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sur le site de CHRISTIAN
GUIGUE,
chercheur et auteur maçonnique de référence.
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Le
Courrier
Demande : Pour mon accès au
31eme, on me demande de faire dix pages dactylographiées sur Lux ex tenebris.
Pouvez-vous m'indiquer une piste de travail ?
1 - Vous
pouvez le développer socialement et de manière profane en abordant le rôle du
maçon dans une société devenue injuste, inhumaine, de plus en plus difficile à
vivre et où les hommes galèrent de plus en plus à trouver leur place.
Aujourd'hui, il faut avoir des bac + x pour gagner tout juste le Smic.
Trouvez-vous normal que les médecins urgentistes qui sauvent des vies tous les
jours gagnent moins qu'un chauffeur travaillant au Sénat ou que les conducteurs
de benne à ordures qui font infiniment moins d'heures de travail chaque semaine
et ne possèdent pas des bacs + 10 voire davantage
encore ?
Rien ne
nous interdit de considérer cette société comme étant le monde des ténèbres, un
lieu d'injustice et de perdition généralisées où l'égoïsme et la facilité,
l'usage grandissant des médicaments, des drogues et des plaisirs et excitants de
toutes natures l'emportent sur les valeurs, les épreuves et les devoirs
les plus élevés. La devise dans ce monde pourrait être : "Que les autres meurent
pourvu que je prenne leur place" voire "Ecraser les autres permet d'obtenir la
meilleure place". C'est la société du chacun pour soi ou les pires actes
l'emportent toujours sur le meilleur.
Dans ce contexte, que doit faire un maçon ?
Que doivent accomplir les associations maçonniques ? Les structures maçonniques
ne peuvent pas exiger que l'action individuelle se substitue à l'action
collective puisque ce sont elles qui doivent conduire les actions publiques. Il
faut aussi souligner qu'on ne peut pas se retrancher derrière des associations
profanes quand nos actions collectives devraient être exclusivement maçonniques.
Où sont les mouvements français, exclusivement maçonniques, de lutte contre le
sida, d'action contre la paupérisation, créant et gérant des dispensaires médicaux
gratuits, d'aide aux femmes battues, etc., etc.? Vous pouvez esquisser l'univers
ténébreux de la société telle que vous la voyez. Où et comment pourrait-on trouver la lumière évoquée ?
Par des plans d'action et l'obtention de résultats probants sans cacher la
qualité maçonnique de l'action collective et celle des sociétés intervenantes.
Ceci suffira-t-il ? Non bien sûr.
2 -
L'aspect initiatique.
Il faut
développer à quoi correspondent les ténèbres, c'est-à-dire ce qui n'est pas créé
ni conforme à l'état qui devrait être le sien : c'est le chaos opposé à l'Ordre,
à l'Harmonie, à la Beauté universelle qui n'est pas la joliesse bien évidemment.
Cette notion s'avère importante car on approche du 33eme et de sa devise Ordo
ab Chao : Du désordre à l'Ordre.
Bien
évidemment, les ténèbres, c'est aussi le monde des passions humaines, celui de
la non vertu, de l'illusion qui règne en maîtresse sur des hommes qui ne pensent
qu'à satisfaire leurs pulsions, leur ambition, leur rang social, etc. Ces gens
là sont déjà morts ( à la vie éternelle ) et ils ne le savent pas. Ils évoluent
avec inconscience dans leur monde : celui du désordre, celui de l'injustice
sociale, celui des attentats, celui où la guerre de religion devient un prétexte
politique ; leur monde est celui du non avenir pour leur descendance. Ceci me
rappelle la génération maudite de Caïn jusqu'à Tubal-Caïn.
Il faut,
par opposition, traiter la lumière : qu'est-ce que la Lumière ? S'agit-il de la
lumière du soleil, de celle des lampes électriques ou des bougies ? Bien sûr que
non, même si le soleil est un emblème important puisque pour ceux qui
privilégient l'évangile de Jean, c'est le Christ qui est considéré comme étant
le Sol invectis, le soleil levant qui, triomphant de la mise au tombeau
et du pourrissement de la chair, fait entrer dans la vie qui n'a pas de fin.
Qu'est-ce que cette Lumière à laquelle aspirent tous les Chercheurs sur la Voie
?
C'est la
révélation brutale et soudaine, c'est la transfiguration de l'Etre, c'est le
face à face inouï du Créateur et de l'âme en soi. Bien sûr, Bouddha vécut cela
sous l'arbre de la boddhi ; il en alla aussi de même pour Muhamad (Mahomet) mais
ceci se produit pour tous ceux qui deviennent des initiés par une illumination
fulgurante et soudaine.
Cette
lumière est un feu qui ne brûle pas par opposition au feu qui brûle, qui
détruit, qui purifie en éliminant ce qui est dégradé, corrompu, pourri.
Pour la
quasi totalité des chercheurs de lumière, l'abandon des ténèbres se fait
graduellement en élevant des temples à la Vertu, en agissant en défenseurs de la
Vertu, en privilégiant la pensée droite et juste, les actes et les comportements
vertueux. Parmi les devoirs exigés par la vertu figurent celui du respect de ses
engagements spirituels et sacrés, l'obligation de pratiquer la fraternité la
plus accomplie, laquelle est un devoir religieux - ce qui est oublié voire
méconnu par un nombre incroyable de "maçons " -, la renonciation au Moi, à
l'ego, à l'ambition sociale et matérielle, à l'orgueil, à la vanité. La
Maçonnerie vous l'a déjà indiqué en loge bleue : rappelez-vous ce que signifient
l'emblème des trois mauvais compagnons !
Voilà 2
axes possibles du travail à développer.
Demande : Lors du passage sous le bandeau
dans une loge que je visitais, le 1er Srvt a demandé au candidat s'il avait
informé sa famille de sa démarche. J'ai trouvé cela d'autant plus choquant qu'un
franc-maçon est d'abord et avant tout un homme libre. Pouvez-vous me dire si
cette question était normal ou pas ? Paul T.
Lors du passage sous le
bandeau d'un profane, tous les maîtres de la loge peuvent poser au candidat
toutes sortes de questions fussent-elles bizarres pour certains frères. Elles
ont pour objet d'en savoir plus sur le profane. Les compte-rendus d'enquête
manquant souvent d'informations importantes, le passage sous le bandeau est
l'occasion de poser directement au candidat les interrogations qui nous
interpellent. Celle-ci a le mérite de pas être méchante mais elle résulte
probablement - on peut l'imaginer - du fait que les enquêteurs n'ont pas pu
rencontrer l'épouse, ce qui est indispensable en la matière.
J'ai vu initier dans ma loge un profane qui n'avait pas mis
sa femme au courant de son entrée en FM. On l'a vu le jour de sa réception
puis plus jamais. C'est donc un aspect considérablement important des enquêtes
ou compléments à prendre en compte.
Dans les étrangetés, j'en parle dans un de mes livres en
note de bas de page, j'ai connu le cas d'un profane à qui, sous le bandeau, on
avait demandé pourquoi la mer était salée. Sans se démonter, il a
répondu en se mettant au même niveau que le demandeur : parce qu'il y a
des harengs dedans ! Tout le monde a ri et il est passé mais il aurait pu
avoir des boules noires et se voir refusé. Il est de la responsabilité du V.M.
de rappeler avant tout passage sous le bandeau quels sont les principes de
cette phase de travail et qu'on ne doit pas la prendre avec amusement, ce qui
serait un grave manque de considération envers le candidat.
Un candidat à la réception dans l'Ordre n'est pas un maçon
même s'il aspire à le devenir.
Demande : Une soeur qui
n'a pas de web me demande si vous voulez bien l'aider elle planche pour le
30ème. Voici le sujet : "l'initiée ne fonde pas son espérance sur l'attente
d'une récompense mais sur le besoin qu'elle ressent en elle-même" . Merci de
bien vouloir nous donner quelques pistes à développer. Fraternellement, Sophie.
L'initié, ayant la connaissance
absolue de la réalité des choses et de leur devenir, n'est habité par aucune
espérance. L'espérance est, pourrait-on dire, le signe d'un état inférieur et
la conséquence de la maintenance dans un état d'imperfection et de non
connaissance. Seul celui qui ne sait rien espère.
L'espérance
s'avère aussi comme la conséquence de l'expression d'un désir. Or tout désir,
fut-il noble et élevé, reste la marque d'une passion, d'une volonté, d'une
envie fut-elle inconsciente.
Celui et celle qui véhiculent toutes ces infériorités ne
pourront jamais devenir un ou une initiée. Pis encore, ils ne trouveront
jamais le Chemin ou la Voie.
Ceci nous conduit à aborder le problème de la récompense.
Pourquoi un Cherchant attendrait-il une récompense ?
Un adulte n'est pas un enfant qui attend une bonne parole,
une caresse, un bonbon voire un encouragement pour persévérer dans ce qu'il
fait.
Un adulte est censé agir en responsable. Chacun expérimente
dans sa vie professionnelle ou autre le fait que ce n'est pas parce que l'on
fait plus ou mieux que d'autres personnes que l'on se trouve distingué et
récompensé pour cela. Ce n'est pas parce qu'un fonctionnaire travaillerait 12
heures par jour qu'il gagnerait en salaire davantage que ses collègues ou
qu'il avancerait en grade dans la hiérarchie. D'ailleurs, ceux qui voudraient
s'y risquer exposeraient du même coup le déséquilibre qui les habite et qui
les ronge car la vie ne se réduit pas à un seul pôle d'activité. Ceux qui
consacrent tout leur temps au travail ne vivent pas et, sans qu'ils s'en
rendent compte, ils manquent leur vie. Il en va de même en maçonnerie. Tous
les abus, tous les excès sont des passions, des vices, des empêchements de se
réaliser et de progresser.
Celui qui fait quelque chose pour obtenir une autre chose
est intéressé, calculateur. Très souvent cet état d'esprit fait apparaître les
signes de la frustration, de la jalousie, de l'envie. La tentation devient
grande dès lors d'utiliser tous les moyens pour parvenir à ses fins et l'on
sombre vite alors dans la médisance, dans la calomnie quand d'aucuns
n'hésiteront pas à récupérer, à s'attribuer ou à utiliser le travail fait par
les autres. Il y a des requins et des Tartuffe partout. Les plus grands
menteurs ou voleurs sont souvent ceux qui se parent du voile de la Vertu.
Celui qui avance sur le chemin, s'il a véritablement
accompli un jour le travail qu'il devait faire sur lui-même, celui-là
progresse avec prudence. Il se tait en société et, mieux encore, il évite la
société. Les initiés ne séjournent jamais dans les grandes villes ; ils se
protègent à des centaines de kilomètres de ces cités de perdition, capitales
et sièges de toutes les folies.
On ne parviendra jamais à trouver le commencement du chemin
si l'on est habité par un désir, fut-il celui d'accéder au grade suivant.
Pourquoi un Cherchant aspirerait-il à vouloir
obtenir un honneur, une fierté nouvelle, une satisfaction personnelle, la
récompense du travail accompli antérieurement ? Il se comporterait en profane
mais pas en adepte d'une société initiatique.
La maçonnerie, depuis longtemps, insiste sur le Serment et
le Devoir, sur les moyens d'avancer vers la divinité et vers la Connaissance.
Le Lévite a fait entrer dans la Voie de Perfection et dans
l'Apostolat car la mission du Lévite est d'éveiller les masses aveugles : il
est l'équivalent d'un prophète, d'un apôtre.
Le Rose-Croix est la porte qui fait entrer dans la
Voie du Sacrifice : je renonce à moi-même ; je n'ai aucune importance ; je suis l'humble
serviteur du Très Haut. Je suis la voix et le bras de sa Volonté.
Le Kadosh nous a fait aborder la notion de tribunal divin
et les applications de la justice céleste. La vengeance templière originelle n'est qu'une
allégorie de cette conséquence ou application des oeuvres du Grand Tribunal
divin.
Chacun doit agir en sachant que toute action a sa
conséquence et qu'il met en oeuvre une loi éternelle. La maçonnerie a cherché
à vous mettre en garde depuis votre réception dans l'Ordre en avertissant : ne
faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit.
Puisque nous devons travailler à édifier des temples à la
Vertu, que chacun se trouve astreint à l'exercice du devoir fraternel
d'assistance, tout Cherchant ne peut, en principe, qu'agir pour aider, pour
soutenir, pour éveiller l'âme et le coeur de ceux qui désespèrent de la vie et
du monde. En donnant ce que j'ai de meilleur à proposer, sans attendre quoi
que ce soit en retour, même s'il me faut combattre des adversaires et des
frères pour y
parvenir car il y aura toujours des intérêts personnels vicieux et cachés qui
verront d'un mauvais oeil votre action mais c'est le devoir de tout Chevalier
d'être seul, s'il le faut, face à tous, en donnant sans calculer, c'est ainsi
que j'avancerai sur la Voie. Ce n'est pas sans raison occulte et mystérieuse
que toutes les religions accordent une place exceptionnelle aux martyrs, c'est
parce qu'il en va ainsi dans l'univers de l'initiation.
Si un SDF donne à un autre SDF le sandwich qu'il a pu
s'acheter en faisant la manche, son donc a 1000 fois plus de valeur que 5000
euros donnés par quelqu'un pour qui cette somme ne représente qu'une partie du
prix de sa voiture. Le premier ne mangera plus de la journée et il ne sait pas
ce que demain lui réservera, s'il obtiendra les quelques pièces et euros
nécessaires pour cela. Celui qui donne 5000 euros ne manquera rien ni repas,
ni voiture, ni quoi que ce ce soit d'autre.
Son don sera même infériorisé par un autre fait : la
considération dont il bénéficiera désormais dans l'association où il fit ce
don et la gratitude qu'on lui témoignera dans l'espérance qu'il renouvellera
ce geste : voici 2 poisons supplémentaires instillés par la société dans le
coeur de certains.
Méditez à ce que tout cela vous inspire et développez votre
travail.
Demande : Je dois travailler sur les pas du Compagnon et
je suis dépassé. Je peux développer les nombres de l'Apprenti et du Compagnon
mais après ? Merci de m'aider.
Les pas du compagnon se font de manière
différente selon que l'on évolue dans un système maçonnique dit Ancien (
escalier à vis et montée en tournant = spirale du devenir - difficulté d'avancer
à la rencontre de son Dieu ) ou dans un rite dit Moderne (Rite Ecossais Rectifié
- Français) où on les fait en restant toujours dans une ligne "droite" : on ne
tourne pas. Ceci correspond à 2 systèmes radicalement différents : maçonnerie
solaire (ancienne) ou maçonnerie trinitaire ( Jésus, Marie, St Jean
l'évangéliste). La présence de l'évangile de Jean impose le
Nouveau Testament et caractérise le rite comme étant foncièrement religieux et
chrétien. Ce qui élimine de fait les membres d'autres religions. Le message est
: Soyez, c'est-à-dire découvrez qui et ce que vous êtes et vous saurez
que je Suis ! C'est toute la raison d'être du cheminement sur la voie
symbolique. Le symbolisme est la clef d'or du devenir dans la spirale des états
d'être et par conséquent la seule possibilité de pouvoir réaliser en soi, par
des théophanies successives, l'éternelle initiation. Le cheminement reste
difficile, impitoyable, voilà pourquoi on vous fait toujours redescendre
l'escalier à reculons : vous devez transcender l'instant présent pour
vous projeter dans un autre espace-temps non accessible usuellement aux humains
ordinaires, aux non initiables (voir marche à reculons dans
La Formation Maçonnique
de Christian Guigue)
Lorsque l'on vous donne des nombres, c'est en quelque sorte pour vous faire
comprendre que ce ne sont pas ces nombres qui sont importants mais ceux qu'il
vous appartient de découvrir. Si vous avez 3 ans passés, ceci indique très
clairement que vous n'avez jamais eu, que vous n'avez pas 3 ans. Passés indique
que ceci est achevé, dépassé. Vous devez donc travailler sur le 4 et le 5. Le
compagnon n'a jamais par conséquent l'âge qu'on lui indique avec son nouveau
nombre passé. Il en va de même pour le maître. Celui qui s'arrête à ces nombres
n'a rien compris, il est déjà définitivement perdu. Il est déjà mort
initiatiquement dans cette vie et il ne le sait pas. Lorsqu'on vous donne une
indication, cherchez ailleurs. Il s'agit souvent d'une piste destinée à vous
empêcher de chercher autre chose, ailleurs, et par conséquent ceci vous interdit
de pouvoir trouver : tel est le cas du tétragramme
Dans la science sacrée, rien ne peut vous être donné. D'ailleurs, pourquoi vous
serait-il fait des cadeaux ? Combien en faites-vous à vos semblables et à votre
Créateur chaque jour
? Puisque vous ne donnez rien, pourquoi vous donnerait on quoi que ce soit ?
C'est par votre travail, non pas intellectuel mais spirituel via la voie
symbolique, et par les mérites involontaires que vous allez vous créer que vous
devez retrouver ce que l'on met à votre disposition. Est important ce qui nous
coûte. Nous laissons toujours aller ce qui reste facile et nous l'oublions tout
aussi rapidement. Il faut donc que sur la Voie vous puissiez payer le prix
correspondant à ce qu'une révélation, ce qu'une une réponse impliquent. Rien
d'autre ne vous sera révélé tant que vous n'aurez pas payé ce prix et si vous
refusez de le régler des choses importantes vous seront retirées, reprises et
confiées à d'autres plus méritants que vous. Celui qui ne se met pas en
situation de conformité demeure en danger. Une phrase d'un rituel (1778) d'un
rite magnifique le précise justement : "celui qui étant entré dans le chemin
de la Vérité n'a pas le courage de persévérer est cent plus à plaindre qu'il
n'était auparavant." Il vaut mieux ne pas se faire initier que d'avoir
franchi le seuil et de ne pas faire ce que la quête de l'initiation attend que
l'on fasse. La sanction sera terrible dans cette vie et dans les temps à venir.
La marche est importante car elle intègre ces difficultés et les changements
d'états d'être que cela implique. Lorsque le compagnon a achevé son travail, il
est devenu un maître et on le reconnaît comme tel en l'élevant et en le faisant
accéder à la chambre des Initiés, celle des maîtres authentiques, ceux qui ne
sont plus affectés par le mouvement ni par le temps car le milieu est actif sans
bouger. Le Compagnon est censé devenir un Homme Universel, sa condition n'est
plus celle des hommes de chair et de sang ordinaires. Le faire travailler sur le
5 et l'étoile, laquelle n'a jamais été figée à 5 raies car en maçonnerie on la
rencontre à 6, 7, 8 branches et davantage encore, reste un non sens inhérent aux
déviations modernes et à toutes ces modifications des rituels apportées par des
gens qui ne savent rien de la science éternelle. Que chacun cherche, travaille
et il lui sera donné de savoir ce qui peut l'aider et le fera avancer d'un pas
sur son chemin. Demandez-vous à quoi correspondent les nombres et les états
intermédiaires et vous saurez alors à quoi correspondent les marches et les
intervalles de chaque grade.
Demande
: Compte tenu du prix énorme
concernant la fabrication de l'anneau du grade, les 33eme du REAA et les CBCS
du RER le portent-ils encore ?
Cette bague spécifique du
grade se porte encore bien évidemment mais elle est rarement conforme à ce
qu'elle doit être. Chacun de ces anneaux doit correspondre à une largeur précise, importante,
il a donc un poids d'or conséquent. La bague de 33eme
est un double anneau d'or fin à l'intérieur duquel on grave le nom du
titulaire et la date de sa réception dans le Conseil. La bague de CBCS demeure complexe à réaliser car elle doit porter
une pierre noire sur le dessus qui comporte trois initiales et des
inscriptions en émail rouge à l'intérieur de la chevalière. Travailler l'émail
sur l'or reste extrêmement délicat, il faut trouver un excellent spécialiste.
On doit aussi y faire dessiner des chevrons en relief et en nombre
réglementaire. En fabrication spéciale, cette bague peut coûter de 1500 à 3000
euros voire davantage selon la réputation du joaillier. Vous comprendrez pourquoi la plupart des
Equites portent une bague très
simplifiée et infiniment moins coûteuse à fabriquer. On note une étrangeté :
le chevalier du Temple actuel devrait respecter la pratique ancienne. En ce
cas, l'anneau de chevalier se porterait à l'index de la main gauche et non
ailleurs.
Demande :
Quel chapeau devrait-on porter à la loge Dom Pernety ?
Cette loge étant
contemporaine de Willermoz, l'idéal est de respecter la pratique de ce temps.
Il faudrait y porter un tricorne noir rigide sans aucun motif décoratif.
Seul le V.M. peut porter un tricorne à plumes. On peut s'en procurer à la SEPP - 105 rue Truffaut - 75017 Paris. Quand vous visitez une loge où tous les
frères portent le tricorne, cela change des loges ordinaires. Le maniement du
chapeau et celui de l'épée y prennent tout leur sens et toute leur beauté.
Certes, elles sont très rares mais, heureusement, il y en a encore. La vraie
maçonnerie ne s'accorde pas avec des gens qui ont peur de se décoiffer ou dont
le complément capillaire risque de bouger en maniant le couvre-chef.
Demande : Je ne trouve rien concernant les devises latines des
grades au Rite Ecossais Rectifié.
Adhuc
Stat est à double sens comme pour tout ce qui concerne le RER. Il se
rapporte au Cherchant et aussi à l'Ordre templier qui fut abattu mais
jamais terrassé.
La devise latine du grade découle de
la langue latine qui était la langue officielle du Régime, le latin était
alors la langue universelle des lettrés, ceci ne disparaîtra que dans le
cours du 20eme siècle. Chez nous en France, en 14-18 mais aussi en 39-45,
les gens ne parlaient pas ou très mal le français, ils parlaient
majoritairement et essentiellement le patois local. Chaque village et chaque
quartier des villes avait son patois spécifique. Le latin était le signe
d'une bonne appartenance bourgeoise ou noble et par extension d'une bonne
culture et éducation. Il était l'équivalent, en plus prestigieux
et culturel, de l'anglais actuel au plan mondial qui n'est que la langue des
affaires.
Les prières se disaient en latin au
Chapitre. Il en allait de même pour les ouvertures et les clôtures du
rituel utilisé dans l'Ordre Intérieur. La pratique actuelle, qui a fait
traduire et dire en français ce qui se faisait en latin ( pour l'Ordre
Intérieur ) du temps de Willermoz, n'est donc pas authentique ni
traditionnelle. Il en va bien évidemment de même pour le rite de la messe
catholique.
Dans les grades inférieurs, le latin
reste présente par la devise du grade. Cette devise collective et
personnelle prépare pour l'armement futur et l'adoubement de l'Eques.
Chaque devise du grade fait l'objet d'un
développement symbolique dans Les Planches de l'Apprenti, Les Planches du
Compagnon et Les Planches du Maître.
La Stricte Observance n'a jamais connu
les rituels français et elle n'en voulait pas. Le Convent de Wilhelmsbad fut
un échec retentissant à cet égard pour Willermoz qui repartit avec ses
rituels sous le bras.
Pour comprendre cela, il faut se
rappeler l'opposition des protestants germaniques aux catholiques romains
français.
Le Rite Ecossais Rectifié porte une
vénération particulière à la Dame que l'on vénère le plus. Cette Dame ( à
qui l'on doit réserver une des trois paires de gants que l'on remettait
alors à l'Apprenti : il ne reste plus qu'une paire sur ces trois aujourd'hui
! ) , c'est bien évidemment la Vierge Marie que les Chevaliers du Temple
appelaient Madame Sainte-Marie. Au RER, la lune lui est dédiée car elle est
la mère du monde terrestre et la réparatrice universelle (citation
extraite des Sommeils transmis sous écriture automatique. Il
s'agissait alors de la pratique du magnétisme introduit en France par Anton
Mesmer et perfectionné par le Marquis de Puységur. Les magnétiseurs lyonnais
avaient découvert que lorsqu'un sujet se trouvait en état d'hypnose, on
pouvait obtenir plus d'informations, en particulier sur l'au-delà et sur les
mystères du monde, que celles destinées à la seule réalisation d'un
diagnostique médical. Ces Sommeils étaient des opérations dites
somnambuliques.
Le soleil est affecté au Christ en
tant que Sol invectus, le vénérable maître étant Saint-Jean
l'évangéliste durant le travail. Comme lui, il rend témoignage, à la lumière
qui est venue parmi les hommes, en désignant à la fin des Travaux ( lorsque
pour perfectionner votre travail vous chercherez la lumière qui vous est
nécessaire ... c'est là, seulement, que vous pourrez la trouver. ) le
nouveau testament qui relate la vie et transmet le message salvateur de
Jésus.
Le RER a discrètement intégré le trio
chrétien et catholique romain : Jésus, Marie, Saint Jean. Les protestants
germaniques ne pouvaient pas accepter la présence de Marie. Quand on compare
les rituels germaniques et français, ils n'ont rien de commun. Il est donc
absolument inutile d'aller chercher quoi que ce soit, relativement au RER et
pour ce qui concerne le contenu de nos rituels, dans les sources
germaniques.
Demande : Je dois plancher sur l'épée
et ce que je trouve dans les livres ordinaires ne me convient pas. J'ai
besoin d'aide. merci. Une soeur.
Quand on est vraiment exigeant, on ne trouve que rarement
quelque chose d'intéressant et d'utile dans la littérature maçonnique.
Votre attitude démontre la qualité de votre attente.
Pour ce qui concerne le symbolisme de l'épée, il y a plusieurs aspects
à prendre en considération.
1. le feu brûlant.
L'épée flamboyante du vénérable est une épée de feu et non de
métal. Il faut la rattacher à l'ange qui chassa Adam et Eve du
paradis à l'occident. L'occident est le lieu de la Chute dans la
chair, dans la corporéité, dans la matière et par conséquent
l'assujettissement à la mort. C'est en référence à cette sombre origine
que l'aire occidentale est devenue la port edes ténèbres, le lieu de la
chute vers le nadir, vers les enfers, vers sa perdition.
2. le feu doux, c'est-à-dire lumineux.
Ceci correspond au feu qui ne brûle pas mais qui vivifie l'âme. C'est
la lumière de la théophanie, de la révélation personnelle.
3. la croix
L'épée plantée en terre est une croix devant laquelle les chevaliers
s'agenouillaient pour prier sur les champs de bataille, avant ou après
le combat. L'épée - ou le glaive - est alors l'emblème de la foi
chrétienne. Il ne faut jamais oublier que la maçonnerie est
exclusivement chrétienne même si cela déplaît ou gêne. Le REAA est
exclusivement chrétien. Prétendre autre chose est une fumisterie, une
mauvaise foi évidente. Pourquoi, si le rite était universaliste,
placerait-il ses travaux sous les auspices de l'évangile de saint-Jean
? Il n'est pas plus universel que les autres rites et d'ailleurs, c'est
tout le drame de la FM, un rite universel ne peut pas exister. Tout
rite doit se trouver établi sur la religion du pays et dans
laquelle on se reconnaît. Il doit y avoir des rites islamistes établis
non pas sur le temple de Salomon mais sur la Kaa'ba, des rites
bouddhistes, shintoïstes, etc. Pourquoi voulez-vous qu'un népalais
croit et puisse accepter le temple de Salomon et la Bible ? Cela
n'a aucun sens. Les européens se sont divisés en catholiques
romains, orthodoxes, protestants de diverses tendances, etc.
Pourquoi voulez-vous que les cherchants d'autres continents acceptent
ce que nous refusons déjà chez nous ? Ceci amène à considérer que si la
FM est universelle par ses valeurs et l'initiation, les rites sont tous
particuliers. Tel rite ne convient pas à tel frère ou telle soeur et lorsque
l'on se sent mal dans une loge et que l'on n'aime pas son
orientation, il faut s'affilier ailleurs au plus vite.
Ne démissionnez jamais avant d'être officiellement affilié(e) ailleurs.
Dans ce cadre-là, l'épée devient un emblème de la foi, de la charité,
de la valeur chevaleresque qui soutient le faible contre les puissants.
Seul, celui qui est un chevalier pur et sans tâche peut espérer avoir
la révélation du Logos, du verbe-Lumière que l'iconographie chrétienne
représente sous l'aspect d'un glaive sortant de la bouche de Jésus.
Demande
: On me dit que le REAA ne
serait pas français.
Je ne sais pas qui
vous a dit cela mais, en effet, dire que le REAA est un rite de
création française serait malhonnête. Il est vrai que les Français ne
s'arrêtent pas à cela : un président de la république ne parlait-il
pas d'Airbus comme d'une création française alors qu'il est le résultat
d'un travail européen.
Le rite de Perfection des Grands empereurs d'occident et d'orient, en
25 degrés, était un échec retentissant dont les trois quarts des grades
n'étaient même pas pratiqués. Ce sont les américains qui vont
le
transformer (le contenu des grades sera changé ultérieurement par
Albert Pike) en lui ajoutant 8 grades. Le système actuel en
33
degrés est donc de création américaine. Les français n'y sont
pour rien. Ils resteraient toujours avec leur piteux rite de Perfection
si les maçons américains n'avaient pas réformé le système ancien. On
oublie de considérer que les deux grades les plus prestigieux : le
Rose-Croix et le Kadosch sont des grades
germaniques qui ne furent
même pas introduits en France par les
maçons du rite de Perfection mais par les frères , ce qui est
un comble, du rite Ecossais Rectifié.
Demande
: Je vis actuellement
de sérieux problèmes de santé et, bien
que j'espère que tout cela ne sera plus un jour qu'un mauvais souvenir,
je m'interroge sur ce que je vais faire de mes biens et sur ce qui va
rester de moi. Mes héritiers légaux ne se soucient pas de faire se
perpétuer à travers le temps mon nom ni ce que j'ai fait.
Je ne me fais pas d'illusion sur leur compte. Mon notaire m'a
conseillé de ne leur léguer que la part réservataire légale et de
réfléchir à ce que je pourrai faire du reste. Par soucis de précaution,
il m'a fait faire un testament portant déjà cette disposition et j'ai
désigné pour le reste une organisation caritative. Mais ce n'est pas
vraiment ce que je recherche. Comme vous êtes, semble-t-il de bon
conseil, je m'en viens me tourner vers vous en espérant trouver une
solution.
Jean
d' Auteuil.
Il
n'est
pas facile de pouvoir y
répondre car chaque cas est unique et il ne peut pas y avoir
de conseil général. Prendre un avis près d'un notaire reste
incontournable pour savoir quelles parts on va pouvoir léguer
en dehors des ascendants ou descendants que l'on ne peut pas déshériter
mais on peut réduire leur part au minimum légal. Par contre,
on
peut ne rien donner à la branche collatérale (frère, soeur,
neveu,
cousin, etc.) mais il faut le spécifier par testament car sinon ils
héritent naturellement en cas d'absence d'héritier en ligne directe. Un
accident de voiture est si vite survenu et l'on peut y perdre un enfant
et ses petits-enfants.
Je ne sais pas quel est votre réputation ni ce que
vous voulez laisser de vous. Il devient impossible de ce fait de
pouvoir imaginer des possibilités d'action pouvant répondre à votre
attente.
Prenons un exemple : de nombreux frères savent que personne ne
s'occupera d'entretenir leur tombe ni de la fleurir parce que leur
famille vit à des centaines de kilomètres du cimetière où ils seront
enterrés, etc. Il ne suffit pas d'avoir une concession " à perpétuité",
si la tombe n'est pas entretenue et qu'elle se dégrade, la
perpétuité se trouve annulée.
Certains imaginent que s'ils font un legs à leur obédience, la Grande
Loge entretiendra leur tombe à la place
de leurs enfants. Toutes les obédiences ont
créé des Fondations destinées à recevoir les legs les plus divers mais
le problème
subsiste néanmoins. Ce n'est pas parce qu'une fondation reçoit votre
legs qu'elle fera effectivement ce que vous attendez d'elle. Il ne faut
pas y compter.
Que font les grandes loges ? SI vous avez été un maçon très célèbre de
l'obédience, elle donnera peut-être votre nom lors de la création d'un
nouveau temple. Cela ne lui coûte rien financièrement. mais
il y
a
peu
de chance que cela se produise vu le manque de place dans les bâtiments
officiels et la quasi impossibilité de créer de nouveaux
temples.
Comme
trop de profanes et de maçons, les organisations veulent encaisser mais
surtout ne rien dépenser.
Quand on se rend sur les tombes des "grands" maçons voire même
simplement d'anciens grands maîtres, on reste affligé par l'absence de
considération dont ils bénéficient post-mortem et du triste état ou de
la modestie de leur sépulture. Il en va de même pour les célébrités
profanes de tous les siècles. Les mairies, les syndicats d'initiative
font de l'argent sur leur dos avec le musée ou la maison natale de tel
écrivain, poète ou musicien, etc. mais ces collectivités locales ne
s'occupent
jamais
d'entretenir leur tombe. Quelle ingratitude, quel égoïsme ! La tombe
d'Ernest Renan, à Paris, est en piteux état et la ville de
Tréguier (Côtes d'Armor), qui pourtant l'exploite à titre permanent
pour faire la publicité de la commune, s'en désintéresse. Il en va de
même
pour celle d'Alexandre Desrousseau, à Lille, le "père" de la chanson Le
P'tit Quiquin et pour tellement d'autres.
Des présidents de grandes sociétés commerciales ont leur tombe fleurie
à longueur d'année. Allez voir la tombe de Cino del Duca au Père
Lachaise et comparez-la avec celle de Papus ou d'Arthur Groussier.
Arthur Groussier devrait avoir un monument aussi important que celui
d'un maréchal d'empire, le prestige et l'image de marque du Grand
Orient en dépendent. Allez voir celle de Lafayette au cimetière de
Picpus à Paris : tous les grands maçons devraient être honorés de
cette manière là par
leur obédience !
C'est à cela que devraient servir les legs faits aux fondations : à
servir le prestige des maçons et, par un juste retour d'investissement,
de la maçonnerie.
C'est le drame de beaucoup d'associations ou de fondations
philanthropiques, l'argent
sert à payer la communication et la publicité (de 35 à 50% du budget
annuel),
les bâtiments, les véhicules, les charges et les salaires des
permanents et il ne reste plus grand chose pour le reste, pour assumer
réellement l'oeuvre de ces organisations (10 à 20%
seulement des fonds récoltés).
Les fondations maçonniques devraient avoir pour but l'entretien des
monuments
funéraires et celui de la mémoire des maçons donateurs. Il faudra
probablement créer celle qui le fera vraiment mais il faudra qu'elle
soit riche car les déplacements à travers la France pour se rendre sur
les sites, les interventions
sur les monuments ou les caveaux et les contrôles a posteriori des
travaux, les gerbes trimestrielles et
les fleurs fraîches
permanentes, sans oublier les opérations de "mémoire" à conduire, cela
coûtera d'autant plus cher que cela doit durer des dizaines
d'années. On peut réduire considérablement ces frais de
déplacement en utilisant le délégué ou conseiller fédéral
régional ou les Grands officiers provinciaux à la GLNF. Ils pourraient
être chargés de visiter les tombes des donateurs se situant dans leur
circonscription, de contrôler la présence des fleurs et gerbes, de
suivre les travaux éventuels. Il serait plus intéressant que ces gens
servent à autre chose qu'à faire le tour des loges pour accélérer le
paiement des capitations.
Il n'est pas facile de répondre à votre demande. Je pense que, dans
l'immédiat, vous
aurez plus de chance d'obtenir ce que vous cherchez avec un particulier
dévoué et altruiste qu'avec une fondation fut-elle maçonnique.
Vous n'êtes pas le seul à vous inquiétez du devenir de votre travail et
de votre réputation : tous les auteurs et les artistes connaissent
aussi ce problème du devenir
de leur oeuvre.
Demande : Mes apprentis me demandent de leur expliquer s'il existe une
distinction entre grade et degré ou si l'on peut utiliser
indifféremment un terme pour l'autre.
Dans
la
littérature maçonnique, on se trouve souvent contraint d'utiliser
l'un
pour l'autre pour
éviter la
répétition lassante d'un même mot .
Néanmoins, vous avez, en tout état de cause, pressenti la
distinction qui existe entre grade, lequel énonce le titre que l'on possède
dans le rite, et degré, qui ne se rapporte qu'à l'échelon hiérarchique du
système. Le grade est donc personnel tandis que le degré demeure général et en
quelque sorte impersonnel. A titre personnel, je suis apprenti mais la loge
travaille au premier degré de tel rite.
Ainsi,
sur le Plan
Parfait des Travaux du jour
(la
convocation), doit figurer la mention :
" Ouverture des travaux au 1er degré du Rite Ecossais Primitif ou
Français ou Ecossais Rectifié ou Emulation ou Nova Scotia ou Standart
d'Ecosse ou Opératif de Salomon voire Ecossais Ancien & Accepté
ou
Memphis-Misraïm, etc.
Dans
les hauts grades, on lira : Rite Ecossais Ancien
& Accepté - Le Maître Secret - puis en dessous : 4eme degré ou
Rituel
du 4eme degré.
Le
grade passe toujours avant l'indication hiérarchique
du degré.
Aujourd'hui,
on ne peut plus se fier à ce que fait
l'obédience ou le Suprême Conseil ni même à ce qu'écrivent des auteurs
dont la
culture maçonnique, historique et symbolique comporte d'énormes
gouffres. La masse des maçons, peu soucieuse de travail d'acquisition
des connaissances ésotériques et d'efforts personnels, ne va jamais
vers les auteurs qui les contraignent à se remettre en question.
Voici pourquoi on
a les livres et le niveau de qualité ou de non qualité que l'on mérite.
Autrefois, dans un temps où tout le monde se
désintéressait du symbolisme authentique, nos devanciers avaient le
choix entre des auteurs de piètre valeur comme Jules Boucher,
Plantagenet voire
même Wirth ou, d'une tout autre qualité et stature, avec des hommes
comme
René Guénon. Quel
livre se vendit le mieux ? Celui de Boucher qui, pourtant, n'a jamais
su ce
qu'était véritablement un symbole ni ce qu'il impliquait. Cet auteur
est responsable de l'inculture maçonnique de dizaines de milliers de
maçons depuis 50 ans ! Jules Boucher était animé, en parfait fraternité,
d'une rancoeur tenace à l'égard de René Guénon dont il jalousait la
culture. René Guénon, écoeuré, en outre, de ce qu'il voyait
au
sein de son organisation, finit par quitter sa loge et le REAA.
Il devint même anti système maçonnique en écrivant sous le
pseudonyme :
le
sphinx. Il abandonna la
maçonnerie en se convertissant
à l'Islam.
Quand, dans un titre de livre, figurent le mot
symbolisme ou l'adjectif symbolique,
l'auteur ne
figurera pas - sauf exception ou miracle car on trouve un bon
spécialiste du symbolisme au mieux tous les 50 ans - parmi ceux qui ont
quelque chose d'important à vous
apprendre. S'il n'a rien d'important à vous apprendre, cherchez
ailleurs des sources plus riches et plus sûres. Les maçons paresseux se
cantonneront aux auteurs de deuxième voire de énième choix, avec toutes
les erreurs
voire les déviances que ces gens véhiculent ; les maçons les
plus
exigeants dans leur cheminement trouveront les auteurs qu'ils méritent.
Demande
: Le Rite Ecossais Primitif est-il toujours pratiqué en France ? C'est
très important pour notre Grande Loge de la Charbonnerie du Brésil.
Nous souhaitons avec un contact avec ce rite.
Oui,
le Rite Ecossais Primitif existe toujours en France. Ce rite est bien
plus ancien que le REAA puisqu'il remonte au 18eme siècle. Vous pouvez
les contacter à cette adresse :
www.geocities.com/riteecossaisprimitif.
Demande
: Le Rite Ecossais Rectifié pratiqué au G.O. est-il le même que celui
pratiqué à la GLNF ou à la GLRB ? Le RER est-il toujours
christique ou existe-t-il un RER déconfessionnalisé ? Le Rite Emulation
comporte-t--il des références religieuses tirées de l'ancien testament
ou du nouveau ? Ces rites sont-ils
praticables par des athées, par des libres-penseurs ? Guillaume.
Belgique.
Oui
absolument, je connais, à
Lille, des loges rectifiées du G.O. qui procèdent aux invocations
(prières) d'ouverture et de clôture exactement comme le font celles de
la GLNF ou de la GLTSO ou de la LNF ou de la GLFéminine de France
(telle La Clé de Vie
à Paris) ou de
la GLF (comme L'Espoir
à Roubaix). Les maçons rectifiés des
loges du G.O. portent le
chapeau, ce qui n'est pas le cas du RER de la Grande Loge Régulière de
Belgique dont la pratique devient de ce fait "irrégulière"
sur ce point. Dans d'autres orients, des loges RER du GO ou de la GLFF
ont réécrit
des parties du rituel. Si certaines d'entre elles ont gardé les
invocations régulières, d'autres les ont supprimées.
Un rite sérieux et authentique est exactement le même partout dans le
monde. On doit y retrouver les gestes et le texte rituel en tous points
identiques. C'est le cas pour le RER (à la GLNF, à la GLTS Opéra, à la
LNF, etc.) et pour l'Emulation et pour le Français dit du
Régulateur du Maçon de 1801.
Le RER est honnête : il est réservé aux seuls chrétiens. Comment
pourrait-on devenir un Chevalier de l'Ordre du Temple sans être
chrétien ? Comment pourrait-on accepter de travailler en loge bleue
avec la Bible ouverte à l'évangile de Jean si on ne l'était pas ? Ceci
pose tout le problème de l'hypocrisie de certaines organisations et de
tous les individus esclaves de leurs passions : on ne croit pas
vraiment en Dieu mais on se marie tout de même en blanc à l'église !
Le REAA est tout aussi chrétien puisqu'il impose l'évangile de Jean
dans les trois premiers degrés puis à celui de Souverain Prince ou
Chevalier Rose-Croix (18e).
Admettre des personnes pratiquant une religion non chrétienne va leur
poser d'énormes problèmes de conscience religieuse, certaines choses
étant inadmissibles lorsque l'on pratique une religion différente. Si
j'étais musulman, j'exigerai une maçonnerie foncièrement islamique
établie sur la Kaaba. Je refuserai la simple évocation du temple de
Salomon et de toutes les légendes issues de la Bible. La Bible n'est
pas le Coran ! Il en va de même pour toutes les autres religions du
monde. Ceci pose le problème grave de la non universalité des rites. La
maçonnerie demeure universelle par ses valeurs religieuses, car toute
initiation est foncièrement religieuse, humanistes, fraternelles et par
l'utilisation d'un symbolisme authentique et tradionnel. Dés lors,
qu'un seul point de détail vient à manquer ou à se trouver
altéré, on entre alors dans la déviation, dans la fausse ou
la contre initiation mais il ne s'agit plus désormais de véritable
maçonnerie ni d'une authentique initiation.
Qualité et quantité ne sont jamais compatibles mais comme les
organisations privilégient la trésorerie il faut faire du nombre et on
fait entrer n'importe qui. Aux uns, on dit - si c'est leur recherche -
que la Fm est traditionnaliste. Aux autres, aux non religieux, aux
sociaux, on dit qu'elle est progressiste. Le tour est joué.
L'essentiel, c'est de maintenir sa part de marché et surtout de ne pas
céder sa position à une organisation rivale.
Où
se trouve la valeur fondamentale
qu'est la fraternité ? Nulle
part !
Toutes les Grandes Loges exigent la radiation, sans honte, des anciens
qui ne peuvent plus payer leur capitation. Avec les modestes retraites
qui réduisent les revenus de près de 50% de très nombreux maçons ne
pourront plus faire face à toutes ces dépenses (et c'est pire encore
avec les hauts grades). Le comble, c'est que de plus en plus de frères
ou
de soeurs dans leur loge refusent de donner un supplément de cotisation
pour aider et contribuer à ce que les anciens restent avec
eux.
On observe souvent que ces "modèles " de haute fraternité dépensent
infiniment plus d'argent en salle humide ou pour leur standing social.
La salle humide est plus
importante à leurs yeux que de conserver nos vénérables
anciens
parmi nous :
voilà la mentalité actuelle. Il suffirait de peu de chose pour garder
parmi nous et remercier nos anciens de ce qu'ils nous apporté et donné :
que 10% de ce qui se
trouve dépensé en salle humide soit versé dans le Tronc de la veuve.
Le Rite Emulation est un vrai 'style' ancien, comme tous les workings
anglais. Par conséquent, il travaille avec la Bible ouverte à l'ancien
testament dont il utilise des passages.
Dans la vraie maçonnerie, il est une obligation : celle de
croire
en un Dieu révélé et en l'immortalité de l'âme. Il en va ainsi dans
plus de 80 % de la maçonnerie mondiale.
Les athées ou libres penseurs peuvent rejoindre des organisations qui
n'imposent aucune condition de croyance religieuse.
Demande
: Je ne comprends pas ce qui se passe. Ma loge travaille au REAA. Je
suis allé visiter des amis qui travaillent aussi au REAA mais dans une
autre obédience et j'ai noté plusieurs différences dans la manière de
travailler. Est-ce normal ?
N'en
déplaise à nos nombreux amis, au REAA rien n'est jamais normal. Il se
dit ancien mais veut travailler en moderne. Il se déclare ancien mais
accepté. Cela n'est pas possible. S'il se veut ancien, il doit posséder
un corpus opératif (comme l'Emulation autrement plus sérieux et
cohérent dans son développement), ce qui n'est pas le cas pour le
REAA.
Il
existe plus de 25 rituels du REAA différents par grade actuellement
rien que pour la France. En fait chaque Grande Loge a changé les siens
pour ne pas qu'on puisse dire qu'elle travaille avec ceux empruntés à
une organisation concurrente ou rivale. J'ai même visité - sans signer
le livre de présence - plusieurs loges d'une GL qui utilisait 4 rituels
différents en même temps comme c'est le cas pour le rite Français au
GO (voire ailleurs). Il devient inévitable que, dans ce contexte, on
assiste, en
visite à l'extérieur, à des gestuelles et que l'on entende des phrases
qui n'existent pas dans sa loge. Ce qui est très grave, c'est que trop
de maçons du REAA - et des auteurs connus, ce qui est un comble de non
savoir ou de non objectivité - pensent que leur rituel est authentique,
très ancien (il a au mieux 10 ans),
n'ayant jamais changé depuis des lustres et demeure toujours conforme à
ce qu'il fut à sa création. C'est un pur fantasme.
Cette
situation est-elle normale ? Absolument pas. Le rite a beau porter le
même nom, si des détails changent, cela n'est plus du tout le même.
Dans les pays anglo-saxons, lorsque 2 ou 3 points de détails changent
dans le rituel, on change le nom du rite ou working.
Ainsi le
rite original ne se trouve-t-il jamais altéré et demeure-t-il conforme
à ce qu'il doit être. L'Emulation a, au fil du temps, donné naissance à
au moins une quinzaine de workings
ou autres "rites" dont le
Logic, le Nigerian, le West End, le South London et bien d'autres. Si
les français avaient cette rigueur, ce respect de la Tradition et une
honnêteté intellectuelle à toute épreuve, vu toutes les modifications
apportées depuis le XIXe siècle en France, il n'existerait quasiment
plus
aujourd'hui de loges travaillant au REAA. Ce qui est pire
encore, c'est que chaque Grande Loge modifie ses rituels tous les 5 à
10 ans en n'hésitant pas à éliminer ou changer tout ce qui dérange la
nouvelle direction de l'obédience.
Il
en va de même pour tous les hauts grades. Quand on visite en France, on
se demande si l'on travaille bien au même rite. Un
maçon sérieux, rigoureux, ne peut pas accepter ni tolérer ces
errements sous peine de se rendre complice de l'opération de démolition
du rite. Après cela, on s'étonnera en haut lieu que les meilleurs
soient partis
vers un horizon plus authentique et traditionnel ? Ce sont toujours les
moins bons, les "étriqués" qui restent. Ceci se retrouve dans tous les
domaines. Où sont les meilleurs spécialistes et sportifs français ? A
l'étranger ! Au moins, ils seront rémunérés sur la base de leur vraie
valeur tout en travaillant dans des structures ayant une autre
dimension et et une tout autre ambition que ce dont ils disposeraient
en France. Un maçon authentique travaille sur les valeurs les plus
élevées. L'Universel en fait partie mais cela implique
d'abattre
toutes les frontières. On ne peut pas savoir ce qui se trouve de
l'autre côté de l'horizon si l'on a peur de quitter sa loge ou son
obédience. Un vrai maître ne sera jamais l'esclave d'une organisation ;
il s'affranchira de tous les désirs, de toutes les chaînes.
Demande
: On m'a confié comme thème de travail dans ma loge : Ce que
j'ai été, ce que je suis, ce que je
dois être. Je n'ai rien trouvé
dans votre livre Les Planches de
l'Apprenti. Pouvez-vous m'indiquer un fil conducteur ?
Dans
le domaine du symbolisme il faut mériter la réponse pour pouvoir oser
espérer l'obtenir un jour. Il faut aussi faire l'effort de chercher la
matière dont on a besoin, ce qui amorce déjà le processus de retrouver
ce qui est épars et qui se trouve pourtant sous nos yeux. Toute la
matière voulue figure dans Les
Planches de l'Apprenti mais
encore faut-il l'avoir lu attentivement en prenant toutes les notes que
la réflexion vous inspire. On aurait pu vous donner exactement le même
travail en formulant un énoncé différent comme : D'où venez-vous, où
allez-vous, que devez-vous faire ?
Votre
thème reprend en quelque sorte des éléments que l'on trouve dans la
Pierre brute (ce que j'ai été et ce que je suis) et Adhuc Stat (la
perfection et la sainteté vers lesquelles je dois
tendre).
Ce que j'ai été : le résultat d'un ensemble de conditionnements qui me
furent imposés par mes parents (l'éducation, le milieu, les études,
l'éducation religieuse), le milieu scolaire (obligation de se conduire
en fonction de règles et d'un contenu dit éducatif, le milieu social et
l'obligation d'agir et de devoir se conformer en fonction des autres
(associations sportives, culturelles, professionnelles, etc.), le
milieu professionnel, le milieu maçonnique.
Ce que je suis : je ne le sais pas puisque je suis une somme de tout un
ensemble de choses qui me furent imposées et auxquelles je dus me
conformer.
Ce que je dois être - Pour essayer de découvrir celui que je suis, il
faut détruire tous ces conditionnements, toutes ces couches dites
éducatives qui furent surajoutées les unes aux autres. Il ne s'agit pas
ici de critiquer chaque domaine en soi mais d'oser reconnaître que
chaque élément a influé sur le cours de ma vie et par conséquent de mon
devenir jusqu'à ce jour. On m'a inculqué une religion. Mes parents se
sont-ils posés la question : "est-ce que cette religion est la
meilleure pour notre fils ?" Se sont-ils dit : "nous n'avons
pas
à lui imposer notre façon de voir le monde. Il doit faire son
apprentissage par lui-même. Il choisira une religion s'il en ressent
l'appel sinon il s'en passera." Ils espéraient comme la plupart des
parents que je devienne avant tout une sorte de reproduction de ce
qu'ils sont eux-mêmes. Beaucoup espèrent même que leur enfant réussira
là où ils ont échoué. Ils ne s'en rendent pas compte mais leur intérêt
personnel, inconsciemment sans doute, prime dans presque tous les cas
sur la personnalité, sur ce que devrait devenir cet enfant. Ils
devraient le faire grandir dans la liberté et la responsabilité. La
liberté ne consiste pas ici à le laisser faire ce qu'il veut mais à le
rendre responsable de ses choix, de ses décisions et de leur
conséquence en sollicitant son intelligence naturelle qui va se mettre
au travail si on la sollicite et si on lui donne des bases
philosophiques. L'enfant qu'on a minorisé - ce qui est le cas pour la
plupart d'entre eux -, que l'on a considéré comme le " bébé"
à sa
maman ne pouvant pas se révolter, ne sachant pas ce qu'il devrait
faire, obéit et devient ce qu'il veut que l'on soit jusqu'à ce qu'une
influence extérieure au cercle familial se manifeste enfin : ce sera
celle des amis, des premiers ennemis, des autres enfants en général.
Qu'est-ce qui sera le plus important ? Ce qu'il doit être pour ses
parents et les amis de ses parents ? Ou bien celui qu'il doit paraître
être aux yeux des copines et des copains de sa tranche d'âge ? Là, non
plus, le choix n'est pas simple. Il faudrait une force de caractère
quasi surhumaine pour se dire : "Je ne veux pas faire ce qu'on attend
de moi. Je n'ai pas envie de leur plaire. Je me moque totalement de ce
qu'ils pensent de moi." Quand on n'est rien - comment pourrait-on Etre
au regard de l'Absolu si l'on se comporte en reflet dégradé, en une
sorte d'image déformée, comme une mauvaise caricature -, quand
on
joue un mauvais
jeu, à contre rythme, au mauvais moment, au mauvais endroit, à quoi
peut-on se rattacher ?
Si vous travaillez au RER, rappelez-vous la maxime du premier voyage : "l'homme est l'image
immortelle de Dieu mais qui pourra- la reconnaître s'il la
défigure lui-même ?"
Reprenez Les Planches de l'Apprenti à La Pierre Brute - Prenez des
notes. Notez des phrases entières. Lisez aussi Le Silence et l'Entrée
dans le Silence (pour l'introspection et la préparation à ce que je
dois faire) - Lisez Le Fil à plomb et La Perpendiculaire (d'où
venez-vous ? Du nadir, du monde ténébreux de la matière. Où allez-vous
? Vers le zénith, vers le coeur du monde céleste et divin - Le Maillet
et le Ciseau et enfin Adhuc Stat. Il faut apprendre à découvrir et
rassembler avec intelligence ce qui est épars.
Bon travail et bon tracé.
Demande
: On me confie comme tracé au REAA : "Frères
1er surveillant, les
ouvriers sont-ils contents ? Ils le manifestent sur l'une et l'autre
colonne, VM ! " "Quels sont
la symbolique et le sens de ces
phrases ?
De quoi doit-on se satisfaire en FM ?"
Les
ouvriers sont-ils contents ? Ceci implique de se demander : Pourquoi le
seraient-ils ? Dans la vie profane, on peut se montrer satisfait de
disposer d'un travail qui nous permet de subsister comme on le souhaite
en
faisant vivre sa famille même si l'on n'y trouve aucun intérêt, aucune
valorisation de ses compétences ou aspirations. Ne serait-on pas plus
heureux avec une meilleure paie et/ou en travaillant pour une autre
entreprise ? Un ouvrier, passionné par son art, pourrait être content
d'une oeuvre délicate et difficile enfin achevée. Mais son objectivité
et la recherche constante de la perfection - ce qui est le cas des
Compagnons du Devoir ou du Tour de France - finiraient par trouver ici
et là quelques imperfections infimes, certes, mais indignes d'une
oeuvre considérée comme telle. Pourquoi donc les ouvriers de la loge de
Compagnon devraient-ils être contents quand tous les autres ne le
seraient pas ? Se feraient-ils donc illusion à eux-mêmes ? On pourrait
considérer qu'ils sont heureux tout simplement parce qu'ils sont là
dans la loge des Compagnons quand ils pourraient ne pas avoir dépassé
celle des Apprentis mais, sur la Voie de l'initiation, peut-on se
contenter
de ces appréciations ou sentiments profanes ?
Quelle est la symbolique de cette question et de cette réponse du
rituel d'ouverture ?
Il n'y en a aucune. Ceci ne se rapporte en
rien au monde et au contenu ésotérique propre aux symboles sacrés. On
peut toujours essayer de trouver une interprétation cohérente à une
formulation mais ceci n'implique en rien qu'elle possède un contenu
secret, ésotérique, initiatique incontournables dans l'univers du
véritable symbolisme. Cette demande et réponse a-t-elle un sens ? On
pourrait lui en trouver plusieurs satisfaisant les uns et dérangeant
les autres. Au contraire de ceux qui ne savent rien du symbolisme
imaginent, ici tout n'est pas symbole !
Pourquoi
les ouvriers seraient-ils contents ? Parce qu'ils vont travailler dans
le chantier d'oeuvres pour la gloire du Grand Architecte de l'Univers.
Voici le genre de réponse qui va faire applaudir ceux qui se satisfont
du minimum et surtout des apparences. Pourquoi le GADLDU se
montrerait-il ravi par des paresseux qui ne pensent à lui que 2 ou 4
heures par mois, par trimestre ou semestre puisque la loge de Compagnon
ne se réunit pas souvent ? Le Grand Architecte attend que ceux qui
cherchent la lumière Le servent chaque heure de leur vie et
ceci
jusque leur mort. Puisqu'ils se sont engagés en entrant dans l'Ordre à
élever des temples à la vertu et à creuser des tombeaux pour les vices,
pourquoi ne le feraient-ils que quelques heures de temps en temps sans
que cela leur coûte quoi que ce soit et surtout sans faire d'effort,
sans changer de comportement ou de mentalité et sans renoncer à quoi
que ce soit des passions et des plaisirs profanes ?
Le
monde de l'initiation ne tolère pas les hypocrites qui n'y ont aucune
place et qui naturellement recevront le salaire qu'ils ont mérité en
subissant toutes sortes de mésaventures, déceptions, trahisons dans
leur vie familiale, professionnelle et même associative. Cela prend
parfois 10 ans, 20 ans mais le couperet tombe toujours. Seul celui qui
travaille sa pierre avec foi, avec scrupule, avec honnêteté peut
parvenir à découvrir sa vraie nature et la Présence transcendante,
lumineuse, immortelle.
"Je ne serai que s'Il veut que je Sois" mais
pour cela je dois oeuvrer à la réalisation de ma perfection mentale,
comportementale, spirituelle. C'est à l'atteinte de cet état que
correspond la pierre cubique à pointe et celui qui a réalisé
ce
travail est devenu un maître avec tout ce que cela implique. C'est la
raison pour laquelle, lorsque l'on considère qu'un Compagnon a accompli
réellement tout le travail que l'on attendait de lui, dans le monde
profane et dans la loge, on l'élève à la maîtrise. Comme la tâche d'un
vrai maître consiste à faire des maîtres, il lui faudra
ultérieurement trouver, ici ou là, les disciples qui
viendront, à
leur tour, enrichir la longue chaîne des chercheurs puis des porteurs
de lumière.
Un maître ne doit pas être que douceur et amour. Il doit se
montrer exigeant, dur, impitoyable. Rappelez-vous l'attitude de Jésus
chassant les marchands, les profanateurs du temple, à grands coups de
fouet ! Tout vrai maçon doit faire des maçons et par conséquent
sélectionner les profanes aptes à servir l'Ordre. La dureté est parfois
nécessaire pour éprouver car aucune foi n'est réelle si elle
n'a
pas vaincu à plusieurs reprises l'épreuve du doute. Un vrai maître
éprouvera toujours ses adeptes jusqu'à ce que la Lumière de la Grâce,
l'Equilibre de la Connaissance, l'Unité, l'Absolu se manifestent en
eux. Voilà le salaire ultime de l'initié accompli.
Demande
: Je dois traiter des rois mages au 14eme. Pouvez-vous m'aider ?
Dans
l'Antiquité, les
Mages furent considérés et honorés comme des rois mais ils ne furent jamais rois. Pourquoi cela ?
Parce qu'ils bénéficiaient alors de privilèges exceptionnels et les
chefs des empires ne faisaient rien sans les avoir préalablement
consultés. Ils figuraient parmi les très rares hommes à pouvoir
approcher le monarque en toutes circonstances sans solliciter une
entrevue ni sans devoir respecter les heures d'audience. Ils pouvaient
approcher le roi de jour comme de nuit. C'est de cela que vient la
considération quasi royale dont ils bénéficiaient dans la société des
hommes.
Les
Mages
étaient spécialisés dans la consultation des astres. Ils avaient une
connaissance de l'Univers dont ils appréciaient le mouvement perpétuel
et incessant. Ils furent les premiers astronomes. Ils savaient aussi ce
qui allait se produire et ils avaient une fonction de prédiction. Ce
que l'on sait moins, c'est qu'ils étaient aussi des magiciens. Quand on
fait de la magie, on ne peut pas mettre un rituel en action sans que la
position des astres soit favorable, ce qui varie selon le but
recherché. On devrait agir de même en maçonnerie quand il s'agit de
faire une initiation car il faut tenir compte des caractéristiques
astrales de l'impétrant. Ceci impose de faire la cérémonie à n'importe
quelle heure du jour ou de la nuit. On ne le fait jamais et c'est la
raison pour laquelle il y a très peu de chance de rencontrer un jour un
véritable initié par loge et ceci quel qu'en soit le degré.
Les
mages (Melchior,
Balthazar et Gaspard) - dans le Nouveau Testament - apportent
la
myrrhe, l'or et l'encens. La myrrhe et l'encens étaient les dons usuels
faits à la divinité. On les brûlait sur les autels de tous les dieux.
Offrir ces présents à Jésus, c'était reconnaître sa divinité. Il en
allait de même pour l'or, seul métal habilité, en raison de sa faible
résistance électromagnétique, à pouvoir figurer parmi les ustensiles du
culte admis dans le sanctuaire intérieur.
On
doit bien évidemment
rattacher la connaissance de l'univers à celle des évènements. Le
véritable initié sait ce qui va arriver dans telle circonstance pour
telle personne mais il n'est pas autorisé à en faire état sous peine de
se voir retirer ce don. Par ailleurs, aucun initié ne doit intervenir
dans le plan de vie d'un tiers car il ne peut pas changer ce que la
divinité suprême lui a réservé. Chacun reçoit ce qu'il mérite en bon
comme en négatif en fonction de ce qu'il a fait ou de ce qu'il n'a pas
fait mais qu'il aurait du faire.
Les
TROIS
rois mages - et là il faut traiter du symbolisme du nombre 3 -
correspondent chacun à quelque chose de précis. Leur différenciation se
trouve soulignée par les dons qu'ils font et qui sont différents. Il
demeure essentiel de remarquer qu'ils arrivent près de Jésus la nuit
étant tombée et qu'ils sont partis avant le lever du soleil. Leur
action n'opère pas dans le visible. Elle échappe à tout exotérisme. Il
faut chercher dans le mystère, dans l'occulte, la signification de leur
présence. Ceci me fait penser aux trois bonnes fées qui président à la
naissance d'un enfant élu dans les contes de fée. En fait, les auteurs
de contes ont repris l'ésotérisme des mages sans le comprendre. Les
fées y ont des pouvoirs de magiciennes comme les mages. Il fut un
temps, où l'on appelait les sorciers des "magistes". Evidemment magiste
dérive de mage. Continuez à chercher une matière intéressante et
surtout réfléchissez.
Préparant
un livre spécialisé par grade sur le Grand
Elu
de la Voûte sacrée, Le
Chevalier Rose-Croix,
Le Chevalier Kadosch,
je serai très heureux si vous pouviez
me faire parvenir une copie complète du rituel de votre loge de
perfection, chapitre ou conseil (photocopies). Je n'ai pu faire Le
Maître Secret - seul livre de
cette
importance (plus de 400 pages) sur ce grade - que parce que des amis
m'ont communiqué les rituels des 6 principaux Suprêmes Conseils. Les
différences sont importantes (voire même capitales) entre les uns et
les autres. Bien évidemment, une discrétion totale vous est garantie.
Un
chercheur authentique ne peut pas
écrire un livre sur un haut grade surtout au REAA uniquement en partant
du rituel de sa seule organisation ou alors il ne faut pas le mettre
dans le commerce à la disposition de tous mais le réserver aux seuls
membres de son organisation. Cela manque de sérieux et même d'honnêteté
intellectuelle.
Trop
d'éléments fondamentaux divergent
d'un Suprême Conseil à un autre. En lisant le rituel de 30eme
d'une grande organisation, j'ai eu le sentiment de me trouver à SOS
racisme ou dans l'association Ni
putes ni soumises,
associations
importantes socialement, certes, mais elles ne sont pas des centres
compétents pour transmettre une initiation traditionnelle et
authentique. Ce rituel ne comprend rien de ce qui doit figurer dans un
Conseil digne du grade de Chevalier Kadosch ! J'en ferai état le moment
opportun, si rien ne change à cet égard, lorsque je procéderai à
l'analyse comparative détaillée des textes utilisés par les divers
groupements français. Ce n'est pas parce que l'on appartient à une
structure que le travail et les rituels qu'on nous impose sont
authentiques, traditionnels et de qualité. On se trouve le plus souvent
dans un cas de figure totalement inverse.
Le plus urgent :
Il me manque le rituel du 12eme du Suprême Conseil du D.H. Merci à
celle ou celui qui pourra me le communiquer.
Demande
: Je
travaille
au RER. A l'ouverture des travaux, les apprentis et les compagnons
doivent-ils eux aussi sortir leur épée la pointe tournée vers la terre ?
A lire tes
questions, je suis très inquiet sur le niveau
de compétence des frères de ta loge qui visiblement ne
connaissent
rien au RER.
OUI, TOUS
les frères (toutes les soeurs, à la Grande Loge
Féminine de France), donc les apprenti(e)s et les compagnon(ne)s aussi,
tirent leur épée et la pointent contre terre de la main gauche, étant à
l'ordre de la main droite. Le chapeau est passé dans la ceinture du
tablier (pour les apprentis, du côté gauche de la taille) si on ne
porte pas un ceinturon.
En
entrant en loge après l'ouverture des travaux, le salut se fait-il en
gardant la main à l'ordre puis on s'incline ou faut il quitter
l'ordre
avant de ?
En entrant
dans la loge, on fait les pas requis selon le
degré des travaux du jour. On s'arrête, les pieds étant à l'équerre.
L'épée est dans son fourreau. Il ne doit pas y avoir de métal à l'air à
l'exception des épées du Maître des Cérémonies et du VM(au moment de
l'ouverture, clôture et des invocations). On salue le VM en faisant le
signe d'ordre complet. On reste à l'ordre et l'on attend ce qu'il va
dire.
Pour la
sortie, et uniquement à ce moment-là, on fait le
signe d'ordre en entier, l'épée étant au fourreau. On reste les deux
bras le long du corps puis on s'incline lentement vers l'orient. On
fait demi tour puis on sort.
Enfin
à la fin de la chaîne d'union doit-on rompre la chaîne par trois ou non
?
Ton
avis nous
est précieux.
Le
rituel n'indique rien à cet égard.
La
pratique varie selon les loges. Dans certaines, on
brise simplement la chaîne ; dans d'autres, on l'ébranle à
trois
reprises avant de la défaire.
Une
observation : La rituélie est une opération identique
à ce qui se pratique dans la "magie cérémonielle". Il en va de même
pour la prière, pour la messe, etc. Tout doit répondre à des lois
précises. On ne peut pas improviser, inventer des mots ou des gestes ou
faire des déplacements indus. Le monde de l'initiation n'est pas le
monde profane. Il faut en respecter les lois sous peine d'obtenir les
effets inverses à ceux espérés. Il en va de même pour la chaîne
d'union. Le VM ne doit pas lire la prière, il doit la savoir par coeur.
Il doit concentrer son attention sur le rythme, sur la diction, sur la
puissance vocale. En élevant le niveau de la voix, son souffle viendra
du ventre et non des poumons, ce qui est capital !
Il importe
de souligner ici que la manière dont nous la
faisons aujourd'hui est très différente de ce qui se faisait aux 18 et
19e siècles.
Si on ne
fait rien de spécial après avoir constitué la
chaîne, on termine en défaisant simplement la chaîne sans aucun
ébranlement.
L'ébranlement
de fin ne pourrait exister que s'il y avait
un
ébranlement identique après avoir constitué la chaîne. Si cette manière
de procéder avait existé, elle serait signalée dans le rituel. Comme le
rituel n'indique rien à cet effet, la
justesse implique que la rupture se fasse simplement et naturellement.
A
ceux qui veulent découvrir le
vrai RER, je recommande la lecture de mes commentaires en notes de bas
de page dans les trois rituels que j'ai édités. voir à www.guigue.org/guigue1.htm
Demande
: Quel
intérêt Salomon avait-il à faire rechercher les meurtriers d'Hiram ? Je
dois traiter cela au 1er Ordre du rite Français.
La
plupart des mythes maçonniques ne
reposent sur rien car souvent ils
ne correspondent pas à la réalité. Or, le propre du mythe est qu'il
comporte des éléments ayant existé dans un temps archaïque
mais
qui se sont
trouvés altérés ou modifiés à travers les siècles ou les
millénaires. Pour ce qui concerne celui de Salomon et d'Hiram
l'architecte, d'autres mythes font état d'une rivalité amoureuse entre
les deux personnages. Hiram avait la préférence de Balkis
l'enjôleuse sabéenne, la reine de Saba, et Salomon était fou de colère
et de jalousie.
Dans
ce
contexte, il paraît vraisemblable que ce soit
Salomon qui, par jalousie et pour se débarrasser d'un rivale
gênant, aurait envoyé les trois mauvais Compagnons pour tuer
Hiram.
Les
invraisemblances des
légendes maçonniques étonnent par leur
nombre. En voici un exemple : on dit que le mot
fut perdu avec la mort d'Hiram
l'architecte. C'est totalement faux puisque l'on sait par ailleurs que
tous
les maîtres se reconnaissaient entre eux par cette même parole !
Certaines instructions sont tout aussi erronées. Lorsque l'on indique
que les Apprentis reçoivent leur salaire à la colonne de leur grade,
nous nous trouvons devant une incohérence extrême. Pourquoi cela ? Tout
simplement parce que, ne pouvant gravir que le nombre de marches qui
correspond à l'âge du grade, il leur est strictement impossible de
gravir toute la volée de l'escalier du temple (geste réservé aux seuls
maîtres) pour parvenir au Parvis et pouvoir avancer ensuite vers la
colonne de leur grade. L'initiation ne se peut pas se concrétiser, se
manifester dans un rite qui préfère l'incohérence à l'harmonie, le
"désordre" à la perfection. Où sont les maçons sérieux et compétents ?
Certains d'entre eux écrivent sur les hauts grades et ils ne sont même
pas capables de noter les "monstruosités" existant déjà dans leur rite
en
loge bleue. Le plus amusant, c'est quand certains de ces auteurs
évoquent dans
leurs ouvrages d'autres rites dont ils ne savent
absolument rien .
Pourquoi
Salomon se serait-il trouvé dans l'obligation de
faire chercher les meurtriers d'Hiram ?
Tout simplement parce qu'Hiram l'architecte n'était pas juif et
qu'il était l'envoyé spécial du roi Hiram de Tyr. Tyr correspondait alors à la
Phénicie.
Tyr était
un état riche et puissant. Sa flotte sillonnait
la mer Méditerranée quand les juifs avaient peur de s'aventurer sur
l'eau et les caravanes tyriennes transportaient la soie, les épices
dont le sel
et les produits précieux comme l'encens, le benjoin, la myrrhe, etc.
Hiram de Tyr était l'équivalent en son temps du président des USA -
c'est une image - quand Salomon était l'égal du président de Cuba, ce
pays étant sous développé par comparaison et pauvre.
Salomon
devait en outre une fortune au roi de Tyr qui lui
avait avancé des sommes colossales pour bâtir le temple de Jérusalem, tellement
modeste qu'il ne fut jamais compris dans les sept merveilles du monde antique,
mais important pour David puis Salomon pour
qu'ilsl puissent s'emparer du pouvoir politique et religieux détenu
jusque-là par les chefs des douze tribus. Pour Hiram ce petit temple
n'était rien. Il s'agissait à peine d'une pâle copie, en plus pauvre,
d'un modeste temple égyptien bâti par Ramsès III.
Comme
Salomon dilapidait l'argent en
dépensant sans compter - c'était un joueur invétéré - celui
qu'il
n'avait pas, il se trouvait à la
merci d'Hiram de Tyr. Lorsque ce dernier lui demanda de commencer à
rembourser sa dette, Salomon, ne pouvant pas le faire, dut lui donner
20 villes - disons 20 villages - d'Israël en paiement. Cet acte de
haute trahison qui aurait
dû le faire mettre immédiatement à mort fut étouffé avec la complicité
des lévites qu'il avait "achetés" contre des privilèges exceptionnels.
Ils touchaient 10% sur tous les revenus des fidèles, sur les récoltes,
sur les élevages de bétail, etc. Pour avoir encore plus d'argent, ils
créèrent même une seconde dîme qui taxait les pèlerins sur les sommes
qu'ils dépensaient durant leur séjour à Jérusalem. Grâce au salaire que
leur versa Salomon, les lévites furent les premiers fonctionnaires au
monde !
Ayant des
comptes à rendre au roi Hiram, Salomon devait
protéger la vie de tous les Tyriens qui valaient infiniment plus aux
yeux du roi Hiram que les nomades miséreux des tribus d'Israël. Nos
chefs d'état actuels doivent faire la même chose avec les
ambassadeurs et les diplomates étrangers. Si l'un d'entre eux venait à
se faire assassiner, le président du pays qui héberge le diplomate serait responsable. En vertu de cette responsabilité morale et politique,
Salomon ne pouvait pas faire autrement que de faire rechercher les
meurtriers d'Hiram. Comme il semblerait fort vraisemblable qu'il fut le
commanditaire de ce crime, il ne fallait surtout pas que les criminels
fussent retrouvés ou capturés vivants. Salomon choisit lui-même les
membres du commando (élus ou maîtres élus des 9) pour qu'ils éliminent
ces trois hommes de main et ne les ramènent en aucun cas vivants. Leur
mort
varie selon les rituels des différents Suprêmes Conseils. A propos de
Salomon voir le livre LE MAITRE SECRET de Christian Guigue.
La thèse rituelle, consistant à vouloir venger la mort de maître Hiram,
est antimaçonnique. Elle est à l'opposé de toutes les vertus. Elle
viole la Loi mosaïque à laquelle devait impérativement obéir Salomon
avant qu'il devienne traître à sa religion. La vengeance est bestiale,
démoniaque, indigne. Comment un maçon qui s'est engagé "à élever des
temples à la vertu et à creuser des tombeaux aux vices", à agir
fraternellement envers tous les hommes et pas uniquement envers les
membres de son organisation pourrait-il se comporter ainsi ? Comment un
aspirant à l'initiation qui doit découvrir ce que sont la Beauté, la
Force de la foi et la Sagesse pourrait-il se comporter en champion de
la violence, en bête fauve ?
Demande
:
J'entends dire autour de moi que le REAA est le rite le plus pratiqué
au monde. Qu'en est-il véritablement ?
Tout d'abord il importe de
souligner que le REAA ne s'appelle ainsi que dans quelques pays. Christian
Guigue
a toujours signalé à ceux qui soutenaient cette affirmation
qu'il
s'agissait d'un fantasme typiquement français pour ne pas dire un
délire total. il importe de constater que ceux qui tiennent ce genre de
propos n'ont fait aucune enquête parmi les organisations concernées ni
ne connaissent la maçonnerie internationale. Il reste fort probable que
leur bagage maçonnique général réel relève du même ordre. Nous allons
vous communiquer les chiffres officiels pour les Etats-Unis qui nous
sont communiqués ce 19 janvier par le Director
of
Membership Development qui
nous écrit : "there
are 250,000 Scottish
Rite Freemasons in the Northern Masonic Jurisdiction of the United
States and 310,000 in the Southern Jurisdiction".
Ces chiffres
comprennent aussi des maçons qui travaillent à un autre rite mais sont
passés aux hauts grades du REAA. C'est-à-dire qu'il y 560.000 maçons au
REAA aux USA. Comme on compte un peu moins de 2 millions de maçons aux
USA, le REAA représente à peine un peu plus du quart seulement.
S. Brent
Morris, 33eme m'écrit ce 20 janvier : "Very few american "Blue" or
"Craft" (1°-3°) lodges work Scottish Rite rituals. Most of these are
in Louisiana (originally a French colony), with a few scattered around
the country. There are probably about 20 Scottish Rite Blue Lodges all
togeher. (Très peu de loges bleues travaillent avec les rituels
écossais. On les rencontre principalement en Louisiane - qui fut une
ancienne colonie française -... Il doit y avoir en tout une vingtaine
de loges bleues écossaises (pour le REAA). Pour les américains, le REAA
ça n'est qu'un système de hauts
grades dont on prend les seuls derniers et c'est tout. Il
n'est
pas inintéressant de noter que la baisse des effectifs de la maçonnerie
américaine coïncide avec l'apparition, dans certains états, de grades
intermédiaires au REAA. Beaucoup de gens venaient en maçonnerie pour
être 32 puis 33eme au plus vite. Attendre ne les intéresse
pas,
ils n'ont pas de temps à perdre avec des échelons intermédiaires.
Le
rite le plus pratiqué au monde est de
très loin ce qu'on appelle le
rite
Américain là-bas et aussi le
rite
d'York ailleurs. Bien
évidemment, nous corrigerons ces chiffres
à
partir des courriers reçus des deux Suprêmes Conseils pour la
Juridiction Nord et Sud des USA, s'il y a lieu. On observera que le
REAA est nettement mieux implanté dans le sud que dans les états du
nord. Ceci se trouve évidemment dû à l'extraordinaire travail que fit
Albert Pike - l'auteur de Morales & Dogme au REAA - au sein de
Suprême Conseil de la Juridiction sud. Il est tout à fait
remarquable de constater que les deux meilleurs auteurs américains Pike
et MacKey travaillèrent merveilleusement ensemble à l'enracinement du
rite dans les états du sud et que, plus d'un siècle après, personne ne
les a égalés où que cela soit dans le monde. Lorsque vous entendrez
quelqu'un affirmer, ou quand vous lirez sous la plume de certains
auteurs, prenant ce fantasme pour une réalité, que le REAA est le
numéro 1 dans le monde, vous saurez que ces interlocuteurs ou ces
auteurs ne figurent pas parmi les gens méritant votre attention. Devant
un tel manque de "sérieux", nous vous
recommanderions fort logiquement de vous tourner vers des personnes
plus dignes de confiance et aux connaissances plus sûres.
A
titre accessoire, rien n'indique avec
certitude que le REAA soit même le premier en France puisque plus de
50.000 maçons travaillent au rite Français (toutes versions (français
primitif, groussier, moderne français rétabli, 1801, etc.) et
organisations confondues (GO, GLNF : environ le tiers des effectifs,
LNF, GLISRU, etc.), et que le REAA globalisé (GLF + GLFF + DH + GLMF +
GLMU, etc.) doit se situer à
peu de choses près au même niveau sinon légèrement en dessous.
Actuellement, seuls le rite Ecossais
Rectifie (environ 15.000 maçons) et le rite Français continuent à se
développer en France. Le
REAA a besoin de maçons sérieux
qui le servent pas de spécialistes de pacotille. On n'oubliera pas dans
le décompe des effectifs par rite de lister l'Emulation,
Memphis-Misraïm, l'Opératif de Salomon, le Standard d'Ecosse,
le
Nova Scotia, l'Irlandais, etc.
Demande
: Notre question à
l'étude est : "Quelle est la raison de la disparition du second survt
au 4ème dans le REAA ?. Peux-tu me donner quelques éclaircissements ?
J'ai pensé à la mort symbolique d'Hiram. Merci de bien vouloir m'aider.
Le
2nd
surveillant n'a
jamais disparu. Il n'a jamais existé au 4eme, ce qui n'est pas du tout
la même chose. Il se passe au 4eme ce qui se répète au 33eme degré :
"ce qui est en bas est comme ce qui est en haut ..."
Il
n'y a
qu'un seul
inspecteur Adonhiram qui doit prendre en charge la formation des
Lévites.
Il
y a
lieu de souligner
ici l'anomalie de certains suprêmes conseils qui composent des collèges
d'officiers avec tout de même 2 surveillants qui officient en loge de
maîtres secrets ! Il y en a d'autres pour qui le maître
secret
n'est
plus un lévite, ce qui relève d'une énormité ou folie extrême car sans
cela il n'y a plus de voie de perfection possible au REAA. Si le maître
secret n'est plus un lévite, il n'y a plus de grade car il est vidé de
son corpus. Dans ce cas, il devient inutile de perdre son temps dans
une structure n'ayant rien à nous apporter.
Hiram
ou Adon Hiram devraient être le même personnage. Adon Hiram = seigneur
Hiram. Notons qu'Adon a également donné Adonis et ses Mystères.
Le
rituel de 4eme a subi bien des vicissitudes depuis sa création dont
l'élimination de Moïse. Or, comment pourra-t-on traiter des noms divins
qui nous sont donnés sans qu'on fasse référence à Moïse qui les reçut ?
Moïse fut éliminé du rituel vers la fin du 19eme siècle. On compense
parfois
cela en arguant de la parole perdue mais celle-ci ne le fut jamais
puisque tous les maîtres la connaissaient étant donné qu'elle servait
de mot de reconnaissance pour tous les maîtres et non pas uniquement
pour Hiram.
Autre
problème majeur : Hiram était un goy, un étranger puisqu'il était
Tyrien, c'est à dire venant de Phénicie.
Est-il imaginable qu'un non juif entre dans une synagogue et demande à
recevoir les mots hébreux les plus sacrés ? Il se ferait sortir avec
perte et fracas. Dans les temps anciens, il se serait immédiatement
fait tuer ! Hiram le tyrien vénérait Melkart à qui on sacrifiait des
enfants
mais il en allait aussi dans les temps anciens du judaïsme et de la
prostitution "sacrée" obligatoire avant le mariage qui n'avait pas
complètement disparu du temps de Salomon où la prostitution masculine
connaissait une ère florissante. Dans la continuité de sa trahison
envers YHVH, Salomon élèvera aussi un temple à Melkart.
Mais
revenons au maître secret. Les changements apportés à travers le temps
au rituel ont tenté de faire correspondre ce qui ne peut pas l'être.
Ainsi Adon Hiram est devenu Adonhiram - d'où la maçonnerie adonhoramite
de Guillemain de Saint-Victor toujours très active au Brésil
-
puis Adoniram. Mais ce n'est plus le même personnage, c'est
un
autre ! Hiram est mort, Adoniram fut choisi pour garder sa sépulture ou
- selon les variantes - pour finir le travail conduit dans le chantier
du temple qui n'est plus achevé puisque le saint des saints n'est pas
opérationnel. Si le temple n'est pas terminé, il n'y a pas de temple
mais une bâtisse profane. S'il n'y a pas de temple, il ne peut pas y
avoir de franc-maçonnerie puisque celle-ci repose sur le temple
consacré et actif. Les rédacteurs de rituels ne se rendent pas compte
des conséquences extrêmes que leur non connaissance et leur non
compétence font courir au REAA. S'il n'y a plus de maçonnerie
symbolique, il ne peut plus y avoir de hauts grades ni de rite, donc de
REAA ! Il faut
faire
cesser ce massacre.
Dans la
société profane, on parlerait d'extrême incompétence et ces gens
perdraient immédiatement leur emploi ! Dans les organisations
actuelles, moins les gens ont de connaissances, plus on les
apprécie. Il est vrai qu'ainsi ils ne gênent personne.
En
maçonnerie bleue, il y a 2 surveillants car il y a deux catégories de
frères à former : les apprentis et les compagnons.
Dans
les hauts grades, il n y a qu'une seule classe à former puisque tous
les frères du
groupe sont censés posséder le même grade (à l'exception du mixage de
la loge de
perfection). Donc il ne devrait y avoir pour tous les
degrés jusqu'au 33eme qu'un seul surveillant.
Une
information capitale : à quoi correspond la clef d'ivoire au 4eme ? A
la foi
consciente et active ! Evidemment on peut comprendre que dans certaines
organisations cela puisse déranger.
Demande
: On
me dit que dater 6007 à partir du 1er janvier
constitue une
erreur.
Pourquoi cela ?
L'année
maçonnique commence le 1er mars. Nous resterons donc en 6006 jusque fin
février pour aborder 6007 à partir du 1er mars.
Demande
: On
me dit qu'il est impossible que le Suprême Conseil puisse fêter les 200
ans de sa fondation. Est-ce exact ?
Je
ne sais pas
qui vous a dit cela car il n'y a pas 20 personnes en France qui
connaissent l'histoire réelle du Suprême Conseil de France. En effet,
le Suprême Conseil actuel a été créé le 7 mai 1821. Il portait le nom
de Suprême Conseil du Rite ancien et accepté pour la France et ses
dépendances. Pour fêter son bicentenaire il faudra donc attendre
l'année 2021. Il fut créé à partir des restes du Suprême Conseil
d'Amérique dit de Pompéi, car il existait déjà un Suprême Conseil
d'Amérique, auxquels se joignirent quelques rescapés du Suprême Conseil
dispersé en 1814. La multiplicité des Conseils qui faisaient alors
assaut de rivalité en France ne respectaient pas les Grandes
Constitutions de 1786 qui n'autorisaient qu'un Conseil par pays. Celui
fondé en 1804 par de Grasse-Tilly n'ayant pas vécu longtemps, on ne
peut pas considérer que les Conseil rivaux en proviennent directement
puisqu'ils se sont créés en concurrence directe. De même, si nous
retenons le 2eme Conseil fondé par de Grasse Tilly, à son retour de
captivité, sous le nom de Suprême Conseil d'Amérique n°2 dit de Pompéi,
celui-ci n'avait pas de filiation directe avec celui de 1804, le seul
Grasse Tilly ne pouvant pas y suffire.
La
seule chose
qu'on puisse fêter est l'importation en France du Rite Ecossais en 33
grades provenant des Etats-Unis.
Demande :
Je suis dans
une Loge du R.E.R. et plusieurs Frères ne sont pas d'accord sur
l'emplacement du chandelier sur l'autel du V.M. Certains le place à
droite du V.M. et d'autres le place à gauche. Quand est-il réellement
et pourquoi? Merci -Gérard B.
Le
rituel
n'indique rien à cet égard, ce qui laisse la possibilité au VM de le
poser où il veut. Néanmoins il faut prendre en considération que le
chandelier doive se trouver près de la Bible ouverte au prologue de
l'évangile de Jean. Celui-ci se situant en page droite de la Bible, il
convient de poser de ce côté le chandelier. Si l'édition de la Bible
comporte en page gauche le début du prologue, il conviendra alors de
poser le chandelier à côté, donc à gauche.
La
Bible se
trouvant devant le plateau, la chandelier doit se trouver aussi sur le
devant et non pas en arrière. Le chandelier évoquant la manifestation
de la triunité divine est même en quelque sorte plus important que la
Bible. Le poser en arrière de la Bible serait une faute et une marque
de non connaissance.
La
majorité des
VM pose le chandelier à droite pour une raison de commodité dans le
travail - si l'on est droitier - les documents devant servir durant la
tenue étant posés à la gauche du VM. Une raison plus sérieuse
concourant à la pose à droite du chandelier tient au fait qu'on place
la truelle portant l'équerre et le compas à gauche de la Bible. Si l'on
place le chandelier à gauche - pour les raisons indiquées plus haut, il
conviendra de poser la truelle portant l'équerre et le compas à la
droite du VM. L'ensemble formant une trinité (bible portant l'épée du
Logos posée en travers du livre , chandelier à 3 branches et
truelle/équerre/compas). Numériquement, cela produit 3 (chandelier à 3
branches) fois 3 (truelle portant l'équerre et le compas) =
9, ce
novenaire incontournable dans toute la maçonnerie Templière (il ne
s'agit aucunement ici du temple de Salomon mais de l'Ordre du Temple)
La Bible et l'épée du Verbe-Lumière ou Logos comptent pour 1. 9 + 1 =
10, c'est la Totalité ou la manifestation rendue possible.
Demande
:
"Faut il être cultivé pour être maçon ?"
Tout
dépend par
ce que l'on entend par le terme "cultivé" et si on limite ce terme à la
culture intellectuelle. On sait très bien que l'intelligence ne se
limite pas à l'intelligence abstraite ou conceptuelle. Il existe 6
autres formes d'intelligence.
Par
ailleurs, il n'existe
aucun texte ou document maçonnique authentique
définissant des conditions de culture ou de savoir ou de diplômes pour
entrer en FM.
Faut-il
être cultivé pour être
chrétien ou juif ou mahométan ou bouddhiste ? Cela n'a aucun sens en
soi.
Dans le
monde
de l'initiation, l'intelligence abstraite crée une barrière
infranchissable car la raison domine en empêchant le sensible de
s'exprimer et par conséquent de recevoir. Les plus mauvaises planches
sur les Nombres sont faites par des mathématiciens qui restent
incapables de s'intéresser au caractère ésotérique et magique qui ne
les passionne pas ou dont ils ne comprennent rien car cela leur échappe
puisque ceci ne répond en rien au côté cartésien du savoir.
Les
livres sacrés eux-mêmes avertissent que les textes doivent être
éclairés, "sentis", lus et découverts avec l'esprit et le coeur et non
avec la raison. Mahomet indiquait à cet effet que le Coran recèle
70.000 niveaux de lecture, ce qui est une façon allégorique d'indiquer
qu'ils sont sans limite. Le Christ indiquait : Heureux les coeurs
purs, Heureux les Humbles, Heureux les Miséricordieux, Heureux ceux qui
ont faim et soif de Vérité, Heureux les doux, etc. Heureux ceux qui
prennent la vie comme elle vient, heureux ceux qui sont fraternels
envers leurs proches, etc. Il dénonçais les cultivés du Sanhédrin qui
se servaient au lieu de servir l'Eternel !
L'initiation
est pour les simples, les purs, les "gentils", elle ne sera jamais
accessible aux partisans de la seule raison ou d'une forme
d'intelligence forcément limitée à son seul domaine spécialisé.
Les
manuels sont des hommes intelligents puisqu'ils possèdent cette
intelligence pratique, manuelle, qui fait cruellement défaut aux
conceptuels qui
ne savent pas réparer leur machine à laver, réparer leur toit, vidanger
le moteur de leur voiture, etc. Quelle intelligence semble-t-elle la
plus précieuse au quotidien ? La forme dite "manuelle" car c'est la
plus
utile à titre individuel et collectif. Demandait-on aux maçons
opératifs d'être bacheliers ou de savoir lire et écrire ? Bien sûr que
non. Ils ne savaient ni lire ni écrire mais curieusement ils savaient
compter et cela leur suffisait amplement.
<>A-t-on
jamais demandé aux génies de la peinture ou de la sculpture s'ils
excellaient dans l'approche conceptuelle et abstraite des choses ?
Cette attitude serait en elle-même anti-artistique or la capacité à
créer est une forme d'intelligence elle aussi. Dans la danse,
l'intelligence spatiale permet d'obtenir la maîtrise et l'harmonie donc
la beauté et la grâce du déplacement des corps dans
l'espace.
<>"Faut
il
être cultivé pour être maçon ?" est une hérésie grave dans une société
ayant pour finalité la transmission de l'initiation en Occident.
Il
n'existe aucun document maçonnique authentique pouvant avancer une
telle proposition ou
une affirmation aussi anti-maçonnique. Heureusement ! Car s'il fallait
éliminer tous ceux qui, dans les hauts grades, ne savent toujours rien
de capital malgré 30 ou 40 ans de maçonnerie, il ne resterait plus
grand monde.
Chaque
individu
recèle en lui des dons, des potentialités et des capacités qu'il
ne soupçonne même pas. Toute la richesse et l'admirable transformation
qu'opère le Maçonnerie sur ses membres est de les amener, sans même
qu'ils s'en rendent compte, à travers le travail symbolique à accomplir
sur soi, à se construire et à se développer spirituellement,
humainement et socialement.
Les planches qui sont demandées lors des changements de grade n'ont pas
pour finalité d'apprécier le niveau d'érudition de tel ou tel frère ou
telle soeur mais d'observer de quelle manière ce frère ou cette soeur
ont
changé depuis leur entrée ou leur grade précédent et ce qu'ils ont
découvert des mystères de notre Art symbolique. D'ailleurs cette
exigence de présenter une planche est strictement française et par
extension francophone car, malheureusement, nous exportons nos défauts
et nous l'avons même fait jusque dans les pays hispaniques et latins.
On ne planche pas dans les loges anglo-saxonnes, on fait du rituel. 80%
des maçons dans le monde ne font pas de planches ni en loge symbolique
ni dans les hauts grades. Les speeches
(de 3, 5, 7 minutes) se présentent aux agapes mais pas en loge.
Demande
: On me demande de
travailler pour mon prochain accès au 30eme degré sur : "On
ne peut pas parvenir à la
Connaissance pure, c'est à dire à la contemplation de l'Absolu si l'on
n'est pas devenu AMOUR."
Réponse
: Sur le chemin de l'initiation, la
première étape est l'atteinte de la Sagesse. Sans elle, rien n'est
possible. La Sagesse permet l'accès à la Beauté, à la découverte de ce
qu'est vraiment la Nature et la Création dans tous ses aspects. La
Sagesse permet de comprendre le plan divin (ce qui est manifesté par le
travail sur la planche a tracer du maître). Celui qui sait comment se
met en branle la puissance divine est excessivement armé et fort (c'est
cela la vraie considération de la force dévolue au Compagnon mais que
la FM affecte mal, à un mauvais moment du parcours, du moins dans les
rites dits anciens). Au rite Ecossais Rectifié, la Force est
affectée au Maître écossais de St André, équivalent au 18eme du REAA.
Seul le sage a l'accès à la Réalité et par extension à l'Absolu. Ceci
reste interdit, inabordable à tous les autres.
La
sagesse, la beauté, la compréhension du grand plan divin produisent des
transformations capitales dans l'état spirituel du nouveau "saint" car
seul celui qui devient saint (c'est la raison du travail sur la
perfection de soi que nous impose l'Ordre) peut obtenir des révélations
essentielles pour son devenir et sa mission ici-bas.
Le
18eme degré - de loin le plus important de toute
la maçonnerie - fait entrer dans la Voie du Sacrifice. On n'existe plus
pour soi. On n'a plus aucune espèce d'importance sinon celle de se
fondre mystiquement en Dieu, dans son nom ou sa parole. C'est cette
fusion mystique qui est l'Amour véritable. L'amour n'est pas cette
pulsion qu'un homme éprouve pour une femme, ni une mère pour son enfant
- ceci n'est qu'une illusion, qu'une caricature de l'amour véritable -
d'ailleurs ce faux amour se défait, s'estompe, s'étiole avec le temps
et se transforme en règlements de compte et en haine quand l'Amour
absolu est flamme, exaltation, ravissement permanent de
l'âme en soi.
Réfléchissez
sur cela et bon balustre.
Demande
: Voila
j'ai
pris ma décision je quitte la FM, je suis apprenti depuis un an et demi
au rite REAA. Au
début
c'est tout beau on t'accueille, on
t'embrasse, bref on peut voir que les personnes qui vous entourent sont
simples, sans préjugé et puis après, au bout de quelques mois, plus
rien, on ne vous appelle plus au téléphone. Vous venez aux tenues et
vous regardez et écoutez comme un apprenti quoi. On vous parle de Q
pendant les agapes, vous voyez également qu'il y des clans, bref comme
le monde profane !
Si
je suis amer, j'ai eu ce soir un
message par le frère trésorier.
Devinez pourquoi il m'a appelé. Pour prendre de mes nouvelles ? Et non
! Perdu. Pour que je paie ma capitation ou cotisation comme vous
voulez. Le message : "bonjour mon frère, j'espère te voir la semaine
prochaine à notre tenue et surtout n'oublie pas ton chéquier, je
t'embrasse". C'est cool comme message, c'est cela la fraternité ?
Non,
je suis vraiment déçu par la FM,
je ne fais pas une généralité car
je suis certain qu'il y a des loges mieux que celle où je suis (elle a
3ans) mais le problème c'est que je ne peux pas aller à une autre loge
car je ne suis pas maître mais apprenti . Il peut y avoir une autre
solution aller vers une autre obédience le GO mais ce qui ne veut pas
dire que les loges sont aussi parfaites.
Je
constate au moins deux choses
depuis que je suis maçon : beaucoup de
frères font semblant au niveau de la fraternité et la FM te demande de
payer et encore payer je ne pense pas que la FM soit cela je pense que
je suis mal tombé dans cette loge et à cause de cela je suis écoeuré et
c'est pour cela que je vous demande à qui je dois envoyer ma lettre de
démission au VM directement par email ?
Car
je ne donnerais pas un sou pour la
cotisation de l'année 2004,
d'ailleurs ils ne peuvent pas me radier car c'est au bout de deux
années de suite qu'ils le peuvent mais je ne ferai pas cela car je
préfère être clean à mon niveau !
Réponse
: Il
importe de souligner immédiatement une erreur colossale :
vous
n'êtes pas déçu par la FM mais par certains frères qui vous entourent
dans votre loge. Ce n'est pas du tout la même chose ! La FM ne demande
pas de cotisation ou de capitation. Ce sont les organisations qui
l'exigent pour pouvoir faire face à leurs frais de fonctionnement. Etre
maçon, ce n'est pas porter un tablier et des gants voire un chapeau et
une épée et se limiter à jouer un rôle quatre à cinq heures par mois en
loge, chapitre, aréopage ou conseil suprême. Est véritablement maçon
celui qui
élève des temples à la Vertu et combat tous les vices et défauts
humains. Est maçon celui qui fait face à toutes les obligations et à
tous les devoirs librement acceptés lors de son entrée en maçonnerie.
Le devoir de pratique de la tolérance et celui de la fraternité
interdit à tous les frères de s'occuper des affaires ou du comportement
d'autrui. Celui qui critique, médit, jalouse, celui-là n'agit pas en
maçon puisqu'il ne respecte pas les termes de son serment. Se comporter
comme une hyène ricanante n'est pas une attitude digne de la condition
humaine. Violant son serment, il ne peut en aucun cas être un maçon !
Des grands-maîtres, des 33emes, des CBCS violent et ont violé à de
multiples reprises (il est vrai que les meilleurs spécialistes
objecteront que les hauts grades ce n'est plus de la maçonnerie) leur
serment mais ceci ne nous regarde en rien ! Vous réagissez toujours en
profane et donc en apprenti qui n'a pas encore commencé son parcours.
Par ailleurs, vous semblez manquer souvent en loge sinon vous ne
demanderiez pas qu'on vous téléphone et le Trésorier ne serait pas dans
l'obligation de le faire en espérant vous voir à la tenue suivante.
La
maçonnerie
n'est pas une famille de remplacement ni un microcosme idéal ou parfait
à cause des hommes qui la composent et la représentent. La FM est
parfaite en elle-même par ses valeurs et la propagation de
l'initiation, les hommes restent toujours des animaux pensant avec tout
ce que cela implique de défauts et de limitations au regard de la
perfection vers laquelle doit tendre le maçon.
Un
vrai maçon n'a
pas à observer, juger, critiquer ce que font ses frères y compris les
autres hommes et femmes dans sa vie de tous les jours. Il ne doit
s'occuper que de lui-même, devant travailler à éliminer la poutre qui
est dans son oeil au lieu de s'attacher à considérer la paille dans
l'oeil de son voisin. Malheureusement pour vous, vous agissez et
réagissez ainsi très "épidermiquement" sans même avoir la notion du
grand plan et du jeu divin. Chacun en ce monde doit passer par des
étapes et des difficultés particulières voire même par des souffrances
intolérables liées à des blessures morales ou physiques. Celles-ci font
terriblement mal mais elles procurent des avancées considérables dans
le domaine de l'évolution de l'état d'être ; c'est la souffrance qui
fait accéder à la lumière, c'est-à-dire à la vision pure de la Réalité,
de l'Absolu. Aucun grade
ne fait avancer vers cette lumière,
la souffrance, oui ! S'il
arrive à quelqu'un de se trouver
dans votre situation, qui n'est pas mauvaise à proprement parler car
vos reproches sont véniels, (on ne vous a pas encore calomnié par des
bruits de couloir, par des "on dit que" ou des sous-entendus, on n'a
pas cherché à vous régler votre compte parce que vous dérangez tel
dignitaire ou grand maître ou délégué fédéral ou vénérable dés lors que
vous ne faites plus ce qu'on attend de vous)-, il ne peut pas s'en
prendre à ses proches mais uniquement à lui-même puisqu'il ne fait pas
le travail sur sa pierre. La règle de l'aspirant à l'initiation
véritable est : "sois impitoyable envers toi-même, infiniment tolérant
et indulgent devant les faiblesses de tes semblables" !
Parler
de Q comme
vous le dites, utiliser des expressions graveleuses ne prêtent pas à
conséquence quand on agit justement (Saint Augustin disait fort
à propos :' il vaut mieux se voir repris par les grammairiens que de
rester incompris des gens du peuple", c'est-à-dire : il faut utiliser
les
mots que les gens comprennent fussent-ils graveleux), c'est-à-dire dans
le cadre de la Justice : tous les apprentis et tous les maçons
devraient le faire dans le cadre du commencement du périple car on ne
peut pas évoluer ni avancer sans ce travail. Il importe de signaler ici
que les rites qui font accéder aux vertus théologales sans avoir fait
transiter le Cherchant dans
les degrés antérieurs par les
vertus cardinales ne reposent sur rien sinon sur le sable de
l'incohérence la plus grave. Parler de Q ne prête pas à conséquence si
l'on agit en sage, en juste, en chevalier du devoir !
Voyez
l'abbé Guy
Gilbert, l'aumônier des délinquants, des voyous, lui qui parle aux
loubards en faisant parfois le coup de poing avec une "droite
évangélique". Il parle comme un charretier. Il jure et pourtant son
message est lumineux, cristallin. Il dit fort justement : "la seule
chose qui puisse sauver l'homme, c'est l'amour véritable, c'est la
miséricorde et le monde manque cruellement de miséricorde" Je vous
recommande de lire ses livres. Parler de Q et de couilles n'empêche pas
l'accès à la grandeur de l'Homme et à la sainteté lorsque l'on agit en
Juste. Bien évidemment, l'amour véritable n'a rien à voir avec celui
d'un homme pour une femme puisqu'il finit toujours par s'étioler ou
disparaître pour s'achever en divorce ou guerre de séparation. Ce qui
rapprochait un homme et une femme n'était pas l'amour véritable mais
une illusion née des ambitions masculine et féminine (avoir un enfant,
donc se marier ou former un couple), ce n'est pas du tout comparable.
Les
questions que
je vous poserai, mon TCF, sont les suivantes :"Où est votre amour pour
les hommes, pour vos frères ?" "Pourquoi passez-vous votre temps à vous
occuper de ce que font les autres ? Votre vie manquerait-elle d'intérêt
à ce point ? Pourquoi perdez vous un temps précieux à ne pas travailler
sur vous-même car qui sait si vous ne devez pas mourir dans les mois ou
les semaines prochaines ? La vie est trop courte pour jouer un jeu
vicié et vicieux, ressaisissez-vous car le vrai problème est en vous et
non dans les autres.
Comme
apprenti,
vous aurez les pires difficultés pour trouver une autre loge. Un
apprenti qui démissionne est terriblement suspect et aucune loge ne
prendra le risque de récupérer un "canard boiteux". Sur le chemin de
l'initiation la règle est : Chacun pour soi et le Grand Architecte pour
tous. Personne ne peut faire votre chemin à votre place, personne ne
peut payer ce que vous devez payer dans cette incarnation qui vous a
été donnée. Celui qui ose vouloir contempler la lumière, la Vérité,
l'Absolu, celui-là doit le faire sans aucune aide ni aucune facilité.
Il doit seul en payer le prix, s'il en est capable. Dans le cas
contraire, il ne parviendra jamais à réaliser la Voie.
Mon
conseil :
payez votre cotisation ce qui vous permettra d'être en règle vis à vis
de l'obédience et de rester maçon. Visitez un maximum de
loges
différentes. Lorsque des frères maîtres de votre loge vont visiter une
loge amie, demandez à les accompagner. Peut-être découvrirez vous une
loge où vous vous sentirez mieux. Quoi qu'il en soit, passez vos grades
là
où vous vous trouvez mais surtout faites le travail que vous devez
faire sur vous-même. Cela vous fera le plus grand bien. Tous les vrais
maçons traversent cette crise que vous rencontrez et tout le monde
doute une voire plusieurs fois. Où serait la foi véritable sans le
doute ? Vous avez une chance exceptionnelle : celle de la vivre au
grade d'apprenti, c'est fabuleux ! Vous avez une chance extraordinaire,
alors saisissez-la à pleines mains, à plein coeur et rebondissez. Je
vous souhaite bonne chance.
Pour
quitter sa
loge, on doit envoyer sa démission par lettre recommandée avec accusé
de réception faite au nom du vénérable.
Demande
: Je suis
compagnon et j'ai
souhaité plancher sur les limites de la maçonnerie. J'ai choisi ce
sujet après un évènement survenu dans mon atelier (demande d'exclusion
d'un F officier) par un F de la loge mère. Aujourd'hui mes réflexions
et lectures m'entraîne naturellement vers l'homophobie que nous
élargissons a l'endroit des personnes handicapées, homosexuelles, bien
que... mais aussi aux limites de la réflexion humaine qui font que la
maçonnerie mourra si on ne réagit pas aux anomalies anti-fraternelles
qui se généralisent de plus en plus dans nos loges.
Réponse :
Je
te mets en
garde. Si un maçon de ta L. a demandé l'exclusion d'un f. Pour des
raisons xyz, tu vas t'en faire un ennemi si tu évoques cet incident et
son action. Il te causera les pires difficultés pendant des années. Ces
gens-là calomnient dans les coulisses en faisant filtrer de faux bruits
(il paraît que ... j'ai entendu dire que ...). Cela fait un
mal
terrible mais on souffre tellement qu'on évolue très rapidement dans la
véritable initiation et, à certains égards, finalement on finit par
remercier cet ennemi acharné car sans lui on ne serait jamais devenu
celui que l'on est aujourd'hui. Comme quoi le pire génère aussi le
meilleur. Je connais les problèmes d'homophobie et d'handicap depuis
près de 25 ans déjà (avec la pseudo règle des 3 b - pas de bègue,
borgne et boiteux en loge) depuis longtemps. A cela il faut répondre
que la fraternité nous interdit de critiquer qui que ce soit et de nous
occuper de choses qui ne nous regardent pas. Nous avons déjà tellement
de choses à faire pour oeuvrer à notre propre perfectionnement que nous
n'avons guère de temps pour nous attacher aux faux pas de nos
prochains. L'homme, le maçon n'ont ni à juger ni à critiquer ni à
ricaner quand un des nôtres faiblit ou tombe sur sa route. Personne n'a
à s'occuper de ce qui peut distinguer les hommes qu'ils soient noirs,
jaunes, rouges ou blancs, religieux ou non religieux, spirituels ou
pas, handicapés ou différents pour une raison ou une autre.
Certains
veulent
partir en croisade comme les homosexuels ? Savent-ils que Cambacérès,
1er Grand Maître Adjoint du Grand Orient de France, Souverain Grand
Commandeur du Suprême Conseil de France pour le REAA était homosexuel ?
Ceci ne l'empêcha nullement d'être un remarquable serviteur de la
Maçonnerie. Savent-ils que notre soeur Joséphine de Beauharnais , qui
devint l'impératrice Joséphine après avoir épousé Napoléon Bonaparte,
était bisexuelle ? Cela ne l'empêcha nullement de devenir Grande
Maîtresse
des loges écossaises de France. Il en fut de même pour la princesse de
Lamballe qui préférait les femmes aux hommes et dont sa relation intime
avec Marie-Antoinette fut célèbre. Elle devint Grande Maîtresse des
loges écossaises de France, elle aussi. Je cite ces exemples car on ne
peut parler que des morts. Ceux qui attaquent les homosexuel(le)s et
les
bisexuel(le)s feraient bien de se méfier car on en compte un certain
nombre
parmi les dignitaires actuels de toutes les organisations (dignitaires
de