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Le Courrier


 

Demande : Pour mon accès au 31eme, on me demande de faire dix pages dactylographiées sur Lux ex tenebris. Pouvez-vous m'indiquer une piste de travail ?

 

1 - Vous pouvez le développer socialement et de manière profane en abordant le rôle du maçon dans une société devenue injuste, inhumaine, de plus en plus difficile à vivre et où les hommes galèrent de plus en plus à trouver leur place. Aujourd'hui, il faut avoir des bac + x pour gagner tout juste le Smic. Trouvez-vous normal que les médecins urgentistes qui sauvent des vies tous les jours gagnent moins qu'un chauffeur travaillant au Sénat ou que les conducteurs de benne à ordures qui font infiniment moins d'heures de travail chaque semaine et ne possèdent pas des bacs + 10 voire davantage encore ?

 

Rien ne nous interdit de considérer cette société comme étant le monde des ténèbres, un lieu d'injustice et de perdition généralisées où l'égoïsme et la facilité, l'usage grandissant des médicaments, des drogues et des plaisirs et excitants de toutes natures  l'emportent sur les valeurs, les épreuves et les devoirs les plus élevés. La devise dans ce monde pourrait être : "Que les autres meurent pourvu que je prenne leur place" voire "Ecraser les autres permet d'obtenir la meilleure place". C'est la société du chacun pour soi ou les pires actes l'emportent toujours sur le meilleur.

 

Dans ce contexte, que doit faire un maçon ? Que doivent accomplir les associations maçonniques ? Les structures maçonniques ne peuvent pas exiger que l'action individuelle se substitue à l'action collective puisque ce sont elles qui doivent conduire les actions publiques. Il faut aussi souligner qu'on ne peut pas se retrancher derrière des associations profanes quand nos actions collectives devraient être exclusivement maçonniques. Où sont les mouvements français, exclusivement maçonniques, de lutte contre le sida, d'action contre la paupérisation, créant et gérant des dispensaires médicaux gratuits, d'aide aux femmes battues, etc., etc.? Vous pouvez esquisser l'univers ténébreux de la société telle que vous la voyez. Où et comment pourrait-on trouver la lumière évoquée ? Par des plans d'action et l'obtention de résultats probants sans cacher la qualité maçonnique de l'action collective et celle des sociétés intervenantes. Ceci suffira-t-il ? Non bien sûr.

 

2 - L'aspect initiatique.

 

Il faut développer à quoi correspondent les ténèbres, c'est-à-dire ce qui n'est pas créé ni conforme à l'état qui devrait être le sien : c'est le chaos opposé à l'Ordre, à l'Harmonie, à la Beauté universelle qui n'est pas la joliesse bien évidemment. Cette notion s'avère importante car on approche du 33eme et de sa devise Ordo ab Chao : Du désordre à l'Ordre.

 

Bien évidemment, les ténèbres, c'est aussi le monde des passions humaines, celui de la non vertu, de l'illusion qui règne en maîtresse sur des hommes qui ne pensent qu'à satisfaire leurs pulsions, leur ambition, leur rang social, etc. Ces gens là sont déjà morts ( à la vie éternelle ) et ils ne le savent pas. Ils évoluent avec inconscience dans leur monde : celui du désordre, celui de l'injustice sociale, celui des attentats, celui où la guerre de religion devient un prétexte politique ; leur monde est celui du non avenir pour leur descendance. Ceci me rappelle la génération maudite de Caïn jusqu'à Tubal-Caïn.

 

Il faut, par opposition, traiter la lumière : qu'est-ce que la Lumière ? S'agit-il de la lumière du soleil, de celle des lampes électriques ou des bougies ? Bien sûr que non, même si le soleil est un emblème important puisque pour ceux qui privilégient l'évangile de Jean, c'est le Christ qui est considéré comme étant le Sol invectis, le soleil levant qui, triomphant de la mise au tombeau et du pourrissement de la chair, fait entrer dans la vie qui n'a pas de fin.

 

Qu'est-ce que cette Lumière à laquelle aspirent tous les Chercheurs sur la Voie ?

 

C'est la révélation brutale et soudaine, c'est la transfiguration de l'Etre, c'est le face à face inouï du Créateur et de l'âme en soi. Bien sûr, Bouddha vécut cela sous l'arbre de la boddhi ; il en alla aussi de même pour Muhamad (Mahomet) mais ceci se produit pour tous ceux qui deviennent des initiés par une illumination fulgurante et soudaine.

 

Cette lumière est un feu qui ne brûle pas par opposition au feu qui brûle, qui détruit, qui purifie en éliminant ce qui est dégradé, corrompu, pourri.

 

Pour la quasi totalité des chercheurs de lumière, l'abandon des ténèbres se fait graduellement en élevant des temples à la Vertu, en agissant en défenseurs de la Vertu, en privilégiant la pensée droite et juste, les actes et les comportements vertueux. Parmi les devoirs exigés par la vertu figurent celui du respect de ses engagements spirituels et sacrés, l'obligation de pratiquer la fraternité la plus accomplie, laquelle est un devoir religieux - ce qui est oublié voire méconnu par un nombre incroyable de "maçons " -, la renonciation au Moi, à l'ego, à l'ambition sociale et matérielle, à l'orgueil, à la vanité. La Maçonnerie vous l'a déjà indiqué en loge bleue : rappelez-vous ce que signifient l'emblème des trois mauvais compagnons !

 

Voilà 2 axes possibles du travail à développer.


 

Demande : Lors du passage sous le bandeau dans une loge que je visitais, le 1er Srvt a demandé au candidat s'il avait informé sa famille de sa démarche. J'ai trouvé cela d'autant plus choquant qu'un franc-maçon est d'abord et avant tout un homme libre. Pouvez-vous me dire si cette question était normal ou pas ? Paul T.

 

Lors du passage sous le bandeau d'un profane, tous les maîtres de la loge peuvent poser au candidat toutes sortes de questions fussent-elles bizarres pour certains frères. Elles ont pour objet d'en savoir plus sur le profane. Les compte-rendus d'enquête manquant souvent d'informations importantes, le passage sous le bandeau est l'occasion de poser directement au candidat les interrogations qui nous interpellent. Celle-ci a le mérite de pas être méchante mais elle résulte probablement - on peut l'imaginer - du fait que les enquêteurs n'ont pas pu rencontrer l'épouse, ce qui est indispensable en la matière.

 
J'ai vu initier dans ma loge un profane qui n'avait pas mis sa femme au courant de son entrée en FM. On l'a vu le jour de sa réception puis plus jamais. C'est donc un aspect considérablement important des enquêtes ou compléments à prendre en compte.
 
Dans les étrangetés, j'en parle dans un de mes livres en note de bas de page, j'ai connu le cas d'un profane à qui, sous le bandeau, on avait demandé pourquoi la mer était salée. Sans se démonter, il a répondu en se mettant au même niveau que le demandeur : parce qu'il y a des harengs dedans ! Tout le monde a ri et il est passé mais il aurait pu avoir des boules noires et se voir refusé. Il est de la responsabilité du V.M. de rappeler avant tout passage sous le bandeau quels sont les principes de cette phase de travail et qu'on ne doit pas la prendre avec amusement, ce qui serait un grave manque de considération envers le candidat.
 
Un candidat à la réception dans l'Ordre n'est pas un maçon même s'il aspire à le devenir.

 

Demande : Une soeur qui n'a pas de web me demande si vous voulez bien l'aider elle planche pour le 30ème. Voici le sujet : "l'initiée ne fonde pas son espérance sur l'attente d'une récompense mais sur le besoin qu'elle ressent en elle-même" . Merci de bien vouloir nous donner quelques pistes à développer. Fraternellement, Sophie.
 

L'initié, ayant la connaissance absolue de la réalité des choses et de leur devenir, n'est habité par aucune espérance. L'espérance est, pourrait-on dire, le signe d'un état inférieur et la conséquence de la maintenance dans un état d'imperfection et de non connaissance. Seul celui qui ne sait rien espère.  L'espérance s'avère aussi comme la conséquence de l'expression d'un désir. Or tout désir, fut-il noble et élevé, reste la marque d'une passion, d'une volonté, d'une envie fut-elle inconsciente.

 
Celui et celle qui véhiculent toutes ces infériorités ne pourront jamais devenir un ou une initiée. Pis encore, ils ne trouveront jamais le Chemin ou la Voie.
 

Ceci nous conduit à aborder le problème de la récompense. Pourquoi un Cherchant attendrait-il une récompense ?

 
Un adulte n'est pas un enfant qui attend une bonne parole, une caresse, un bonbon voire un encouragement pour persévérer dans ce qu'il fait.
 
Un adulte est censé agir en responsable. Chacun expérimente dans sa vie professionnelle ou autre le fait que ce n'est pas parce que l'on fait plus ou mieux que d'autres personnes que l'on se trouve distingué et récompensé pour cela. Ce n'est pas parce qu'un fonctionnaire travaillerait 12 heures par jour qu'il gagnerait en salaire davantage que ses collègues ou qu'il avancerait en grade dans la hiérarchie. D'ailleurs, ceux qui voudraient s'y risquer exposeraient du même coup le déséquilibre qui les habite et qui les ronge car la vie ne se réduit pas à un seul pôle d'activité. Ceux qui consacrent tout leur temps au travail ne vivent pas et, sans qu'ils s'en rendent compte, ils manquent leur vie. Il en va de même en maçonnerie. Tous les abus, tous les excès sont des passions, des vices, des empêchements de se réaliser et de progresser.
 
Celui qui fait quelque chose pour obtenir une autre chose est intéressé, calculateur. Très souvent cet état d'esprit fait apparaître les signes de la frustration, de la jalousie, de l'envie. La tentation devient grande dès lors d'utiliser tous les moyens pour parvenir à ses fins et l'on sombre vite alors dans la médisance, dans la calomnie quand d'aucuns n'hésiteront pas à récupérer, à s'attribuer ou à utiliser le travail fait par les autres. Il y a des requins et des Tartuffe partout. Les plus grands menteurs ou voleurs sont souvent ceux qui se parent du voile de la Vertu.
 
Celui qui avance sur le chemin, s'il a véritablement accompli un jour le travail qu'il devait faire sur lui-même, celui-là progresse avec prudence. Il se tait en société et, mieux encore, il évite la société. Les initiés ne séjournent jamais dans les grandes villes ; ils se protègent à des centaines de kilomètres de ces cités de perdition, capitales et sièges de toutes les folies.
 
On ne parviendra jamais à trouver le commencement du chemin si l'on est habité par un désir, fut-il celui d'accéder au grade suivant.
 
Pourquoi un Cherchant aspirerait-il à vouloir obtenir un honneur, une fierté nouvelle, une satisfaction personnelle, la récompense du travail accompli antérieurement ? Il se comporterait en profane mais pas en adepte d'une société initiatique.
 
La maçonnerie, depuis longtemps, insiste sur le Serment et le Devoir, sur les moyens d'avancer vers la divinité et vers la Connaissance.
 
Le Lévite a fait entrer dans la Voie de Perfection et dans l'Apostolat car la mission du Lévite est d'éveiller les masses aveugles : il est l'équivalent d'un prophète, d'un apôtre.
 
Le Rose-Croix est la porte qui fait entrer dans la Voie du Sacrifice : je renonce à moi-même ; je n'ai aucune importance ; je suis l'humble serviteur du Très Haut. Je suis la voix et le bras de sa Volonté.
 
Le Kadosh nous a fait aborder la notion de tribunal divin et les applications de la justice céleste. La vengeance templière originelle n'est qu'une allégorie de cette conséquence ou application des oeuvres du Grand Tribunal divin.
 
Chacun doit agir en sachant que toute action a sa conséquence et qu'il met en oeuvre une loi éternelle. La maçonnerie a cherché à vous mettre en garde depuis votre réception dans l'Ordre en avertissant : ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit.
 
Puisque nous devons travailler à édifier des temples à la Vertu, que chacun se trouve astreint à l'exercice du devoir fraternel d'assistance, tout Cherchant ne peut, en principe, qu'agir pour aider, pour soutenir, pour éveiller l'âme et le coeur de ceux qui désespèrent de la vie et du monde. En donnant ce que j'ai de meilleur à proposer, sans attendre quoi que ce soit en retour, même s'il me faut combattre des adversaires et des frères pour y parvenir car il y aura toujours des intérêts personnels vicieux et cachés qui verront d'un mauvais oeil votre action mais c'est le devoir de tout Chevalier d'être seul, s'il le faut, face à tous, en donnant sans calculer, c'est ainsi que j'avancerai sur la Voie. Ce n'est pas sans raison occulte et mystérieuse que toutes les religions accordent une place exceptionnelle aux martyrs, c'est parce qu'il en va ainsi dans l'univers de l'initiation.
 
Si un SDF donne à un autre SDF le sandwich qu'il a pu s'acheter en faisant la manche, son donc a 1000 fois plus de valeur que 5000 euros donnés par quelqu'un pour qui cette somme ne représente qu'une partie du prix de sa voiture. Le premier ne mangera plus de la journée et il ne sait pas ce que demain lui réservera, s'il obtiendra les quelques pièces et euros nécessaires pour cela. Celui qui donne 5000 euros ne manquera rien ni repas, ni voiture, ni quoi que ce ce soit d'autre.
 
Son don sera même infériorisé par un autre fait : la considération dont il bénéficiera désormais dans l'association où il fit ce don et la gratitude qu'on lui témoignera dans l'espérance qu'il renouvellera ce geste : voici 2 poisons supplémentaires instillés par la société dans le coeur de certains.
 
Méditez à ce que tout cela vous inspire et développez votre travail.
 
 
 

Demande : Je dois travailler sur les pas du Compagnon et je suis dépassé. Je peux développer les nombres de l'Apprenti et du Compagnon mais après ? Merci de m'aider.

 

Les pas du compagnon se font de manière différente selon que l'on évolue dans un système maçonnique dit Ancien ( escalier à vis et montée en tournant = spirale du devenir - difficulté d'avancer à la rencontre de son Dieu ) ou dans un rite dit Moderne (Rite Ecossais Rectifié - Français) où on les fait en restant toujours dans une ligne "droite" : on ne tourne pas. Ceci correspond à 2 systèmes radicalement différents : maçonnerie solaire (ancienne) ou maçonnerie trinitaire ( Jésus, Marie, St Jean l'évangéliste). La présence de l'évangile de Jean impose le Nouveau Testament et caractérise le rite comme étant foncièrement religieux et chrétien. Ce qui élimine de fait les membres d'autres religions. Le message est : Soyez, c'est-à-dire découvrez qui et ce que vous êtes et vous saurez que je Suis ! C'est toute la raison d'être du cheminement sur la voie symbolique. Le symbolisme est la clef d'or du devenir dans la spirale des états d'être et par conséquent la seule possibilité de pouvoir réaliser en soi, par des théophanies successives, l'éternelle initiation. Le cheminement reste difficile, impitoyable, voilà pourquoi on vous fait toujours redescendre l'escalier à reculons : vous devez transcender l'instant présent pour vous projeter dans un autre espace-temps non accessible usuellement aux humains ordinaires, aux non initiables (voir marche à reculons dans La Formation Maçonnique de Christian Guigue)

Lorsque l'on vous donne des nombres, c'est en quelque sorte pour vous faire comprendre que ce ne sont pas ces nombres qui sont importants mais ceux qu'il vous appartient de découvrir. Si vous avez 3 ans passés, ceci indique très clairement que vous n'avez jamais eu, que vous n'avez pas 3 ans. Passés indique que ceci est achevé, dépassé. Vous devez donc travailler sur le 4 et le 5. Le compagnon n'a jamais par conséquent l'âge qu'on lui indique avec son nouveau nombre passé. Il en va de même pour le maître. Celui qui s'arrête à ces nombres n'a rien compris, il est déjà définitivement perdu. Il est déjà mort initiatiquement dans cette vie et il ne le sait pas. Lorsqu'on vous donne une indication, cherchez ailleurs. Il s'agit souvent d'une piste destinée à vous empêcher de chercher autre chose, ailleurs, et par conséquent ceci vous interdit de pouvoir trouver : tel est le cas du tétragramme

Dans la science sacrée, rien ne peut vous être donné. D'ailleurs, pourquoi vous serait-il fait des cadeaux ? Combien en faites-vous à vos semblables et à votre Créateur chaque jour ? Puisque vous ne donnez rien, pourquoi vous donnerait on quoi que ce soit ? C'est par votre travail, non pas intellectuel mais spirituel via la voie symbolique, et par les mérites involontaires que vous allez vous créer que vous devez retrouver ce que l'on met à votre disposition. Est important ce qui nous coûte. Nous laissons toujours aller ce qui reste facile et nous l'oublions tout aussi rapidement. Il faut donc que sur la Voie vous puissiez payer le prix correspondant à ce qu'une révélation, ce qu'une une réponse impliquent. Rien d'autre ne vous sera révélé tant que vous n'aurez pas payé ce prix et si vous refusez de le régler des choses importantes vous seront retirées, reprises et confiées à d'autres plus méritants que vous. Celui qui ne se met pas en situation de conformité demeure en danger. Une phrase d'un rituel (1778) d'un rite magnifique le précise justement : "celui qui étant entré dans le chemin de la Vérité n'a pas le courage de persévérer est cent plus à plaindre qu'il n'était auparavant." Il vaut mieux ne pas se faire initier que d'avoir franchi le seuil et de ne pas faire ce que la quête de l'initiation attend que l'on fasse. La sanction sera terrible dans cette vie et dans les temps à venir.

La marche est importante car elle intègre ces difficultés et les changements d'états d'être que cela implique. Lorsque le compagnon a achevé son travail, il est devenu un maître et on le reconnaît comme tel en l'élevant et en le faisant accéder à la chambre des Initiés, celle des maîtres authentiques, ceux qui ne sont plus affectés par le mouvement ni par le temps car le milieu est actif sans bouger. Le Compagnon est censé devenir un Homme Universel, sa condition n'est plus celle des hommes de chair et de sang ordinaires. Le faire travailler sur le 5 et l'étoile, laquelle n'a jamais été figée à 5 raies car en maçonnerie on la rencontre à 6, 7, 8 branches et davantage encore, reste un non sens inhérent aux déviations modernes et à toutes ces modifications des rituels apportées par des gens qui ne savent rien de la science éternelle. Que chacun cherche, travaille et il lui sera donné de savoir ce qui peut l'aider et le fera avancer d'un pas sur son chemin. Demandez-vous à quoi correspondent les nombres et les états intermédiaires et vous saurez alors à quoi correspondent les marches et les intervalles de chaque grade.

 

Demande : Compte tenu du prix énorme concernant la fabrication de l'anneau du grade, les 33eme du REAA et les CBCS du RER le portent-ils encore ?

 

Cette bague spécifique du grade se porte encore bien évidemment mais elle est rarement conforme à ce qu'elle doit être. Chacun de ces anneaux doit correspondre à une largeur précise, importante, il a donc un poids d'or conséquent. La bague de 33eme est un double anneau d'or fin à l'intérieur duquel on grave le nom du titulaire et la date de sa réception dans le Conseil. La bague de CBCS demeure complexe à réaliser car elle doit porter une pierre noire sur le dessus qui comporte trois initiales et des inscriptions en émail rouge à l'intérieur de la chevalière. Travailler l'émail sur l'or reste extrêmement délicat, il faut trouver un excellent spécialiste. On doit aussi y faire dessiner des chevrons en relief et en nombre réglementaire. En fabrication spéciale, cette bague peut coûter de 1500 à 3000 euros voire davantage selon la réputation du joaillier. Vous comprendrez pourquoi la plupart des Equites portent une bague très simplifiée et infiniment moins coûteuse à fabriquer. On note une étrangeté : le chevalier du Temple actuel devrait respecter la pratique ancienne. En ce cas, l'anneau de chevalier se porterait à l'index de la main gauche et non ailleurs.

 

Demande : Quel chapeau devrait-on porter à la loge Dom Pernety ?

Cette loge étant contemporaine de Willermoz, l'idéal est de respecter la pratique de ce temps. Il faudrait y porter un  tricorne noir rigide sans aucun motif décoratif. Seul le V.M. peut porter un tricorne à plumes. On peut s'en procurer à la SEPP - 105 rue Truffaut - 75017 Paris. Quand vous visitez une loge où tous les frères portent le tricorne, cela change des loges ordinaires. Le maniement du chapeau et celui de l'épée y prennent tout leur sens et toute leur beauté. Certes, elles sont très rares mais, heureusement, il y en a encore. La vraie maçonnerie ne s'accorde pas avec des gens qui ont peur de se décoiffer ou dont le complément capillaire risque de bouger en maniant le couvre-chef.



Demande : Je ne trouve rien concernant les devises latines des grades au Rite Ecossais Rectifié.

Adhuc Stat est à double sens comme pour tout ce qui concerne le RER. Il se rapporte au Cherchant et aussi à l'Ordre templier qui fut abattu mais jamais terrassé.

La devise latine du grade découle de la langue latine qui était la langue officielle du Régime, le latin était alors la langue universelle des lettrés, ceci ne disparaîtra que dans le cours du 20eme siècle. Chez nous en France, en 14-18 mais aussi en 39-45, les gens ne parlaient pas ou très mal le français, ils parlaient majoritairement et essentiellement le patois local. Chaque village et chaque quartier des villes avait son patois spécifique. Le latin était le signe d'une bonne appartenance bourgeoise ou noble et par extension d'une bonne culture et éducation. Il était l'équivalent, en plus prestigieux et culturel, de l'anglais actuel au plan mondial qui n'est que la langue des affaires.

Les prières se disaient en latin au Chapitre. Il en allait de même pour les ouvertures et les clôtures du rituel utilisé dans l'Ordre Intérieur. La pratique actuelle, qui a fait traduire et dire en français ce qui se faisait en latin ( pour l'Ordre Intérieur ) du temps de Willermoz, n'est donc pas authentique ni traditionnelle. Il en va bien évidemment de même pour le rite de la messe catholique.

Dans les grades inférieurs, le latin reste présente par la devise du grade. Cette devise collective et personnelle prépare pour l'armement futur et l'adoubement de l'Eques.

Chaque devise du grade fait l'objet d'un développement symbolique dans Les Planches de l'Apprenti, Les Planches du Compagnon et Les Planches du Maître.

La Stricte Observance n'a jamais connu les rituels français et elle n'en voulait pas. Le Convent de Wilhelmsbad fut un échec retentissant à cet égard pour Willermoz qui repartit avec ses rituels sous le bras.

Pour comprendre cela, il faut se rappeler l'opposition des protestants germaniques aux catholiques romains français.

 Le Rite Ecossais Rectifié porte une vénération particulière à la Dame que l'on vénère le plus. Cette Dame ( à qui l'on doit réserver une des trois paires de gants que l'on remettait alors à l'Apprenti : il ne reste plus qu'une paire sur ces trois aujourd'hui ! ) , c'est bien évidemment la Vierge Marie que les Chevaliers du Temple appelaient Madame Sainte-Marie. Au RER, la lune lui est dédiée car elle est la mère du monde terrestre et la réparatrice universelle (citation extraite des Sommeils transmis sous écriture automatique. Il s'agissait alors de la pratique du magnétisme introduit en France par Anton Mesmer et perfectionné par le Marquis de Puységur. Les magnétiseurs lyonnais avaient découvert que lorsqu'un sujet se trouvait en état d'hypnose, on pouvait obtenir plus d'informations, en particulier sur l'au-delà et sur les mystères du monde, que celles destinées à la seule réalisation d'un diagnostique médical. Ces Sommeils étaient des opérations dites somnambuliques.

Le soleil est affecté au Christ en tant que Sol invectus, le vénérable maître étant Saint-Jean l'évangéliste durant le travail. Comme lui, il rend témoignage, à la lumière qui est venue parmi les hommes, en désignant à la fin des Travaux ( lorsque pour perfectionner votre travail vous chercherez la lumière qui vous est nécessaire ... c'est là, seulement, que vous pourrez la trouver. ) le nouveau testament qui relate la vie et transmet le message salvateur de Jésus.

Le RER a discrètement intégré le trio chrétien et catholique romain : Jésus, Marie, Saint Jean. Les protestants germaniques ne pouvaient pas accepter la présence de Marie. Quand on compare les rituels germaniques et français, ils n'ont rien de commun. Il est donc absolument inutile d'aller chercher quoi que ce soit, relativement au RER et pour ce qui concerne le contenu de nos rituels, dans les sources germaniques.

 


Demande : Je dois plancher sur l'épée et ce que je trouve dans les livres ordinaires ne me convient pas. J'ai besoin d'aide. merci. Une soeur.

Quand on est vraiment exigeant, on ne trouve que rarement quelque chose d'intéressant et d'utile dans la littérature maçonnique. Votre attitude démontre la qualité de votre attente.

Pour ce qui concerne le symbolisme de l'épée, il y a plusieurs aspects à prendre en considération.

1. le feu brûlant.
 L'épée flamboyante du vénérable est une épée de feu et non de métal. Il faut la rattacher  à l'ange qui chassa Adam et Eve du paradis  à l'occident. L'occident est le lieu de la Chute dans la chair, dans la corporéité, dans la matière et par conséquent l'assujettissement à la mort. C'est en référence à cette sombre origine que l'aire occidentale est devenue la port edes ténèbres, le lieu de la chute vers le nadir, vers les enfers, vers sa perdition.
2. le feu doux, c'est-à-dire lumineux.
Ceci correspond au feu qui ne brûle pas mais qui vivifie l'âme. C'est la lumière de la théophanie, de la révélation personnelle.
3. la croix
L'épée plantée en terre est une croix devant laquelle les chevaliers s'agenouillaient pour prier sur les champs de bataille, avant ou après le combat. L'épée - ou le glaive - est alors l'emblème de la foi chrétienne. Il ne faut  jamais oublier que la maçonnerie est exclusivement chrétienne même si cela déplaît ou gêne. Le REAA est exclusivement chrétien. Prétendre autre chose est une fumisterie, une mauvaise foi évidente. Pourquoi, si le rite était universaliste, placerait-il ses travaux sous les auspices de l'évangile de saint-Jean ? Il n'est pas plus universel que les autres rites et d'ailleurs, c'est tout le drame de la FM, un rite universel ne peut pas exister. Tout rite doit se trouver établi sur la religion  du pays et dans laquelle on se reconnaît. Il doit y avoir des rites islamistes établis non pas sur le temple de Salomon mais sur la Kaa'ba, des rites bouddhistes, shintoïstes, etc. Pourquoi voulez-vous qu'un népalais croit et puisse accepter le temple de Salomon et la Bible ?  Cela n'a aucun sens.  Les européens se sont divisés en catholiques romains, orthodoxes, protestants de diverses tendances, etc.  Pourquoi voulez-vous que les cherchants d'autres continents acceptent ce que nous refusons déjà chez nous ? Ceci amène à considérer que si la FM est universelle par ses valeurs et l'initiation, les rites sont tous particuliers. Tel rite ne convient pas à tel frère ou telle soeur et lorsque l'on se sent mal dans une loge  et que l'on n'aime pas son orientation, il faut s'affilier ailleurs au plus vite.

Ne démissionnez jamais avant d'être officiellement affilié(e) ailleurs.

Dans ce cadre-là, l'épée devient un emblème de la foi, de la charité, de la valeur chevaleresque qui soutient le faible contre les puissants. Seul, celui qui est un chevalier pur et sans tâche peut espérer avoir la révélation du Logos, du verbe-Lumière que l'iconographie chrétienne représente sous l'aspect d'un glaive sortant de la bouche de Jésus.


Demande : On me dit que le REAA ne serait pas français.


Je ne sais pas qui vous a dit cela mais, en effet, dire que le REAA est un rite de création française serait malhonnête. Il est vrai que les Français ne s'arrêtent pas à cela : un président de la république ne parlait-il pas d'Airbus comme d'une création française alors qu'il est le résultat d'un travail européen.

Le rite de Perfection des Grands empereurs d'occident et d'orient, en 25 degrés, était un échec retentissant dont les trois quarts des grades n'étaient même pas pratiqués.  Ce sont les américains qui vont le transformer (le contenu des grades sera changé ultérieurement par Albert Pike) en lui ajoutant 8 grades.  Le système actuel en 33 degrés est donc de création américaine.  Les français n'y sont pour rien. Ils resteraient toujours avec leur piteux rite de Perfection si les maçons américains n'avaient pas réformé le système ancien. On oublie de considérer que les deux grades les plus prestigieux : le Rose-Croix et le Kadosch sont des grades germaniques qui ne furent même pas introduits en France par les maçons du rite de Perfection mais par les frères , ce qui est un comble,  du rite Ecossais Rectifié.



Demande : Je vis actuellement de sérieux problèmes de santé et, bien que j'espère que tout cela ne sera plus un jour qu'un mauvais souvenir, je m'interroge sur ce que je vais faire de mes biens et sur ce qui va rester de moi. Mes héritiers légaux ne se soucient pas de faire se perpétuer à travers le temps mon nom ni ce que j'ai fait. Je ne me fais pas d'illusion sur leur compte.  Mon notaire m'a conseillé de ne leur léguer que la part réservataire légale et de réfléchir à ce que je pourrai faire du reste. Par soucis de précaution, il m'a fait faire un testament portant déjà cette disposition et j'ai désigné pour le reste une organisation caritative. Mais ce n'est pas vraiment ce que je recherche. Comme vous êtes, semble-t-il de bon conseil, je m'en viens me tourner vers vous en espérant trouver une solution.
Jean d' Auteuil.

Il n'est pas facile de pouvoir y répondre car chaque cas est unique et il ne peut pas y avoir de conseil général.  Prendre un avis près d'un notaire reste incontournable pour savoir quelles parts on va pouvoir  léguer en dehors des ascendants ou descendants que l'on ne peut pas déshériter mais on peut réduire leur part au minimum légal.  Par contre, on peut  ne rien donner à la branche collatérale (frère, soeur, neveu, cousin, etc.) mais il faut le spécifier par testament car sinon ils héritent naturellement en cas d'absence d'héritier en ligne directe. Un accident de voiture est si vite survenu et l'on peut y perdre un enfant et ses petits-enfants.

Je ne sais pas quel est votre réputation ni ce que vous voulez laisser de vous. Il devient impossible de ce fait de pouvoir imaginer des possibilités d'action pouvant répondre à votre attente.

Prenons un exemple : de nombreux frères savent que personne ne s'occupera d'entretenir leur tombe ni de la fleurir parce que leur famille vit à des centaines de kilomètres du cimetière où ils seront enterrés, etc. Il ne suffit pas d'avoir une concession " à perpétuité", si la tombe n'est pas entretenue et qu'elle se dégrade, la perpétuité se trouve annulée. Certains imaginent que s'ils font un legs à leur obédience, la Grande Loge entretiendra leur tombe à la place de leurs enfants. Toutes les obédiences ont créé des Fondations destinées à recevoir les legs les plus divers mais le problème subsiste néanmoins. Ce n'est pas parce qu'une fondation reçoit votre legs qu'elle fera effectivement ce que vous attendez d'elle.  Il ne faut pas y compter.

Que font les grandes loges ? SI vous avez été un maçon très célèbre de l'obédience, elle donnera peut-être votre nom lors de la création d'un nouveau temple. Cela ne lui coûte rien  financièrement. mais il y a peu de chance que cela se produise vu le manque de place dans les bâtiments officiels et la quasi impossibilité de créer de nouveaux temples.  Comme trop de profanes et de maçons, les organisations veulent encaisser mais surtout ne rien dépenser.

Quand on se rend sur les tombes des "grands" maçons voire même simplement d'anciens grands maîtres, on reste affligé par l'absence de considération dont ils bénéficient post-mortem et du triste état ou de la modestie de leur sépulture. Il en va de même pour les célébrités profanes de tous les siècles. Les mairies, les syndicats d'initiative font de l'argent sur leur dos avec le musée ou la maison natale de tel écrivain, poète ou musicien, etc. mais ces collectivités locales ne s'occupent jamais d'entretenir leur tombe. Quelle ingratitude, quel égoïsme ! La tombe d'Ernest Renan, à Paris, est  en piteux état et la ville de Tréguier (Côtes d'Armor), qui pourtant l'exploite à titre permanent pour faire la publicité de la commune, s'en désintéresse. Il en va de même pour celle d'Alexandre Desrousseau, à Lille, le "père" de la chanson Le P'tit Quiquin et pour tellement d'autres.

Des présidents de grandes sociétés commerciales ont leur tombe fleurie à longueur d'année. Allez voir la tombe de Cino del Duca au Père Lachaise et comparez-la avec celle de Papus ou d'Arthur Groussier. Arthur Groussier devrait avoir un monument aussi important que celui d'un maréchal d'empire, le prestige et l'image de marque du Grand Orient en dépendent. Allez voir celle de Lafayette au cimetière de Picpus à Paris : tous les grands maçons devraient être honorés de cette manière là par leur obédience  ! C'est à cela que devraient servir les legs faits aux fondations : à servir le prestige des maçons et, par un juste retour d'investissement, de  la maçonnerie.

C'est le drame de beaucoup d'associations ou de fondations philanthropiques, l'argent sert à payer la communication et la publicité (de 35 à 50% du budget annuel), les bâtiments, les véhicules, les charges et les salaires des permanents et il ne reste plus grand chose pour le reste, pour assumer réellement l'oeuvre de ces organisations (10 à 20% seulement des fonds récoltés).

Les fondations maçonniques devraient avoir pour but l'entretien des monuments funéraires et celui de la mémoire des maçons donateurs. Il faudra probablement créer celle qui le fera vraiment mais il faudra qu'elle soit riche car les déplacements à travers la France pour se rendre sur les sites, les interventions sur les monuments ou les caveaux et les contrôles a posteriori des travaux, les gerbes trimestrielles et les fleurs fraîches permanentes, sans oublier les opérations de "mémoire" à conduire, cela coûtera d'autant plus cher que cela doit durer des dizaines d'années.  On peut réduire considérablement ces frais de déplacement en utilisant le délégué ou conseiller fédéral  régional ou les Grands officiers provinciaux à la GLNF. Ils pourraient être chargés de visiter les tombes des donateurs se situant dans leur circonscription, de contrôler la présence des fleurs et gerbes, de suivre les travaux éventuels. Il serait plus intéressant que ces gens servent à autre chose qu'à faire le tour des loges pour accélérer le paiement des capitations.

Il n'est pas facile de répondre à votre demande. Je pense que, dans l'immédiat, vous aurez plus de chance d'obtenir ce que vous cherchez avec un particulier dévoué et altruiste qu'avec une fondation fut-elle maçonnique.

Vous n'êtes pas le seul à vous inquiétez du devenir de votre travail et de votre réputation : tous les auteurs et les artistes connaissent aussi ce problème du devenir de leur oeuvre.



Demande : Mes apprentis me demandent de leur expliquer s'il existe une distinction entre grade et degré ou si l'on peut utiliser indifféremment un terme pour l'autre.

Dans la littérature maçonnique, on se trouve souvent contraint d'utiliser  l'un pour l'autre pour éviter la répétition lassante d'un même mot .

Néanmoins, vous avez, en tout état de cause, pressenti la distinction qui existe entre grade, lequel énonce le titre que l'on possède dans le rite, et degré, qui ne se rapporte qu'à l'échelon hiérarchique du système. Le grade est donc personnel tandis que le degré demeure général et en quelque sorte impersonnel. A titre personnel, je suis apprenti mais la loge travaille au premier degré de tel rite.
 
Ainsi, sur le Plan Parfait des Travaux du jour (la convocation), doit figurer la mention : " Ouverture des travaux au 1er degré du Rite Ecossais Primitif ou Français ou Ecossais Rectifié ou Emulation ou Nova Scotia ou Standart d'Ecosse ou Opératif de Salomon voire Ecossais Ancien & Accepté ou Memphis-Misraïm, etc.
 
Dans les hauts grades, on lira : Rite Ecossais Ancien & Accepté - Le Maître Secret - puis en dessous : 4eme degré ou Rituel du 4eme degré.
 
Le grade passe toujours avant l'indication hiérarchique du degré.
 
Aujourd'hui, on ne peut plus se fier à ce que fait l'obédience ou le Suprême Conseil ni même à ce qu'écrivent des auteurs dont la culture maçonnique, historique et symbolique comporte d'énormes gouffres. La masse des maçons, peu soucieuse de travail d'acquisition des connaissances ésotériques et d'efforts personnels, ne va jamais vers les auteurs qui les contraignent à se remettre en question. Voici pourquoi on a les livres et le niveau de qualité ou de non qualité que l'on mérite.
 
Autrefois, dans un temps où tout le monde se désintéressait du symbolisme authentique, nos devanciers avaient le choix entre des auteurs de piètre valeur comme Jules Boucher, Plantagenet voire même Wirth ou, d'une tout autre qualité et stature, avec des hommes comme René Guénon. Quel livre se vendit le mieux ? Celui de Boucher qui, pourtant, n'a jamais su ce qu'était véritablement un symbole ni ce qu'il impliquait. Cet auteur est responsable de l'inculture maçonnique de dizaines de milliers de maçons depuis 50 ans ! Jules Boucher était animé, en parfait fraternité, d'une rancoeur tenace à l'égard de René Guénon dont il jalousait la culture.  René Guénon, écoeuré, en outre, de ce qu'il voyait au sein de son organisation, finit par quitter sa loge et le REAA. Il devint  même anti système maçonnique en écrivant sous le pseudonyme : le sphinx. Il abandonna la maçonnerie en se convertissant à l'Islam.

Quand, dans un titre de livre, figurent le mot symbolisme ou l'adjectif symbolique, l'auteur ne figurera pas - sauf exception ou miracle car on trouve un bon spécialiste du symbolisme au mieux tous les 50 ans - parmi ceux qui ont quelque chose d'important à vous apprendre. S'il n'a rien d'important à vous apprendre, cherchez ailleurs des sources plus riches et plus sûres. Les maçons paresseux se cantonneront aux auteurs de deuxième voire de énième choix, avec toutes les erreurs voire les déviances que ces gens véhiculent ;  les maçons les plus exigeants dans leur cheminement trouveront les auteurs qu'ils méritent.

 
 
Demande : Le Rite Ecossais Primitif est-il toujours pratiqué en France ? C'est très important pour notre Grande Loge de la Charbonnerie du Brésil. Nous souhaitons avec un contact avec ce rite.
 
Oui, le Rite Ecossais Primitif existe toujours en France. Ce rite est bien plus ancien que le REAA puisqu'il remonte au 18eme siècle. Vous pouvez les contacter à cette adresse : www.geocities.com/riteecossaisprimitif.

 
 
Demande : Le Rite Ecossais Rectifié pratiqué au G.O. est-il le même que celui pratiqué à la GLNF ou à la GLRB ?  Le RER est-il toujours christique ou existe-t-il un RER déconfessionnalisé ? Le Rite Emulation comporte-t--il des références religieuses tirées de l'ancien testament ou du nouveau ? Ces rites sont-ils praticables par des athées, par des libres-penseurs ? Guillaume. Belgique.

Oui absolument, je connais, à Lille, des loges rectifiées du G.O. qui procèdent aux invocations (prières) d'ouverture et de clôture exactement comme le font celles de la GLNF ou de la GLTSO ou de la LNF ou de la GLFéminine de France (telle La Clé de Vie à Paris) ou de la GLF (comme L'Espoir à Roubaix). Les maçons rectifiés des loges du G.O. portent le chapeau, ce qui n'est pas le cas du RER de la Grande Loge Régulière de Belgique dont la pratique devient de ce fait "irrégulière" sur ce point. Dans d'autres orients, des loges RER du GO ou de la GLFF ont réécrit des parties du rituel. Si certaines d'entre elles ont gardé les invocations régulières, d'autres les ont supprimées.

Un rite sérieux et authentique est exactement le même partout dans le monde. On doit y retrouver les gestes et le texte rituel en tous points identiques. C'est le cas pour le RER (à la GLNF, à la GLTS Opéra, à la LNF, etc.)  et pour l'Emulation et pour le Français dit du Régulateur du Maçon de 1801.

Le RER est honnête : il est réservé aux seuls chrétiens. Comment pourrait-on devenir un Chevalier de l'Ordre du Temple sans être chrétien ? Comment pourrait-on accepter de travailler en loge bleue avec la Bible ouverte à l'évangile de Jean si on ne l'était pas ? Ceci pose tout le problème de l'hypocrisie de certaines organisations et de tous les individus esclaves de leurs passions : on ne croit pas vraiment en Dieu mais on se marie tout de même en blanc à l'église !

Le REAA est tout aussi chrétien puisqu'il impose l'évangile de Jean dans les trois premiers degrés puis à celui de Souverain Prince ou Chevalier Rose-Croix (18e). Admettre des personnes pratiquant une religion non chrétienne va leur poser d'énormes problèmes de conscience religieuse, certaines choses étant inadmissibles lorsque l'on pratique une religion différente. Si j'étais musulman, j'exigerai une maçonnerie foncièrement islamique établie sur la Kaaba. Je refuserai la simple évocation du temple de Salomon et de toutes les légendes issues de la Bible. La Bible n'est pas le Coran ! Il en va de même pour toutes les autres religions du monde. Ceci pose le problème grave de la non universalité des rites. La maçonnerie demeure universelle par ses valeurs religieuses, car toute initiation est foncièrement religieuse, humanistes, fraternelles et par l'utilisation d'un symbolisme authentique et tradionnel. Dés lors, qu'un seul point de détail vient à manquer ou à se trouver altéré,  on entre alors dans la déviation, dans la fausse ou la contre initiation mais il ne s'agit plus désormais de véritable maçonnerie ni d'une authentique initiation.

Qualité et quantité ne sont jamais compatibles mais comme les organisations privilégient la trésorerie il faut faire du nombre et on fait entrer n'importe qui. Aux uns, on dit - si c'est leur recherche - que la Fm est traditionnaliste. Aux autres, aux non religieux, aux sociaux, on dit qu'elle est progressiste. Le tour est joué. L'essentiel, c'est de maintenir sa part de marché et surtout de ne pas céder sa position à une organisation rivale.

Où se trouve la valeur fondamentale qu'est la fraternité ? Nulle part ! Toutes les Grandes Loges exigent la radiation, sans honte, des anciens qui ne peuvent plus payer leur capitation. Avec les modestes retraites qui réduisent les revenus de près de 50% de très nombreux maçons ne pourront plus faire face à toutes ces dépenses (et c'est pire encore avec les hauts grades). Le comble, c'est que de plus en plus de frères ou de soeurs dans leur loge refusent de donner un supplément de cotisation pour aider et contribuer à ce que les anciens restent avec eux.  On observe souvent que ces "modèles " de haute fraternité dépensent infiniment plus d'argent en salle humide ou pour leur standing social. La salle humide est plus importante à leurs yeux que de conserver  nos vénérables anciens parmi nous : voilà la mentalité actuelle. Il suffirait de peu de chose pour garder parmi nous et remercier nos anciens de ce qu'ils nous apporté et donné : que 10% de ce qui se trouve dépensé en salle humide soit versé dans le Tronc de la veuve.

Le Rite Emulation est un vrai 'style' ancien, comme tous les workings anglais. Par conséquent, il travaille avec la Bible ouverte à l'ancien testament dont il utilise des passages.

Dans la vraie maçonnerie,  il est une obligation : celle de croire en un Dieu révélé et en l'immortalité de l'âme. Il en va ainsi dans plus de 80 % de la maçonnerie mondiale.

Les athées ou libres penseurs peuvent rejoindre des organisations qui n'imposent aucune condition de croyance religieuse.

 
 
Demande : Je ne comprends pas ce qui se passe. Ma loge travaille au REAA. Je suis allé visiter des amis qui travaillent aussi au REAA mais dans une autre obédience et j'ai noté plusieurs différences dans la manière de travailler. Est-ce normal ?

 
N'en déplaise à nos nombreux amis, au REAA rien n'est jamais normal. Il se dit ancien mais veut travailler en moderne. Il se déclare ancien mais accepté. Cela n'est pas possible. S'il se veut ancien, il doit posséder un corpus opératif (comme l'Emulation autrement plus sérieux et cohérent dans son développement), ce qui n'est pas le cas pour le REAA.  
 
Il existe plus de 25 rituels du REAA différents par grade actuellement rien que pour la France. En fait chaque Grande Loge a changé les siens pour ne pas qu'on puisse dire qu'elle travaille avec ceux empruntés à une organisation concurrente ou rivale. J'ai même visité - sans signer le livre de présence - plusieurs loges d'une GL qui utilisait 4 rituels différents en même temps comme c'est le cas pour le rite Français au GO (voire ailleurs). Il devient inévitable que, dans ce contexte, on assiste, en visite à l'extérieur, à des gestuelles et que l'on entende des phrases qui n'existent pas dans sa loge. Ce qui est très grave, c'est que trop de maçons du REAA - et des auteurs connus, ce qui est un comble de non savoir ou de non objectivité - pensent que leur rituel est authentique, très ancien (il a au mieux 10 ans), n'ayant jamais changé depuis des lustres et demeure toujours conforme à ce qu'il fut à sa création. C'est un pur fantasme.
 
Cette situation est-elle normale ? Absolument pas. Le rite a beau porter le même nom, si des détails changent, cela n'est plus du tout le même. Dans les pays anglo-saxons, lorsque 2 ou 3 points de détails changent dans le rituel, on change le nom du rite ou working. Ainsi le rite original ne se trouve-t-il jamais altéré et demeure-t-il conforme à ce qu'il doit être. L'Emulation a, au fil du temps, donné naissance à au moins une quinzaine de workings ou autres "rites" dont le Logic, le Nigerian, le West End, le South London et bien d'autres. Si les français avaient cette rigueur, ce respect de la Tradition et une honnêteté intellectuelle à toute épreuve, vu toutes les modifications apportées depuis le XIXe siècle en France, il n'existerait quasiment plus aujourd'hui de loges travaillant au REAA. Ce qui est pire encore, c'est que chaque Grande Loge modifie ses rituels tous les 5 à 10 ans en n'hésitant pas à éliminer ou changer tout ce qui dérange la nouvelle direction de l'obédience.
 
Il en va de même pour tous les hauts grades. Quand on visite en France, on se demande si l'on travaille bien au même rite. Un maçon sérieux, rigoureux, ne peut pas accepter ni tolérer ces errements sous peine de se rendre complice de l'opération de démolition du rite. Après cela, on s'étonnera en haut lieu que les meilleurs soient partis vers un horizon plus authentique et traditionnel ? Ce sont toujours les moins bons, les "étriqués" qui restent. Ceci se retrouve dans tous les domaines. Où sont les meilleurs spécialistes et sportifs français ? A l'étranger ! Au moins, ils seront rémunérés sur la base de leur vraie valeur tout en travaillant dans des structures ayant une autre dimension et et une tout autre ambition que ce dont ils disposeraient en France. Un maçon authentique travaille sur les valeurs les plus élevées.  L'Universel en fait partie mais cela implique d'abattre toutes les frontières. On ne peut pas savoir ce qui se trouve de l'autre côté de l'horizon si l'on a peur de quitter sa loge ou son obédience. Un vrai maître ne sera jamais l'esclave d'une organisation ; il s'affranchira de tous les désirs, de toutes les chaînes.
 
 
 
Demande : On m'a confié comme thème de travail dans ma loge : Ce que j'ai été, ce que je suis, ce que je dois être. Je n'ai rien trouvé dans votre livre Les Planches de l'Apprenti. Pouvez-vous m'indiquer un fil conducteur ?

 
Dans le domaine du symbolisme il faut mériter la réponse pour pouvoir oser espérer l'obtenir un jour. Il faut aussi faire l'effort de chercher la matière dont on a besoin, ce qui amorce déjà le processus de retrouver ce qui est épars et qui se trouve pourtant sous nos yeux. Toute la matière voulue figure dans Les Planches de l'Apprenti mais encore faut-il l'avoir lu attentivement en prenant toutes les notes que la réflexion vous inspire. On aurait pu vous donner exactement le même travail en formulant un énoncé différent comme : D'où venez-vous, où allez-vous, que devez-vous faire ?
 
Votre thème reprend en quelque sorte des éléments que l'on trouve dans la Pierre brute (ce que j'ai été et ce que je suis) et Adhuc Stat (la perfection et la sainteté  vers lesquelles  je dois tendre).

Ce que j'ai été : le résultat d'un ensemble de conditionnements qui me furent imposés par mes parents (l'éducation, le milieu, les études, l'éducation religieuse), le milieu scolaire (obligation de se conduire en fonction de règles et d'un contenu dit éducatif, le milieu social et l'obligation d'agir et de devoir se conformer en fonction des autres (associations sportives, culturelles, professionnelles, etc.), le milieu professionnel, le milieu maçonnique.

Ce que je suis : je ne le sais pas puisque je suis une somme de tout un ensemble de choses qui me furent imposées et auxquelles je dus me conformer.

Ce que je dois être - Pour essayer de découvrir celui que je suis, il faut détruire tous ces conditionnements, toutes ces couches dites éducatives qui furent surajoutées les unes aux autres. Il ne s'agit pas ici de critiquer chaque domaine en soi mais d'oser reconnaître que chaque élément a influé sur le cours de ma vie et par conséquent de mon devenir jusqu'à ce jour. On m'a inculqué une religion. Mes parents se sont-ils posés la question : "est-ce que cette religion est la meilleure pour notre fils ?" Se sont-ils dit : "nous n'avons pas  à lui imposer notre façon de voir le monde. Il doit faire son apprentissage par lui-même. Il choisira une religion s'il en ressent l'appel sinon il s'en passera." Ils espéraient comme la plupart des parents que je devienne avant tout une sorte de reproduction de ce qu'ils sont eux-mêmes. Beaucoup espèrent même que leur enfant réussira là où ils ont échoué. Ils ne s'en rendent pas compte mais leur intérêt personnel, inconsciemment sans doute, prime dans presque tous les cas sur la personnalité, sur ce que devrait devenir cet enfant. Ils devraient le faire grandir dans la liberté et la responsabilité. La liberté ne consiste pas ici à le laisser faire ce qu'il veut mais à le rendre responsable de ses choix, de ses décisions et de leur conséquence en sollicitant son intelligence naturelle qui va se mettre au travail si on la sollicite et si on lui donne des bases philosophiques. L'enfant qu'on a minorisé - ce qui est le cas pour la plupart d'entre eux -, que l'on a  considéré comme le " bébé" à sa maman ne pouvant pas se révolter, ne sachant pas ce qu'il devrait faire, obéit et devient ce qu'il veut que l'on soit jusqu'à ce qu'une influence extérieure au cercle familial se manifeste enfin : ce sera celle des amis, des premiers ennemis, des autres enfants en général. Qu'est-ce qui sera le plus important ? Ce qu'il doit être pour ses parents et les amis de ses parents ? Ou bien celui qu'il doit paraître être aux yeux des copines et des copains de sa tranche d'âge ? Là, non plus, le choix n'est pas simple. Il faudrait une force de caractère quasi surhumaine pour se dire : "Je ne veux pas faire ce qu'on attend de moi. Je n'ai pas envie de leur plaire. Je me moque totalement de ce qu'ils pensent de moi." Quand on n'est rien - comment pourrait-on Etre au regard de l'Absolu si l'on se comporte en reflet dégradé, en une sorte d'image déformée, comme une mauvaise caricature -, quand on  joue un mauvais jeu, à contre rythme, au mauvais moment, au mauvais endroit, à quoi peut-on se rattacher ?

Si vous travaillez au RER, rappelez-vous la maxime du premier voyage : "l'homme est l'image immortelle de Dieu mais qui pourra- la reconnaître s'il la défigure lui-même ?"

Reprenez Les Planches de l'Apprenti à La Pierre Brute - Prenez des notes. Notez des phrases entières. Lisez aussi Le Silence et l'Entrée dans le Silence (pour l'introspection et la préparation à ce que je dois faire) - Lisez Le Fil à plomb et La Perpendiculaire (d'où venez-vous ? Du nadir, du monde ténébreux de la matière. Où allez-vous ? Vers le zénith, vers le coeur du monde céleste et divin - Le Maillet et le Ciseau et enfin Adhuc Stat. Il faut apprendre à découvrir et rassembler avec intelligence ce qui est épars.

Bon travail et bon tracé.

 
Demande : On me confie comme tracé au REAA : "Frères 1er surveillant, les ouvriers sont-ils contents ? Ils le manifestent sur l'une et l'autre colonne, VM ! " "Quels sont la symbolique et le sens de ces phrases ? De quoi doit-on se satisfaire en FM ?"

 
Les ouvriers sont-ils contents ? Ceci implique de se demander : Pourquoi le seraient-ils ? Dans la vie profane, on peut se montrer satisfait de disposer d'un travail qui nous permet de subsister comme on le souhaite en faisant vivre sa famille même si l'on n'y trouve aucun intérêt, aucune valorisation de ses compétences ou aspirations. Ne serait-on pas plus heureux avec une meilleure paie et/ou en travaillant pour une autre entreprise ? Un ouvrier, passionné par son art, pourrait être content d'une oeuvre délicate et difficile enfin achevée. Mais son objectivité et la recherche constante de la perfection - ce qui est le cas des Compagnons du Devoir ou du Tour de France - finiraient par trouver ici et là quelques imperfections infimes, certes, mais indignes d'une oeuvre considérée comme telle. Pourquoi donc les ouvriers de la loge de Compagnon devraient-ils être contents quand tous les autres ne le seraient pas ? Se feraient-ils donc illusion à eux-mêmes ? On pourrait considérer qu'ils sont heureux tout simplement parce qu'ils sont là dans la loge des Compagnons quand ils pourraient ne pas avoir dépassé celle des Apprentis mais, sur la Voie de l'initiation, peut-on se contenter de ces appréciations ou sentiments profanes ?
 
Quelle est la symbolique de cette question et de cette réponse du rituel d'ouverture ? Il n'y en a aucune. Ceci ne se rapporte en rien au monde et au contenu ésotérique propre aux symboles sacrés. On peut toujours essayer de trouver une interprétation cohérente à une formulation mais ceci n'implique en rien qu'elle possède un contenu secret, ésotérique, initiatique incontournables dans l'univers du véritable symbolisme. Cette demande et réponse a-t-elle un sens ? On pourrait lui en trouver plusieurs satisfaisant les uns et dérangeant les autres. Au contraire de ceux qui ne savent rien du symbolisme imaginent, ici tout n'est pas symbole !
 
Pourquoi les ouvriers seraient-ils contents ? Parce qu'ils vont travailler dans le chantier d'oeuvres pour la gloire du Grand Architecte de l'Univers. Voici le genre de réponse qui va faire applaudir ceux qui se satisfont du minimum et surtout des apparences. Pourquoi le GADLDU se montrerait-il ravi par des paresseux qui ne pensent à lui que 2 ou 4 heures par mois, par trimestre ou semestre puisque la loge de Compagnon ne se réunit pas souvent ? Le Grand Architecte attend que ceux qui cherchent  la lumière Le servent chaque heure de leur vie et ceci jusque leur mort. Puisqu'ils se sont engagés en entrant dans l'Ordre à élever des temples à la vertu et à creuser des tombeaux pour les vices, pourquoi ne le feraient-ils que quelques heures de temps en temps sans que cela leur coûte quoi que ce soit et surtout sans faire d'effort, sans changer de comportement ou de mentalité et sans renoncer à quoi que ce soit des passions et des plaisirs profanes ?
 
Le monde de l'initiation ne tolère pas les hypocrites qui n'y ont aucune place et qui naturellement recevront le salaire qu'ils ont mérité en subissant toutes sortes de mésaventures, déceptions, trahisons dans leur vie familiale, professionnelle et même associative. Cela prend parfois 10 ans, 20 ans mais le couperet tombe toujours. Seul celui qui travaille sa pierre avec foi, avec scrupule, avec honnêteté peut parvenir à découvrir sa vraie nature et la Présence transcendante, lumineuse, immortelle.
 
"Je ne serai que s'Il veut que je Sois" mais pour cela je dois oeuvrer à la réalisation de ma perfection mentale, comportementale, spirituelle. C'est à l'atteinte de cet état que correspond la pierre cubique à pointe et celui qui a réalisé ce  travail est devenu un maître avec tout ce que cela implique. C'est la raison pour laquelle, lorsque l'on considère qu'un Compagnon a accompli réellement tout le travail que l'on attendait de lui, dans le monde profane et dans la loge, on l'élève à la maîtrise. Comme la tâche d'un vrai maître consiste à faire des maîtres, il lui faudra ultérieurement  trouver, ici ou là, les disciples qui viendront, à leur tour, enrichir la longue chaîne des chercheurs puis des porteurs de lumière.

Un maître ne doit pas être que douceur et amour. Il doit se montrer exigeant, dur, impitoyable. Rappelez-vous l'attitude de Jésus chassant les marchands, les profanateurs du temple, à grands coups de fouet ! Tout vrai maçon doit faire des maçons et par conséquent sélectionner les profanes aptes à servir l'Ordre. La dureté est parfois nécessaire pour éprouver car aucune foi n'est réelle  si elle n'a pas vaincu à plusieurs reprises l'épreuve du doute. Un vrai maître éprouvera toujours ses adeptes jusqu'à ce que la Lumière de la Grâce, l'Equilibre de la Connaissance, l'Unité, l'Absolu se manifestent en eux. Voilà le salaire ultime de l'initié accompli.
 
 
Demande : Je dois traiter des rois mages au 14eme. Pouvez-vous m'aider ?
 
 
Dans l'Antiquité, les Mages furent considérés et honorés comme des rois mais ils ne furent jamais rois. Pourquoi cela ? Parce qu'ils bénéficiaient alors de privilèges exceptionnels et les chefs des empires ne faisaient rien sans les avoir préalablement consultés. Ils figuraient parmi les très rares hommes à pouvoir approcher le monarque en toutes circonstances sans solliciter une entrevue ni sans devoir respecter les heures d'audience. Ils pouvaient approcher le roi de jour comme de nuit. C'est de cela que vient la considération quasi royale dont ils bénéficiaient dans la société des hommes.
 
Les Mages étaient spécialisés dans la consultation des astres. Ils avaient une connaissance de l'Univers dont ils appréciaient le mouvement perpétuel et incessant. Ils furent les premiers astronomes. Ils savaient aussi ce qui allait se produire et ils avaient une fonction de prédiction. Ce que l'on sait moins, c'est qu'ils étaient aussi des magiciens. Quand on fait de la magie, on ne peut pas mettre un rituel en action sans que la position des astres soit favorable, ce qui varie selon le but recherché. On devrait agir de même en maçonnerie quand il s'agit de faire une initiation car il faut tenir compte des caractéristiques astrales de l'impétrant. Ceci impose de faire la cérémonie à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. On ne le fait jamais et c'est la raison pour laquelle il y a très peu de chance de rencontrer un jour un véritable initié par loge et ceci quel qu'en soit le degré.
 
Les mages (Melchior, Balthazar et Gaspard) - dans le Nouveau Testament - apportent la myrrhe, l'or et l'encens. La myrrhe et l'encens étaient les dons usuels faits à la divinité. On les brûlait sur les autels de tous les dieux. Offrir ces présents à Jésus, c'était reconnaître sa divinité. Il en allait de même pour l'or, seul métal habilité, en raison de sa faible résistance électromagnétique, à pouvoir figurer parmi les ustensiles du culte admis dans le sanctuaire intérieur.
 
On doit bien évidemment rattacher la connaissance de l'univers à celle des évènements. Le véritable initié sait ce qui va arriver dans telle circonstance pour telle personne mais il n'est pas autorisé à en faire état sous peine de se voir retirer ce don. Par ailleurs, aucun initié ne doit intervenir dans le plan de vie d'un tiers car il ne peut pas changer ce que la divinité suprême lui a réservé. Chacun reçoit ce qu'il mérite en bon comme en négatif en fonction de ce qu'il a fait ou de ce qu'il n'a pas fait mais qu'il aurait du faire.
 
Les TROIS rois mages - et là il faut traiter du symbolisme du nombre 3 - correspondent chacun à quelque chose de précis. Leur différenciation se trouve soulignée par les dons qu'ils font et qui sont différents. Il demeure essentiel de remarquer qu'ils arrivent près de Jésus la nuit étant tombée et qu'ils sont partis avant le lever du soleil. Leur action n'opère pas dans le visible. Elle échappe à tout exotérisme. Il faut chercher dans le mystère, dans l'occulte, la signification de leur présence. Ceci me fait penser aux trois bonnes fées qui président à la naissance d'un enfant élu dans les contes de fée. En fait, les auteurs de contes ont repris l'ésotérisme des mages sans le comprendre. Les fées y ont des pouvoirs de magiciennes comme les mages. Il fut un temps, où l'on appelait les sorciers des "magistes". Evidemment magiste dérive de mage. Continuez à chercher une matière intéressante et surtout réfléchissez.

 
 
Préparant un livre spécialisé par grade sur le Grand Elu de la Voûte sacrée, Le Chevalier Rose-Croix, Le Chevalier Kadosch, je serai très heureux si vous pouviez me faire parvenir une copie complète du rituel de votre loge de perfection, chapitre ou conseil (photocopies). Je n'ai pu faire Le Maître Secret - seul livre de cette importance (plus de 400 pages) sur ce grade - que parce que des amis m'ont communiqué les rituels des 6 principaux Suprêmes Conseils. Les différences sont importantes (voire même capitales) entre les uns et les autres. Bien évidemment, une discrétion totale vous est garantie.  Un chercheur authentique ne peut pas écrire un livre sur un haut grade surtout au REAA uniquement en partant du rituel de sa seule organisation ou alors il ne faut pas le mettre dans le commerce à la disposition de tous mais le réserver aux seuls membres de son organisation. Cela manque de sérieux et même d'honnêteté intellectuelle. Trop d'éléments fondamentaux divergent d'un Suprême Conseil à un autre. En lisant le rituel de  30eme d'une grande organisation, j'ai eu le sentiment de me trouver à SOS racisme ou dans l'association Ni putes ni soumises, associations importantes socialement, certes, mais elles ne sont pas des centres compétents pour transmettre une initiation traditionnelle et authentique. Ce rituel ne comprend rien de ce qui doit figurer dans un Conseil digne du grade de Chevalier Kadosch ! J'en ferai état le moment opportun, si rien ne change à cet égard, lorsque je procéderai à l'analyse comparative détaillée des textes utilisés par les divers groupements français. Ce n'est pas parce que l'on appartient à une structure que le travail et les rituels qu'on nous impose sont authentiques, traditionnels et de qualité. On se trouve le plus souvent dans un cas de figure totalement inverse.


Le plus urgent : Il me manque le rituel du 12eme du Suprême Conseil du D.H. Merci à celle ou celui qui pourra me le communiquer.

 

Demande : Je travaille au RER. A l'ouverture des travaux, les apprentis et les compagnons doivent-ils eux aussi sortir leur épée la pointe tournée vers la terre ?


A lire tes questions, je suis très inquiet sur le niveau de compétence des frères de ta loge qui visiblement ne connaissent rien au RER.

OUI, TOUS les frères (toutes les soeurs, à la Grande Loge Féminine de France), donc les apprenti(e)s et les compagnon(ne)s aussi, tirent leur épée et la pointent contre terre de la main gauche, étant à l'ordre de la main droite. Le chapeau est passé dans la ceinture du tablier (pour les apprentis, du côté gauche de la taille) si on ne porte pas un ceinturon.

En entrant en loge après l'ouverture des travaux, le salut se fait-il en gardant la main à l'ordre puis on s'incline ou faut il quitter l'ordre avant de ?

En entrant dans la loge, on fait les pas requis selon le degré des travaux du jour. On s'arrête, les pieds étant à l'équerre. L'épée est dans son fourreau. Il ne doit pas y avoir de métal à l'air à l'exception des épées du Maître des Cérémonies et du VM(au moment de l'ouverture, clôture et des invocations). On salue le VM en faisant le signe d'ordre complet. On reste à l'ordre et l'on attend ce qu'il va dire.

Pour la sortie, et uniquement à ce moment-là, on fait le signe d'ordre en entier, l'épée étant au fourreau. On reste les deux bras le long du corps puis on s'incline lentement vers l'orient. On fait demi tour puis on sort.

Enfin à la fin de la chaîne d'union doit-on rompre la chaîne par trois ou non ? Ton avis nous est précieux.

Le rituel n'indique rien à cet égard. La pratique varie selon les loges. Dans certaines, on brise simplement la chaîne ; dans d'autres, on l'ébranle à trois reprises avant de la défaire.

Une observation : La rituélie est une opération identique à ce qui se pratique dans la "magie cérémonielle". Il en va de même pour la prière, pour la messe, etc. Tout doit répondre à des lois précises. On ne peut pas improviser, inventer des mots ou des gestes ou faire des déplacements indus. Le monde de l'initiation n'est pas le monde profane. Il faut en respecter les lois sous peine d'obtenir les effets inverses à ceux espérés. Il en va de même pour la chaîne d'union. Le VM ne doit pas lire la prière, il doit la savoir par coeur. Il doit concentrer son attention sur le rythme, sur la diction, sur la puissance vocale. En élevant le niveau de la voix, son souffle viendra du ventre et non des poumons, ce qui est capital !

Il importe de souligner ici que la manière dont nous la faisons aujourd'hui est très différente de ce qui se faisait aux 18 et 19e siècles.

Si on ne fait rien de spécial après avoir constitué la chaîne, on termine en défaisant simplement la chaîne sans aucun ébranlement.

L'ébranlement de fin ne pourrait exister que s'il y avait un ébranlement identique après avoir constitué la chaîne. Si cette manière de procéder avait existé, elle serait signalée dans le rituel. Comme le rituel n'indique rien à cet effet, la justesse implique que la rupture se fasse simplement et naturellement.

A ceux qui veulent découvrir le vrai RER, je recommande la lecture de mes commentaires en notes de bas de page dans les trois rituels que j'ai édités. voir à www.guigue.org/guigue1.htm


Demande : Quel intérêt Salomon avait-il à faire rechercher les meurtriers d'Hiram ? Je dois traiter cela au 1er Ordre du rite Français.


La plupart des mythes maçonniques ne reposent sur rien car souvent ils ne correspondent pas à la réalité. Or, le propre du mythe est qu'il comporte des éléments  ayant existé dans un temps archaïque mais qui se sont trouvés altérés ou modifiés à travers les siècles ou les millénaires.  Pour ce qui concerne celui de Salomon et d'Hiram l'architecte, d'autres mythes font état d'une rivalité amoureuse entre les deux personnages.  Hiram avait la préférence de Balkis l'enjôleuse sabéenne, la reine de Saba, et Salomon était fou de colère et de jalousie.
 
Dans ce contexte, il paraît vraisemblable que ce soit Salomon qui, par jalousie et pour se débarrasser d'un rivale gênant, aurait envoyé les trois mauvais Compagnons pour tuer Hiram.

Les invraisemblances des légendes maçonniques étonnent par leur nombre. En voici un exemple : on dit que le mot fut perdu avec la mort d'Hiram l'architecte. C'est totalement faux puisque l'on sait par ailleurs que tous les maîtres se reconnaissaient entre eux par cette même parole ! Certaines instructions sont tout aussi erronées. Lorsque l'on indique que les Apprentis reçoivent leur salaire à la colonne de leur grade, nous nous trouvons devant une incohérence extrême. Pourquoi cela ? Tout simplement parce que, ne pouvant gravir que le nombre de marches qui correspond à l'âge du grade, il leur est strictement impossible de gravir toute la volée de l'escalier du temple (geste réservé aux seuls maîtres) pour parvenir au Parvis et pouvoir avancer ensuite vers la colonne de leur grade. L'initiation ne se peut pas se concrétiser, se manifester dans un rite qui préfère l'incohérence à l'harmonie, le "désordre" à la perfection. Où sont les maçons sérieux et compétents ? Certains d'entre eux écrivent sur les hauts grades et ils ne sont même pas capables de noter les "monstruosités" existant déjà dans leur rite en loge bleue. Le plus amusant, c'est quand certains de ces auteurs évoquent dans leurs ouvrages d'autres rites dont ils ne savent absolument rien .
 
Pourquoi Salomon se serait-il trouvé dans l'obligation de faire chercher les meurtriers d'Hiram ?
 
Tout simplement parce qu'Hiram l'architecte n'était pas juif et qu'il était l'envoyé spécial du roi Hiram de Tyr. Tyr correspondait alors à la Phénicie.

 

Tyr était un état riche et puissant. Sa flotte sillonnait la mer Méditerranée quand les juifs avaient peur de s'aventurer sur l'eau et les caravanes tyriennes transportaient la soie, les épices dont le sel et les produits précieux comme l'encens, le benjoin, la myrrhe, etc. Hiram de Tyr était l'équivalent en son temps du président des USA - c'est une image - quand Salomon était l'égal du président de Cuba, ce pays étant sous développé par comparaison et pauvre.
 
Salomon devait en outre une fortune au roi de Tyr qui lui avait avancé des sommes colossales pour bâtir le temple de Jérusalem, tellement modeste qu'il ne fut jamais compris dans les sept merveilles du monde antique, mais important pour David puis Salomon pour qu'ilsl puissent s'emparer du pouvoir politique et religieux détenu jusque-là par les chefs des douze tribus. Pour Hiram ce petit temple n'était rien. Il s'agissait à peine d'une pâle copie, en plus pauvre, d'un modeste temple égyptien bâti par Ramsès III.
 
Comme Salomon dilapidait l'argent en dépensant sans compter  - c'était un joueur invétéré - celui qu'il n'avait pas, il se trouvait à la merci d'Hiram de Tyr. Lorsque ce dernier lui demanda de commencer à rembourser sa dette, Salomon, ne pouvant pas le faire, dut lui donner 20 villes - disons 20 villages - d'Israël en paiement. Cet acte de haute trahison qui aurait dû le faire mettre immédiatement à mort fut étouffé avec la complicité des lévites qu'il avait "achetés" contre des privilèges exceptionnels. Ils touchaient 10% sur tous les revenus des fidèles, sur les récoltes, sur les élevages de bétail, etc. Pour avoir encore plus d'argent, ils créèrent même une seconde dîme qui taxait les pèlerins sur les sommes qu'ils dépensaient durant leur séjour à Jérusalem. Grâce au salaire que leur versa Salomon, les lévites furent les premiers fonctionnaires au monde !
 
Ayant des comptes à rendre au roi Hiram, Salomon devait protéger la vie de tous les Tyriens qui valaient infiniment plus aux yeux du roi Hiram que les nomades miséreux des tribus d'Israël. Nos chefs d'état actuels doivent faire la même chose avec les ambassadeurs et les diplomates étrangers. Si l'un d'entre eux venait à se faire assassiner, le président du pays qui héberge le diplomate serait responsable. En vertu de cette responsabilité morale et politique, Salomon ne pouvait pas faire autrement que de faire rechercher les meurtriers d'Hiram. Comme il semblerait fort vraisemblable qu'il fut le commanditaire de ce crime, il ne fallait surtout pas que les criminels fussent retrouvés ou capturés vivants. Salomon choisit lui-même les membres du commando (élus ou maîtres élus des 9) pour qu'ils éliminent ces trois hommes de main et ne les ramènent en aucun cas vivants. Leur mort varie selon les rituels des différents Suprêmes Conseils. A propos de Salomon voir le livre LE MAITRE SECRET de Christian Guigue.

La thèse rituelle, consistant à vouloir venger la mort de maître Hiram, est antimaçonnique. Elle est à l'opposé de toutes les vertus. Elle viole la Loi mosaïque à laquelle devait impérativement obéir Salomon avant qu'il devienne traître à sa religion. La vengeance est bestiale, démoniaque, indigne. Comment un maçon qui s'est engagé "à élever des temples à la vertu et à creuser des tombeaux aux vices", à agir fraternellement envers tous les hommes et pas uniquement envers les membres de son organisation pourrait-il se comporter ainsi ? Comment un aspirant à l'initiation qui doit découvrir ce que sont la Beauté, la Force de la foi et la Sagesse pourrait-il se comporter en champion de la violence, en bête fauve ?


Demande : J'entends dire autour de moi que le REAA est le rite le plus pratiqué au monde. Qu'en est-il véritablement ?


Tout d'abord il importe de souligner que le REAA ne s'appelle ainsi que dans quelques pays. Christian Guigue a  toujours signalé à ceux qui soutenaient cette affirmation qu'il s'agissait d'un fantasme typiquement français pour ne pas dire un délire total. il importe de constater que ceux qui tiennent ce genre de propos n'ont fait aucune enquête parmi les organisations concernées ni ne connaissent la maçonnerie internationale. Il reste fort probable que leur bagage maçonnique général réel relève du même ordre. Nous allons vous communiquer les chiffres officiels pour les Etats-Unis qui nous sont communiqués ce 19 janvier par le Director of Membership Development qui nous écrit : "there are 250,000 Scottish Rite Freemasons in the Northern Masonic Jurisdiction of the United States and 310,000 in the Southern Jurisdiction". Ces chiffres comprennent aussi des maçons qui travaillent à un autre rite mais sont passés aux hauts grades du REAA. C'est-à-dire qu'il y 560.000 maçons au REAA aux USA. Comme on compte un peu moins de 2 millions de maçons aux USA, le REAA représente à peine un peu plus du quart seulement.

S. Brent Morris, 33eme m'écrit ce 20 janvier : "Very few american "Blue" or "Craft" (1°-3°) lodges work Scottish Rite rituals. Most of these are in Louisiana (originally a French colony), with a few scattered around the country. There are probably about 20 Scottish Rite Blue Lodges all togeher. (Très peu de loges bleues travaillent avec les rituels écossais. On les rencontre principalement en Louisiane - qui fut une ancienne colonie française -... Il doit y avoir en tout une vingtaine de loges bleues écossaises (pour le REAA). Pour les américains, le REAA ça n'est qu'un système de hauts grades dont  on prend les seuls derniers et c'est tout. Il n'est pas inintéressant de noter que la baisse des effectifs de la maçonnerie américaine coïncide avec l'apparition, dans certains états, de grades intermédiaires au REAA. Beaucoup de gens venaient en maçonnerie pour être 32 puis 33eme au plus vite. Attendre ne les intéresse pas,  ils n'ont pas de temps à perdre avec des échelons intermédiaires.

Le rite le plus pratiqué au monde est de très loin ce qu'on appelle le rite Américain là-bas et aussi le rite d'York ailleurs. Bien évidemment, nous corrigerons ces chiffres à partir des courriers reçus des deux Suprêmes Conseils pour la Juridiction Nord et Sud des USA, s'il y a lieu. On observera que le REAA est nettement mieux implanté dans le sud que dans les états du nord. Ceci se trouve évidemment dû à l'extraordinaire travail que fit Albert Pike - l'auteur de Morales & Dogme au REAA - au sein de Suprême Conseil de la Juridiction sud.  Il est tout à fait remarquable de constater que les deux meilleurs auteurs américains Pike et MacKey travaillèrent merveilleusement ensemble à l'enracinement du rite dans les états du sud et que, plus d'un siècle après, personne ne les a égalés où que cela soit dans le monde. Lorsque vous entendrez quelqu'un affirmer, ou quand vous lirez sous la plume de certains auteurs, prenant ce fantasme pour une réalité, que le REAA est le numéro 1 dans le monde, vous saurez que ces interlocuteurs ou ces auteurs ne figurent pas parmi les gens méritant votre attention. Devant un tel manque de "sérieux", nous vous recommanderions fort logiquement de vous tourner vers des personnes plus dignes de confiance et aux connaissances plus sûres.

A titre accessoire, rien n'indique avec certitude que le REAA soit même le premier en France puisque plus de 50.000 maçons travaillent au rite Français (toutes versions (français primitif, groussier, moderne français rétabli, 1801, etc.) et organisations confondues (GO, GLNF : environ le tiers des effectifs, LNF, GLISRU, etc.), et que le REAA globalisé (GLF + GLFF + DH + GLMF + GLMU, etc.) doit se situer à peu de choses près au même niveau sinon légèrement en dessous. Actuellement, seuls le rite Ecossais Rectifie (environ 15.000 maçons) et le rite Français continuent à se développer en France. Le REAA a besoin de maçons sérieux qui le servent pas de spécialistes de pacotille. On n'oubliera pas dans le décompe des effectifs par rite de lister l'Emulation, Memphis-Misraïm, l'Opératif de Salomon, le Standard d'Ecosse,  le Nova Scotia, l'Irlandais, etc.

 

Demande : Notre question à l'étude est : "Quelle est la raison de la disparition du second survt au 4ème dans le REAA ?. Peux-tu me donner quelques éclaircissements ? J'ai pensé à la mort symbolique d'Hiram. Merci de bien vouloir m'aider.

Le 2nd surveillant n'a jamais disparu. Il n'a jamais existé au 4eme, ce qui n'est pas du tout la même chose. Il se passe au 4eme ce qui se répète au 33eme degré : "ce qui est en bas est comme ce qui est en haut ..."

Il n'y a qu'un seul inspecteur Adonhiram qui doit prendre en charge la formation des Lévites.
 

Il y a lieu de souligner ici l'anomalie de certains suprêmes conseils qui composent des collèges d'officiers avec tout de même 2 surveillants qui officient en loge de maîtres secrets  ! Il y en a d'autres pour qui le maître secret n'est plus un lévite, ce qui relève d'une énormité ou folie extrême car sans cela il n'y a plus de voie de perfection possible au REAA. Si le maître secret n'est plus un lévite, il n'y a plus de grade car il est vidé de son corpus. Dans ce cas, il devient inutile de perdre son temps dans une structure n'ayant rien à nous apporter.

Hiram ou Adon Hiram devraient être le même personnage. Adon Hiram = seigneur Hiram. Notons qu'Adon a également donné Adonis et ses Mystères.

Le rituel de 4eme a subi bien des vicissitudes depuis sa création dont l'élimination de Moïse. Or, comment pourra-t-on traiter des noms divins qui nous sont donnés sans qu'on fasse référence à Moïse qui les reçut ? Moïse fut éliminé du rituel vers la fin du 19eme siècle. On compense parfois cela en arguant de la parole perdue mais celle-ci ne le fut jamais puisque tous les maîtres la connaissaient étant donné qu'elle servait de mot de reconnaissance pour tous les maîtres et non pas uniquement pour Hiram.

Autre problème majeur : Hiram était un goy, un étranger puisqu'il était Tyrien, c'est à dire venant de Phénicie. Est-il imaginable qu'un non juif entre dans une synagogue et demande à recevoir les mots hébreux les plus sacrés ? Il se ferait sortir avec perte et fracas. Dans les temps anciens, il se serait immédiatement fait tuer ! Hiram le tyrien vénérait Melkart à qui on sacrifiait des enfants mais il en allait aussi dans les temps anciens du judaïsme et de la prostitution "sacrée" obligatoire avant le mariage qui n'avait pas complètement disparu du temps de Salomon où la prostitution masculine connaissait une ère florissante. Dans la continuité de sa trahison envers YHVH, Salomon élèvera aussi un temple à Melkart.

Mais revenons au maître secret. Les changements apportés à travers le temps au rituel ont tenté de faire correspondre ce qui ne peut pas l'être. Ainsi Adon Hiram est devenu Adonhiram - d'où la maçonnerie adonhoramite de Guillemain de Saint-Victor toujours très active au Brésil -  puis Adoniram. Mais ce  n'est plus le même personnage, c'est un autre ! Hiram est mort, Adoniram fut choisi pour garder sa sépulture ou - selon les variantes - pour finir le travail conduit dans le chantier du temple qui n'est plus achevé puisque le saint des saints n'est pas opérationnel. Si le temple n'est pas terminé, il n'y a pas de temple mais une bâtisse profane. S'il n'y a pas de temple, il ne peut pas y avoir de franc-maçonnerie puisque celle-ci repose sur le temple consacré et actif. Les rédacteurs de rituels ne se rendent pas compte des conséquences extrêmes que leur non connaissance et leur non compétence font courir au REAA. S'il n'y a plus de maçonnerie symbolique, il ne peut plus y avoir de hauts grades ni de rite, donc de REAA ! Il faut faire cesser ce massacre.

 

Dans la société profane, on parlerait d'extrême incompétence et ces gens perdraient immédiatement leur emploi !  Dans les organisations actuelles,  moins les gens ont de connaissances, plus on les apprécie. Il est vrai qu'ainsi ils ne gênent personne.

En maçonnerie bleue, il y a 2 surveillants car il y a deux catégories de frères à former : les apprentis et les compagnons. Dans les hauts grades, il n y a qu'une seule classe à former puisque tous les frères du groupe sont censés posséder le même grade (à l'exception du mixage de la loge de perfection). Donc il ne devrait y avoir pour tous les degrés jusqu'au 33eme qu'un seul surveillant.

Une information capitale : à quoi correspond la clef d'ivoire au 4eme ? A la foi consciente et active ! Evidemment on peut comprendre que dans certaines organisations cela puisse déranger.

 

Demande : On me dit que dater  6007  à partir du 1er janvier constitue une erreur. Pourquoi cela ?

L'année maçonnique commence le 1er mars. Nous resterons donc en 6006 jusque fin février pour aborder 6007 à partir du 1er mars.

 

Demande : On me dit qu'il est impossible que le Suprême Conseil puisse fêter les 200 ans de sa fondation. Est-ce exact ?

Je ne sais pas qui vous a dit cela car il n'y a pas 20 personnes en France qui connaissent l'histoire réelle du Suprême Conseil de France. En effet, le Suprême Conseil actuel a été créé le 7 mai 1821. Il portait le nom de Suprême Conseil du Rite ancien et accepté pour la France et ses dépendances. Pour fêter son bicentenaire il faudra donc attendre l'année 2021. Il fut créé à partir des restes du Suprême Conseil d'Amérique dit de Pompéi, car il existait déjà un Suprême Conseil d'Amérique, auxquels se joignirent quelques rescapés du Suprême Conseil dispersé en 1814. La multiplicité des Conseils qui faisaient alors assaut de rivalité en France ne respectaient pas les Grandes Constitutions de 1786 qui n'autorisaient qu'un Conseil par pays. Celui fondé en 1804 par de Grasse-Tilly n'ayant pas vécu longtemps, on ne peut pas considérer que les Conseil rivaux en proviennent directement puisqu'ils se sont créés en concurrence directe. De même, si nous retenons le 2eme Conseil fondé par de Grasse Tilly, à son retour de captivité, sous le nom de Suprême Conseil d'Amérique n°2 dit de Pompéi, celui-ci n'avait pas de filiation directe avec celui de 1804, le seul Grasse Tilly ne pouvant pas y suffire.

La seule chose qu'on puisse fêter est l'importation en France du Rite Ecossais en 33 grades provenant des Etats-Unis.

 

Demande : Je suis dans une Loge du R.E.R. et plusieurs Frères ne sont pas d'accord sur l'emplacement du chandelier sur l'autel du V.M. Certains le place à droite du V.M. et d'autres le place à gauche. Quand est-il réellement et pourquoi? Merci -Gérard B.

Le rituel n'indique rien à cet égard, ce qui laisse la possibilité au VM de le poser où il veut. Néanmoins il faut prendre en considération que le chandelier doive se trouver près de la Bible ouverte au prologue de l'évangile de Jean. Celui-ci se situant en page droite de la Bible, il convient de poser de ce côté le chandelier. Si l'édition de la Bible comporte en page gauche le début du prologue, il conviendra alors de poser le chandelier à côté, donc à gauche.

La Bible se trouvant devant le plateau, la chandelier doit se trouver aussi sur le devant et non pas en arrière. Le chandelier évoquant la manifestation de la triunité divine est même en quelque sorte plus important que la Bible. Le poser en arrière de la Bible serait une faute et une marque de non connaissance.

La majorité des VM pose le chandelier à droite pour une raison de commodité dans le travail - si l'on est droitier - les documents devant servir durant la tenue étant posés à la gauche du VM. Une raison plus sérieuse concourant à la pose à droite du chandelier tient au fait qu'on place la truelle portant l'équerre et le compas à gauche de la Bible. Si l'on place le chandelier à gauche - pour les raisons indiquées plus haut, il conviendra de poser la truelle portant l'équerre et le compas à la droite du VM. L'ensemble formant une trinité (bible portant l'épée du Logos posée en travers du livre , chandelier à 3 branches et truelle/équerre/compas). Numériquement, cela produit 3 (chandelier à 3 branches) fois 3 (truelle portant l'équerre et le compas)  = 9, ce novenaire incontournable dans toute la maçonnerie Templière (il ne s'agit aucunement ici du temple de Salomon mais de l'Ordre du Temple) La Bible et l'épée du Verbe-Lumière ou Logos comptent pour 1. 9 + 1 = 10, c'est  la Totalité ou la manifestation rendue possible.

 

Demande : "Faut il être cultivé pour être maçon ?" 

Tout dépend par ce que l'on entend par le terme "cultivé" et si on limite ce terme à la culture intellectuelle. On sait très bien que l'intelligence ne se limite pas à l'intelligence abstraite ou conceptuelle. Il existe 6 autres formes d'intelligence.

Par ailleurs, il n'existe aucun texte ou document maçonnique authentique définissant des conditions de culture ou de savoir ou de diplômes pour entrer en FM.

Faut-il être cultivé pour être chrétien ou juif ou mahométan ou bouddhiste ? Cela n'a aucun sens en soi.

Dans le monde de l'initiation, l'intelligence abstraite crée une barrière infranchissable car la raison domine en empêchant le sensible de s'exprimer et par conséquent de recevoir. Les plus mauvaises planches sur les Nombres sont faites par des mathématiciens qui restent incapables de s'intéresser au caractère ésotérique et magique qui ne les passionne pas ou dont ils ne comprennent rien car cela leur échappe puisque ceci ne répond en rien au côté cartésien du savoir.

Les livres sacrés eux-mêmes avertissent que les textes doivent être éclairés, "sentis", lus et découverts avec l'esprit et le coeur et non avec la raison. Mahomet indiquait à cet effet que le Coran recèle 70.000 niveaux de lecture, ce qui est une façon allégorique d'indiquer qu'ils sont sans limite. Le Christ indiquait : Heureux les coeurs purs, Heureux les Humbles, Heureux les Miséricordieux, Heureux ceux qui ont faim et soif de Vérité, Heureux les doux, etc. Heureux ceux qui prennent la vie comme elle vient, heureux ceux qui sont fraternels envers leurs proches, etc. Il dénonçais les cultivés du Sanhédrin qui se servaient au lieu de servir l'Eternel !

L'initiation est pour les simples, les purs, les "gentils", elle ne sera jamais accessible aux partisans de la seule raison ou d'une forme d'intelligence forcément limitée à son seul domaine spécialisé.

Les manuels sont des hommes intelligents puisqu'ils possèdent cette intelligence pratique, manuelle, qui fait cruellement défaut aux conceptuels qui ne savent pas réparer leur machine à laver, réparer leur toit, vidanger le moteur de leur voiture, etc. Quelle intelligence semble-t-elle la plus précieuse au quotidien ? La forme dite "manuelle" car c'est la plus utile à titre individuel et collectif. Demandait-on aux maçons opératifs d'être bacheliers ou de savoir lire et écrire ? Bien sûr que non. Ils ne savaient ni lire ni écrire mais curieusement ils savaient compter et cela leur suffisait amplement.

<>A-t-on jamais demandé aux génies de la peinture ou de la sculpture s'ils excellaient dans l'approche conceptuelle et abstraite des choses ? Cette attitude serait en elle-même anti-artistique or la capacité à créer est une forme d'intelligence elle aussi. Dans la danse, l'intelligence spatiale permet d'obtenir la maîtrise et l'harmonie donc la beauté et la grâce du déplacement des corps dans l'espace.   

<>"Faut il être cultivé pour être maçon ?" est une hérésie grave dans une société ayant pour finalité la transmission de l'initiation en Occident.

Il n'existe aucun document maçonnique authentique pouvant avancer une telle proposition ou une affirmation aussi anti-maçonnique. Heureusement ! Car s'il fallait éliminer tous ceux qui, dans les hauts grades, ne savent toujours rien de capital malgré 30 ou 40 ans de maçonnerie, il ne resterait plus grand monde.  

Chaque individu recèle en lui des dons, des potentialités et des capacités qu'il ne soupçonne même pas. Toute la richesse et l'admirable transformation qu'opère le Maçonnerie sur ses membres est de les amener, sans même qu'ils s'en rendent compte, à travers le travail symbolique à accomplir sur soi, à se construire et à se développer spirituellement, humainement et socialement. Les planches qui sont demandées lors des changements de grade n'ont pas pour finalité d'apprécier le niveau d'érudition de tel ou tel frère ou telle soeur mais d'observer de quelle manière ce frère ou cette soeur ont changé depuis leur entrée ou leur grade précédent et ce qu'ils ont découvert des mystères de notre Art symbolique. D'ailleurs cette exigence de présenter une planche est strictement française et par extension francophone car, malheureusement, nous exportons nos défauts et nous l'avons même fait jusque dans les pays hispaniques et latins. On ne planche pas dans les loges anglo-saxonnes, on fait du rituel. 80% des maçons dans le monde ne font pas de planches ni en loge symbolique ni dans les hauts grades. Les speeches (de 3, 5, 7 minutes) se présentent aux agapes mais pas en loge.

 

Demande :  On me demande de travailler pour mon prochain accès au 30eme degré sur : "On ne peut pas parvenir à la Connaissance pure, c'est à dire à la contemplation de l'Absolu si l'on n'est pas devenu AMOUR."

 Réponse : Sur le chemin de l'initiation, la première étape est l'atteinte de la Sagesse. Sans elle, rien n'est possible. La Sagesse permet l'accès à la Beauté, à la découverte de ce qu'est vraiment la Nature et la Création dans tous ses aspects. La Sagesse permet de comprendre le plan divin (ce qui est manifesté par le travail sur la planche a tracer du maître). Celui qui sait comment se met en branle la puissance divine est excessivement armé et fort (c'est cela la vraie considération de la force dévolue au Compagnon mais que la FM affecte mal, à un mauvais moment du parcours, du moins dans les rites dits anciens). Au  rite Ecossais Rectifié, la Force est affectée au Maître écossais de St André, équivalent au 18eme du REAA. Seul le sage a l'accès à la Réalité et par extension à l'Absolu. Ceci reste interdit, inabordable à tous les autres.

La sagesse, la beauté, la compréhension du grand plan divin produisent des transformations capitales dans l'état spirituel du nouveau "saint" car seul celui qui devient saint (c'est la raison du travail sur la perfection de soi que nous impose l'Ordre) peut obtenir des révélations essentielles pour son devenir et sa mission ici-bas.

Le 18eme degré - de loin le plus important de toute la maçonnerie - fait entrer dans la Voie du Sacrifice. On n'existe plus pour soi. On n'a plus aucune espèce d'importance sinon celle de se fondre mystiquement en Dieu, dans son nom ou sa parole. C'est cette fusion mystique qui est l'Amour véritable. L'amour n'est pas cette pulsion qu'un homme éprouve pour une femme, ni une mère pour son enfant - ceci n'est qu'une illusion, qu'une caricature de l'amour véritable - d'ailleurs ce faux amour se défait, s'estompe, s'étiole avec le temps et se transforme en règlements de compte et en haine quand l'Amour absolu est flamme, exaltation, ravissement permanent de l'âme en soi.

 Réfléchissez sur cela et bon balustre.

 

Demande : Voila j'ai pris ma décision je quitte la FM, je suis apprenti depuis un an et demi au rite REAA. Au début c'est tout beau on t'accueille, on t'embrasse, bref on peut voir que les personnes qui vous entourent sont simples, sans préjugé et puis après, au bout de quelques mois, plus rien, on ne vous appelle plus au téléphone. Vous venez aux tenues et vous regardez et écoutez comme un apprenti quoi. On vous parle de Q pendant les agapes, vous voyez également qu'il y des clans, bref comme le monde profane !

Si je suis amer, j'ai eu ce soir un message par le frère trésorier. Devinez pourquoi il m'a appelé. Pour prendre de mes nouvelles ? Et non ! Perdu. Pour que je paie ma capitation ou cotisation comme vous voulez. Le message : "bonjour mon frère, j'espère te voir la semaine prochaine à notre tenue et surtout n'oublie pas ton chéquier, je t'embrasse". C'est cool comme message, c'est cela la fraternité ?

Non, je suis vraiment déçu par la FM, je ne fais pas une généralité car je suis certain qu'il y a des loges mieux que celle où je suis (elle a 3ans) mais le problème c'est que je ne peux pas aller à une autre loge car je ne suis pas maître mais apprenti . Il peut y avoir une autre solution aller vers une autre obédience le GO mais ce qui ne veut pas dire que les loges sont aussi parfaites.

Je constate au moins deux choses depuis que je suis maçon : beaucoup de frères font semblant au niveau de la fraternité et la FM te demande de payer et encore payer je ne pense pas que la FM soit cela je pense que je suis mal tombé dans cette loge et à cause de cela je suis écoeuré et c'est pour cela que je vous demande à qui je dois envoyer ma lettre de démission au VM directement par email ?

Car je ne donnerais pas un sou pour la cotisation de l'année 2004, d'ailleurs ils ne peuvent pas me radier car c'est au bout de deux années de suite qu'ils le peuvent mais je ne ferai pas cela car je préfère être clean à mon niveau !

Réponse : Il importe de souligner  immédiatement une erreur colossale : vous n'êtes pas déçu par la FM mais par certains frères qui vous entourent dans votre loge. Ce n'est pas du tout la même chose ! La FM ne demande pas de cotisation ou de capitation. Ce sont les organisations qui l'exigent pour pouvoir faire face à leurs frais de fonctionnement. Etre maçon, ce n'est pas porter un tablier et des gants voire un chapeau et une épée et se limiter à jouer un rôle quatre à cinq heures par mois en loge, chapitre, aréopage ou conseil suprême. Est véritablement maçon celui qui élève des temples à la Vertu et combat tous les vices et défauts humains. Est maçon celui qui fait face à toutes les obligations et à tous les devoirs librement acceptés lors de son entrée en maçonnerie. Le devoir de pratique de la tolérance et celui de la fraternité interdit à tous les frères de s'occuper des affaires ou du comportement d'autrui. Celui qui critique, médit, jalouse, celui-là n'agit pas en maçon puisqu'il ne respecte pas les termes de son serment. Se comporter comme une hyène ricanante n'est pas une attitude digne de la condition humaine. Violant son serment, il ne peut en aucun cas être un maçon ! Des grands-maîtres, des 33emes, des CBCS violent et ont violé à de multiples reprises (il est vrai que les meilleurs spécialistes objecteront que les hauts grades ce n'est plus de la maçonnerie) leur serment mais ceci ne nous regarde en rien ! Vous réagissez toujours en profane et donc en apprenti qui n'a pas encore commencé son parcours. Par ailleurs, vous semblez manquer souvent en loge sinon vous ne demanderiez pas qu'on vous téléphone et le Trésorier ne serait pas dans l'obligation de le faire en espérant vous voir à la tenue suivante.

La maçonnerie n'est pas une famille de remplacement ni un microcosme idéal ou parfait à cause des hommes qui la composent et la représentent. La FM est parfaite en elle-même par ses valeurs et la propagation de l'initiation, les hommes restent toujours des animaux pensant avec tout ce que cela implique de défauts et de limitations au regard de la perfection vers laquelle doit tendre le maçon.

Un vrai maçon n'a pas à observer, juger, critiquer ce que font ses frères y compris les autres hommes et femmes dans sa vie de tous les jours. Il ne doit s'occuper que de lui-même, devant travailler à éliminer la poutre qui est dans son oeil au lieu de s'attacher à considérer la paille dans l'oeil de son voisin. Malheureusement pour vous, vous agissez et réagissez ainsi très "épidermiquement" sans même avoir la notion du grand plan et du jeu divin. Chacun en ce monde doit passer par des étapes et des difficultés particulières voire même par des souffrances intolérables liées à des blessures morales ou physiques. Celles-ci font terriblement mal mais elles procurent des avancées considérables dans le domaine de l'évolution de l'état d'être ; c'est la souffrance qui fait accéder à la lumière, c'est-à-dire à la vision pure de la Réalité, de l'Absolu. Aucun grade ne fait avancer vers cette lumière, la souffrance, oui ! S'il arrive à quelqu'un de se trouver dans votre situation, qui n'est pas mauvaise à proprement parler car vos reproches sont véniels, (on ne vous a pas encore calomnié par des bruits de couloir, par des "on dit que" ou des sous-entendus, on n'a pas cherché à vous régler votre compte parce que vous dérangez tel dignitaire ou grand maître ou délégué fédéral ou vénérable dés lors que vous ne faites plus ce qu'on attend de vous)-, il ne peut pas s'en prendre à ses proches mais uniquement à lui-même puisqu'il ne fait pas le travail sur sa pierre. La règle de l'aspirant à l'initiation véritable est : "sois impitoyable envers toi-même, infiniment tolérant et indulgent devant les faiblesses de tes semblables" !

Parler de Q comme vous le dites, utiliser des expressions graveleuses ne prêtent pas à conséquence quand on agit justement (Saint Augustin disait fort à propos :' il vaut mieux se voir repris par les grammairiens que de rester incompris des gens du peuple", c'est-à-dire : il faut utiliser les mots que les gens comprennent fussent-ils graveleux), c'est-à-dire dans le cadre de la Justice : tous les apprentis et tous les maçons devraient le faire dans le cadre du commencement du périple car on ne peut pas évoluer ni avancer sans ce travail. Il importe de signaler ici que les rites qui font accéder aux vertus théologales sans avoir fait transiter le Cherchant dans les degrés antérieurs par les vertus cardinales ne reposent sur rien sinon sur le sable de l'incohérence la plus grave. Parler de Q ne prête pas à conséquence si l'on agit en sage, en juste, en chevalier du devoir !

Voyez l'abbé Guy Gilbert, l'aumônier des délinquants, des voyous, lui qui parle aux loubards  en faisant parfois le coup de poing avec une "droite évangélique". Il parle comme un charretier. Il jure et pourtant son message est lumineux, cristallin. Il dit fort justement : "la seule chose qui puisse sauver l'homme, c'est l'amour véritable, c'est la miséricorde et le monde manque cruellement de miséricorde" Je vous recommande de lire ses livres. Parler de Q et de couilles n'empêche pas l'accès à la grandeur de l'Homme et à la sainteté lorsque l'on agit en Juste. Bien évidemment, l'amour véritable n'a rien à voir avec celui d'un homme pour une femme puisqu'il finit toujours par s'étioler ou disparaître pour s'achever en divorce ou guerre de séparation. Ce qui rapprochait un homme et une femme n'était pas l'amour véritable mais une illusion née des ambitions masculine et féminine (avoir un enfant, donc se marier ou former un couple), ce n'est pas du tout comparable.

Les questions que je vous poserai, mon TCF, sont les suivantes :"Où est votre amour pour les hommes, pour vos frères ?" "Pourquoi passez-vous votre temps à vous occuper de ce que font les autres ? Votre vie manquerait-elle d'intérêt à ce point ? Pourquoi perdez vous un temps précieux à ne pas travailler sur vous-même car qui sait si vous ne devez pas mourir dans les mois ou les semaines prochaines ? La vie est trop courte pour jouer un jeu vicié et vicieux, ressaisissez-vous car le vrai problème est en vous et non dans les autres.

Comme apprenti, vous aurez les pires difficultés pour trouver une autre loge. Un apprenti qui démissionne est terriblement suspect et aucune loge ne prendra le risque de récupérer un "canard boiteux". Sur le chemin de l'initiation la règle est : Chacun pour soi et le Grand Architecte pour tous. Personne ne peut faire votre chemin à votre place, personne ne peut payer ce que vous devez payer dans cette incarnation qui vous a été donnée. Celui qui ose vouloir contempler la lumière, la Vérité, l'Absolu, celui-là doit le faire sans aucune aide ni aucune facilité. Il doit seul en payer le prix, s'il en est capable. Dans le cas contraire, il ne parviendra jamais à réaliser la Voie.

Mon conseil : payez votre cotisation ce qui vous permettra d'être en règle vis à vis de l'obédience et de rester maçon. Visitez  un maximum de loges différentes. Lorsque des frères maîtres de votre loge vont visiter une loge amie, demandez à les accompagner. Peut-être découvrirez vous une loge où vous vous sentirez mieux. Quoi qu'il en soit, passez vos grades là où vous vous trouvez mais surtout faites le travail que vous devez faire sur vous-même. Cela vous fera le plus grand bien. Tous les vrais maçons traversent cette crise que vous rencontrez et tout le monde doute une voire plusieurs fois. Où serait la foi véritable sans le doute ? Vous avez une chance exceptionnelle : celle de la vivre au grade d'apprenti, c'est fabuleux ! Vous avez une chance extraordinaire, alors saisissez-la à pleines mains, à plein coeur et rebondissez. Je vous souhaite bonne chance.

Pour quitter sa loge, on doit envoyer sa démission par lettre recommandée avec accusé de réception faite au nom du vénérable.

 

Demande : Je suis compagnon et j'ai souhaité plancher sur les limites de la maçonnerie. J'ai choisi ce sujet après un évènement survenu dans mon atelier (demande d'exclusion d'un F officier) par un F de la loge mère. Aujourd'hui mes réflexions et lectures m'entraîne naturellement vers l'homophobie que nous élargissons a l'endroit des personnes handicapées, homosexuelles, bien que... mais aussi aux limites de la réflexion humaine qui font que la maçonnerie mourra si on ne réagit pas aux anomalies anti-fraternelles qui se généralisent de plus en plus dans nos loges.

Réponse : Je te mets en garde. Si un maçon de ta L. a demandé l'exclusion d'un f. Pour des raisons xyz, tu vas t'en faire un ennemi si tu évoques cet incident et son action. Il te causera les pires difficultés pendant des années. Ces gens-là calomnient dans les coulisses en faisant filtrer de faux bruits (il paraît que ...  j'ai entendu dire que ...). Cela fait un mal terrible mais on souffre tellement qu'on évolue très rapidement dans la véritable initiation et, à certains égards, finalement on finit par remercier cet ennemi acharné car sans lui on ne serait jamais devenu celui que l'on est aujourd'hui. Comme quoi le pire génère aussi le meilleur. Je connais les problèmes d'homophobie et d'handicap depuis près de 25 ans déjà (avec la pseudo règle des 3 b - pas de bègue, borgne et boiteux en loge) depuis longtemps. A cela il faut répondre que la fraternité nous interdit de critiquer qui que ce soit et de nous occuper de choses qui ne nous regardent pas. Nous avons déjà tellement de choses à faire pour oeuvrer à notre propre perfectionnement que nous n'avons guère de temps pour nous attacher aux faux pas de nos prochains. L'homme, le maçon n'ont ni à juger ni à critiquer ni à ricaner quand un des nôtres faiblit ou tombe sur sa route. Personne n'a à s'occuper de ce qui peut distinguer les hommes qu'ils soient noirs, jaunes, rouges ou blancs, religieux ou non religieux, spirituels ou pas, handicapés ou différents pour une raison ou une autre.

Certains veulent partir en croisade comme les homosexuels ? Savent-ils que Cambacérès, 1er Grand Maître Adjoint du Grand Orient de France, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France pour le REAA était homosexuel ? Ceci ne l'empêcha nullement d'être un remarquable serviteur de la Maçonnerie. Savent-ils que notre soeur Joséphine de Beauharnais , qui devint l'impératrice Joséphine après avoir épousé Napoléon Bonaparte, était bisexuelle ? Cela ne l'empêcha nullement de devenir Grande Maîtresse des loges écossaises de France. Il en fut de même pour la princesse de Lamballe qui préférait les femmes aux hommes et dont sa relation intime avec Marie-Antoinette fut célèbre. Elle devint Grande Maîtresse des loges écossaises de France, elle aussi. Je cite ces exemples car on ne peut parler que des morts. Ceux qui attaquent les homosexuel(le)s et les bisexuel(le)s feraient bien de se méfier car on en compte un certain nombre parmi les dignitaires actuels de toutes les organisations (dignitaires de