sais … toi qui reçus les premiers degrés de ton initiation. Tu sais avec quelle constante préoccupation pour faciliter l'éclosion de ton âme tes aînés ont dispensé les bienfaits de la science. Ils n'ont pas hâté ton évolution pour obtenir ces prompts succès qui satisfont sans trop de travail l'instructeur et son élève. Par des soins assidus, ils ont fait fleurir ton âme et ton coeur, de telle manière que cette éclosion s'est produite de la façon la plus harmonique, selon le rythme spirituel qui est le tien.

 Fraternellement, ils ont guidé tes pas sur la Voie, ouvert tes yeux à la Lumière ; ils t'ont fait apercevoir, dans la splendeur et la modestie des symboles, des emblèmes et des allégories quelles richesses se cachent ou se révèlent selon le cas. Vois le monde tel qu’il est et non pas en écoutant ce qu’en disent ceux qui ne savent pas. Deviens celui que tu dois être, fais de ta vie un chemin de roses, ne te détourne jamais de la Quête de la Lumière même si tes pas devaient te conduire seul sur ton chemin sans le secours d’une organisation qualifiée. Il en allait ainsi du temps des mystères antiques. C’est le monde qui t’attend. Pourquoi te limiterais-tu au contact de quelques hommes quand ta mission consiste à rendre meilleurs les femmes et les hommes qui t’entourent dans la vie, quand tu dois t’attacher a vaincre toutes les injustices, toutes les inégalités, toutes les trahisons ? Tu verras alors que les roses ont des épines mais ces difficultés que tu rencontreras te feront progresser mille fois plus que des dizaines d’années passées à prendre des grades ou des honneurs ici ou là. C’est la souffrance qui fait s’éveiller la conscience. Il ne s’agit pas de te faciliter le travail. Les mots ont peu de chance de convaincre celui qui ne le veut pas : les difficultés et les épreuves sont destinées à l’éveil pour celui qui le mérite.

Le véritable INSTRUIRE ne passe jamais par les réponses. L’instructeur sur la Voie est celui qui sait agir de manière à ce que chacun se pose « ses » bonnes questions. Alors, n’aie pas peur du monde. Plus tu t’éloigneras, meilleure sera l’expérience. Apprends, découvre, demande toi ce que tu fais de bien pour tes semblables, oublie de penser à ta petite personne. Lorsque tu auras dépassé ce niveau, tu auras déjà fait un progrès considérable.

H. D.

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LA FORMATION MACONNIQUE
LES PLANCHES DE L'APPRENTI
LES PLANCHES DU COMPAGNON
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LES DISCOURS DE L'ORATEUR
COLLECTION  des 3  RITUELS du RER
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